Coullemelle

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Coullemelle
L'église.
L'église.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Arrondissement Montdidier
Canton Ailly-sur-Noye
Intercommunalité Communauté de communes Avre-Luce-Noye
Maire
Mandat
Nicolas Hébert
2014-2020
Code postal 80250
Code commune 80214
Démographie
Population
municipale
339 hab. (2014)
Densité 36 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 40′ 07″ nord, 2° 25′ 26″ est
Altitude Min. 100 m – Max. 156 m
Superficie 9,32 km2
Localisation

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Coullemelle est une commune française, située dans le département de la Somme en région Hauts-de-France.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Coullemelle est située près du méridien de Paris à la limite du plateau amiénois et du Beauvaisis. Son territoire, de 954 hectares, jouxte les terres des communes et dépendances d'Ainval-Septoutre-Grivesnes-Le Plessier, Cantigny, Villers-Tournelle, Rocquencourt, Quiry-le-Sec et Esclainvillers. Son sol date du Tertiaire. Sous une couche de limon se trouve de la craie argileuse et des silex. Le plateau s'incline doucement vers le nord-est passant de 160 mètres d'altitude au lieu-dit le Crocq, à 120 mètres dans les vallées de Coullemelle et de Grivesnes. Situé à 80 kilomètres de la mer, le village jouit d'un climat tempéré et salubre. Le larris de la sortie Nord du bois de Coullemelle est le site qui offre le plus d'intérêt pour les géologues et les botanistes. Les vallées sèches de Simie, de Langueron, du mont Foucart et de Coullemelle, orientées NE-SO, entaillent le plateau crayeux à silex qui descend dans la ravine sèche en talus occupée par des arbres mais aussi par des pelouses calcicoles [1]. On y trouve, entre autres, des orchis pourpres, des orchidées moustiques, et épacris rouges, des anémones d'un violet superbe, exceptionnelles en France ainsi que de très rares anémones cruciates [2]. Les larris, inaptes à la culture et qui servaient de pâtis à moutons, sont malheureusement en voie d’embroussaillement.


Distances et positions relatives des populations environnantes
Population 339 habitants Coullemelle
Population 386 habitantsGrivesnes (3,6)

Distances (en km) et positions relatives des villages environnants. Pointer les cercles noirs pour obtenir la population en 2014.


Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Coullemelle est une déclinaison du latin COLUMELLAE (petites colonnes) qui pourrait désigner des bornes frontières délimitant le territoire comme le suggèrent les lieux-dits encore présents : les Bornes et les Hautes Bornes situés à la limite des communes voisines de Rocquencourt et de Villers-Tournelle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque gallo-romaine[modifier | modifier le code]

Les villas, dont les substructions ont été repérées grâce aux photographies aériennes[3] prises par l’archéologue picard Roger Agache, démontrent que la région était bien exploitée au temps des Gallo-romains. Elles étaient implantées entre le chemin des Essertis et la vallée de Grivesnes (dimensions moyennes, cour rectangulaire), à l’Epinette (plus étendue, à cour trapézoïdale et dont le bâtiment central est bien lisible), à la sortie sud-est du village, entre Pommeroy et le Moulin Prudent[4],[5]. De petites substructions éparpillées sur une grande surface à l’angle sud-est du Bois pourraient être des traces des restes d’un vicus (domaine rural). Les substructions ont été en partie fouillées. La grande majorité du mobilier inventorié date des premiers siècles après Jésus-Christ. La protohistoire du néolithique a laissé quelques traces dans le site de l’Epinette. De même, un petit enclos quadrangulaire repéré près du Bois Planté, entre Coullemelle et Grivesnes paraît préhistorique.

Époques mérovingienne et carolingienne[modifier | modifier le code]

Les textes les plus anciens retrouvés datent des années 985-989[6]. Il y est rappelé que tous les ans à la Saint-Mathieu les maires des villages dépendant de l'abbaye de Corbie, au nombre de vingt-quatre, devaient livrer deux ou quatre setiers de miel chacun et, pour vingt-deux d’entre eux, vingt-cinq à soixante muids de mures. Culmellae ou Cumellae était concerné par chacune des deux dettes annuelles. En outre, le prévôt de l’abbaye Saint-Pierre de Corbie était chargé d’organiser aux frais du manse de Culmellae un past[7] ou repas festif annuel commémorant, tous les 9 septembre, l’abbé Isaac, sans qu’il soit avéré qu’il y ait eu un lien particulier entre le bénéficiaire et le donateur du repas. Dix-neuf manses, dont sept étaient situés dans l’arrondissement actuel de Montdidier, devaient fêter d’autres abbés[8]. Isaac ayant régné en 840-843, son past d’anniversaire pouvait avoir eu lieu dès le milieu de neuvième siècle. La reine Bathilde et son fils Clotaire III avaient fondé l’abbaye de Corbie en 657. Les terres de Coullemelle, sans faire partie de la dot première, avaient été données à Corbie à l’époque mérovingienne ou au début des Carolingiens[9].

L’essor démographique et économique des XIIe et XIIIe siècles[modifier | modifier le code]

création de la paroisse de Coullemelle[modifier | modifier le code]

En juillet 1209, Richard de Gerberoy évêque d’Amiens érige la cure de Coullemelle (Colonmeles) par démembrement de celle de Rocquencourt, à la demande de Raoul de Clermont, de Foulque curé de Rocquencourt, d’Osmond vavasseur de Coullemelle et des habitants du village devenus plus nombreux[10]. À cette cure étaient unies la mense du seigneur Raoul située dans le Bois et celles de Fourquivillers (ou Focolviller, quartier Sud-Ouest de Coullemelle) et de Bus Oserain. L’église Saint-Nicolas existait avant l’érection de la cure. Le prieur bénédictin d’Elincourt (Oise) en était le présentateur. Le « Focolviller » de ce texte est le même que le « Forsenviller » d’une charte de 1146 où Thierry, évêque d’Amiens, énonce les droits et privilèges du prieuré bénédictin de Notre-Dame de Montdidier et donne la liste de ses possessions dont fait partie une portion du bois et de la terre de Fourquivillers[11],[12]. Dans une bulle de 1173, le pape Alexandre III confirmera les droits et possessions du prieuré.

