Dîme

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
La Dîme au Temple, par Pierre Mosnier.

La dîme ou dime ou décime (du latin : decima, « dixième ») est une contribution variable, étymologiquement de 10 %, versée en nature ou en espèces, à une institution civile ou religieuse. Cette taxe, connue depuis l'Antiquité et mentionnée dans la Bible, est en usage dans le judaïsme, le christianisme et l' islam. Elle joue un rôle structurant dans la société féodale occidentale à partir du Haut Moyen Âge.

Origines antiques[modifier | modifier le code]

Bible hébraïque[modifier | modifier le code]

Dans la Genèse Gn 4 le récit des sacrifices de Caïn et d'Abel évoque l'offrande d'une part de la récolte, l'iconographie de ce thème dans les églises dès le XIe siècle rappelle l'obligation et la signification sacrée des dimes dans l'occident médiéval et moderne[1]. La première évocation de la dîme en tant que tel dans la bible est celle que propose Abram au grand prêtre Melchisédech dans le Livre de la Genèse, Gn 14,18-20. Plusieurs sortes de dîmes sont décrites dans le Deutéronome Dt 14,22-29 [2],[3]. La Teroumat hamaasser est prélevée sur les produits de la récolte en Terre d'Israël, c'est-à-dire la dîme de la dîme (un pour cent), elle est destinée aux cohanim. Le Maasser rishon, prélèvement d'un dixième du revenu et du produit de chaque année est remis aux lévites. Le Ma'asser Sheni (hébreu מעשר שני, seconde dîme) consiste à prélever un dixième de la production agricole des première, deuxième, quatrième et cinquième années du cycle septennal de la terre pour l'apporter au Temple et le consommer sur place. Une autre dîme, le Ma'asser 'Ani, est prélevée les troisième et sixième années du cycle septennal. Aucune dîme n'est versée lors de la septième année, la Shmita, car la terre doit être laissée au repos. Dans le Livre de Malachie Ma 3,8-12, la non-observance des dîmes est considérée comme un vol à l'encontre de Dieu, tandis que la fidélité aux dîmes favorise les bénédictions[4].

Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

La dîme est une règle religieuse bien en place à l’époque de Jésus de Nazareth, il n'existe pas de commandement sur ce sujet dans le Nouveau Testament[5]. Plusieurs références à la dîme se trouvent dans l'Évangile selon Matthieu, Mt 22,23, l'Évangile de Luc, Lc 11,42 et Lc 18,12 et l'Épître aux Hébreux, He 7,1-12[6]. Ce dernier passage renvoie à la dîme d’Abraham versée à Melchisédech[note 1].

Rome antique[modifier | modifier le code]

Dans les territoires extra-italiques un impot foncier destiné à Rome est perçu sur les produits du sol : céréale et production fruitière, vin et huile. Le but est de profiter de la conquête et d'entretenir les troupes et les fonctionnaires de l'empire. La justification est de faire profiter ces territoires de la Pax Romana. La perception est différente selon les provinces, les denrées sont acheminées à Rome pour les provinces proches et transformées en monnaies versées au trésor par les fermiers et publicains dans les provinces plus éloignées[7].

prétexte[modifier | modifier le code]

Les références bibliques et de l'histoire antique sont utilisées à l'époque moderne avant la Révolution française pour justifier le maintien de la dîme malgré son détournement. Michel Lawers souligne la solution de continuité entre la dîme antique ou vétérotestamentaire et celle rétablie à l'époque carolingienne[8].

Pratique religieuse[modifier | modifier le code]

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Les juifs orthodoxes continuent de pratiquer les lois des dîmes, telles Terumah et Maasser rishon [2],[3].

Catholicisme[modifier | modifier le code]

La dîme est définie comme une imposition sur la production du sol et des artisans destinée à l'église[note 2] avec trois parts, une destinée à la paroisse, une aux pauvres et la troisième pour les clercs la desservant[9]. En Europe occidentale le concile de Tours en 567 promulgue un décret pour la perception de la dîme[10]. En 585 le second concile de Mâcon menace d'excommunication de ceux qui ne paient pas la dîme pour l’Église[11]. Jusqu'alors préconisée et spontanée elle devient obligatoire et imposée par le droit publique dans l'empire carolingien à partir de la fin du VIIIe siècle[12]. Abolie en France par la Révolution française en plusieurs étapes entre 1789 et 1793[13], l’Église catholique n’impose plus la dîme dans le droit canonique [14].

