Mouchette (film)

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Mouchette est un film français de Robert Bresson, sorti en 1967.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Mouchette (on ne saura jamais son vrai nom) est une adolescente taciturne ; son père est un contrebandier alcoolique et sa mère est gravement malade. Elle vit, solitaire, dans un petit village (le village n'est jamais nommé, non plus que la région où il se trouve). Un soir d'orage, alors qu'elle rentre de l'école, elle s'égare dans la forêt. Elle accepte l'hospitalité d'un braconnier, Monsieur Arsène, le premier habitant du village à lui témoigner un peu de compassion. Mais il finit par abuser d'elle. En rentrant chez elle, Mouchette assiste à la mort de sa mère, sans avoir le temps de se confier à elle...

Au matin, se heurtant à l'hostilité méprisante de sa famille et de tout son village, Mouchette trouve provisoirement refuge chez une vieille « qui aime les morts ». La vieille dame donne à Mouchette, avant qu'elle ne reparte, une robe blanche, qui semble une robe de mariée. Écrasée de désespoir, Mouchette s'enroule dans la robe/linceul et va se noyer dans un étang, accompagnée par une musique de Monteverdi.

Andreï Tarkovski prends l'exemple de Mouchette pour expliquer que le cinéma a ses règles propres pour le jeu des acteurs qui ne sont pas les mêmes que celles du théâtre. Des acteurs trop "expressifs" font rapidement vieillir les films en se soumettant à des clichés théâtraux d'une époque qui se démodent. Nadine Nortier, l'interprète de Mouchette sous la direction de Bresson, ne paraît pas se soucier de savoir si le spectateur perçoit la profondeur des évènements qu'elle est en train de vivre. Au contraire, elle semble ne pas se douter que sa vie intérieure intéresse ceux qui la regardent. Elle vit absorbée par son univers personnel clos. C'est ce qui ne cessera de la rendre émouvante[1]. Ces mots de Paul Valéry « Seul atteint à la perfection celui qui renonce à tout ce qui mène vers l'outrance délibérée  », s'appliquent parfaitement à Robert Bresson : une observation modeste et simple de la vie, rien de plus, mais qui se transforme dans notre perception en une sublime image artistique[2].


Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Bresson a tourné dans le Vaucluse, mais plusieurs allusions (l'apéritif au genièvre, la contrebande avec la Belgique) rappellent plutôt le Nord-Pas-de-Calais

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Andreï Tarkovski, Le Temps scellé, traduit par Anne Kichilov et Charles de Brantes, édition Petite bibliothèque des Cahiers du Cinéma, (ISBN 2-86642-372-0) p. 181
  2. Andreï Tarkovski, Le Temps scellé, op. cit. p. 113