Robert Delaunay

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Robert Delaunay

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Autoportrait de Robert Delaunay (achevé en 1906)
musée national d'art moderne, Paris

Nom de naissance Robert Victor Félix Delaunay
Naissance 12 avril 1885
Paris, France
Décès 25 octobre 1941 (à 56 ans)
Montpellier, France
Nationalité Française
Activités Peinture, écriture, arts décoratifs
Maîtres Charles Damour (son oncle)
Mouvement artistique Néo-impressionnisme, cubisme, avant-garde, orphisme, abstraction
Influencé par Cézanne, Pablo Picasso, Jean Metzinger, Fernand Léger, Vassili Kandinsky, František Kupka, Piet Mondrian
Influença Paul Klee, Michel Larionov, Natalia Gontcharova

Œuvres réputées

Robert Delaunay, né le 12 avril 1885 à Paris dans le 16e arrondissement et mort le 25 octobre 1941 à Montpellier, est un peintre français. Avec sa femme Sonia Delaunay et quelques autres, il est le fondateur et le principal artisan du mouvement orphique, branche du cubisme et important mouvement d'avant-garde du début du XXe siècle. Ses travaux sur la couleur prennent pour origine plusieurs théories de la loi du contraste simultané des couleurs, formulées par Michel-Eugène Chevreul. Par un travail concentré sur l'agencement des couleurs sur la toile, il cherche l'harmonie picturale.

Delaunay fait partie d'une génération d'avant-garde, particulièrement prolifique sur le plan artistique entre 1912 et 1914. Il est très lié (en correspondance, en art, voire en amitié) avec les poètes Guillaume Apollinaire et Blaise Cendrars, les peintres russes Vassily Kandinsky et Michel Larionov, les peintres allemands August Macke ou Franz Marc. Il est considéré à cette époque comme le peintre le plus influent, avec Pablo Picasso.

Après la guerre, il se lie d'amitié avec les artistes du mouvement surréaliste, dont il réalise plusieurs portraits, sans pour autant adopter leurs points de vue et leurs visions artistiques. Il aura notamment une amitié forte et durable avec le poète Tristan Tzara.

Son nom est également associé à la tour Eiffel, dont il a vu l'érection alors qu'il avait quatre ans, et qu'il a peinte de nombreuses fois dans sa carrière, en utilisant des méthodes différentes, d'abord néo-impressionniste puis cubiste, et ensuite avec sa méthode simultaniste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Les parents de Robert Victor Félix Delaunay, George et Berthe Delaunay, habitent, lors de sa naissance le 12 avril 1885, un immeuble cossu de la rue Boissière à Paris dans le 16e arrondissement[1] Robert Delaunay s'oppose rapidement à son éducation bourgeoise alors que sa mère le materne excessivement, l'habille à l'anglaise, et le promène ainsi sur l'avenue des Champs-Élysées[2]. Malgré ce refus de la vie bourgeoise, il reste marqué par ses origines. Il demeure par ailleurs toujours indifférent aux aspects matériels de la vie, et se crée, à l'instar de Don Quichotte, une conception chevaleresque de la vie. Ce caractère le pousse à transformer chaque instant de la vie en un moment poétique[3].

À quatre ans, ses parents l'emmènent à l'exposition universelle de Paris de 1889, pour laquelle est construite la tour Eiffel, monument qui fascine l'artiste toute sa vie durant. Il s'enthousiasme pour les techniques scientifiques modernes, notamment pour la vitesse et l'électricité[3]. Il visite par la suite l'exposition universelle de 1900, et notamment le pavillon de l'électricité. Cette visite forge son esprit de « peintre de la vie moderne »[3].

Les parents de Robert Delaunay divorcent quand il a neuf ans, le 16 mai 1894. Il est alors élevé par une sœur de sa mère, Marie de Rose, et son mari, Charles Damour[4].

Très tôt, il se passionne pour les fleurs. Dans le château de La Rongère, à Saint-Éloy-de-Gy, lieu des vacances familiales, il passe de longs moments seuls dans le jardin, à faire des croquis de fleurs, qui sont sa passion naturelle principale, avec le soleil[5].

L'école ne l'intéresse pas, et il profite de ses études pour dessiner et peindre avec des pastels cachés dans sa case. Il quitte le lycée à l'âge de dix-sept ans, et est engagé en tant qu'apprenti dans la conception scénique deux années durant (1902 à 1904), dans les ateliers du décorateur de théâtre Eugène Ronsin. C'est là qu'il développe son goût pour les grandes surfaces et la monumentalité, qu'il est sensibilisé au rôle de la lumière et aux jeux de distorsion perspective de l'espace scénique[6].

Il s'initie à la peinture avec son oncle Charles Damour, qui est un peintre traditionnel, loin de toutes les théories et de tous les mouvements de son époque. Robert Delaunay défend très souvent son point de vue artistique, très éloigné de celui de son oncle, ce qui conduit à des scènes de ménages burlesques. « Les assiettes volaient parce Robert défendait son avis » raconte Sonia Delaunay[2].

Premières œuvres[modifier | modifier le code]

L'homme à la tulipe, portrait de Jean Metzinger, 1906

En 1904 et 1905, Robert Delaunay réalise ses premières peintures : des paysages et des fleurs de facture néo-impressionniste et fauve. En 1907, il fait son service militaire à Laon, dans l'Aisne. Il est fasciné par la cathédrale, et en fait de nombreux croquis. Il est affecté au service des auxiliaires, dans la bibliothèque des officiers. Son compagnon de chambrée, Robert Lotiron, écrit qu'« à cette époque, Delaunay avait un engouement délirant pour Spinoza, Rimbaud, Baudelaire et Laforge ». Le 20 octobre 1908, il est réformé pour « troubles fonctionnels du cœur », et « endocardite », puis il retourne à Paris[7].