Abbaye de Corbie en 1677

fief de l'abbaye de Corbie[modifier | modifier le code]

Le maire Osmond avait déjà eu affaire avec l’abbaye de Corbie en 1174 et avait dû reconnaitre que sa maison de Coullemelle (Colomellis) relevait du fief et se trouvait chargée envers l’abbaye de six chapons et de deux setiers de vin[13],[14]. Il devait aussi les « capons et les glènes » de l’hôpital, maladrerie située entre Coullemelle, Villers-Tournelle et Rocquencourt. Par contrepartie, l’abbé de Corbie accordait à Osmond la terre de Fros sous la réserve express de payer le terrage[15] et la dîme à l’abbaye.

Armoiries des comtes de Clermont-Beauvaisis

La famille de Clermont[16][modifier | modifier le code]

Raoul I de Clermont-Nesle, seigneur d’Ailly (c.1185-1226), était le fils de Simon I de Clermont (1134-1187) qui en 1186 avait reçu en fief des religieux de Corbie la moitié du Bois de Coullemelle à condition qu’il le fasse défricher[17],[18]. Il avait été convenu que l’essartage [19] devait être confié à des hommes dépendant du seigneur comte de Breteuil et particulièrement à Osmond de Sains. Là aussi l’abbaye s’était réservé la dîme et la seigneurie. Les libres « sartiers » de Coullemelle sont appelés hommes de potée (ceux qui peuvent) ; ce ne sont évidemment pas des serfs. En 1211, Raoul devait huit muids de froment au prévôt d’Amiens Pierre de Bethisy, à cause de sa terre de Coullemelle. Le prévôt donne alors cette rente à l’abbaye Saint-Jean d’Amiens « du consentement de sa femme et de ses enfants ». Plusieurs titres du tournant du siècle ont été conservés qui qualifient Pierre de Bethisy de seigneur de la Vicogne et de Coullemelle (Colomelles) en partie. Le fief de Coullemelle ou d’Ailly, d’une superficie de vingt-cinq journaux, était terre de la châtellenie d’Ailly-sur-Noye. En 1260, on retrouve un autre Clermont, Simon II de Clermont seigneur d'Ailly (1208-1285), qui déclare avoir reçu cent livres sur les deux-cents-cinquante livres parisis qui lui étaient dues pour les « masures » de Coullemelle[20]. Il s’agit du fils de Raoul I et petit fils de Simon I. La même année, Simon déclare qu’il a mis fin au différend qui avait existé entre son neveu Jean de Clermont, seigneur de Tartigny et l’abbaye de Corbie au sujet de droits sur la terre de Coullemelle. Il le fait après la mort de Jean pour les enfants mineurs du défunt. Par ailleurs, la terre de « Collemelles » que possédait Valeran de Breteuil (mort en 1162) fut donnée de l’assentiment de l’évêque Thierry à l’abbaye de Visigneux qu’il avait fondée en 1148.

Raoul II de Clermont-Nesle, connétable de France

Deux filles de Valeran, Alix et Mathilde ont épousé les deux frères Raoul II comte de Clermont, connétable de France, et Simon de Clermont, seigneur d’Ailly. En 1164, à la demande de l’abbé de Breteuil, l’évêque Thierry confirme toutes les dotations faite à l’abbaye et au diocèse d’Amiens dont tout ce que le seigneur de Breteuil possédait à «Foscoisvillare» en charrues, hôtes, bois, terres et coutumes. Dans une bulle de 1259 le pape Alexandre IV confirmera les possessions de l’abbaye dans une longue liste comprenant « Fouqueviller ». À cette époque, Coullemelle faisait partie du bailliage du Vermandois comme le confirme la sentence relative à un différend entre le doyen de Coullemelle et l’abbaye de Corbie qui fut rendue à Montdidier en 1219 par Gilles de Versailles et Sigisbert de Laon qui sont qualifiés de baillis du roi. Renaut de Bethisy, troisième bailli de Vermandois, était le frère ainé de Pierre, le prévôt d’Amiens qui, en ces années, possédait une terre à Coullemelle. Les différends suivis de compromis semblent avoir été habituels. Une sentence arbitrale du vingt-neuf septembre 1310 en donne un exemple bien détaillé. Elle est rédigée en picard[21]. Raoul de Clermont, sire de Tartigny, y expose ses débats et contestations avec l’abbé et les religieux de Corbie concernant la justice et les autres droits sur la ville et le territoire de Coullemelle. L’accord est discuté par des hommes choisis par les deux partis, les seigneurs de Moreuil et de Raineval. Si les nouvelles masures de Raoul ne sont pas convenablement construites et entretenues elles ne pourront pas être données à bail ni par lui ni par ses héritiers. Il ne pourra exercer justice, servitudes et seigneurie sur la maison de l’église ni sur le territoire de Coullemelle excepté sur ce qui lui est dû en raison de sa mairie. Il est rappelé que la dîme du Bois appartient à l’église. C’est-à-dire à l’abbaye de Corbie. De telles procédures étaient aussi engagées par des particuliers comme le fit en 1329 Arnoul Dupuis dit de Coullemelle (Colonmeles) contre Raoul dit de la Folie, prévôt de Montdidier[22].

les terres de Coullemelle[modifier | modifier le code]

Les biens appartenant à l’abbaye Saint-Pierre de Corbie en 1331 sont énumérés dans un terrier qui déclare les terres, dîmes et champarts de Coullemelle[23]. La superficie des terres labourables est donnée en journaux de cent vergues et en vergues de vingt-cinq pieds, à la mesure de Montdidier. La distinction est faite entre les terres de l’église de Corbie à « campart en la grange de Saint-Pierre à Couloumelles » et les terres à dîme tenues des seigneurs Raoul de Clermont, Jean de la Tournelle prévôt de Saint-Just et maître Fuscien Harier. La terre du domaine est semée cette année-là en blé à la « couture derrière le mont » pour vingt-deux journaux (près de dix hectares) et à la sente d’Esclainvillers pour vingt-et-un journaux, en mars (avoine d’hiver) pour cinquante journaux « aux noyers » et en gasquières (jachères) à « la Fosse au Brulle » pour vingt journaux et « derrière le Bus » pour sept journaux soit au total cent-vingt journaux. Les tenures portent en majorité sur des pièces de moins de quinze journaux, parfois de moins d’un journal, pour un total de huit-cent-quarante-cinq journaux. La maison de Bus Oserain, domaine de droit et de corvées, tient plus de cinquante journaux et Jean de Tiery, près de soixante-dix. La somme de la dîme et du champart se monte alors à 18% des récoltes.

