Les Étangs

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Les Étangs
Les Étangs
Église Saint-Jean-Baptiste.
Blason de Les Étangs
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Moselle
Arrondissement Metz
Intercommunalité Communauté de communes Haut Chemin-Pays de Pange
Maire
Mandat
Yves Legendre
2020-2026
Code postal 57530
Code commune 57200
Démographie
Population
municipale
402 hab. (2018 en augmentation de 3,88 % par rapport à 2013)
Densité 66 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 08′ 35″ nord, 6° 22′ 50″ est
Altitude Min. 207 m
Max. 304 m
Superficie 6,05 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Metz
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton du Pays messin
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Les Étangs

Les Étangs est une commune française située dans le département de la Moselle en région Grand Est.

Géographie[modifier | modifier le code]

La flore des Étangs est notamment décrite dans la « Flore de la Moselle » de Jean Joseph Jacques Holandre (1778-1857), neveu de François Holandre, en 1829.

Le village est situé sur la rive gauche de la Nied française, cette rivière délimite la partie est du territoire communal.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Les Étangs est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[1],[2],[3].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Metz, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 245 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[4],[5].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (57,9 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (57,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (57,9 %), prairies (22,3 %), terres arables (9,2 %), zones urbanisées (6,1 %), zones agricoles hétérogènes (4,5 %)[6].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[7].

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Lez Estans (1404), Le chastel dez Estant (1490), Tenchen aliàs Lestanche ou les Estanges (1594), Tenchen aliàs l'Estang ou les Estangs (XVIIe siècle)[8], Les Étangs (1793), Tennschen (1871-1918), Teckenhof (1940–1944).
  • En allemand : Tennschen[8].

Sobriquet[modifier | modifier le code]

Ancien surnom des habitants : les «Escobar», terme ayant la signification de rusé, fin, fourbe, voire hypocrite. On suppose que son origine est à chercher dans un conflit local[9].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Étangs est un village du Pays messin situé au Moyen Âge dans le Haut-Chemin puis dans le bailliage de Boulay (période 1751-1789). La seigneurie est possédée à l'origine par la famille Borfer, de lignage chevaleresque. Par la suite il y eut deux fiefs, le village faisant partie de la chatellerie de Boulay, le château-fort auquel s'ajoutent les hameaux de la Beuverie et de Bruyère, le moulin de Bonfey, mille arpents de terre et deux étangs formant une seigneurie distincte.

La fondation de la maison forte des Étangs date de 1401, elle fut donnée par les Créhange-Raville à des familles messines, Drouin (1362-1426), Le Hongre en 1426, Baudoche (1489-1552) pour une moitié, Desch (1488-1549), Raigecourt (1550-1639). Le château fut racheté en 1679 par Armand de Blair, président à mortier au Parlement de Metz, chevalier baron de Balthayock (en), seigneur des Étangs, de la Beuverie et de la Bruyère et resta la propriété de la famille de Blair jusqu'en 1858, puis de leurs ayants droit jusqu'après la Seconde Guerre mondiale. Des chroniques des XVe et XVIe siècles rappellent que le château fut abattu en 1404 par une coalition féodale, qu'il fut brûlé par les Lorrains en 1490, par les Français en 1552 comme de nombreux autres châteaux de la région. Pourtant en 1681 Louise de Marsal, dame de la seigneurie du château, put faire hommage au roi de France pour « le château qui est à pont-levis et fossés tout alentour avec trois tours, un colombier dans l'une d'icelle ». Le château, est remanié aux XVIIIe et XIXe siècles afin de devenir un ensemble résidentiel propriété de la famille des barons de Blair et de Balthayock, descendants de nobles écossais venus en France au cours du XVIIe siècle. La famille Blair s'illustre au Parlement de Metz comme en témoignent les chroniques. Le dernier descendant direct de la famille Blair, Isidore-François s'éteindra au château des Étangs, après avoir été officier supérieur dans la garde royale, avoir fait toutes les campagnes de l'armée de Condé. Sa carrière prendra fin après les journées de 1830, durant lesquelles il combattit pour le roi Charles X chassé de France. Il ne quittera plus le château des Étangs jusqu'à sa mort en 1858. Par donation d'Isidore-François de Blair, mort sans descendance, le château deviendra la propriété de Ludovic Raillardy de Prautois et de Marie-Pauline Dupasquier de Dommartin qui y firent d'importants travaux dans les années 1860-1865. Le château restera propriété des Dommartin jusqu'à la Seconde Guerre mondiale[10],[11],[12].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1983 mars 1995 Théodore Horsch    
mars 1995 En cours Yves Legendre    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[14].

En 2018, la commune comptait 402 habitants[Note 3], en augmentation de 3,88 % par rapport à 2013 (Moselle : −0,32 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871
342389448386396390366390361
1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921
317344324332317287296266243
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
244246235226234243274270296
1990 1999 2006 2007 2008 2013 2018 - -
277301394407420387402--
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Château des Étangs et de La Bruyère.

D'après Dom Calmet une voie romaine passait à Tennschen (nom allemand des Étangs), elle allait à Menmerborn, à Boucheporn et au Hiéraple. Le village des Étangs par sa topographie offre des possibilités défensives qui expliquent la présence d'une maison forte attestée dès 1401. Une modeste garnison y séjournera encore au XVIIe siècle. À l'origine la maison forte était constituée vraisemblablement du donjon actuel entouré de murs flanqués de tours. La famille des Baudoche en modifiera l'aspect à la fin du XVIe siècle, en particulier seront ajoutées les typiques fenêtres à meneau côté cour. D'autre part ils ajouteront deux corps de bâtiment au nord et au sud, la maison forte se situant côté ouest. Ces façades ont été transformées au XVIIIe siècle, la façade Sud est alors percée de nombreuses fenêtres. Le château perd dès lors son caractère défensif, les baies s'ouvrant sur un parc. Ce baies seront encore remaniées au XIXe siècle. Seule la façade Nord donnant sur la rue du château conserve partiellement son caractère de forteresse médiévale.