En 1906, il participe au XXIe salon des indépendants, où il présente de nombreux tableaux peints au cours de l'été précédent. En 1907, il fréquente un groupe de jeunes artistes cherchant un art nouveau parmi lesquels Jean Metzinger, Henri Le Fauconnier et Fernand Léger. Dans le même temps, il entreprit un travail conséquent sur des monuments de Paris. Le résultat de ses recherches a pour conséquence de proposer une théorie personnelle sur la couleur, en prenant comme point de départ son œuvre Paris - Saint-Séverin (1909)[8].

Rencontre avec Sonia[modifier | modifier le code]

Début 1909, il rencontre Sonia Stern alors qu'ils fréquentent tous les deux des artistes renommés. Ils assistent ensemble au triomphe de Louis Blériot qui traverse la Manche, et font ensemble un séjour dans la Drôme. Elle est alors mariée avec Wilhelm Uhde, mais ce n'est qu'un mariage blanc pour faciliter l'acquisition de la nationalité française pour Sonia. Elle divorce aussitôt pour se remarier le 15 novembre 1910 avec Robert Delaunay, dont elle est enceinte[1]. Le 18 janvier 1911 naît un garçon, Charles. Robert peint une petite tour Eiffel, qu'il offre à Sonia en cadeau de fiançailles[9].

Maturité et abstraction[modifier | modifier le code]

1910-1918[modifier | modifier le code]

En 1910, influencé par le cubisme, notamment celui de Cézanne, Robert Delaunay réduit sa palette de couleurs jusqu'au monochrome, puis, sous l'influence de Sonia, il réintroduit les couleurs chaudes. Dès 1912, il se tourne vers l'Orphisme avec sa série des Fenêtres (conservées au musée de Grenoble et au Philadelphia Museum of Art). Avec Sonia Delaunay, il crée le simultanéisme, basé sur la loi du contraste simultané des couleurs. Il entre en correspondance avec le pionnier de l'abstrait Vassili Kandinsky, dont le texte théorique Du spirituel dans l'art (que Sonia lui traduit de l'allemand) va beaucoup l'influencer et le guider[10].

Les deux artistes s'entraident également pour obtenir des places dans les expositions et dans la critique ; ils sont véritablement des amis. C'est grâce à Kandinsky que Delaunay peut être exposé à Moscou, et où il présente trois œuvres sans titre. L'année 1912 est dense en évènements pour Robert Delaunay : il expose à Moscou, Munich, Berlin, Paris, Zurich, se lie d'amitié avec le poète Guillaume Apollinaire (qui vient vivre à son atelier pendant les mois de novembre et décembre) et Blaise Cendrars, rencontre Paul Klee (avec qui il entre en correspondance), Alberto Giacometti, Henri Matisse, Henri Le Fauconnier et peint la série des Fenêtres, qui marque un tournant majeur dans son œuvre[11].

En 1913, Delaunay part exposer à Berlin en compagnie de Guillaume Apollinaire, et profite de l'occasion pour rencontrer les artistes allemands de l'époque : Franz Marc, Max Ernst ou encore August Macke « Delaunay et Apollinaire sont restés un jour et une nuit. À ma grande joie, leur préférence est allée à mes dernières œuvres » raconte ce dernier[12]. Paul Klee traduit en allemand le texte théorique de Delaunay, « La Lumière », qui paraît dans la revue Der Sturm en janvier sous le titre « Über das Licht ». Apollinaire écrit le poème Les Fenêtres qui sert de préface à la série de tableaux homonymes du peintre. En février, Alexandra Exter écrit au couple Delaunay pour leur demander de les inscrire au Salon des Indépendants, ainsi que Michel Larionov et Nathalie Gontcharoff. Robert Delaunay entre en correspondance avec tous ces artistes de l'avant-garde russe ; c'est lui qui les présente au public français[13]. À cette époque, Apollinaire considère qu'il est le peintre le plus influent avec Picasso : « Il y a dans la peinture moderne de nouvelles tendances ; les plus importantes me semblent être, d'une part le cubisme de Picasso, d'autre part, l'orphisme de Delaunay. »(Guillaume Apollinaire Die Moderne Malerei [La peinture moderne] dans Der Sturm, février 1913)[14].

Durant toute cette période, il peint ses tableaux dans la petite ville de Louveciennes, où il a une résidence avec Sonia, et ne va à Paris ou à l'étranger qu'une fois son œuvre terminée, pour la présenter ou alors pour voir ses amis peintres et poètes.

Les époux Delaunay sont surpris par la guerre alors qu'ils sont en Espagne. Robert Delaunay essaie de se faire incorporer, mais il est refusé pour raisons de santé. Sonia Delaunay et lui vont donc rester toute la durée de la guerre, et jusqu'en 1922, en Espagne et au Portugal. Il continue de peindre, avec notamment une série sur Les Marchés portugais, mais aussi Les Natures mortes et le Nu à la toilette. Les Delaunay en profitent pour passer de longues journées au musée du Prado, et Robert Delaunay se passionne pour les œuvres de Rubens et du Greco[15]. Quand ils reviennent en France, le mouvement dada est à son apogée.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

De retour à Paris, les Delaunay vont fréquenter de nombreux poètes et musiciens, mais peu de peintres, et côtoyer les milieux surréalistes, comme en témoignent les nombreux portraits d'amis réalisés à cette époque, dont ceux de Tristan Tzara, ami fidèle des décennies 1920 et 1930, d'André Breton et de Philippe Soupault. Ils sont liés également à Louis Aragon, Jean Cocteau ou Igor Stravinsky, et reçoivent le poète russe Vladimir Maïakovski. Les réunions amicales permettent à Robert Delaunay de présenter ses théories littéraires, qu'il met sur papier plus tard[16].

Il repeint plusieurs fois la tour Eiffel, car la « géante » se prête bien à ses recherches sur les contrastes simultanés de la couleur. Mais, comparé aux tours réalisées dans sa jeunesse, le travail est sensiblement différent[16].

Dans les années 1920, il diversifie son travail, en s'attelant par exemple à l'art décoratif avec Fernand Léger. Il participe notamment à l'exposition des Arts décoratifs de 1925, qui récapitule les recherches de tous les pays dans le domaine des arts appliqués. Sonia Delaunay suit également cette voie, et obtient plus de reconnaissance que lui. Il compose la même année les décors de plusieurs films[17].