Protestantisme[modifier | modifier le code]

Dans le protestantisme, Martin Luther considère que la loi de la grâce exclut la loi de l'obligation de la dîme. Dans un sermon du 27 août 1525, il mentionne le passage de Paul dans l'Épître aux Galates 5:3 où il est dit que si j'accepte de vivre selon la Loi de Moïse, je suis obligé de pratiquer la Loi tout entière (Dt 28:58)[15]. Certaines dénominations protestantes voient la dîme comme un modèle de générosité non obligatoire. Le mouvement de réforme de Martin Luther se constitue au moment de la révolte social et religieuse de la guerre des paysans allemands, le deuxième des douze articles de leur manifeste dénonce le détournement de la dîme sans pour autant contester son existence[note 3].

Christianisme évangélique[modifier | modifier le code]

Dans le christianisme évangélique, les positions sur la dîme varient selon les dénominations. Parfois, la dîme est obligatoire et le sujet occupe une grande partie de chaque culte[16], [17] , [18],[19]. Des promesses de guérison divine et de prospérité sont garanties en échange de certains montants de dons [20] ,[21], [22]. Certains pasteurs menacent de malédictions, d’attaques du diable et de pauvreté ceux qui ne donnent pas la dîme [23],[18],[24], [25]. Pour certaines dénominations, la dîme est une invitation, sans obligation [17],[26].

La dîme obligatoire est parfois associée à la théologie de la prospérité, sous l'influence des télévangélistes pentecôtistes et charismatiques [27],[28]. La foi chrétienne est considérée comme un moyen de s’enrichir financièrement et matériellement, par une « confession positive » et une contribution aux ministères chrétiens[29]. Cette doctrine a été comparée à un business religieux[30],[31],[32]. Les pasteurs qui adhérent à la théologie de la prospérité ont été critiqués par des journalistes pour leur style de vie luxueux[33],[16],[34].

Depuis les années 1970, divers scandales financiers de détournements de fonds sont rapportés des organisations évangéliques[35]. Le Conseil évangélique pour la responsabilité financière a été fondé en 1979 pour renforcer l’intégrité financière dans les églises évangéliques qui désirent se soumettre à des vérifications comptables[36].

Des pasteurs évangéliques demandent des offrandes pour leur propre compte et ont un train de vie luxueux[37],[33],[16],[34].

En 2015, l’auteur du livre Sunday Morning Stickup a accusé des églises évangéliques d’utiliser des stratégies de culpabilité pour ramasser les offrandes et la dîme des fidèles [38], notamment en déformant certains passages de la Bible pour rendre obligatoires les contributions.

De 2019 à 2022, divers pasteurs américains se sont excusés pour leurs enseignements sur l’obligation de la dîme et la théologie de la prospérité, en rappelant que les menaces de malédictions pour non-paiement de la dîme dans Malachie ne concernaient pas les chrétiens, puisque citant l’Épître aux Galates, Jésus-Christ a porté la malédiction sur lui[39],[40].

Dîme impot religieux et impot d'état[modifier | modifier le code]

Dans l'église occidentale romaine la dîme ou plutot les dîmes[41], impot ecclésial dont personne n'est exempté, du moins au départ, deviennent définitivement obligatoires, régies par le droit public et relevant des tribunaux de l'état en 779 par un décret de Charlemagne, roi des Francs et empereur suite à l'assemblée d'Herstal confirmé en 794 après le synode de Francfort[42],[43].

Nature de la dîme[modifier | modifier le code]

Cette imposition en nature, quérable[note 4], est initialement dans sa nature[note 5], son fonctionnement [note 6]et sa justification [note 7], ecclésiastique.

Elle est également foncière, liée à la terre et à sa production. Elle se vend, se concède, se restitue avec ou sans la terre à laquelle elle est liée ; les dîmes dès le XIIe siècle ne sont pas reliées systématiquement à un lieu de culte.

