Michel Seuphor

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Michel Seuphor

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Michel Seuphor

Nom de naissance Ferdinand Louis Berckelaers
Activités romancier, poète, essayiste, critique d'art, peintre
Naissance 10 mars 1901
Anvers, Drapeau de la Belgique Belgique
Décès 12 février 1999 (à 97 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Langue d'écriture français
Genres Roman, critique d'art, poésie, essai, théâtre

Michel Seuphor, de son vrai nom Ferdinand Louis Berckelaers, est un critique d'art abstrait, peintre et écrivain français, né le 10 mars 1901 à Anvers et décédé le 12 février 1999 à Paris. Seuphor est l'anagramme d'Orpheus.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1921, en collaboration avec Jozef Peeters et Geert Pijnenburg, Michel Seuphor publie à Anvers la revue Het Overzicht (Le Panorama). Il entre dès 1922 en contact avec les artistes d'avant-garde des grandes villes européennes, Berlin, Rome, Amsterdam puis Paris. Il se lie avec Robert et Sonia Delaunay, Marino di Teana, Mondrian, Fernand Léger, Ozenfant, Tzara, Gleizes, Arp et Sophie Taeuber-Arp, Marinetti, Severini, Torres-García, des peintres aussi bien cubistes, dadaïstes, futuristes, constructivistes ou néo-plasticiens[1].

Installé à Paris en 1925, en collaboration avec Enrico Prampolini et Paul Dermée, il fait paraître les Documents Internationaux de l'Esprit Nouveau. Il fonde ensuite le groupe Cercle et carré avec Joaquín Torres García en réunissant les artistes qui se réclamaient du néoplasticisme professé par Mondrian. En 1930, les trois numéros de la revue du même titre paraissent. Michel Seuphor organise des expositions de groupe, la première en 1930, auxquelles participèrent notamment Mondrian, Arp, Taueber, Léger, Schwitters, Kandinsky, Le Corbusier, Pevsner ou Sartoris[2].

Malade, Michel Seuphor s’éloigne de Paris et le groupe Abstraction-Création, créé en 1932 par Vantongerloo, continue le travail de Cercle et Carré, qui fut repris en 1939 par le groupe des Réalités Nouvelles qui devint Association et Salon en 1946.

De décembre 1950 à février 1951, pour préparer son livre sur Mondrian, il séjourne à New York, où il rencontre de nombreux artistes : Marcel Duchamp, De Kooning, Pollock, Rothko, Kline, Motherwell, Gottlieb, Stuart Davis, Richter, Gallatin, Morgan Russell, Reinhardt, Newman notamment[3].

Michel Seuphor organise de nombreuses expositions comme en 1949, Les Premiers Maîtres de l'Art Abstrait, en 1958, 50 ans d'Art Abstrait, en 1959 aux États-Unis, Construction and Geometry Painting ou encore la grande exposition rétrospective de Mondrian au musée de l'Orangerie des Tuileries la même année.

La musique verbale[modifier | modifier le code]

En 1926, Michel Seuphor invente la « musique verbale » « Tout en roulant les RR » poème de musique verbale (1927) et quatre ans plus tard, il accompagne la poésie phonétique avec le Russolophone de Luigi Russolo.

Les dessins à lacunes[modifier | modifier le code]

En 1932, il réalise ses premiers « dessins unilinéaires » qui donneront lieu à sa première exposition à Genève. C'est en 1951 que les dessins de Michel Seuphor prennent un caractère particulier : les lignes horizontales disposées parallèlement et à des distances diverses, marquées par des blancs et que Seuphor nomme « dessins à lacunes à traits horizontaux ». C'est le point de départ d'une œuvre personnelle destinée au succès qu'il continue à explorer tout au long de sa vie.

En tant que plasticien, il participa à de nombreuses expositions collectives en France et à l'étranger à partir de 1933. Il eut également droit à des expositions personnelles en 1953 à la galerie Berggruen, en 1959 à la galerie Denise René à Paris, à Turin en 1967, au Musée de La Chaux-de-Fonds en 1968, à une rétrospective au musée municipal de La Haye en 1977 ainsi qu'au Centre Beaubourg de Paris, en 1981 au musée de la Bouverie à Liège, en 1986 à la Galerie Treffpunkt Kunst de Saarlouis, en 1989 au Musée de Sarrebruck et en 1994 à "La Galerie" à Paris.

Michel Seuphor fut peintre et dessinateur ainsi que céramiste. Il avait commencé à créer des œuvres néo-plastiques à partir de 1926 et s'était adonné au collage dès 1953. Il expose ses collages et sérigraphies en 1977 à la Galerie 2016, d'Hauterive, Neuchâtel, Suisse. Il reviends exposer dans la Galerie 2016 en 1991 et 1993.