Delaunay revient à l'orphisme abstrait avec sa série Rythme, composée pour grande partie en 1934. Cette série semble être l'aboutissement de ses recherches sur l'harmonie picturale. Dans le même temps, il commence des recherches sur de nouveaux matériaux. Son travail est est mis en avant par une exposition commentée longuement par un article de Jean Cassou[18].

Les commandes de l'exposition internationale de 1937 lui permettent de réaliser d'immenses fresques et des peintures monumentales, dont celles du pavillon de l'air et du chemin de fer. La fresque du palais de l'air est une représentation agrandie d'une toile de la série Rythme. Il assure l'année suivante la décoration du hall des sculptures au Salon des Tuileries, pour lequel il exécute trois grands Rythmes qui sont ses dernières œuvres importantes[19].

En 1940, il fuit l'avancée nazie en se réfugiant à Montpellier, en Zone libre auprès de Joseph Delteil. Il continue de s'investir dans la vie artistique. Installé à Mougins, il a constitué un véritable musée Delaunay avec ses tours déhanchées. Le peintre Albert Aublet lui rend souvent visite à l'époque où il apporte son soutien au jeune peintre figuratif Nicolas de Staël[20] Il est à nouveau victime de problèmes pulmonaires, et meurt le 25 octobre 1941[18].

Œuvre[modifier | modifier le code]

L’œuvre de Robert Delaunay est généralement divisée chronologiquement en deux parties : le néo-impressionnisme de sa jeunesse d'une part puis l'orphisme, branche du cubisme et avant-garde de l'abstraction, constituant sa maturité (à partir d'environ 1912) d'autre part[21]. Son œuvre est tombée dans le domaine public au 1er janvier 2012.

Néo-impressionnisme[modifier | modifier le code]

Marqué d'abord par l'impressionnisme et le synthétisme, Delaunay s'oriente vers le néo-impressionnisme après sa rencontre avec Jean Metzinger, qui l'invite à se plonger dans des écrits théoriques sur la couleur, tel que De la loi du contraste simultané des couleurs d'Eugène Chevreul. De tels essais le convainquent que les couleurs sont interdépendantes et interagissent entre elles en fonction de leur répartition dans le spectre. Cette découverte le marque toute sa vie[22].

Entre 1904 et 1906, il réalise une série de portraits et d'autoportraits dans lesquels il applique la technique de la large touche en pavé propre au divisionnisme. Il réalise dans le même temps une série de paysages, toujours en utilisant la méthode divisionniste, dont le célèbre Paysage au disque, peint dans les derniers jours de 1906[22].

En 1906, dans Le Portrait de Henri Carlier, Robert Delaunay affirme déjà sa singularité dans le choix de l'agencement des couleurs : les dominantes vert et violet rencontrent des zones de rouge brillant. Le violet qu'il applique n'est pas commun pour l'époque, et est sans doute emprunté au peintre divisionniste Cross, et son travail est influencé par les longues discussions avec Jean Metzinger[8].

Orphisme[modifier | modifier le code]

Les Fenêtres[modifier | modifier le code]

Robert Delaunay passe à l'abstraction avec la série Les Fenêtres, présentée de 1912 à 1913. Elle inaugure une longue série de recherche sur la possibilité de traduire « l'harmonie représentative », par le seul agencement des couleurs. Les couleurs remplacent les objets, qui n'ont plus de substance et laissent la place à la lumière. Ce passage à l'abstraction se fait après la lecture des théories de Vassily Kandinsky dans son livre manifeste Du spirituel dans l'art, et alors que Guillaume Apollinaire diagnostique en 1912 la naissance d'un nouvel art pictural : « Les peintres nouveaux peignent des tableaux où il n'y a plus de sujet véritable »[23]. Mais, contrairement à Vassily Kandinsky qui donne un contenu psychologique et mystique à ses œuvres, Robert Delaunay n'exploite que « l'effet purement physique ». Il s'explique en s'inspirant d'un texte de Léonard de Vinci : « L’œil est notre sens le plus élevé, celui qui communique le plus étroitement avec notre cerveau, la conscience. L'idée d'un mouvement vital du monde et son mouvement est simultanéité. Notre compréhension est corrélative à notre perception »[24] ,[25],[26]. À cette époque, Delaunay fait également de nombreuses recherches sur les couleurs et plus précisément sur la loi du contraste simultané des couleurs. Avec Sonia Delaunay, il crée le simultanéisme, une technique qui vise à trouver l'harmonie picturale grâce à l'agencement simultané des couleurs, et qui se concentre essentiellement sur le rôle de la lumière, qui est perçue comme principe créateur originel[27].

L'Équipe de Cardiff[modifier | modifier le code]

Robert Delaunay - L'Équipe de Cardiff (1913)

En 1913, après la série Les Fenêtres, Robert Delaunay produit une série nommée L'Équipe de Cardiff, consacrée au sport, particulièrement au football-rugby, sport en plein essor à cette époque. Ainsi, il choisit un sujet peu traité jusque-là, qui répond bien à la « modernolâtrie » de Blaise Cendrars et de Guillaume Apollinaire. Il est en accord avec les journaux de l'époque qui louent « l'esprit de vitalité » de la nouvelle génération. Le tableau met en scène une vision combative de la vie moderne, où le culte de l'action invite au dépassement de soi[28].

Cette série n'est pas abstraite : des joueurs de rugby sont représentés devant une grande roue et la Tour Eiffel, dans un assemblage d'affiches et de couleurs. Le décor est résolument urbain : c'est le panneau publicitaire qui prend la plus grande place sur le tableau. Il organise son tableau comme une juxtaposition d'éléments agencée de manière simultanée. L'image des joueurs semble lui venir d'une revue anglaise qu'il possédait, et les motifs de la grande roue, du panneau publicitaire et de la tour Eiffel d'une carte postale qui fut retrouvée dans ses affaires. Le regroupement des quatre éléments se fait grâce à la ligne médiane, axe sinusoïdal qui coupe le tableau en deux, tout en faisant son unité. Cet axe permet le passage à une architecture dépourvue de fondations, qui semble voler dans les airs[29].

