Camille Hilaire

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Camille Hilaire (1916-2004) est un artiste peintre français du XXe siècle. Il s'illustra dans la peinture, mais aussi dans la lithographie, l'aquarelle, le vitrail et la tapisserie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Camille Hilaire naît à Metz pendant l'annexion allemande, en 1916[1]. Issu d'un milieu modeste, il devient d'abord peintre en bâtiment, mais commence très tôt à dessiner et à peindre sur nature. Il se marie en 1934 avec Anne-Marie Reslinger qui lui donnera une fille, Jeannine. Il fréquente à cette époque la bibliothèque de la ville pour y copier Holbein ou Dürer. Son travail est remarqué par Jean Giono et Nicolas Untersteller, futur directeur de l'École des Beaux-Arts de Paris, qui l'accueille dans son atelier de peinture à Metz. Hilaire y rencontre le Gouverneur de la ville, le Général de Sainte-Croix, qui intervient afin qu'il puisse effectuer son service militaire à Paris.

Peu après Camille Hilaire est mobilisé, participe courageusement à la campagne de France, à l'issue de laquelle il est fait prisonnier. Il s'évade et rejoint Paris au début de 1941. En 1942, il se remarie avec Simone Jance-Hilaire. Ne voulant pas être incorporé de force par l'armée allemande, en tant qu'Alsacien-Lorrain, Camille Hilaire choisit la clandestinité. Il s'inscrit donc sous un faux nom, Leblanc, à l'École des beaux-arts à Paris durant les années noires de l'Occupation, tout en fréquentant l'académie d'André Lhote, avec qui il se lie d'amitié. Jeune admirateur d'Albrecht Dürer, dont il conserva le trait sûr et incisif, et marqué par la luminosité des maîtres italiens, Camille Hilaire commença à exposer aux différents salons parisiens.

En 1947, Camille Hilaire est nommé professeur de dessin et de composition décorative à l'École nationale supérieure d'art de Nancy. Poursuivant ses recherches artistiques, il s’essaie à de nouvelles techniques, l'aquarelle, le vitrail, ou encore la tapisserie. Il est nommé professeur à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris en 1958. Son métier lui permet de voyager et d'exposer. Il réalise ainsi plusieurs expositions. Camille Hilaire a nourri son talent naturel de ces voyages, tout au long du siècle, son œuvre peint ou tissé en exprime la beauté et la diversité, de Venise à la Normandie, qu'il affectionnait particulièrement, du Havre à Thionville. Camille Hilaire est décédé dans sa propriété située dans l'Eure, en Normandie, et est enterré à Metz en 2004[1].

De son union avec Simone Jance-Hilaire, Camille Hilaire aura quatre enfants : Christiane, Pascale, Claude - peintre connu sous le nom de Hastaire et Florence - peintre et plasticienne connue sous le nom de Cantié-Kramer.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Entre post-cubisme et figuralisme, ses œuvres aux couleurs éclatantes, sont lumineuses[1]. Camille Hilaire représenta l'expression nuancée de la composition. Ainsi, partant de structures efficaces, il détint le pouvoir par la couleur et obtint une admirable et constante sensation de calme, d'ampleur, de grandeur en traduisant les motifs et les éléments, ce qui ne l'empêcha jamais d'exprimer une brûlante passion de création et de partage. Remarquables étaient ses nus aux courbes parfaites, lovés avec charme et placés en un environnement où leur plénitude sensuelle s'imposa en grâce provocante.

Quant aux paysages, Camille Hilaire savait en dicter la structure sans contrainte apparente, leur déposant ce vert frais et piquant qui le caractérisa bien souvent. Ainsi, nature et éléments devenaient-ils un prétexte où l'artiste "pousse" la couleur jusqu'à obtenir l'effet ressenti. Quant aux tapisseries, tout son métier de graphiste et sa volonté de chercher se confondaient en œuvres splendides qui sollicitent constamment le regard grâce à leur réussite technique d'une pure harmonie et qui ont représenté l'artiste tout aussi bien que ses lithographies, d’un aboutissement étonnant[2].

L'un des murs intérieurs de la cantine du collège Georges de la Tour situé place du Roi-George à Metz, est orné d'une fresque bucolique, impressionnante par sa taille et sa beauté, peinte par Camille Hilaire. Elle a été sauvegardée lors de la modernisation récente du bâtiment. Il a également conçu les vitraux de l'église Sainte-Anne de Nancy. Au fil du temps, une dizaine de monographies lui a été consacré, ainsi que des reportages et des films. Il laisse une œuvre de grande ampleur, marquée du sceau de la séduction, dans ce qu'elle suppose de plus exigeant. Hilaire a fortement marqué la peinture française de la moitié du vingtième siècle.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • S - D - Rivière d'Automne ; HST; Sbd; Dim; H:55cm × L:46cm (Vente Tajan, Paris le 12 février 2009, lot n°89)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Camille Hilaire in Gravissime: Lorraine, terre de graveurs : 30 noms pour une histoire sur bm.mairie-metz.fr
  2. André Ruellan, critique d'art

Liens externes[modifier | modifier le code]

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