Au début des années 1980, Michel Seuphor focalisa l'attention des médias en étant impliqué dans un procès au sujet de trois œuvres de Mondrian acquises à la fin des années 1970 par le Musée national d'art moderne puis considérées comme des faux par l'établissement lui-même, mais certifiées comme authentiques par Seuphor[4]. Sa bonne foi fut reconnue par la cour d'appel de Paris en 1985[5].

Un précurseur en critique d'art abstrait[modifier | modifier le code]

Michel Seuphor, qui devint français en 1954, publia un nombre considérable d'ouvrages littéraires et d'écrits sur l'art, notamment des études sur Mondrian, dont la monographie en 1956, le Dictionnaire de la Peinture abstraite en 1957, L'Art abstrait, ses origines, ses premiers maîtres en 1949 et la Sculpture de ce siècle en 1959, La peinture abstraite, sa genèse, son expansion en 1962, Le Style et le Cri en 1965, et une histoire de l'art abstrait en cinq volumes, en collaboration avec Michel Ragon à partir de 1973.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Livres sur l'art[modifier | modifier le code]

  • Greco, Paris, Les Tendances nouvelles,‎ 1931
  • L'Art abstrait, ses origines, ses premiers maîtres, Paris, Maeght,‎ 1949
  • Piet Mondrian, sa vie, son œuvre, Paris, Flammarion,‎ 1956
  • Dictionnaire de la peinture abstraite, Paris, Fernand Hazan,‎ 1957
  • La Sculpture de ce siècle, Neuchâtel, Le Griffon,‎ 1959
  • La Peinture abstraite, sa genèse, son expansion, Paris, Flammarion,‎ 1962
  • La Peinture abstraite en Flandre, Bruxelles, Arcade,‎ 1962
  • Le Style et le Cri, Paris, Seuil,‎ 1965
  • Le Commerce de l'art, Paris, Desclée de Brouwer,‎ 1966
  • L'Art abstrait, Paris, Maeght,‎ 1970/1974
Quatre volumes, le troisième et le quatrième avec Michel Ragon
  • Autour du Cercle et du carré, Nantes, Convergence,‎ 1984

Romans[modifier | modifier le code]

  • Histoires de Grand Dadais, Ramgal (Belgique), Thuillies,‎ 1938
  • Les Évasions d’Olivier Trickmansholm, Paris, Aubier,‎ 1939
  • Douce Province, Lausanne, Marguerat,‎ 1941
  • La Maison claire, ou les Trois Faces de la vie attentive, Lyon, Le Livre Français,‎ 1943
    Ouvrage illustré par Olga Lecaye.
  • Le Visage de Senlis, Paris, Le Pavois,‎ 1947
  • Le monde est plein d’oiseaux, Lausanne, Hanc,‎ 1968
  • Tout homme, Paris, Jean-Michel Place,‎ 1978
  • Les Innocents, Paris, Jean-Michel Place,‎ 1979

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • L'éphémère est éternel, Turin, Martano,‎ 1972
Pièce écrite à Rome en 1926, jouée à Milan en 1968, au Centre Georges-Pompidou à Paris en 1977, au théâtre du Jardin Botanique à Bruxelles en 1978, à chaque fois dans les trois décors imaginés par Piet Mondrian

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Diaphragme intérieur et un drapeau, Paris, Les Écrivains réunis, 1926 (Armand Henneuse et Lucien Scheler), précédé de Le troubadour dans la cour du Louvre, réédition Rougerie,‎ 1994
  • Lecture élémentaire, Paris, Les Écrivains réunis, 1928, réédition Rougerie,‎ 1989
  • La Vocation des mots, Lausanne, Hanc,‎ 1966
  • Gosp et Cosnops, Nantes, Convergence,1984 réédition Rougerie,‎ 1993
  • Ciel neuf, Paris, Jean-Michel Place,‎ 1985
  • Le Jardin privé du géomètre, Mortemart, Rougerie,‎ 1988
  • Ambulado, Mortemart, Rougerie,‎ 1989
  • La Vocation des mots, Mortemart, Rougerie,‎ 1990
  • Thèmes, Mortemart, Rougerie,‎ 1991
  • Falaise et le Grand Pacifique, Mortemart, Rougerie,‎ 1992
  • Paraboliques ; suivies de Soleil, Mortemart, Rougerie,‎ 1993
  • Musique à Dhiananda, Mortemart, Rougerie,‎ 1996
  • Solfège, suivi de L'Esprit est en croisière, Mortemart, Rougerie,‎ 1997

Revues[modifier | modifier le code]

  • (nl) Het Overzicht, Paris, Réédition Jean-Michel Place 1976,‎ 1921-1925
  • Les Documents internationaux de l'Esprit nouveau, Paris, Réédition Jean-Michel Place 1977,‎ 1927
  • Cercle et Carré, Paris, Réédition Jean-Michel Place 1977 et 1994,‎ 1930