Hommage à Blériot[modifier | modifier le code]

Au salon suivant, en 1914, Robert Delaunay présente la toile Hommage à Blériot, véritable manifeste de sa méthode simultaniste. Les mouvements de la toile sont impulsés par des formes empruntés à l'aéronautique : biplan, hélice. L'avion, symbole de l'émancipation de l'homme par rapport à la Terre, offre à Robert Delaunay un prétexte pour s'émanciper des codes de la peinture traditionnelle, et s'avancer vers l'« inobjectif » et la « peinture pure ». Il choisit l'avion car il abolit les notions de distance, et permet au peintre d'aller vers une ubiquité panoramique. Il oppose une plénitude harmonique aux tentatives descriptives du passé. De même, ce motif, comme celui de la tour Eiffel, lui permet de se revendiquer peintre de la modernité. La préférence du peintre pour la courbe est perceptible (contrairement aux peintres abstraits Kasimir Malevitch et Piet Mondrian), déjà affirmée dans la série des Fleurs (1909), et qui se poursuivra dans les Formes circulaires[29].

Formes circulaires et disques[modifier | modifier le code]

Robert Delaunay, Disque simultané (1912-1913)

Après avoir présenté sa série L'Équipe de Cardiff au Salon des indépendants dans le début de l'année 1913, il se retire à Louveciennes et entame une importante série intitulée Formes circulaires. Par ce travail, Robert Delaunay souhaite rendre la puissance de la lumière solaire, thème qu'il avait déjà esquissé dans sa peinture de 1906 Paysage au disque, et l'irradiation lunaire. À propos de l'une des œuvres de cette série, il déclare plus tard qu'elle est la « première peinture circulaire, premier tableau non figuratif »[30]. Par cette toile, il révèle son intérêt pour les théories scientifiques (en parties erronées) de la couleur au XIXe siècle. Dans le tableau Formes circulaires, Soleil no 2, les trois couleurs primaires : le bleu, le rouge et le jaune, sont aux extrémités d'un triangle déformé qui donne une sensation de rotation de l'ensemble. Pour Delaunay, cet effet résulte du tournoiement des motifs colorés, descendant pour le bleu et ascendant pour le rouge. Entre ces couleurs primaires apparaissent des couleurs secondaires, obtenues par mélange des premières : orange, vert et violet. L'ensemble tourbillonne autour du centre, la couleur originelle et finale, le blanc. Ce n'est pas le soleil qui est représenté, mais le processus de perception par l’œil[31]

En août 1913, toujours à Louveciennes, il réalise une œuvre solitaire, appelée Disque (Le Premier Disque), qui consiste en sept cercles concentriques divisés en quatre segments égaux. Alors que les cercles colorés étaient nombreux dans sa série Formes circulaires, Robert Delaunay se concentre dans cette peinture dans la pureté de la surface plane ; mais elle n'en est pas néanmoins qu'un détail d'une œuvre précédente, c'est une œuvre à part entière, qui fait partie de la recherche de Delaunay sur l'harmonie picturale. Cette œuvre, indiscutablement non-objective, a une grande importance dans l'histoire de l'art[32].

Travaux en Espagne[modifier | modifier le code]

Alors qu'il est en Espagne et au Portugal pendant la guerre, il renouvelle ses thèmes, passant de la ville à la vie populaire sur les marchés ou à la maison, mais sa technique artistique reste la même. Des personnages sont dessinés de manière figurative, mais sont entourés d'objets abstraits ; sur ces mêmes toiles, les couleurs éclatent et sont employées en toute liberté. La lumière de la péninsule ibérique est beaucoup plus forte que celle d'Île-de-France, d'où Robert Delaunay n'était guère sorti, ce qui lui permet d'observer et de rendre sur ses tableaux un nouveau type de vibration des couleurs[15].

Éloignement de l'orphisme[modifier | modifier le code]

Dans les années 1920, Robert Delaunay retravaille sur la tour Eiffel, de manière sensiblement différente. La tour ne s'écroule plus, mais se dresse, vue en contre-plongée, de telle façon qu'il nous semble qu'elle grandit de manière infinie. D'autres fois, la tour est vue du ciel et associée aux courbes du Champ de Mars ; pour ces vues, il s'est aidé de photographies aériennes[16]. Il tire de sa composition le dynamisme du rythme, et l'agencement de couleurs irréalistes.

En 1925, il participe à l'exposition des Arts décoratifs, pour laquelle il décore le hall d'une ambassade avec Fernand Léger. Il choisit le thème de La Femme de la tour, qu'il reproduit sur un panneau de plus de quatre mètre, et provoqua un violent scandale[17].

Les nombreux portraits d'amis ou de connaissances qu'il peut dans ces années-là sont bel et bien figuratifs, mais Robert Delaunay utilise toujours des couleurs vives et puissantes. Par exemple, dans le Portrait de Tristan Tzara, l'élément principal n'est pas le visage du poète, mais bien l'écharpe orange et verte qu'il porte autour du cou.

Retour à l'orphisme[modifier | modifier le code]

Rythme (1932)

Vers 1930 se produit un revirement assez difficile à expliquer, qui pousse Delaunay à revenir à l'orphisme, en commençant une série intitulée Rythmes, qui reprend les Formes circulaires produites dans les années 1910, de manière nouvelle et plus mature, en s'inspirant notamment du travail de Piet Mondrian, et des artistes regroupés sous le nom d'abstraction-géométrique (dont la plupart reconnaissaient une dette artistique à son égard[17]). Il y montre sa maîtrise dans l'agencement des couleurs, et atteint son but recherché dans les premières année orphiques : l'harmonie picturale.