XIVe et XVe siècles, la Guerre de Cent Ans et la Jacquerie[modifier | modifier le code]

la guerre de Cent Ans en Picardie[modifier | modifier le code]

La guerre oppose les Plantagenêts aux Valois pour la succession au trône de France à la suite de la mort sans héritiers de Charles IV. La récupération par Philippe VI de Valois du Ponthieu pris à son vassal anglais provoque le saccage de l’Est de la Picardie. Après la défaite française de 1346 à Crécy, le Ponthieu retourne à l’Angleterre. Le Beauvaisis et le Santerre restent contrôlés par les Français, sauf pendant les années 1429-1431 où les Bourguignons ont le contrôle du nord et les Anglais du sud de la Picardie. Les Anglais faiblissent et la guerre entre Bourguignons de Philippe le Bon et Français de Charles VII se termine en 1435. Cependant la région reste perturbée jusqu’à la fin du Moyen Age.

Tout au long de la guerre la population locale a beaucoup diminué. En 1469, Rocquencourt n’a plus que vingt deux feux, Quiry en a vingt et Esclainvillers dix. Les cinquante feux de Coullemelle en font une des paroisses les plus peuplées de la prévôté de Montdidier. 

le temps des jacqueries[modifier | modifier le code]

Pour Coullemelle et les villages voisins l’événement le plus important est la Grande Jacquerie paysanne de 1358[24] qui suit de peu la défaite de Poitiers et la capture de Jean le Bon par les Anglais. Parmi les victimes de la jacquerie figurent les frères Raoul et Jean de Clermont-Nesle, seigneurs de Coullemelle, arrière petits fils de Simon de Clermont. Le 28 mai un convoi venant de la région de Montdidier veut traverser le pont de St Leu d’Esserent pour livrer du blé aux Parisiens. Les Clermont, qui sont sur leur terre s’y opposent. Raoul est tué et son frère parvient à s’enfuir. C’est le début d’une insurrection contre les nobles qui s’étend dans le Beauvaisis, surtout dans la région de Montdidier. Les Jacques pillent et brulent les maisons de Raoul et de sa mère à Fontaine ainsi qu’un manoir à Courtemanche appartenant à Jean. Celui-ci demande réparation. Insulté par les Henniquet père et fils, il leur fait couper les jarrets si bien qu’ils en meurent. Jean recevra des lettres de rémission du régent Charles en 1363. De nombreux châteaux ont été détruits par les Jacques, dont ceux du Cardonnois, du Mesnil-St-Firmin, de la Hérelle, de Breteuil, Folleville, la Faloise, Lawarde-Mauger, Fransures, Louvrechy, Mailly-Raineval, Pierrepont et Moreuil, tous distants de moins de quinze kilomètres de Coullemelle. La révolte est rapidement réprimée. Le 10 juin tout est fini.

Aux Jacques succèdent, après un court répit, les grandes bandes d’aventuriers qui pillent et massacrent entre deux batailles. Le château de Breteuil, détruit par les Anglais en 1427, est ensuite occupé par le capitaine de Blanchefort, compagnon de la Hire et de Jeanne d’Arc, pour Charles VII. Ses soldats dévastent les villages voisins dont probablement Coullemelle[25]. Le château de Folleville passe lui aussi d’une main à l’autre. Au cours de ces temps perturbés, les terres perdent toute valeur. Charles VII sort vainqueur de la guerre qui se termine en 1453.

impôts et droits seigneuriaux[modifier | modifier le code]

À Coullemelle, la ferme de Busozerain et ses trois cent quatre vingt six journaux de terre passe des mains de l’abbaye de Visigneux aux Célestins d’Offémont en 1395 puis aux Célestins d’Amiens en 1435. Le , Jean de Fenin prend à cens des Célestins le manoir amassé de Buzozerain avec toutes ses terres labourables moyennant des redevances en argent et en cire pour Corbie et pour Amiens.

Le fief de la Bouteillerie pourvu de deux cents journaux appartient en 1488 à François de Bourbon en tant qu’époux de Marie de Luxembourg avant de passer à Jean de Fransures en 1494. François est un descendant de Robert de France, sixième fils de Saint Louis. François et Marie auront pour arrière-petits-enfants à la fois Henri IV et Marie Stuart. Marie est cousine de Jean de Luxembourg-Saint Pol (1400-1466), seigneur d’Haubourdin et d’Ailly sur Noye dont l’église contient le monumental tombeau où il repose avec sa femme Jacqueline de la Trémoille. Jean a surtout combattu pour les Bourguignons.

Pierre Hurel maître de l'université de Paris[modifier | modifier le code]

Pierre Hurel de Colomelles, diocèse d’Amiens, apparaît dans le registre des Maîtres de l’Université de Paris de 1349. L’université était alors divisée en quatre Nations dont la Picarde (fidelissima Picardorum natio) qui réunissait des étudiants de même langue venant de dix diocèses, de Laon et Beauvais à Utrecht et Liège. Les trois autres nations étaient de langue française, anglaise et normande.