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • 1933 Galerie Manassero, Lausanne
  • 1954 Galerie Berggruen, Paris, Moderne Galerie, Bâle
  • 1957 Galerie Saint-Laurent, Bruxelles, galerie Accent, Anvers
  • 1959 Galerie Denise René, Paris, galerie Esther Robles, Los Angeles
  • 1961 Galerie Galerie Hybler, Copenhague, Galerie Raaklijn, Bruges
  • 1962 Galerie Wurthle, Vienne, galerie Lorenzelli, Milan
  • 1963 Galerie Denise René, Paris, galerie Esther Robles, Los Angeles, Abbaye Saint-Pierre, Gent
  • 1965 Galerie Lorenzelli, Milan, galerie Ziegler, Zürich
  • 1966 Librairie-galerie La Hune, Paris, Musée des Beaux-arts, Nantes
  • 1967 Musée des Beaux-arts de Lodz
  • 1968 Musée des Beaux-arts de La Chaux-de-Fonds
  • 1969 Maison du tourisme, Auxerre
  • 1971 Musée d'art et d'industrie, Saint-Étienne
  • 1974 Palais de l'Athénée, Genève, Galerie Attali, Paris. Teatro Brindisi, Macerata, Italie
  • 1976 Musée de Besançon, musée municipal, La Haye
  • 1977 Musée national d'art moderne, Centre Pompidou Paris
  • 1977 Galerie 2016, Hauterive
  • 1985 Rétrospective au musée des Beaux-arts de Nantes
  • 1991 Musée Pierre André Benoit, Alès.
  • 1991 Galerie 2016, Hauterive
  • 1992 Galerie Denise René, Paris
  • 1993 Galerie 2016, Hauterive
  • 1998 Galerie Convergences, Nantes
  • 2001 Stadsbibliotheek, Anvers

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rick Sauwen, Germain Viatte et Michel Seuphor 1976, p. 16
  2. Rick Sauwen, Germain Viatte et Michel Seuphor 1976, p. 17
  3. Rick Sauwen, Germain Viatte et Michel Seuphor 1976, p. 210
  4. Alexandre Grenier 1996, p. 321
  5. « Les faux Mondrian en appel - La cour confirme la bonne foi de M. Michel Seuphor », Le Monde,‎ 5 décembre 1985

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Francis Bernard, Itinéraire spirituel de Michel Seuphor, Anduze, S.P.I.E.,‎ 1946, 366 p.
  • (fr+nl) Rick Sauwen, Germain Viatte et Michel Seuphor, Seuphor, Anvers, Paris, Mercator,‎ 1976, 365 p. (ISBN 90-6153-084-9)
  • Collectif, Michel Seuphor, Paris, Carmen Martinez,‎ 1976, 252 p.
  • Marie-Aline Prat, Cercle et Carré, peinture et avant-garde au seuil des années 1930, Lausanne, L'Age d’homme,‎ 1984, 256 p. (OCLC 65695652)
  • collectif, Les Actes du colloque Michel Seuphor à l'université de Nantes en 1985, Paris, Les Méridiens Klincksieck,‎ 1986, 188 p. (ISBN 2-86563-153-2)
  • Christiane Germain et Paul Haïm, Michel Seuphor, une vie à angle droit, Paris, La Différence,‎ 1988, 194 p. (ISBN 9-782729-103408)
  • Alexandre Grenier, Michel Seuphor, un siècle de libertés, entretiens avec Alexandre Grenier, Paris, Hazan,‎ 1996, 384 p. (ISBN 9-78250-254680[à vérifier : isbn invalide])
  • Michel Seuphor et association du Cercle et carré, Cercle et carré, Paris, Vanves-Seines : Groupe international « Cercle et carré »,‎ 1930 (OCLC 70724322)
  • Patricia Dupuy, Seuphor, la traversée du siècle, Alès, Musée bibliothèque Pierre-André Benoit,‎ 1991, 70 p. (ISBN 2-907791-117)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 1965 : Christian Bussi, « Michel Seuphor entre les lignes », 55 minutes. Production RTB.
  • 1978 : Claude Guibert, « Michel Seuphor », 30 minutes. Production Imago.
  • 1981 : Liliane Thorn-Petit, « Michel Seuphor, portrait d’artistes », 26 minutes. Production RTL.
  • 1995 : Claude Guibert, « Michel Seuphor », 26 minutes. Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain Collection Les grands témoins de l'art. Production Imago.
  • 2000 : Claude Guibert, « Michel Seuphor, le style et le cri », 52 minutes. Production DAP, Imago.

Liens externes[modifier | modifier le code]