Recherches sur la technique picturale[modifier | modifier le code]

Dans le même temps, alors qu'il s'est quasiment toujours contenté de rester dans la technique classique de la peinture (à part pour les Arts Décoratifs), il commence à rechercher de nouvelles techniques picturales, que Jean Cassou décrit dans le détail dans un article paru en 1935 dans le magazine Art et décoration : « Ces revêtements, dans la composition desquels domine la caséine, peuvent s'appliquer sur les cartons ou sur des toiles [...] Il est possible de les peindre à la fresque, à l'huile ou à l’œuf. Delaunay mêle à sa caséine des pâtes faîtes avec des poudres de liège et obtient ainsi des épaisseurs avec de la sciure de bois. L'intérêt de ces matières, c'est qu'une fois durcies [...], elles peuvent être utilisées pour les extérieurs et résister aux agents atmosphériques. Delaunay emploie également tout une gamme chromatique de sables, en particulier les sables du Colorado, qu'il projette sur ses enduits à la caséine avec un pistolet à air. Les colorations ainsi obtenues sont inaltérables à la lumière et inattaquables à l'eau. Il applique enfin à ses revêtements des vernis [...] Un autre matériau dû à l'ingéniosité de Delaunay est la pierre laque, qui peut constituer des murs d'une coloration variée et séduisante. C'est un matériau léger, ininflammable et dont l'emploi est tout indiqué dans la marine. Il peut atteindre à la densité du marbre et à la résistance du ciment : mais c'est là sa supériorité sur le ciment, il comporte en lui-même sa coloration. On peut d'ailleurs aussi le produire en surfaces blanches, sur lesquelles la peinture adhère parfaitement. Il est inutile de faire observer qu'on peut disposer des pâtes à la caséine selon des reliefs décoratifs aussi complexes et libres que l'on voudra. »[33] Robert Delaunay passe donc du chevalet au travail artistique sur les murs. Il s'en explique dans la revue Commune : « Moi artiste, moi manuel, je fais la révolution dans les murs. En ce moment, j'ai trouvé des matériaux nouveaux qui transforment le mur, non seulement extérieurement mais dans sa substance même. Séparer l'homme de l'art ? Jamais. Je ne peux pas séparer l'homme de l'art puisque je lui fais des maisons ! Pendant que la mode était au tableau de chevalet, je ne pensais déjà qu'à de grands ouvrages muraux. »[34]

L'exposition universelle de 1937[modifier | modifier le code]

Ces travaux muraux trouveront leur point d'exergue dans l'Exposition internationale de 1937, pour lesquelles il réalise d'immenses décorations. Dès 1935, il était pressenti pour participer à cette gigantesque exposition, mais, contrairement à de nombreux artistes, il n'a fait aucun acte de candidature ; l'attention a été attiré sur lui grâce à une exposition réalisée par la revue Art et décoration, intitulée Revêtements muraux en relief et en couleurs de Robert Delaunay, en 1935. Il réalise la décoration du palais du chemin de fer et de l'air. Pour ce dernier, il reproduit à grande échelle son tableau Rythme sans fin. La volonté était également de faire sortir l'avant-garde de son petit cercle d'initiés, et de le mettre à portée de tout le monde[19].

Delaunay et l'art abstrait[modifier | modifier le code]

Robert Delaunay a peint des œuvres abstraites durant deux périodes dans sa vie : d'abord autour de 1912 et 1913, avec les séries des Villes, des Formes circulaires et la toile Disque simultané, qui en font l'un des pionniers de l'abstraction[35],[36] ; puis autour de 1933 et 1934, quand il peint les séries Rythmes et Rythmes sans fin. Pourtant, à aucune période, il n'a défini son art comme étant un art abstrait. Cela s'explique par le fait qu'il se sentait cubiste, était vu par la critique et le public comme un peintre cubiste, et ses œuvres étaient interprétées ainsi. Pour s'éloigner des autres « -isme » qui fleurissent à l'époque, il crée son propre mouvement, le simultanéisme, en raison de sa recherche chromatique sur les couleurs. Il se considère d'ailleurs comme un « hérésiarque du cubisme »[32]. De plus, il affirme dans une lettre à August Macke de 1913 que « Une chose indispensable pour moi, c'est l'observation directe, dans la nature, de l'essence lumineuse », ce qui l'éloigne des théoriciens de l'art abstrait, tels que Piet Mondrian, qui voudraient un art complètement coupé de la nature. Pourtant, certaines de ses œuvres sont indiscutablement abstraites, dont les séries citées ci-dessus. En voulant représenter la lumière, qui paraît être un élément naturel, il a dû recourir à des formes non-figuratives, sans aucun lien direct avec la réalité. Pour rendre l'essence de la lumière, il a choisi d'utiliser des agencements de couleur, sans plus représenter un objet[37].

À propos de Robert Delaunay[modifier | modifier le code]