  • Le Château des Étangs, ancienne résidence de la famille des Barons de Blair de Balthayock, est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du [17]. Ses belles charpentes anciennes remises en valeur, ses toitures, ses façades ainsi que des éléments intérieurs sont protégés à ce titre. Le château garde son aspect de maison forte bien que remanié aux XVIIIe et XIXe siècles afin d'en faire un élégant ensemble résidentiel. Les façades Est et Sud sont percées de hautes fenêtres rectangulaires en pierre de Servigny, des plafonds à la française décorent certaines pièces, un bel escalier du dix huitième siècle dessert le premier étage et les beaux combles, aujourd'hui aménagés, donnant côté Sud sur le parc. Ce parc est aujourd'hui planté d'espèces horticoles (châtaignier, pins (Douglas, Griffiti etc.), hydrangéas, cornouillers, roses anciennes, pivoines. Les fossés comblés ont été transformés en terrasses sur la façade Sud. Ces terrasses donnent sur le parc paysager clôturé de murs.

Bel exemple de château fort médiéval aujourd'hui restauré, le Château des Étangs est constitué de trois corps de bâtiments et d’un donjon rectangulaire massif situé à l’ouest, ménageant au centre une cour (basse-cour), les bâtiments qui forment un trapèze sont flanqués de quatre tours rondes, les deux tours Sud sont accolées au donjon à la manière d'une barbacane avec ses orifices de tir. La tour Nord de plan circulaire présente une ogive sculptée, des fenêtres à coussièges, ainsi qu'un sol en terres cuites décorées, il s'agit sans doute de la chapelle privée des seigneurs du château qui sera abandonnée en 1743 après la construction de la Chapelle Castrale. L'aile Nord offre une monumentale cheminée et son four à pain, côté est trois cheminées en pierre de Jaumont dont deux importantes aux rez-de-chaussée ornent les pièces de vie . La tour Nord-Est de plan plus irrégulier présente un toit d'ardoise en pavillon. Le donjon massif situé à l'ouest offre quatre niveaux de fenêtres à meneau, ce même type de fenêtres se retrouve sur le corps Nord du bâtiment. Le pont-levis, encore attesté en 1681, a disparu, mais le porche monumental qui fait face à la place du village et qui donne accès à la basse-cour du château témoigne de sa présence et de son importance. Il reste très peu de château forts en Lorraine : le Château des Etangs présente la particularité de rester parfaitement lisible malgré son aménagement en résidence moderne. La maison forte du XVe siècle, offre donc aujourd'hui un intéressant exemple d’architecture médiévale qui porte témoignage de l'histoire troublée de la Lorraine.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Chapelle castrale.
  • Église Saint-Jean-Baptiste
  • Chapelle castrale

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Armand de Blair (), baron de Balthayock, chevalier, seigneur du château des Étangs, de La Beuverie et de la Bruyère, directeur général des fermes réunies du Roi au département de Lorraine et de Barrois, conseiller du roi en tous ses conseils, lieutenant général du bailliage de Metz, reçu président à mortier au Parlement de Metz le .
  • Armand-Jean de Blair ( - ), conseiller au Parlement de Metz.
  • Jean-Armand de Blair ( - ), reçu conseiller au Parlement de Metz en remplacement de son père le , président à mortier lors du rétablissement du Parlement en 1775.
  • La famille Blair de Balthayock est originaire d'Écosse plus exactement du Perthshire sur les bords de la rivière Tay. Thomas second fils d'Alexandre Blair de Balthayock passa en France du temps de Jacques VI d'Écosse (lettres patentes du ). La famille Blair compte parmi ses descendants Walter Scott et Tony Blair.
  • Blason : écu d'argent au chevron de sable accompagné de trois tourteaux, deux en chef, un en pointe. Devise "virtute tutus" (protégé par son courage)[18].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Les Étangs Blason
Parti : au 1er d'argent à la bande de sable côtoyée de deux cotices du même, au 2e de sable à la fasce d'or accompagnée de trois besants du même.
Détails

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 31 mars 2021).
  2. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le 31 mars 2021).
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 31 mars 2021).
  4. « Liste des communes composant l'aire d'attraction des Metz », sur insee.fr (consulté le 31 mars 2021).
  5. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 31 mars 2021).
  6. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statitiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le 20 mai 2021)
  7. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le 20 mai 2021). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  8. a et b Bouteiller - Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle rédigé en 1868
  9. Passé-Présent : La Moselle dévoilée N°3 (Septembre-Octobre 2011)
  10. Baron Couet de Lorry, La Terre des Étangs, Typographie Rousseau-Pallez, Metz, 1863.
  11. J.-M. Pierron, Notice sur le château des Étangs, ABF, 2004.
  12. Archives de la Moselle
  13. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  17. « Domaine du château », notice no PA57000028, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  18. Emmanuel Michel Biographie du Parlement de Metz, chez Nouvian, Metz, 1855.
    David Mac Gregor, The baronage of Angus and Means Oliver and Boyd, Édinbourgh, 1856.