Elle est fiscale et bien qu'ayant une justification canonique elle relève dès le départ de la juridiction civile. Cette fiscalité qui dure mille ans mobilise des décisions de parlements de province ou du roi[note 8]. Necker, à la fin du XVIIIe siècle, révèle le montant exorbitant de la dîme : cent vingt millions de livres, plus que la taille et la capitation réunies, première ressource fiscale, elle attire bien des convoitises dans la France alors en grand déficit[47].

Prélevée au bénéfice du décimateur, le desservant ou curé de la paroisse au départ, elle est répartie en trois parts: la rémunération du ou des clercs de la paroisse, l'entretien et le fonctionnement du lieu de culte et le secours aux pauvres, indigents et voyageurs. Certains ajoutent une quatrième part, celle de l'évêque. Cette part, dont l'importance ira croissante au dépend des trois autres parts, explique sa captation par les couvents, les seigneurs ecclésiastiques et les seigneurs laïques[48].

Les dîmes portent sur les productions du sol et la production des artisans, elles concernent tous les propriétaires quel que soit leur rang. Sont distinguées les grosses dîmes, portant sur les céréales et le vin et les menues dîmes appelées également vertes sur les fruits et légumes. La dîme de charnage porte sur le croît du bétail. Les bois, les prés et les étangs sont en général exemptés. Elle est dite solite du moyen français « usuel » pour les produits habituellement taxés, insolites si le décimateur la réclame sur un nouveau fruit ou une nouvelle production, on parle alors de dîme novale qui devient d'usage après quarante ans de perception[note 9]. La majorité de la dîme est dite prédiale, prélèvement sur la production du sol que le décimateur vient chercher, l'autre est personnelle quand elle porte sur le travail de l'artisan ou sur d'autres bénéfices[49],[50].

Répartition de la dîme[modifier | modifier le code]

La rémunération du clergé local et sa reconnaissance comme décimateur fidélise son recrutement et en fait le premier échelon encadrant les populations rurales. Quand les autres parts deviennent excessives il peut réclamer de sa hiérarchie le maintien d'un minimum, sa portion congrue. Après la suppression de la dîme en France en 1789 et 1793 le clergé devient salarié à la condition de faire partie des jureurs. cette exigence prend fin avec le concordat de 1801. Ce salariat prend fin en 1905 avec les Lois de séparation des Églises et de l'État[note 10]. Du fait de cette évolution le prélèvement d'une dîme devient depuis le XIXe une expression sous-entendant un prélèvement indu[9].

La part due à l'édifice et à son entretien contribue à l'essor considérable des constructions d'églises au XIe siècle et des cathédralles du XIIe[51]. Les seigneurs, pour capter la dime, transforment ou construisent leur propre chapelle. Ils se voient rappeler dans le mouvement de la réforme grégorienne leur obligation d'en réserver une part pour le desservant et l'entretien du lieu de culte[52]. Cette réforme conduit à des restitutions par les laîcs dès le XIIe siècle, elle bénéficie plus aux ordres monastiques qu'aux paroisses.

Les deux assemblées carolingiennes établissant l'obligation de la dîme sont précédées des épisodes de grandes faims de 779 et de 792-793 et la destination d'une part du bénéfice de la dîme aux pauvres est précisée dans le premier capitulaire d'Herstal. Elle sert également à l'accueil et à l'hospitalité des voyageurs et des pauvres autour des établissements religieux[53]. Quand le parlement de Grenoble en 1564 impose le clergé du Dauphiné de la vingt-quatrième des pauvres pourtant loin de l'injonction canonique du quart de la dîme[note 11], il réinstitue une contribution qui fonctionnera jusqu'à la Révolution française en faveur des pauvres: aumônes, maladreries et hôpitaux ruraux[54],[note 12].


L'évêque a autorité depuis le départ sur l'administration de la dîme. Son autorité est renforcée par la réforme grégorienne qui rend le clergé indépendant du pouvoir féodal interdisant aux seigneurs de capter désormais la dîme des églises de leur domaine dont ils se disaient patrons. La part croissante de la dîme revenant à l'évêque ou à la hiérarchie ecclésiastique entre l'évêque et le desservant réduit souvent celui-ci à sa portion congrue. Les recommandations de Louis XIV au XVIIe visent à préserver la portion congrue des desservants mais surtout des intermédiaires ecclésiastiques de la rapacité des évêques et gros décimateurs, aristocrates religieux et laïcs[note 13].