Portrait de Guillaume Apollinaire en 1914
  • « Robert Delaunay a moins d'inquiétude. Il n'est pas comme Metzinger prêt à tout tenter en faveur de l'art. Mais sa sagesse ne l'éloigne point des bizarreries et l'influence d'un Othon Friesz, d'il y a quelques années, nous vaut cette fois-ci des toiles solidement peintes qui ont l'air malheureusement de commémorer un tremblement de terre » (Guillaume Apollinaire « Prenez garde à la peinture! Le Salon des Artistes indépendants » L'Intransigeant, 18 mars 1910)[38].
  • « Il y a dans la peinture moderne de nouvelles tendances ; les plus importantes me semblent être, d'une part le cubisme de Picasso, d'autre part, l'orphisme de Delaunay. L'orphisme jaillit de Matisse et du mouvement des fauves, en particulier de leurs tendances lumineuses et anti-académiques. Delaunay croyait que si vraiment une couleur simple conditionne sa couleur complémentaire, elle ne la détermine pas en brisant la lumière, mais en suscitant à la fois toutes les couleurs du prisme. Cette tendance, on peut l'appeler l'orphisme. Ce mouvement, je crois, est plus proche que les autres de la sensibilité de plusieurs peintres allemands modernes. Ces deux mouvements sont de l'art pur parce qu'ils déterminent uniquement le plaisir de notre pouvoir visuel. Ce sont des mouvements de l'art pur puisqu'ils s'élèvent au sublime sans s'appuyer sur aucune convention artistique, littéraire ou scientifique. Nous sommes ivres d'enthousiasme. Nous nous élevons ici vers le lyrisme plastique. Cette tendance créatrice s'étend maintenant à l'univers. La peinture n'est pas un art reproducteur mais créateur. Avec ces mouvements, orphistes et cubistes, nous arrivons en pleine poésie de la lumière. J'aime l'art des jeunes peintres parce que j'aime avant tout la lumière. Et, comme tous les hommes aiment avant tout la lumière, ils ont inventé le feu. » (Guillaume Apollinaire Die Moderne Malerei [La peinture moderne] dans Der Sturm, février 1913)[14]
  • « On a déjà beaucoup parlé de l'orphisme. C'est la première fois que cette tendance se manifeste. Elle réunit des peintres de caractères assez différents qui tous, dans leurs recherches, sont arrivés à une vision plus intérieure, plus poétique de l'univers et de la vie. Cette tendance n'est pas une invention subite ; elle est l'évolution lente et logique de l'impressionnisme, du divisionnisme, de l'école des fauves et du cubisme. Le mot seul est nouveau : bien des peintres ont été surpris d'être compris dans cette tendance et il est très intéressant de noter que des peintres très différents convergent dans les mêmes recherches et tendent, indépendamment les uns des autres, à la même expression. » (Guillaume Apollinaire, « Le Salon des Indépendants » L'intransigeant, 25 mars 1913)[38]
  • « Post-futurisme. Une des plus curieuses productions de ce type d'art est signée Robert Delaunay et représente, comme on a pu nous le faire entendre, des disques solaires au milieu desquels apparaît l'hélice tournoyante d'un aéroplane. Comme il est dédicacé à Blériot, nous avons là, sans doute, la représentation des sensations d'un conquérant de l'air, ou, peut-être aussi l'étonnement du soleil à l'arrivée des messagers ailés venus de la Terre » (Anonyme, « Salon of the Independent » The Times, 10 mars 1914)[39].

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres de jeunesse[modifier | modifier le code]

Robert Delaunay Paysage montagneux (1904)
Robert Delaunay, Portrait de Metzinger (1906), huile sur toile, 55 x 43 cm
Robert Delaunay --Paysage au Disque, (1906), huile sur toile, 55 × 46 cm, Musée national d'art moderne, Paris
Robert Delaunay, Tour Eiffel (1911), huile sur toile, musée Solomon R. Guggenheim
  • 1903 : Paysage de la Ronchère : bord de la Yèvre, huile sur toile, 72,5 × 91,5 cm, musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris
  • 1905  :
    • Autoportrait à l'estampe japonaise, collection Sonia Delaunay, Paris
    • Le Marché - paysage de Bretagne, huile sur toile, 39 × 46 cm, musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris,
    • La Fête au pays, huile sur toile, 38 × 46,5 musée des beaux-arts de Rennes
    • Portrait de Jean Metzinger ou l'Homme à la tulipe, huile sur toile, 73,5 × 49 cm, collection particulière, Paris
    • Brûleuses de goémon, musée des Beaux-arts de Quimper
  • 1906 :
    • Paysage aux vaches, huile sur toile, 50 × 61 cm, musée d'art moderne de la ville de Paris, donation Germaine Henry-Robert Thomas
    • Paysage au disque, huile sur toile, 55 × 46 cm, musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris
    • Portrait de Henri Carlier, huile sur toile, 64 × 60 cm, musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris
    • Autoportrait, huile sur toile, 54 × 46 cm, musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris
  • 1907 :
    • La Poétesse (Fillette), huile sur toile, 54 × 66 cm, University Museum of Art, don de Owen et Leone Elliot, Iowa City
    • Nu aux ibis, huile sur toile, 55 × 46 cm, collection Éric et Jean-Louis Delaunay, Paris
    • Nature morte au perroquet, huile sur toile, 80 × 65 cm, musée Unterlinden, Colmar
    • Portrait de Wihlem Uhde, huile sur toile, 80,7 × 64,8 cm, collection Sonia Delaunay, Paris
  • 1909 :
    • Étude pour Saint-Séverin, crayon sur papier, 31,3 × 23,5 cm, Centre Georges-Pompidou, musée national d'art moderne, Paris
    • Autoportrait, huile sur toile, 73 × 60 cm, musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris
    • Saint-Séverin, encre de Chine sur papier Japon, 25 × 19,6 cm, Centre Georges-Pompidou, musée national d'art moderne, donation Delaunay de 1964, Paris
    • Saint-Séverin n°1, huile sur toile, 116 × 83 cm, collection particulière
    • Saint-Séverin n°2, huile sur toile, 99,4 × 74 cm, Minneapolis Institute of Arts, The William Hood Dunwoody Fund, Minneapolis
    • Saint-Séverin n°3, huile sur toile, 112,6 × 88,8 cm, Musée Solomon R. Guggenheim, New York
    • Saint-Séverin n°5 (L’Arc-en-ciel), huile sur toile, 58,7 × 38,5 cm, Moderna Museet, Stockholm
    • La ville, première étude, huile sur toile, 88,3 × 124,5 cm, Tate Gallery, Londres
    • La Flèche de Notre-Dame, aquarelle sur papier marouflé sur toile, 58,5 × 38,5 cm, Musée de Grenoble
    • Étude pour la ville, huile sur carton, 80,5 × 67,5 cm, Kunstmuseum, Winterthur
    • Le Dirigeable et la Tour, huile sur carton, 34,8 × 26,8 cm, galerie Gmurzinska, Cologne
  • 1910 :
    • La Ville n°2, huile sur toile, 146 × 114 cm, musée national d'art moderne - Centre Georges-Pompidou, Paris
    • Tour Eiffel, huile sur toile, 198 × 136 cm, Musée Solomon R. Guggenheim, New York
    • Tour Eiffel, dessin à la plume sur carton brun, 53,1 × 48,1 cm, Museum of Modern Art, New York
    • Tour Eiffel aux arbres, huile sur toile, 126,4 × 92,8 cm, Musée Solomon R. Guggenheim New York
    • La Tour à la roue, dessin au pinceau, encre sur papier, 63,7 × 48,7 cm, Museum of Modern Art, New York
    • La Tour, dessin à la plume sur papier, 29 × 20 cm, collection Sonia Delaunay, Paris
    • La Tour, lithographie sur papier, 60 × 44 cm
  • 1911
    • La Ville, huile sur toile, 145 × 112 cm, Musée Solomon R. Guggenheim, New York
    • Fenêtre sur la Ville n°3, huile sur toile, 113,7 × 130,8 cm, Musée Solomon R. Guggenheim, New York
    • Tour Eiffel, huile sur toile, 130 × 97, Museum Folkwang, Essen
    • Champ de Mars, La Tour rouge, huile sur toile, 162,5 × 130 cm, Institut d'art de Chicago, collection Joseph-Winterbotham
  • 1912 :
    • Ville de Paris, huile sur toile, 267 × 406 cm, musée national d'art moderne, Paris
    • Les Tours de Laon, huile sur toile, 162 × 130 cm, musée national d'art moderne, Paris