XVIe siècle, de Charles IX à Henri IV[modifier | modifier le code]

impôts et droits seigneuriaux[modifier | modifier le code]

Les Fenin, dits Moreau, continuent à tenir la maison et cense Saint Pierre de Coullemelle reçues des mains de Corbie. Ils seront remplacés par les Buffet eux aussi laboureurs habitant Coullemelle. Puis par Guillaume Pollart, sergent royal à Amiens. Un acte de deux cent soixante treize articles, daté de 1503, notifie avec précision les conditions imposées au preneur.

Le 25 mars 1563, Charles IX ordonne l’aliénation de la quatrième partie des biens du clergé pour subvenir aux besoins du royaume. En conséquence l’abbaye de Corbie est obligée de vendre des biens. La ferme de Fourquivillers avec ses deux cent quatre journaux est adjugée en septembre par l’abbaye de Breteuil à Geoffroy de Lanvin, abbé de Tenailles, seigneur de Coullemelle, moyennant trois mille six cent vingt six livres à charge de tenir la seigneurie en fief du roi à cause de sa maison de Montdidier. Fourquivillers est ensuite possédé par les chevaliers Jean de Lanvin, frère de Geoffroy et Olivier de Plessis, seigneur de Cuisabot et Blérancourt. En 1583, le cardinal de Sainte Croix, abbé de Breteuil, donne la ferme de Fourquivillers à Antoine d’Estourmel, seigneur de Plainville et de Coullemelle. Quatre ans plus tard, Estourmel, ayant contesté la somme demandée par Breteuil qu’il juge trop élevée au vu des ravages des gens de guerre et des censes laissées en friche, obtient un accord. Les religieux renoncent à leurs prétentions et d’Estourmel leur verse cent écus d’or[26].

les guerres de religions[modifier | modifier le code]

Les représentants des trois ordres sont convoqués à Péronne en 1567 pour rédiger les « coutumes du gouvernement ». Messire Geoffroy de Lanvin représente l’état de noblesse pour ses terres de Coullemelle et de Fourquivillers[27]. La Ligue Catholique première s'y forme en 1568 avec à sa tête Jacques d’Humières, gouverneur de Picardie, qui refuse de laisser la ville aux protestants comme le demande le roi. Les terres protestantes sont saisies, en particulier celles de Folleville, de Paillart et d’autres terroirs appartenant à Louis de Lannoy.

Le 3 août 1588, le curé Jehan Frère participe à l’élection du représentant du clergé du bailliage de Montdidier aux Etats Généraux de Blois. Ces états généraux siègent sur un fond de luttes entre factions de la guerre de religion (1562-1593), la Ligue Catholique accusant l’autorité royale de complaisance envers les Protestants. Les quarante dernières années du siècle sont marquées par ces luttes. En Picardie, le protestantisme est principalement une affaire de nobles. Il bénéficie de l’appui des gouverneurs Coligny et Louis de Condé. Ce dernier est un neveu de François de Bourbon-Vendôme et de Marie de Luxembourg qui avaient tenu le fief de la Bouteillerie situé entre Coullemelle et Villers. Il est seigneur de Breteuil de 1556 à 1569. Le romancier Michel Peyramaure, pour louer l’habileté guerrière d’Henri IV, raconte qu’en 1592 il livre par surprise un combat entre Montdidier et Coullemelle contre les Espagnols[28]: « Le roi avait vu juste. L’armée espagnole se trouvait dans un pays de collines. Farnèse avait fait déployer ses oriflammes autour du village de Coullemelle ». Cela se passe en janvier alors que le roi harcelle les espagnols jusqu’à Folleville, venant de Rouen.

Isatis tinctoria L

la culture de la guède[modifier | modifier le code]

Moulin à guède (Thuringe, 1772)

Coullemelle cultive des céréales et de la guède et bénéficie de plusieurs moulins à grain et d’un moulin à waide (guède picarde) sur son territoire. La culture des céréales est assez prospère car les débouchés vers la Flandre sont grand ouverts à partir des entrepôts de Corbie qui diffusent à l’exportation. Par contre, le marché de la waide, qui avait été de grand profit, périclite pendant la guerre. Il en reste comme traces un lieu-dit « ch’moulin » et le nom d’une famille habitant encore au village « les Wadiers ». Il en est de même pour autre toponymie : une ferme implantée entre Coullemelle, Villers -Tournelle et Rocquencourt avait appartenu à la fin du XVIe siècle aux Hospitaliers de Saint Jean. Les habitants de Rocquencourt parlent encore de la pature de « l’Hôpital ».

Le grand siècle de l'ancien régime[modifier | modifier le code]

la crise économique[modifier | modifier le code]

La guerre de Trente Ans amène de gros dégâts dans de nombreux villages de la région. En 1636, les Espagnols pillent et brûlent châteaux et maisons. A Fontaine, ils sont accompagnés par des mercenaires polonais que rappelle le lieu dit « les Pollacs ». Entre Le Cardonnois et Mesnil-Saint-Georges, le « Coupe Gorge » rappelle une victoire de locaux renforcés de quelques soldats de Montdidier contre plus de mille soldats espagnols. La Ferme de Fourquivillers est détruite entre 1636 et 1640 par eux ou par une bande de soudards qui ravagent alors le pays. La Fronde est marquée par la crise économique, la famine et la peste bubonique venue du nord qui en 1668 décime Amiens, La Faloise, Bonneuil, Moreuil. Cependant, en 1698 la population de Coullemelle atteint le nombre de cinq cents après plusieurs décades de large excédent des naissances sur les décès.

Eglise et noblesse[modifier | modifier le code]

Parmi les curés Revel, Carneau, Gallet (1668-1699), Dangest, Godefroy (1700-1706) et Carron (1706-1754), le plus illustre est don Carneau, le poète parisien. Les deux derniers en date au moins sont enterrés dans l’église. En 1617, Vincent de Paul prêche à Folleville le sermon qui fonde les prêtres de la Mission. Il est alors précepteur des enfants de la famille de Gondi.

Le fief de la Chapelle Saint Quentin, indépendant du seigneur de Fourquivillers, est tenu des Jésuites du Collège d’Amiens. Ils exploitent une quarantaine d’hectares en plusieurs pièces situées entre la Croix Masson et le Croq. Les baux sont partagés entre plusieurs laboureurs de Coullemelle parmi lesquels les Ponthieu et Revel dont des descendants habitaient encore le village au siècle dernier. La famille de Monchy donne plusieurs seigneurs à Fourquivillers dès le début du siècle. A Charles, marquis d’Hocquincourt, Maréchal de France, succède son fils Georges puis son petit fils Charles. La seigneurie et les terres tombent dans les mains d’Antoine de Pas, marquis de Feuquières par son mariage avec Marie Madeleine de Monchy en 1694. La famille d’Estourmel, liée à celle des Bourbons, nous fournit aussi plusieurs seigneurs, d’abord Antoine puis Charles, gouverneur de Corbie, et sa femme Anne Gobelin de la famille des illustres tapissiers et Anne de Wault, dame de Monceau, sœur de Charles. La nièce d’Anne Gobelin n’est autre que Marie Madeleine d’Aubray, la célèbre empoisonneuse connue sous le nom de la Brinvilliers.

Le XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

périodes de surmortalité[modifier | modifier le code]

Les registres paroissiaux sont source de données démographiques précises. En 1747, cinquante et un décès sont déclarés alors qu’il n’y en a que onze par an en moyenne. Il s’agit d’une surmortalité essentiellement enfantine : quarante cinq enfants de moins de quinze ans dont seize de moins de deux ans. Il est peut-être aussi étonnant de constater qu’un pic de dix décès apparait au mois d’août avec quatre femmes âgées de vingt sept à soixante seize ans et six enfants de moins de quinze ans. Parmi eux, les enfants en nourrice venant de Paris sont nombreux à mourir très jeunes. Les villages environnant ne présentent pas cette anomalie. S’agirait-il d’une intoxication alimentaire ? Par contre la surmortalité de 1783 (vingt huit décès pour une moyenne de quinze) s’explique sans ambigüité par l’exceptionnelle éruption de la chaine de volcans islandais Laki qui, pendant huit mois, ont émis d’épais nuages de gaz toxiques qui ont eu pour effet de doubler le nombre de morts en Angleterre et en Europe du Nord. Un témoin local[29] insiste sur la persistance en juin-juillet d’un brouillard si épais « qu’on fut six semaines sans voir le soleil ».

métiers des coullemellois[modifier | modifier le code]

La plupart des habitants sont laboureurs ou tisserands mais les artisans sont aussi très présents. En 1763, on compte vingt trois travailleurs de la terre, quatorze travailleurs de la laine, douze artisans charpentiers, couvreurs en chaume, cordonniers, maréchaux, charron, tonnelier et quelques hommes de métiers plus rares, un arpenteur juré au bailliage, un procureur fiscal, un clerc lai, un chirurgien et deux lieutenants. Simon Toulet est fermier des terres de Coullemelle pour l’abbaye de Corbie. L’année précédente, la paroisse reçoit de l’armée le certificat du décès de Bon Théry. Fils du laboureur François Théry et soldat du régiment Royal Roussillon depuis 1743, il est mort en 1760 des suites des blessures reçues au siège de Québec.

Eglise et noblesse[modifier | modifier le code]

A Antoine Carron, curé de 1706 à 1754, succèdent Louis Bourgeois pendant dix ans, François Pommart pendant deux ans et Jean Doublet pendant dix huit ans. André Clain est nommé curé l’année précédant la Révolution. L’abbé Doublet inscrit en tête du cahier paroissial de 1773 que « Coullemelle a pour patron Saint Nicolas et pour seigneurs fieffés Messires de Fricamps et les Religieux de Corbie ». Pierre Violette est clerc tonsuré en 1785 et diacre en 1788. Coullemelle possède alors un maximum de cinq cent quatre vingt sept habitants, aux laboureurs, ménagers et artisans s’ajoutant de prospères tisserands et des vignerons.

Sur une plaque récupérée des ruines de l’ancienne église et exposée dans le baptistère sont inscrites deux fondations. L’une est faite par le laboureur Toussaint Revel, l’autre par « Grégoire Raisin, courier du cabinet du Roy ».

Dans les années 1720, Louis Pingré est seigneur de Coullemelle. Il est suivi de Pantaléon Pingré seigneur de Fricamps puis de sa veuve Marie Catherine qui en 1783 donne la seigneurie de Fourquivillers et de Coullemelle à son cousin Paul François Le Boucher du Mesnil, ultime seigneur du village.

La Révolution[modifier | modifier le code]

cahiers de doléances[modifier | modifier le code]

Les cahiers de doléances des paroisses de la région demandent en premier lieu l’unicité de la justice et des poids et mesures agraires et la suppression de la gabelle. Viennent ensuite l’aménagement des corvées et le regroupement des dîmes du diocèse pour que les curés ruraux disposent de plus d’argent pour aider les pauvres, puis sur le commerce des étoffes. Aux grosses dîmes qui à Coullemelle ne sont que de 6% s’ajoutent les menues dîmes sur divers produits, colza, oliette, balosses, nobertes, chanvre, bisailles, vesces, pommelles, navettes.

commission des poids et mesures[modifier | modifier le code]

En 1791 est créée une commission des poids et mesures dont fait partie le cristallographe René Just Hauÿ né à Saint-Just-en-Chaussée. Les picards Cassini, Delambre et Méchain sont chargés de mesurer le méridien. L’abbé Pingré qui participe à la création du calendrier républicain est de la famille picarde qui avait donné les derniers seigneurs de Coullemelle.

les troubles[modifier | modifier le code]