La dîme est détournée de ses objectifs initiaux. Le clergé local a du mal a obtenir sa portion congrue, il est invité à abandonner la dîme aux gros décimateurs. Des ordres monastiques se libèrent de l'obligation de cette redevance et concentrent en tant que seigneurs ecclésiastiques de nombreuses dîmes paroissiales dans de grandes granges dîmières. Des évêques vendent les dîmes aux seigneurs laîcs comme un fief, la dîme devenant inféodée. La pratique de cette simonie par les évêques, dont la conséquence est la laïcisation de la dîme et la captation de ses bénéfices, est la source des critiques des réformés. Outre la question de la portion congrue, la part pour l'entretien du lieu de culte ou destinée aux pauvres s'amenuise.

perception de la dîme[modifier | modifier le code]

La quotité[modifier | modifier le code]

La dîme correspond à une certaine part de la récolte (la part variant d'un évêché à l'autre et même d'une paroisse à l'autre, voire parfois à l'intérieur d'une même paroisse). Le taux était élevé dans le sud-ouest de la France (jusqu'au huitième), et en Lorraine (jusqu'au septième). Il était du onzième en Normandie, du treizième dans le Berry, du seizième en Nivernais, du cinquantième en Flandre maritime, presque aussi faible en Dauphiné et en Provence[55].

La part prélevée dépend également de la nature de la dime, selon qu'il s'agit d'une grosse dîme dont le taux est plus stable ou d'une dîme novale, insolite ou verte. L'importance du prélèvement peut être négocié quand le décimateur est proche du décimable ou faire l'objet d'un recours juridique[49],[56].

Collecte et décimateurs[modifier | modifier le code]

A l'origine le décimateur est le desservant de la paroisse, outre sa fonction sacerdotale ce revenu et sa collecte change son statut dans le village, il devient un des mediocres au -dessus des liberi et minores mais inférieur aux maiores; parmi ces mediocres on trouve aussi certains laîcs, les boni homines, qui participent à la collecte de la dîme mais aussi à sa redistribution[57], ils constituent ceux qui sont surnommés « coq de villages »[58]. En Toscane ces élites rurales deviennent les grandes familles nobles du XIIe et les évêques de Lombardie rétribuent avec la perception de la dîme les seigneurs de leur cavalerie, les capitanei qui deviennent décimateurs, eux-mêmes rémunérant leur vavassores par des parts de dîme[59],[49].

Les gros décimateurs sont soit des monastères soit des seigneurs laîques qui concentrent de nombreuses dîmes en nature ou en monnaie. Pour leurs collectes l'affermage des dîmes devient courant : le fermier verse au décimateur un revenu régulier en nature ou en monnaie et prend à sa charge la collecte et ses aléas saisonniers sur laquelle il prend sa part; certains monastères confient ce fermage au desservant de la paroisse proche du décimable et bénéficiaire d'une part de cette dîme[60]. Un autre procédé est également mis en œuvre quand les villages sont trop éloignés du point de collecte, la dîme est perçue par des villages plus proches avant d'être transmise monétisée ou non au gros décimateur.

Le contenu entreposé dans les granges dimières est parfois considéré par les paysans comme leur appartenant en cas de famine ou de catastrophe au titre du caractère redistributif de la dîme et de sa part liée à l'aumône et aux secours. cet aspect explique la revendication de certains villages à reprendre le contrôle de la gestion de ce prélèvement.



Les résistances[modifier | modifier le code]

La première résistance à payer la dîme est d'ordre religieux. Dès le IXe siècle l'évêque Agobard de Lyon fustige ceux qui donnent leur dîme à ceux qu'ils considèrent comme leur défenseurs, les tempestarii, les sorciers. La question se repose avec le refus des cathares, des vaudois puis des réformés à payer leur part ou leur demande auprès des féodaux qui les protègent d'en être dispensés[61]. Le versement de la dîme est le signe d'appartenance à la société chrétienne et de la domination ecclésiastique sur cette société occidentale à l'époque médiévale et moderne[62],[63].

