Le Courrier français

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Le Courrier français
Image illustrative de l'article Le Courrier français
Édition du 15 février1906

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité hebdomadaire
Genre Actualités et culture
Date de fondation 1884
Date du dernier numéro 1913
Ville d’édition Paris

ISSN 1146-9153

Le Courrier français, appelé ensuite Le Courrier français illustré est un journal hebdomadaire illustré français fondé et dirigé par Jules Roques. Il est paru de 1884 à 1913.

Précédents titres[modifier | modifier le code]

Il existe d'autres publications homonymes antérieures :

Un Courrier français paraissait sous le Premier Empire : il était dirigé par Cauchois-Lemaire, futur éditeur du Nain Jaune sous la Restauration. Il publia plusieurs œuvres littéraires, parmi lesquelles Les Comédiens sans le savoir, un roman d’Honoré de Balzac en 1846[1].

Il y eut également Le Courrier français, quotidien libéral fondé en 1820, succédant à l'organe qu'avait publié, à partir de juin 1819, les doctrinaires, avec François Guizot, Charles de Rémusat, Achille de Salvandy. Il cessa de paraître en 1851[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Affiche de Jules Chéret pour le Courrier français (1892)
Affiche de Adolphe Willette pour le Courrier français.

Le premier numéro sort le 16 novembre 1884 au prix de 20 centimes pour 8 pages illustrées dans un format 30 x 40 cm. Son fondateur est Jules Roques, agent publicitaire pour des produits pharmaceutiques auprès de divers quotidiens. Au bout de deux mois, le tirage passe à 100 000 exemplaires : c'est un succès.

Sous la direction de Hypolythe-Jules Roques (1850-1909)[3] dont le siège est 14 rue Séguier, Le Courrier français devient l'organe satirique le plus représentatif de l'époque[2]. Il eut notamment pour rédacteurs Maurice Bouchor, Raoul Ponchon, Georges Montorgueil, Hugues Delorme, Jean Lorrain, et pour illustrateurs Adolphe Willette, David Ossipovitch Widhopff, Jean-Louis Forain, Jules Chéret, Hermann-Paul, Henri Pille, Georges Jeanniot[2]. Il comportait des rubriques sur la littérature, les beaux-arts, les théâtres, la médecine et la finance. Édouard Monnais y tenait la rubrique (ou feuilleton) littéraire et théâtrale.

Le journal représentait vers 1895 l'esprit léger et sarcastique du Paris fin-de-siècle et accueillit l'élite des dessinateurs qui se retrouvaient chaque soir au café du Rat Mort[4] à Montmartre.

À partir de 1885, Jules Roques y accueille les Incohérents. Raoul Ponchon y publiait ses fameuses Gazettes rimées, morceaux satiriques et légers brassant l’actualité. Henri Pille y représentait les mœurs du temps sous un aspect moyen-âgeux. Willette, chargé d'orner la plupart des pages de couverture, y déployait un patriotisme montmartrois fait de Pierrots et d'Arlequines gentiment dépoitraillées.

À partir de 1887, Jules Roques, Adolphe Willette et d'autres artistes organisent les fameux bals masqués du Courrier, conçu non comme un rendez-vous de costumes amusants, mais comme une réunion de groupes ou personnalités symboliques, illustrant un thème programmé et annoncé à l'avance. Ces bals vont contribuer à relancer le Carnaval de Paris, qui avait connu un affaiblissement momentané après la guerre franco-prussienne de 1870, le siège de Paris et la semaine sanglante. Dans ces bals, les dessins préparatoires publiés dans le Courrier incitent les participantes à y venir très légèrement vêtues, ce qui explique certainement aussi le succès de ces événements.

Le 15 juin 1888, Le Courrier organisa le « Bal des enfants ». Le jury comprenait Jean Lorrain déguisé en saint Jean-Baptiste, Henri Pille en garde-champêtre et Jean-Louis Forain en gendarme. La mode était alors aux personnages de la commedia dell’arte : Pierrot, Pierrette, Arlequin et Polichinelle. Comme pour Pille, c'était un sujet de prédilection de Willette, autre grand illustrateur de l'époque et collaborateur à la Revue illustrée. Brisson qualifie les « Pierrettes » de Willette de « cousines de Watteau ».

Le Courrier français aguichait le public par l'audace de ses gravures. Le patron Jules Roques s'efforçait surtout d'y faire des affaires, alors que Louis Legrand essayait d'apporter une tendance paysanne et humanitaire. L'espoir suscité par l'exposition universelle de 1900 ayant été déçu, le ton changea avec l'arrivée d'Hermann-Paul, qui attaquait les curés, les affairistes et certaines mœurs du temps. Violent et ironique, il ne fut pas seulement l'idéal illustrateur d'Octave Mirbeau, mais aussi un redresseur de torts par ses graphismes violents et amers. Son esprit pessimiste se traduisait dans une technique noire évoquant des scènes cruelles accompagnées de légendes acerbes.

Le Courrier organisa plusieurs ventes des dessins de ses collaborateurs à hôtel Drouot, dont celle du 25 avril 1904, puis celle du 27 janvier 1905 sous le marteau de maître Raymond Pujos, commissaire priseur.

Autres dessinateurs[modifier | modifier le code]

Titre homonyme actuel[modifier | modifier le code]

De nos jours mais sans aucun rapport, le Courrier français est un hebdomadaire régional couvrant une dizaine de départements dans le quart sud-ouest de la France, membre du Syndicat de la presse hebdomadaire régionale (SPHR).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Histoire du texte, La Pleiade, t. VII, p. 1150.
  2. a, b et c Larousse encyclopédique, p. 2719.
  3. Laurent Bihl, « Jules Roques (1850-1909) et Le Courrier français », Histoires littéraires, vol. XII, n° 45, janvier-février-mars 2011, p. 43-68.
  4. Situé en haut de la rue Pigalle, il s'appelait en réalité le café Pigalle. Il doit son appellation à un client qui, en raison d’une odeur désagréable, dit « Cela sent le rat mort ici ».
  5. 14 dessins entre novembre 1908 et avril 1910.

Lien externe[modifier | modifier le code]