Des rumeurs inquiétantes circulent, les malversations se multiplient, la disette provoque des troubles. Le 9 juillet 1790, Louis Diot quitte Coullemelle pour faire la moisson à Fontenay-en-France. A Clermont il raconte que, d’après les dires d’un maître d’école, M. de Lescalopier complote une attaque à main armée contre la Nation et qu’il entrepose « canons et fusils » en son château de Plessier sur Saint-Just, à 20 km de Coullemelle. Les perquisitions montrent qu’il n’en est rien. En 1793, le président du district fait condamner l’administrateur Gracchus Babeuf à vingt ans de fer pour usage de faux dans la vente d’un bien du clergé. Babeuf se cache à Paris. Il sera plus tard déclaré « premier communiste » et considéré comme l’un des inspirateurs de Marx. La vente des biens de l’abbaye de Corbie sis à Coullemelle fait l’objet de contestation pour entrave à l’accès aux enchères et pour violences. En avril 1795, un Amiénois achète trois sacs de farine à Esclainvillers. Il est dépouillé à son passage à Guyancourt. Les officiers municipaux récupèrent les sacs et un procès est intenté. A la suite de la loi du 13 prairial an II sur les prix et salaires promulguée quelques jours avant la loi de renforcement de la Terreur (10 juin 1794), le district de Montdidier oblige certaines municipalités dont Coullemelle à une « culture forcée ».

les ci-devant privilégiés du village[modifier | modifier le code]

Sur la liste des « ci-devant privilégiés » de Coullemelle, datée de février 1790, émargent dix-neuf propriétaires dont cinq institutions religieuses et trois prêtres. Le curé tient seize journaux, les bénédictins de Corbie et le Collège d’Amiens cinquante-quatre, les bénédictins de Montdidier reçoivent censives et droits seigneuriaux pour cent cinquante-neuf. Le plus gros propriétaire laïc, M. du Mesnil, en possède 240. En 1791, Corbie afferme ses 122 journaux au futur baron Fourment. Jean Baptiste Lenfant, fermier des bénédictins du prieuré de Montdidier, avait sous-fermé à plusieurs laboureurs de la paroisse. François Violette est élu administrateur du district de Montdidier. Le manoeuvrier et ancien clerc laïc Pierre Delaruelle devient officier d’état civil et maire au cours de la première année révolutionnaire. Auguste Joseph de Mailly, dont le comté de Raineval et de nombreux villages voisins de Coullemelle avait été érigé en 1744, est guillotiné à 89 ans.

le clergé[30][modifier | modifier le code]

Pour rester auprès de ses ouailles sans être guillotiné comme l’ont été au moins deux prêtres de la région de Montdidier, le curé Clain prête serment. De nombreux curés du voisinage sont obligés de s’expatrier, la plupart à Düsseldorf. Parmi les guillotinés de la région, le plus proche est Marie Dorival, ermite né à Grivesnes en 1761. Le motif de sa condamnation en tant que « complice de conspiration » est le plus fréquent avec celui de « convaincu de s’être déclaré ennemi du peuple ». Avec le renvoi des congrégations, la situation des écoles est si piteuse que le Directoire (1795-1799) affirme que « les Français tomberait dans l’ignorance et la barbarie si rien n’est fait »

L’Empire[modifier | modifier le code]

participation aux guerres napoléoniennes[modifier | modifier le code]

Des coullemellois s’engagent dans les armées et participent aux campagnes européennes. Tous ne reviennent pas au village. Alors que Charles Cocu retrouve son pays avec le grade de lieutenant, Pierre Pointin, fusilier à la 4° compagnie du 4° Bataillon du 26°RI décède à l’hôpital de Villadolid le 29 mars 1810 à l’âge de vingt ans. Il y meurt des suites d’une dysenterie chronique. Auguste Bourgeois, caporal au 48°RI du maréchal Davout meurt le 4 avril 1814 à Hambourg ‘suite à une fièvre’.

l’occupation, Benjamin Pourcelle[31][modifier | modifier le code]

tombe de Benjamin Pourcelle au cimetière de Coullemelle

Les armées alliées mettent fin à l’épopée de Napoléon. L’armée russo-prussienne passe par Montdidier se dirigeant vers Paris. Dès le 19 mars, Cosaques et Tartares saccagent le pays. Ils viennent à Quiry dans l’intention de brûler le village qui refuse les réquisitions. Tout le monde s’est enfui. Les vieillards accueillent les soldats, les font boire et manger. Les cosaques chargent leur voiture de foin et se retirent. L’adjoint du maire de Coullemelle Benjamin Pourcelle envoie un message à Paris pour demander des armes. Son message est intercepté dans la malle poste à Saint-Just. Un détachement de Cosaques arrive à travers champs pour mettre le feu au village. Ils se contentent de piller la maison du maire Nicolas Violette et celle de Pourcelle qu’ils emmènent à Montdidier. Des combats les poussent à quitter la ville. Leur prisonnier profite d’une escarmouche déclenchée par des francs-tireurs à Etelfay pour s’enfuir. De ces évènements, il reste deux traces incrustées dans la pierre. Dans la cave de la rue du Bois où habitaient les Pourcelle, un linteau calcaire porte encore l’inscription gravée « Les Cosaques sont venus ycy le 23 mars 1814 à 2 heurs après midi ». Dans le cimetière, sur la tombe de Benjamin et Marie Anne Pourcelle un bas-relief représente Benjamin semblant sortir d’un tombeau, torse nu, dressé, libéré et porte une inscription en latin rappelant qu’en «1814, lié par des chaînes et proche de la mort, par l’invocation de la Bienheureuse Vierge Marie, il s’évada par miracle sain et sauf».   

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason à dessiner Blason D'or à la crosse contournée d'azur à dextre sommée d'un corbeau contourné de sable et au pin de sinople à senestre, fruité du champ et sommé d'une grive chantante de sable; le tout accompagné en pointe d'un écusson de gueules chargé d'une croix engrelée d'argent.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 2014 Nicolas Lavoine[32]    
2014[33] en cours
(au 6 mai 2014)
Nicolas Hebert    

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans. Pour Coullemelle, cela correspond à 2004, 2009[34], etc. Les autres dates de « recensements » (2006, etc.) sont des estimations légales. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[35]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[36],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 339 habitants, en augmentation de 7,28 % par rapport à 2009 (Somme : 0,32 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
512 495 526 505 542 541 534 500 503
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
484 509 485 458 399 371 376 369 359
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
360 385 364 372 320 296 302 336 325
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
291 270 213 215 230 236 242 316 339
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[37] puis Insee à partir de 2006[38].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune fait partie d’un regroupement pédagogique intercommunal réunissant 9 communes. Les collégiens se rendent à Ailly-sur-Noye, Montdidier et Moreuil et les lycéens vers Montdidier et Amiens.