Si le fondement de la dîme n'est pas remis en cause par les décimables de son institution à la fin du XVIIIe siècle, de nombreuses contestations sur son assise en particulier s'il s'agit de dîme novale ou insolite ou sur la quotité entrainent des arbitrages devant les juridictions ecclésiastiques ou laïques. les contestations et révoltes sont provoquées par la simonie, vente ou attribution du bénéfice des dîmes par les évêques aux laîcs dès le XIe siècle et la répartition de son bénéfice, les parts destinées au lieu de culte, à ses desservant et aux pauvres, aumône, hospitalité, redistribution en cas de disette allant en s'amenuisant. La pataria dans le Milanais au XIe, les syndicats villageois du XVIIIe dans le sud-ouest de la France et les doléances du bas clergé au XVIIIe en sont les témoins[64],[65]. [66].

[67].

En France, des granges dîmières ou granges aux dîmes ont été construites dans les villages afin de stocker la dîme, impôt de l'Ancien Régime portant principalement sur les revenus agricoles collectés en faveur de l'Église catholique. Celles-ci étaient souvent le plus grand bâtiment dans le village après l'église. La grange d'Écouen en offre un exemple : le bâtiment est de loin le plus imposant du vieux village. Le prêtre ou le collecteur percevait la dîme, mais le plus souvent les décimateurs apportaient eux-mêmes leur dîme à un point de collecte. L'obligation de la dîme est généralement acquise par achat, don à l'église, ou lorsque l’arrangement est trouvé.

Par exemple, la dîme de plus de soixante villages était due à l'abbaye de Ebstorf dans la lande de Lunebourg.

Mesure pivotante en pierre de kersanton servant au paiement de la dîme (XVe siècle, musée du Léon de Lesneven).

Perceveurs[modifier | modifier le code]

Payeurs[modifier | modifier le code]

La dîme sur les céréales mécontentait parfois les paysans privés de la paille nécessaire à la litière et à la fumure. L'accaparement de la dîme par les gros décimateurs qui en détournaient l'utilisation originelle créait aussi un malaise. Plutôt que d'en demander la disparition, les roturiers qui la payaient volontairement sans que la hiérarchie ecclésiastique n'eût à user de contrainte, en réclamaient une meilleure utilisation dans une logique de redistribution et d'assistance, la dîme formant un ferment d'identité collective paysanne[68].

Collecte gouvernementale[modifier | modifier le code]

Dans certains pays, les églises obligent leurs fidèles, voire l'ensemble de la population, à payer un impôt religieux par le biais de collecte religieuse gouvernementale[69].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. les textes bibliques cités pour l'Ancien Testament font de la dîme religieuse un marqueur pour le peuple juif et pour le Nouveau Testament invitent à dépasser ce marqueur
  2. théologiquement au Seigneur représenté par son église
  3. Les pasteurs devraient être payés sur la grande dîme. Tout excédent devrait être utilisé pour les pauvres du village et le paiement de l'impôt de guerre. La petite dîme doit être rejetée parce qu'elle a été forgée par les hommes, car le Seigneur Dieu a créé le bétail pour l'homme gratuitement.
  4. elle est demandée par celui qui en bénéficie, elle est prélevée sur place
  5. retour au Seigneur d'une part de la production de la terre
  6. gérée par les évêques au départ elle rétribue le clergé, la construction et l'entretien des lieux de culte
  7. elle assure la redistribution nécessaire pour les pauvres qui constituent pour les théologiens un élément essentiel du Corps mystique du Christ, c'est à dire de l'Église
  8. Par exemple Louis XIV le 29 janvier 1686 intervient pour garantir la portion congrue des desservants mais aussi des intermédiaires dans la hiérarchie ecclésiastique et fait une déclaration, sur la remontrance de Louis Boucherat, chancelier et garde des sceaux de France, indiquant que les curés ou vicaires perpétuels auraient chacun trois cents livres de portion congrue et leurs vicaires amovibles cent cinquante livres, qui leur seraient payées par les gros décimateurs à qui ils abandonneraient leurs parts des dixmes par une signification en forme d'option de la portion congrue et de l'abandon de leur part des dixmes aux gros décimateurs. Les cent cinquante livres accordées aux vicaires amovibles supposent que leurs messes, casuels, assistances et autres rétributions ne peuvent suffire pour leur subsistance honnête[44]. Cette déclaration vise à limiter les excès des chapitres séculiers et réguliers et autres bénéficiaires gros décimateurs. La déclaration est ensuite modifiée en 1690 ordonnant que les curés ou vicaires perpétuels payent les décimes quand elles n'excèdent pas la somme de cinquante livres, exhortant aussi les évêques à les taxer modérément[45],[46].
  9. le terme est également employé quand il s'agit du produit d'une terre nouvellement défrichée
  10. l'Alsace et une partie de la lorraine constituent des exceptions à ces dispositions législatives
  11. « la vingtquatrième partie des fruictz et revenus des Ecclésiastiques seroit affectée et distribuée aus pauvres de chacune paroisse, annuellement, sans aucune détraction et mise antre les mains de personnage suffisant et capable »
  12. La suppression de la dîme par la Révolution transfère la charge financière de l'aumône et de l'entretien des lieux de soins sur l'État et les individus
  13. voir note précédente