Orphisme et simultanéité[modifier | modifier le code]

Delaunay Femme portugaise (1915), Columbus Museum of Art
Robert Delaunay Rhythme 1 (vers 1934)
Robert Delaunay Relief-disques (1936)
  • 1912 :
  • 1913 :
  • 1914 :
    • Hommage à Blériot, huile sur toile, 46 × 46 cm, musée de Grenoble
    • Portrait de Henri Rousseau, huile sur toile, 71 × 60 cm, musée de Laval, Mayenne
    • Fenêtre sur la ville, cire sur carton, 24,8 × 20 cm, Städische Galerie im Lembachhaus, Munich
    • Paris simultanéité, crayon de couleur sur papier, 25,4 × 19,8 cm, collection Sonia Delaunay, Paris
  • 1915 :
    • Femme nue lisant, au musée d'art moderne de Troyes.
    • Femme au marché, Portugal, peinture à la colle sur carton, 81 × 100 cm, collection Léon-Cligman, Paris
    • Verseuse portugaise ou nature morte huile et cire sur toile, 140 × 150 cm, musée national d'art moderne, Paris
    • Nu à la toilette, huile sur toile, 140 × 142, musée d'art moderne de la Ville de Paris, legs du Dr Girardin
    • Nature morte portugaise huile sur toile, 85 × 107 cm, musée Fabre, Montpellier
  • 1917 :
    • Symphonie colorée, huile sur toile, 144 × 204 cm, musée d'art moderne de la Ville de Paris
    • Football, aquarelle sur papier, 77 × 55 cm, collection Pierre Levy, Troyes
  • 1918 : Football, aquarelle sur papier, 49,9 × 62,1 cm, musée national d'art moderne, Paris
  • 1922 :
    • Portrait d'André Breton, fusain sur papier calque, 101 × 65 cm, collection Joseph Pulitzer, Saint-Louis (Missouri)
    • Portrait de B. Kochno, fusain sur calque, 100 × 66 cm, collection particulière, Paris
    • Portrait de Philippe Soupault - Esquisse, peinture à la colle sur papier entoilé, 193 × 127,8 cm. Hirshhorn Museum and Schulpture Garden, Smithsonian Institution, Washington
    • La Baraque des Poètes, encre de Chine et rehauts de gouache sur papier, 24,5 × 25 cm, [musée national d'art moderne, Paris
    • Football, encre bleue sur papier, 27 × 22 cm, collection Sonia Delaunay, Paris
    • Le Manège de cochons, huile sur toile, 250 × 250 cm, musée national d'art moderne, Paris
  • 1923 : Portrait de Tristan Tzara, huile sur carton, 105,8 × 75 cm, collection Sonia Delaunay, Paris
  • 1924 :
    • Trois joueurs de football, plume sur papier calque, 21,3 × 15 cm ; 21 × 15,9 cm ; 20,5 × 15,9 cm, musée national d'art moderne, Paris
    • Portrait de Jean Cocteau (inachevé), huile sur carton, 106,2 × 80 cm, collection Sonia Delaunay, Paris
  • 1925 : Ville de Paris, La Femme et la Tour. Panneau décoratif pour le hall d'une ambassade, huile sur toile, 450,3 × 940, collection Sonia Delaunay, Paris
  • 1926 :
    • La Tour Eiffel, huile sur toile, 169 × 86 cm, musée d'Art moderne de la Ville de Paris
    • Les Coureurs, huile sur toile, 171 × 189,5, collection Charles Delaunay, Paris
  • 1930 :
    • Joie de vivre, huile sur toile, 228 × 200 cm, musée national d'art moderne, centre Pompidou
    • Disques-Esquisse, aquarelle sur papier, 28 × 38,5 cm, collection Sonia Delaunay, Paris
  • 1933 :
    • Relief-Rythme, ciment, liège et huile sur toile, 100 × 80,5 cm, collection Sonia Delaunay, Paris
    • Rythme sans fin, aquarelle sur papier, 33,6 × 12,8, collection Sonia Delaunay, Paris
  • 1934 :
    • Rythmes, huile sur toile, 146 × 114,5 cm, musée national d'Art moderne, Paris
    • Rythme sans fin, huile sur toile, 207,5 × 52,1 cm, musée national d'Art moderne, Paris
  • 1937 :
    • Maquette pour l'entrée du Hall des Réseaux, peinture et sable collés sur isorel, 107 × 202 cm, musée national d'art moderne, Paris
    • Décoration du Palais de l'air, Exposition universelle de 1937, Paris
    • Maquette pour le Palais des chemins de fer, contreplaqué peint et relief de sable, 78 × 174 cm, musée national d'art moderne, Paris