Dans le cadre du regroupement pédagogique intercommunal (RPI ) de Quiry-le-Sec, Folleville, Chirmont, Sourdon, Esclainvillers, Villers-Tournelle, Coullemelle, Malpart, et Grivesnes, les élèves pris en charge localement relèvent des classes de maternelle[39].

La communauté de communes gère la compétence pour les transports scolaires.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Nicolas[modifier | modifier le code]

Église Saint-Nicolas.

Le principal monument du village est l’église Saint-Nicolas. Elle a été construite après la Première Guerre mondiale sur les ruines de l’ancienne église détruite en 1918 par l’artillerie allemande. Le gros œuvre a été consacré par Mgr Lecomte en 1927. À l’extérieur, on peut détailler les très nombreux modillons et admirer le remarquable tympan du portail ouest.

Le monument aux morts[modifier | modifier le code]

Monument aux morts.

Ce monument, dû à l'architecte Allard, est situé sur la place centrale, face à l'école et à la mairie. Il porte une grande croix de Lorraine et, en faible relief, deux têtes de soldats casqués symbolisant les deux guerres mondiales. À gauche (première guerre), la tête, entourée des noms des batailles de Verdun et de la Somme, porte un casque Adrian. La tête de droite (seconde guerre) porte un casque d'équipage d'automitrailleuse. Elle est entourée des noms des batailles de Caen et Paris. Les têtes sont surmontées de palmes symbolisant le sacrifice. Le monument a été inauguré en 1946. Au pied, sur une plaque, sont gravés les noms de quinze morts pour la France, onze pendant la grande guerre et quatre pour la seconde guerre. S'y ajoutent les noms de trois victimes civiles.

Monument commémoratif de la Première Guerre mondiale.

Un autre monument commémoratif de la guerre de 1914-1918 se trouve au centre du cimetière depuis 1925. Le socle hexagonal du calvaire porte les noms de dix morts pour la France. L'une des faces rend hommage "aux Soldats américains et français tués dans la défense de Coullemelle en 1918".