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sabine Maffre, L’iconographie de Caïn et Abel en France du XIe siècle au début du XVIe siècle, École nationale des chartes, coll. « Thèse », (lire en ligne).
  2. a et b (en) Norman Solomon, Historical Dictionary of Judaism, USA, Rowman & Littlefield, , p.459.
  3. a et b (en) Sara E. Karesh et Mitchell M. Hurvitz, Encyclopedia of Judaism, USA, Infobase Publishing, , p.521.
  4. (en-US) David A. Croteau, Bobby Eklund et al., Perspectives on Tithing : Four Views, Nashville, B&H Publishing Group, , 208 p. (ISBN 9780805449778, présentation en ligne), p. 15
  5. David A. Croteau et Bobby Eklund 2011, p. 184-185.
  6. David A. Croteau et Bobby Eklund 2011, p. 31.
  7. Claude Nicolet, « Dîmes de Sicile, d'Asie et d'ailleurs », Rome : École Française de Rome, vol. Le Ravitaillement en blé de Rome et des centres urbains des débuts de la République jusqu'au Haut-Empire. Actes du colloque international de Naples, 14-16 Février 1991, no 196,‎ , p. 215-229 (lire en ligne, consulté le ).
  8. Michel Lauwers et Valentina Toneatto 2012.
  9. a et b Dominique Ancelet-Netter 2010, p. 165-226.
  10. Americana Corporation, Encyclopedia Americana, Volume 30, Scholastic Library Publishing, USA, 2006, p. 788
  11. William J. Rademacher, John S. Weber, David McNeill, Jr., Understanding Today's Catholic Parish, Twenty-Third Publications, USA, 2007, p. 13
  12. Jean-Pierre Devroey, « Dîme et économie des campagnes à l’époque carolingienne », dans Roland Viader, La dîme dans l’Europe médiévale et moderne, Toulouse, Presses Universitaires du Midi, (ISBN 9782810709021, lire en ligne), p. 37
  13. Mathieu Arnoux, « Pour une économie historique de la dîme », dans Roland Viader, La dîme dans l’Europe médiévale et moderne, Toulouse, Presses Universitaires du Midi, (ISBN 9782810709021, lire en ligne), p. 145-159
  14. Lucie Sarr, En Côte d'Ivoire, la dîme en question, africa.la-croix.com, France, 10 février 2018
  15. David A. Croteau et Bobby Eklund 2011, p. 179-180.
  16. a b et c Trésor Kibangula, RDC : pasteur, un job en or, jeuneafrique.com, France, 06 février 2014
  17. a et b Marie-Claude Malboeuf et Jean-Christophe Laurence, Églises indépendantes: le culte de l'argent, lapresse.ca, Canada, 17 novembre 2010
  18. a et b (en) John Blake, « How passing the plate becomes the 'Sunday morning stickup' », sur cnn.com, (consulté le ).
  19. Sophie Bouillon, Nigeria «Dieu vous enverra un texto pour vous remercier», liberation.fr, France, 11 avril 2014
  20. Laure Atmann, Au nom de Dieu et… du fric!, notreafrik.com, Belgique, 26 juillet 2015
  21. Bob Smietana, Prosperity Gospel Taught to 4 in 10 Evangelical Churchgoers, christianitytoday.com, USA, 31 juillet 2018
  22. Gina Meeks, Megachurch Pastor Ed Young Promises to Refund Tithe if God Doesn't Open the Windows of Heaven, charismanews.com, USA, 16 juin 2014
  23. Eniola Akinkuotu, You’re under financial curse if you don’t pay tithe – Oyedepo, punchng.com, Nigeria, 18 juillet 2020
  24. Raoul Mbog, Le juteux business du pasteur évangélique Dieunedort Kamdem, lemonde.fr, France, 25 décembre 2015
  25. Venance Konan, Églises évangéliques d’Abidjan - Au nom du père, du fils et... du business, Le Nouveau Réveil sur koffi.net, Côte d’Ivoire, 10 mai 2007