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Archives de l’état civil de Paris en ligne », sur Mairie du 16e arrondissement, acte de naissance no 388, année 1885 (consulté le 19 janvier 2012)
  2. a et b Delaunay 1978, p. 28
  3. a, b et c Catalogue de l'exposition « Robert Delaunay, de l’impressionnisme à l'abstraction » au centre Georges-Pompidou, p. 16
  4. Catalogue de l'exposition « Robert Delaunay, de l’impressionnisme à l'abstraction » au centre Georges-Pompidou, p. 17
  5. Delaunay 1957, p. 10
  6. Catalogue de l'exposition « Robert Delaunay, de l’impressionnisme à l'abstraction » au centre Georges-Pompidou, p. 20
  7. Catalogue de l'exposition « Robert Delaunay, de l’impressionnisme à l'abstraction » au centre Georges-Pompidou, p. 22
  8. a et b Catalogue de l'exposition « Robert Delaunay, de l’impressionnisme à l'abstraction » au centre Georges-Pompidou, p. 24
  9. Catalogue de l'exposition « Robert Delaunay, de l’impressionnisme à l'abstraction » au centre Georges-Pompidou, p. 26
  10. Michel Hoog, Delaunay, p. 28
  11. Michel Hoog, Delaunay, page 69, Flammarion
  12. Lettre de August Macke à B. Koehler, citée par G. Vriessen dans August Macke, 1953, page 116
  13. Catalogue de l'exposition « Robert Delaunay, de l’impressionnisme à l'abstraction » au centre Georges-Pompidou, p. 40
  14. a et b (de) Guillaume Apollinaire, « Die Moderne Malerei », Der Sturm, no 148-149,‎ février 1913, traduit dans Chroniques d'art 1902-1918, Paris, éditions Gallimard, 1993, p. 350-356
  15. a et b Michel Hoog, Delaunay, p. 80
  16. a, b et c Michel Hoog, Delaunay, p. 87
  17. a, b et c Michel Hoog, Delaunay, p. 89
  18. a et b Michel Hoog, Delaunay, p. 94
  19. a et b Michel Hoog, Delaunay, p. 91
  20. Laurent Greilsamer, Le Prince foudroyé, la vie de Nicolas de Staël, Paris, Fayard, 1998, page 96
  21. C'est le choix fait par le Catalogue de l'exposition « Robert Delaunay, de l'impressionnisme à l'abstraction » au centre Georges Pompidou, mais également par Michel Hoog dans son ouvrage Delaunay (1976)
  22. a et b Catalogue de l'exposition « Robert Delaunay, de l’impressionnisme à l'abstraction » au centre Georges Pompidou, p. 94
  23. Guillaume Apollinaire, Du sujet dans la peinture moderne, Les Soirées de Paris, no 1, 1912, p. 2
  24. Léonard de Vinci, Textes choisis, Société du Mercure de France, 1907
  25. Delaunay 1957, p. 146
  26. Delaunay 1957, p. 171
  27. "Futurisme, rayonnisme, orphisme" sur le site du Centre Georges-Pompidou de Paris
  28. Catalogue de l'exposition « Robert Delaunay, de l’impressionnisme à l'abstraction » au centre Georges-Pompidou, p. 184
  29. a et b Pascal Rousseau, dans la Revue de l'Art, 1996, no 113, pages 19 à 33
  30. Lettre envoyée à August Macke, référencée dans Delaunay, 1957, page 185
  31. Pour la Science no 317, pages 96 et 97
  32. a et b Qu'est-ce que l'art abstrait ?, p. 147
  33. Cité par Michel Hoog, dans Delaunay, éditions Flammarion, page 90
  34. Commune, n°22, juin 1935, p. 1125
  35. Kupka, Serge Fauchereau, Albin Michel, collection Les grands maîtres de l'art contemporain, Paris, 1988
  36. Qu'est-ce que l'art abstrait ?, p. 146
  37. Qu'est-ce que l'art abstrait ?, p. 148
  38. a et b Catalogue de l'exposition « Robert Delaunay, de l’impressionnisme à l'abstraction » au centre Georges-Pompidou, p. 238
  39. Catalogue de l'exposition « Robert Delaunay, de l’impressionnisme à l'abstraction » au centre Georges Pompidou, p. 257

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres,sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 4, éditions Gründ,‎ janvier 1999, 13440 p. (ISBN 2700030141), p. 387-390
  • Centre Georges-Pompidou et Pascal Rousseau (dir.), Catalogue de l'exposition Robert Delaunay, de l'impressionnisme à l'abstraction, présentée du 3 juin au 16 août 1999, Paris, Éditions du Centre Pompidou,‎ 1999 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Michel Hoog, Robert et Sonia Delaunay, Paris, Édition des musées nationaux,‎ 1967
  • Michel Hoog, Delaunay, Flammarion, coll. « Les maîtres de la peinture moderne »,‎ 1976, 98 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Gilles de la Tourette, Robert Delaunay, Paris, Charles Massin,‎ 1950
  • Robert Delaunay, Du cubisme à l'art abstrait : documents publiés par P. Francastel et suivis d'un catalogue de l’œuvre de Robert Delaunay par G. Habasque, Paris, SEVPEN,‎ 1957
  • Jean Cassou, Robert Delaunay : Première époque, 1903-1910, Paris, Galerie Berggruen,‎ 1961
  • Georg Schmidt, Robert Delaunay, Baden-Baden, W. Klein,‎ 1964
  • Gustav Vriesen et Max Imdahl, Robert Delaunay, Cologne, DuMont Schauber,‎ 1967
  • Jacques Damase et Sonia Delaunay, Sonia Delaunay, Rythmes et couleurs, Paris, Hermann,‎ 1971
  • Paulo Ferreira, Correspondance entre quatre artistes portugais et Robert de Sonia Delaunay, Paris, PUF,‎ 1972
  • Bernard Dorival, Robert Delaunay, Paris et Bruxelles, Jacques Damase,‎ 1975
  • Georges Roque, Qu'est-ce que l'art abstrait ?, Paris, Folio essais,‎ 2003 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Sonia Delaunay, Nous irons jusqu'au soleil, Paris, Robert Laffont,‎ 1978
    avec la collaboration de Jacques Damase et Patrick Raynaud
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