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Don Étienne Carneau[40],[41],[42] (1610 - 1671), écrivain. Célestin, prédicateur, traducteur sachant l'hébreu, le grec, l'italien, l'espagnol, le latin et surtout écrivain. Né à Chartres en 1606, il s'engage dans les ordres en 1630 et devient curé de Coullemelle en 1635. Auteur célèbre en son temps [43], il publie poèmes, élégies, chansons politiques, stances, cantiques, etc. Son œuvre principale est probablement La stimmimachie[44] (1656), un long poème historicomique dédié à Mazarin[45]. Il possédait la cure de Coullemelle quand il écrivit en 1639 une ode adressée à Mgr Faure, évêque d'Amiens sur son premier synode général[46]. Il mourut à Paris en 1671.
  • Grégoire Raisin (-1723)[47], courier du cabinet du Roi, est attaché à Colbert de Torcy, Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères de Louis XIV, à partir de 1669 et officiellement de 1696 à 1715. Il est, en particulier, courier extraordinaire entre Paris et Rome pour le Cardinal de Bouillon. Bossuet utilise ses services[48].
  • Le lieutenant Cocu (1773 - 1845), soldat ayant servi durant toutes les campagnes de la Révolution et les campagnes napoléoniennes. Soldat "de la République et de l'Empire", il a participé aux combats du 103e régiment d'infanterie pendant toute la durée de la Révolution et jusqu'en 1814. Il a 20 ans en 1793, date à laquelle le service militaire est devenu obligatoire pour une durée de cinq ans pour les célibataires de son âge. Pour lui, la vie militaire durera 20 ans. Il entre au 103e, né de la dislocation du régiment des Gardes Français qui pendant des siècles avait été affecté à la protection du roi (l'illustre d'Artagnan y avait servi). Il participera aux campagnes d'Allemagne, d'Espagne, de France, du Hainaut, de Pologne, du Portugal, de Prusse et de Suisse. Il combattra donc, entre autres, aux batailles d'Austerlitz, d'Iéna et de Leipzig. De retour à Coullemelle, Charles Cocu est inscrit au rôle des contributions des années 1819-1821 en tant qu'instituteur et qu'arpenteur. En 1821 il est "marguillier de la fabrique paroissiale" (membre du conseil chargé de l'administration de la paroisse). Nommé trésorier, il démissionne en 1826, se jugeant incompétent. Au cimetière, son monument, en forme de pyramide tronquée, sculptée de drapeaux, repose sur une base cubique entourée de quatre balustres aujourd'hui proche de la ruine. La liste de ses campagnes militaires y est gravée.
  • Jean-François Dubois[49],[50],[51] (1821 - 1901), éducateur, administrateur, écrivain, fondateur de la Quebec Commercial Academy. Né dans une famille de tisserands coullemellois, dénommé frère Aphraates, ce père des Écoles Chrétiennes fut envoyé en Amérique du Nord en 1843. Il dirige le Calvert Hall et fonde vers 1857 le Rock Hill College dans l'état du Maryland puis dirige une communauté et fonde la Quebec Commercial Academy (renommée depuis Académie Commerciale de Québec) en 1862[52]. L'institution devient le Cégep de Sainte-Foy en 1967 et regroupe aujourd'hui 8000 étudiants ce qui en fait le collège d'enseignement général et professionnel le plus fréquenté de la région de Québec. Jean-François Dubois publie de nombreux manuels scolaires en français et en anglais[53]. Il occupe ensuite de semblables fonctions en Angleterre, en Irlande, à New-York et finalement en France comme secrétaire de la Maison Généralice à Paris.
  • Baron Charles Tardieu de Saint Aubanet (1827-1902), maire de Coullemelle (1860-1876) officier de Marine puis espion. Personnage le plus romanesque de la commune. Ancien officier de marine, il avait côtoyé chez le commandant Rivière, des écrivains tel queAlexandre Dumas. Ses campagnes militaires qui l'avaient, entre autres, mené au Moyen Orient, où son bateau avait fait naufrage, et au Maroc, lui valurent l'admission dans l'ordre national de la Légion d'honneur[54]. Il démissionne de l'armée en 1864 et devient une sorte de hobereau de campagne se partageant entre son hôtel d'Amiens et le château de Coullemelle, d'abord propriété des de la Roque dont il était le gendre. Il est maire de Coullemelle jusqu'à ce qu'arrive la République qui le démissionne pour avoir célébré en Angleterre la majorité du fils de Napoléon III[55]. Entre temps, il a été nommé en 1869 chef de bataillon dans la Garde nationale mobile[56] (bataillon de Montdidier qui participa à la défense de Paris). On le retrouve ensuite dans les ministères pour de mystérieuses missions. Il fera du renseignement en Angleterre et en Italie[57] et sera un élément de discorde entre Georges Clemenceau et Joseph Caillaux[58] en particulier pour son rôle à l'ambassade anglaise[59],[60]. Il a publié "Quelques réflexions sur le livre de l'Armée Française"[61] (du général Niel) en 1867.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « ZNIEFF 220013965 », sur Inventaire national du patrimoine Naturel (consulté le 31 décembre 2013)
  2. « Bulletin de la Société linnéenne du nord de la France » (consulté le 31 décembre 2013)
  3. « photographies aériennes », sur Ministère de la Culture (consulté le 24 décembre 2013)
  4. R. Agache, Somme préromaine et romaine d'après les prospections aériennes, DRAC Amiens, rue Fuscien, 1978.
  5. R. Agache et B. Bréard, Atlas, 1975.
  6. Appendix du polyptyque de l’abbé Irminon, Guérard,
  7. « past », sur Wiktionary (consulté le 24 décembre 2013)
  8. L. Morelle, La liste des repas commémoratifs, Revue Belge de philologie et d’histoire, , chap. 69-2
  9. L. Levillain, Examen critique des chartes mérovingiennes et carolingiennes
  10. manuscrit sur parchemin, partie droite d’un chirographe,3G350, Archives de la Somme,
  11. Gallia Christiana : tome X, p. 309
  12. Victor de Beauvillé, Histoire de la ville de Montdidier : livre III, chapitre I
  13. Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie (MSAP), , p. 405
  14. cartulaire noir de Corbie F°129
  15. « terrage », sur Wiktionary (consulté le 30 mars 2014)
  16. « arbre de la famille de Clermont-Beauvaisie-Nesle » (consulté le 4 février 2017)
  17. R. Fossier, Le moyen-âge en Picardie, La terre et les hommes, p. 319
  18. documents pédagogiques, un contrat de défrichement entre 1185 et 1188 : AD 296/12 CNDP, bibliothèque des Jésuites, à la bibliothèque de Lyon
  19. « essartage », sur Wiktionary (consulté le 30 mars 2014)
  20. deux chartes Coulumeles et Couloumeles, Chartae Galliae,Telma, F 1254 et 1255
  21. (pcd) grand cartulaire noir de Corbie, f°134 v°, Archives de la Sommes IX H 308/5
  22. H. Furgeot, Actes du Parlement de Paris : 1328-1342,
  23. H. Furgeot, Terrier du cartulaire Lucas de Corbie, f°78 : IX H 308/6, Archives de la Sommes
  24. « La Jacquerie à Saint Leu d'esserent (Annette Metzler) », sur Héritage Lupovicien, (consulté le 25 juillet 2016)
  25. abbé C.A. Baticle, Nouvelle histoire de Breteuil,
  26. série H, abbaye de Breteuil, Archives de l'Oise
  27. Chauvelin et al., Nouveau coutumier général, Vol.2, Paris, Michel Brunet,
  28. M. Peyramaure, Henri IV, Paris, Laffont,
  29. A. Lefebvre, maître chirurgien à Broyes, journal de 1766 à 1783, Société des Antiquaires de Picardie
  30. Darsy, le clergé de l’église d’Amiens en 1789
  31. V. de Beauvillé, Histoire de Montdidier
  32. Réélu pour le mandat 2008-2014 : « Liste des maires de la Somme », sur http://www.somme.pref.gouv.fr, (consulté le 18 juillet 2008)
  33. « Liste des maires de la Somme » [PDF], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme, (consulté le 9 juin 2014)
  34. « Calendrier de recensement », sur Insee (consulté le 9 mars 2012)
  35. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  36. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  37. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  38. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  39. Sur le site de la communauté de communes du Val-de-Noye.
  40. « Etienne Carneau », sur Wikisource (consulté le 26 juillet 2013)
  41. J. Fr. Michaud, Biographie Universelle Ancienne Et Moderne : Histoire, vol. 7, HardPress Ltd
  42. Jean François, Bibliothèque Générale Des Écrivains de L'Ordre de Saint Benoit (1777), Kessinger Publishing
  43. L. Merlet, Poètes beaucerons antérieurs au XIXe siècle, vol. 1, Hachette Livre BNF, , 318 p. (ISBN 978-2012763142)
  44. « La stimmimachie », sur Google books (consulté le 3 août 2013)
  45. E. Carneau, Recueil des poèmes du Père Etienne Carneau, Bibliothèque Mazarine (in 4°, n°20246)
  46. Carneau, curé de Coullemelle, Ode à Mgr. l'Evèque, Bibliothèque d'Amiens (au catalogue)
  47. L. Tribouillet, Etat de la France, vol. 1,
  48. Jacques-Bénigne Bossuet, Correspondance pour les années 1691-1698, Paris, édition de Ch. Urbain et E. Lévesque, Gallimard, 1909-1925
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  57. (it) Publicazione della Faculta de jurisprudenza, Storia des Trattate, vol. 1, Univ. Milano,
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  60. (en) Graham & Hugh Green, The spy's bedside book, Bantam (ISBN 978-0099519607)
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