  26. Dean R. Hoge, Money Matters: Personal Giving in American Churches, Westminster John Knox Press, USA, 1996, p. 141
  27. Kate Bowler, Blessed: A History of the American Prosperity Gospel, OUP USA, USA, 2013, p. 73
  28. Randall Herbert Balmer, Encyclopedia of Evangelicalism: Revised and expanded edition, Baylor University Press, USA, 2004, p. 562
  29. Kate Bowler, Blessed: A History of the American Prosperity Gospel, OUP USA, USA, 2013, p. 59
  30. Laurie Goodstein, Believers Invest in the Gospel of Getting Rich, nytimes.com, USA, 15 août 2009
  31. Jean-Christophe Laurence, Le business religieux, lapresse.ca, Canada, 17 novembre 2010
  32. Trésor Kibangula, RDC : pasteur, un job en or, jeuneafrique.com, France, 06 février 2014
  33. a et b (en) Cathleen Falsani, « Falsani: Get real, ‘Preachers of L.A. », sur ocregister, .
  34. a et b Mfonobong Nsehe, « Les pasteurs les plus riches du Nigéria », forbesafrique.com,‎ (lire en ligne).
  35. Michael J. Anthony, Introducing Christian Education: Foundations for the Twenty-first Century, Baker Academic, USA, 2001, p. 284
  36. Randall Herbert Balmer, Encyclopedia of Evangelicalism: Revised and expanded edition, Baylor University Press, USA, 2004, p. 239
  37. Arwa Mahdawi, Jet-set Jesus: televangelist to donate old private jet when he gets new $54m one, theguardian.com, UK, 1 juin 2018
  38. John Blake, How passing the plate becomes the 'Sunday morning stickup', cnn.com, USA, 14 juin 2015
  39. Modern Ghana, Tithing teachings false, fear-based; don't be pressured to give – Creflo Dollar, modernghana.com, Ghana, 20 juillet 2022
  40. Milton Quintanilla, Prosperity Preacher Creflo Dollar Admits His Teachings on Tithing Were 'Not Correct', christianheadlines.com, USA, 6 juillet 2022
  41. Dominique Ancelet-Netter, La dette, la dîme et le denier : Une analyse sémantique du vocabulaire économique et financier au Moyen Âge, Villeneuve d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, , 398 p. (lire en ligne), p. 165-226
  42. Jean-Pierre Devroey 2010.
  43. Frederick F. Wherry, Juliet B. Schor, The SAGE Encyclopedia of Economics and Society, SAGE Publications, USA, 2015, p. 1603
  44. Nicolas Du Bout, Histoire de l'abbaye d'Orbais, Paris, A. Picard, , 706 p. (lire en ligne), p. 466.
  45. Recueil de jurisprudence canonique et bénéficiale par Guy du Rousseaud de la Combe, Paris, 1771, v° Portion congrue. Le texte des deux déclarations des 29 janvier 1686 et 30 juin 1690 se trouve dans le même ouvrage, appendice, p. 164 et 169
  46. Pierre Néron et Girard, Recueil d'édits et d'ordonnances royaux, Paris, 1720, 2 vol., t. II, p. 201 et 224.
  47. Francis Brumont, « La question de la dîme dans la France moderne », dans Roland Viader, La dîme dans l’Europe médiévale et moderne, Presses universitaires du Midi, (ISBN 978-2-8107-0902-1, lire en ligne), p. 161-189
  48. Michel Lauwers et Florian Mazel, « Comment l’Église a confisqué la dîme », L’Histoire, no 403,‎ , p. 68-74 (lire en ligne, consulté le ).
  49. a b et c Roland Viader 2010, p. 7-36.
  50. Marie-Christine Serain, « La Dîme » (consulté le ).
  51. Michel Lauwers et Florian Mazel 2014, p. 73.
  52. Jean-Pierre Devroey 2014.
  53. Jean-Pierre Devroey, « La « mauvaise année » 779 : accès à la nourriture et bon gouvernement en période d’échec des récoltes céréalières », Les dossiers de l'IPW, no 27 « Les Carolingiens dans le bassin mosan autour des palais de Herstal et de Jupille, Florence Close, Alain Dierkens et Alexis Wilkin (dir.) »,‎ , p. 39-55 (lire en ligne)
  54. Favier René, « L'Église et l'assistance en Dauphiné sous l'Ancien Régime : la vingt-quatrième des pauvres », Revue d’histoire moderne et contemporaine, vol. 31, no 3,‎ , p. 448-464 (lire en ligne, consulté le ).
  55. Paul Gagnol, La dîme ecclésiastique en France au XVIIIe siècle, Paris, Mégariotis, , 440 p. (lire en ligne), p. 134-155
  56. Francis Brumont 2010, p. 161-189.
  57. François Bougard et Geneviève Bührer-Thierry, « Les élites du haut Moyen Âge. Identités, stratégies, mobilité », Annales. Histoire, Sciences Sociales, no 4,‎ , p. 1079-1112 (lire en ligne)
  58. Michel Lawers 2010, p. 31.
  59. François Menant, « Dîme et féodalité en Lombardie, XIe – XIIe siècle », dans Roland Viader, La Dîme dans l’Europe médiévale et moderne, Toulouse, Presse Universitaire du Midi, (ISBN 9782810709021, lire en ligne)
  60. Mathieu Arnoux, « Pour une économie historique de la dîme », dans Roland Viader, La Dîme dans l’Europe médiévale et moderne, Toulouse, Presse Universitaire du Midi, (ISBN 9782810709021, lire en ligne), p. 145-159
  61. Mathieu Arnoux 2010, p. 149-155.
  62. Michel Lawers 2010, p. 27-28.
  63. Francis Brumont 2010.
  64. Guy Astoul, « La contestation des dîmes dans le Sud-Ouest au XVIIIe siècle », dans Roland Viader, La dîme dans l’Europe médiévale et moderne, Presses universitaires du Midi, (ISBN 978-2-8107-0902-1, lire en ligne), p. 241-255
  65. Mathieu Arnoux 2010, p. 145-159.
  66. (la) Pierre-Paul Laffleur de Kermaingant, Cartulaire de l'abbaye de Saint-Michel du Tréport : Ordre de Saint Benoit, Paris, Impr. de Firmin-Didot, (lire en ligne).
  67. Pierre Néron et Girard, Recueil d'édits et d'ordonnances royaux, Paris, 1720, 2 vol., t. II, p. 201 et 224.
  68. Mathieu Arnoux, Le temps des laboureurs. Travail, ordre social et croissance en Europe, XIe – XIVe siècle, Albin Michel, , 378 p.
  69. Helmut K. Anheier, Stefan Toepler, International Encyclopedia of Civil Society, Springer Science & Business Media, USA, 2009, p. 1311

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roland Viader (dir.), François Menant et al., La dîme: Dans l’Europe médiévale et moderne, Presses universitaires du Midi, (ISBN 978-2-8107-0902-1, lire en ligne)
  • Michel Lauwers (dir.), Valentina Toneatto et al., La dîme, l'Église et la société féodale, Brepols, (ISBN 978-2-503-54525-7, lire en ligne)
  • (en) John Eldevik, Episcopal Power and Ecclesiastical Reform in the German Empire: Tithes, Lordship, and Community, 950-1150, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-19346-7)
  • Dominique Ancelet-Netter, La Dette, la dîme et le denier : Une analyse sémantique du vocabulaire économique et financier au Moyen Âge, Presses universitaires du Septentrion, (ISBN 978-2-7574-0159-0, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :