Abbaye Saint-Pierre de Corbie

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L'abbaye royale Saint-Pierre de Corbie ne doit pas être confondue avec l'abbatiale Saint-Pierre de Corbie, qui est l'église principale de l'abbaye.

Abbaye Saint-Pierre de Corbie
L'abbaye de Corbie, planche gravée du Monasticon Gallicanum publiée en 1677.
L'abbaye de Corbie, planche gravée du Monasticon Gallicanum publiée en 1677.
Présentation
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Province Picardie Picardie
Région Hauts-de-France
Département Somme
Commune Corbie
Coordonnées 49° 54′ 32″ nord, 2° 30′ 37″ est

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L’ancienne abbaye royale Saint-Pierre de Corbie était un monastère de bénédictins fondé au VIIe siècle par la reine Bathilde, mère du roi franc Clotaire III, non loin de la confluence de la Somme et de l'Ancre, en un lieu appelé Corbie. L'abbaye, qui joua un rôle de premier plan dans la Renaissance carolingienne par la production de son scriptorium et l'activité de ses missionnaires, fut supprimée en 1790.

Sommaire

La fondation[modifier | modifier le code]

Une abbaye royale[modifier | modifier le code]

Comme Clovis et Clotilde avaient fondé l'abbaye Sainte-Geneviève à Paris, Bathilde fonda l'abbaye de Corbie. La reine Bathilde (vers 635-680), régente de Neustrie et de Burgondie pendant la minorité de Clotaire III (657-665), décida de fonder une abbaye sur les terres ayant été attribuées à Guntland et revenues au fisc royal après sa mort[1].

La date de la fondation ne nous est pas connue avec exactitude. Elle se situe entre la date de la mort du roi Clovis II, fin 657 et un second diplôme de Clotaire III en faveur de l'abbaye datée du 23 décembre 661[2].

Pourquoi fonder une abbaye à Corbie ?[modifier | modifier le code]

La première mission assignée par le pouvoir royal à l'abbaye était de christianiser les campagnes qui n'étaient pas encore totalement sous la tutelle de l'Église au VIIe siècle.

Le second objectif était de renforcer le pouvoir royal en s'appuyant sur l'Église pour structurer l'espace situé à l'est d'Amiens pour mieux le contrôler. Enfin la finalité de la fondation était d'essence religieuse. La reine put exprimer ainsi sa foi intense et les moines devaient prier éternellement pour les membres famille royale.

L'abbaye ne devait pas être un lieu fermé où les moines devaient vivre en reclus, le pouvoir royal assigna à l'abbaye une double mission sociale : l’aumône aux pauvres et l'hospitalité aux hôtes de passage[3].

Pour ce faire, un très grand territoire fut octroyé au monastère, bien plus que ce que nécessitait la subsistance des moines. L'abbaye reçut de plus des donations privées. En lui accordant de larges biens, la reine Bathilde voulut conférer à l'abbé une autorité incontestable et en faire un « grand » du royaume. La sécurité matérielle lui procura une nombreuse clientèle. Aux terres de Guntland s'ajoutèrent celles de Frodin qui s'étendaient au nord d'Amiens, des environs de Doullens jusqu'à la forêt de La Vicogne. La dotation[Note 1] de l'abbaye comprenait plus de 20 000 ha situés de part et d'autre de la Somme dont une grande partie de forêts[4]. L'ensemble de la dotation s'élevait à 22 000 ha environs. Bathilde s'adressa, pour la fondation de l'abbaye de Corbie, à Walbert, abbé du monastère de Luxeuil qui lui fournit une soixantaine de moines (dont plusieurs copistes) sous la direction de Theudefroid qui s'installèrent dans la villa gallo-romaine de Guntland. Ils apportèrent avec eux la règle de saint Colomban qui était déjà influencée à cette époque par la règle de saint Benoît[2].

D'importants privilèges accordés à l'abbaye[modifier | modifier le code]

Dès sa fondation, l'abbaye bénéficia de l'exemption épiscopale ; elle fut placée sous l'autorité spirituelle directe du pape. De plus la reine Bathilde accorda à l'abbaye l'Immunité pour toutes ses possessions présentes et à venir[5].

En outre, l'abbaye de Corbie était exempte dans tout le royaume de tout droit à payer au fisc royal (octroi, douane, péage etc.) sur la circulation des marchandises. L'abbaye se voyait, dès 661, octroyer une part des douanes perçues annuellement dans le port de Fos. L'abbaye put faire venir jusqu'à Corbie tout produit arrivant à Fos par bateau dont parchemins et papyrus[6].

Dès l'origine, deux basiliques : Saints Pierre et Paul et Saint Étienne furent construites, la première était l'église abbatiale.

L'apogée carolingienne[modifier | modifier le code]

Un foyer de culture et de débat théologique[modifier | modifier le code]

Lors de la grande expansion monastique en Europe occidentale, au VIIIe siècle, le monastère adopta la règle de saint Benoît, les moines devinrent donc des bénédictins.

Le monastère forma d'emblée des moines lettrés, tels Leutcharius, Abellinus et Martin de Corbie qui fut précepteur du futur maire du palais, Charles Martel. Théofroy eut pour successeurs : Erembert, Maurdramne, Adalard de Corbie (le fondateur de l'abbaye-sœur de Corvey en Westphalie), Wala, et les théologiens Paschase Radbert et Ratramne de Corbie

L'activité savante de l'abbaye se matérialisa, alors, par une collection de manuscrits, une production poétique, un intérêt certain pour la langue romane alors en formation et une connaissance du grec. À cette époque, Corbie était un centre intellectuel de première grandeur, le plus ancien et le plus renommé du nord de la France que nous connaissons[7]. Hubert Le Bourdellès a établi que l'ouvrage grec d'astronomie Aratus latinus avait été traduit par un moine de l'abbaye de Corbie, vraisemblablement entre 723 et 744, sous l'abbatiat de Grimoald[8].

À la fin du VIIIe siècle, la bibliothèque de l'abbaye de Corbie conservait différents types d'ouvrages : outre l'Écriture, la Patristique et la Grammaire, des œuvres des auteurs classiques de l'Antiquité : Pline, Hygin, Censorin, Fulgence, Isidore de Séville.

Maurdramne fit rédiger une Bible en sept écritures différentes, dont la minuscule caroline.

Paschase Radbert et Ratramne de Corbie y débattirent de la transsubstantiation au IXe siècle.

L'abbaye de Corbie aurait été le lieu où furent élaborées les Fausses décrétales, qui sont un ensemble de documents canoniques falsifiés. Cet apocryphe que l'historien Johannes Haller juge comme l'une des plus grandes falsifications historiques[Note 2] avait pour but principal de protéger les évêques lors de procédures criminelles en leur assurant une quasi-immunité vis à vis des archevêques (métropolites) et du pouvoir temporel. L'historien Klaus Zechiel-Eckes a identifié les faussaires, en montrant que ceux-ci avaient employé des manuscrits de la bibliothèque de l'abbaye. Il a rassemblé un certain nombre d'indices qui impliqueraient Paschase Radbert, comme l'un des protagonistes de l'atelier de faussaires.

En 855, le pape Benoît III confirma l'exemption de l'abbaye et accorda à l'abbé le privilège honorifique de porter les insignes pontificaux. L'abbé de Corbie se considéra dès lors comme l'égal de l'évêque d'Amiens et des conflits éclatèrent entre eux au sujet de l'exemption.

Le scriptorium[modifier | modifier le code]

Première page du Psautier de Corbie (vers 800-810), bibliothèque municipale d'Amiens.

Le scriptorium de l'abbaye de Corbie fut, avec celui de l'abbaye de Fulda, l'un des plus importants du haut Moyen Âge. Le scriptorium de l'abbaye de Corbie participa activement à l'élaboration de la minuscule caroline qui devint, en 789, l'écriture officielle du royaume franc[9].

Un nombre important de manuscrits semble avoir été produit sous la direction du bibliothécaire de l'abbaye, Hadoard. Parmi les textes de l'Antiquité préservés par le travail des moines de Corbie, on trouve[10] :

Le scriptorium a également joué un rôle important dans la diffusion des connaissances mathématiques, car on y a recopié les géométries de Boèce et de Cassiodore[12].

Les moines de Corbie hors de Corbie[modifier | modifier le code]

C'est l'abbé Adalard de Corbie qui édicta, au IXe siècle, les Statuts qui avait pour but d'organiser la vie dans le monastère, d'en définir les fonctions notamment l'action caritative. D'après les Statuts, on peut estimer le nombre de moines de Corbie, à cette époque, à 300 mais certains historiens jugent ce nombre exagéré et l'estiment à 150[13]. Cousin de Charlemagne, Adalhard mena ainsi que son frère Wala d'actives missions diplomatiques notamment en Italie[14].

Les moines bénédictins de Corbie menèrent une action d'évangélisation hors de leur abbaye, en Allemagne, ils fondèrent l'abbaye de Corvey, en 815, sur la Weser, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dont Wala fut le premier abbé. De là, Anschaire, moine originaire de Corbie, partit évangéliser le Danemark et la Suède puis devint archevêque de Hambourg et évêque de Brême où il mourut en 835.

Adalhard et ses frères fondèrent également, en 822, un couvent de moniales à Herford, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie dont Suala, la nièce d'Adalhard fut la première abbesse[15].

La légende des reliques de saint Gentien[modifier | modifier le code]

En 893, Franon, abbé deCorbie se désolait de ne pas posséder dans son abbaye de reliques d'un saint renommé. Il entreprit d'organiser un rapt de reliques dans la cathédrale d'Amiens. Nuitamment, des hommes de l'abbé s'introduisirent dans la cathédrale et s'emparèrent de la châsse où se trouvaient les reliques de saint Gentien et s'enfuirent. Le vol découvert, les Corbéens furent poursuivis par les hommes de l'évêques d'Amiens mais au moment où ils étaient sur le point de rejoindre les fuyards, une épaisse nappe de brouillard s’abattit sur les lieux à mi-chemin entre Amiens et Corbie. Ainsi cachés des poursuivants, les Corbéens purent, sans encombre, emmener les saintes reliques jusque dans leur abbaye. Ce « miracle » aurait été accepté comme tel par les Amiénois[16].

L'abbaye de Corbie dans la féodalité[modifier | modifier le code]

Le rôle politique des abbés renforcé[modifier | modifier le code]

L’abbaye de Corbie fut mise à sac et incendiée par les Vikings en 881 très probablement, de nombreuses chartes furent perdues. C'est alors que l'abbé Francon décida de résister, il fit construire des remparts pour assurer la défense de l'abbaye. Il s'arrogea les pouvoirs militaires et juridiques, obligea les seigneurs vassaux de l'abbaye au service militaire, réunit trois plaids par an où furent convoqués tous les hommes liges de l'abbaye et y rendit la justice. Une seigneurie banale voyait le jour dont l'abbaye était le centre politique et judiciaire et l'abbé le seigneur. Il usa des pouvoirs d'un comte soit par délégation royale soit par usurpation. Les successeurs de Francon firent battre leur propre monnaie. L'affaiblissement du pouvoir royal au Xe siècle fit entrer l'abbaye de Corbie dans la féodalité, le rôle civil de l'abbé l'emportait sur la fonction religieuse. Il pouvait créer une hiérarchie féodale dans le domaine de l'abbaye en y distribuant des fiefs, en y exerçant le pouvoir d'un comte sans en avoir encore le titre.

La réforme grégorienne s'impose à Corbie[modifier | modifier le code]

C'est vers la fin de son abbatiat, que Nicolas Ier, (1097-1123) demanda la venue à Corbie de Gossuin d'Anchin, moine de l'abbaye Saint-Sauveur d'Anchin renommé pour son zèle à faire appliquer la Réforme grégorienne[17],[Note 4].

Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, dans la première moitié du XIIe siècle, parvint à imposer les Statuts de Cluny[18] à l'ensemble des abbayes bénédictines. Sous l'abbatiat de l'abbé Robert, l'abbaye de Corbie adopta, en 1142, les Statuts d'Erembert, du nom d'un abbé de Corbie du début du VIIIe siècle qui avait amendé la règle de saint Colomban par l'apport de certains aspects de la règle de Saint-Benoît comme le Laus perennis, louange psalmodiée perpétuellement par des équipes de moines. Ces Statuts d'Erembert étaient en fait, les Statuts de Cluny revêtus d'un habillage destiné à ne pas heurter la susceptibilité des religieux corbéens[19].

L'abbaye, la commune et le roi[modifier | modifier le code]

Armoiries de l'abbé-comte de Corbie : D'or à une crosse d'azur posée en pal, cotoyée de deux clés de gueules aussi en pal et un corbeau de sable sur le pied de la crosse.

L'histoire de l'abbaye à cette époque ne fut qu'une suite de luttes, de conflits menés par les abbés contre ses puissants voisins, le comte d'Amiens, le comte de Flandre, le duc de Normandie, pour garder son indépendance ou contre les empiétements de ses vassaux. Pour contenir les seigneurs des environs, l'abbé de Corbie fut contraint d'accepter la création de la commune de Corbie en 1124. En 1123, le roi Louis VI le Gros avait accordé une charte de franchise qui fut confirmée en 1180 par Philippe Auguste. Néanmoins, le roi prenait grand soin de préserver les privilèges de l'abbaye. En 1185, Philippe Auguste qui venait de récupérer le comté d'Amiens, créa le comté de Corbie attribué à l'abbé. Dans les différents qui ne manquèrent pas de voir le jour entre la commune et l'abbaye, le pouvoir royal soutint systématiquement cette dernière. Naturellement, l'abbaye, devenue puissance féodale, avait perdu une partie de sa richesse mais elle avait réussi à garder l'essentiel au détriment de son rayonnement spirituel et culturel.

Au cours du XIIe siècle, l'abbaye souffrit fut incendiée à trois reprises, en 1137, 1147 et 1149[20]. La reconstruction traîna en longueur, en 1267 débuta la construction d'un nouveau cloître sous l'abbatiat de Pierre Mouret. La situation financière de l'abbaye se dégrada du fait du retournement de la conjoncture économique et des dettes accumulées. Les différents entre l'abbaye et la commune se multiplièrent pendant tout le XIIIe siècle, le pape, le roi, le parlement de Paris s'en mêlèrent. L'abbaye sortit renforcée de ces conflits, en 1310, le roi Philippe le Bel transféra la commune à l'abbé et aux moines de Corbie. L'abbaye gardait le soutien du pouvoir royal, parce qu'elle était une sorte de tête de pont lors des luttes menées dans le nord du royaume, contre la Flandre notamment.

L'abbaye bénéficia par la suite de plusieurs privilèges royaux, Sans retrouver le rayonnement politique et culturel qui était le sien dans la première moitié du IXe siècle, elle était toujours une pièce importante dans le jeu politique des XIIe siècle et XIVe siècle.

Corbie était au nombre des villes de la Somme qui, par le traité d'Arras de 1435, avaient été remises au duc de Bourgogne. Sous le règne de Louis XI, la ville de Corbie et l'abbaye furent prises, détruites, reprises et détruites à nouveau par le roi de France et le duc de Bourgogne jusque 1477. À la mort de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, la Picardie et l'abbaye de Corbie furent définitivement rattachées au royaume de France.

Cependant, en 1492, le roi d'Angleterre réussit à s'emparer de Corbie et de son abbaye pendant un an[21].

Une nouvelle abbatiale fut mise en chantier en 1501. Elle ne fut terminée qu'au XVIIIe siècle.

L'abbaye dans la guerre aux XVIe et XVIIe siècles[modifier | modifier le code]

Les guerres entre la France, la Maison d'Autriche et l'Espagne ravagèrent la Picardie pendant deux siècles, les guerres de religion pendant la seconde moitié du XVIe siècle.

Dans la tourmente des guerres de religion[modifier | modifier le code]

Dans la seconde moitié du XVIe siècle, l'abbaye de Corbie fut impliquée dans les guerres de religion. Les abbés commendataires successifs étaient issus de la maison de Bourbon. En 1577, Jacques d'Humières, vassal de l'abbaye de Corbie, avait avec d'autres nobles picards rédigé le manifeste de la Ligue qui prétendait rétablir le catholicisme comme seule religion du royaume. En 1588, Corbie adhéra à la Ligue. À la mort du roi Henri III, en 1589, Charles de Bourbon, abbé commendataire de Corbie, archevêque de Rouen et cardinal fut reconnu par la Ligue roi de France sous le nom de Charles X mais il mourut l'année suivante. Les abbés qui lui succédèrent à Corbie étaient, eux aussi, membres de la famille de Bourbon ou de la famille de Guise-Lorraine qui lui était apparentée.

Sous la menace étrangère[modifier | modifier le code]

Depuis le XVe siècle, Corbie se trouvait à la frontière nord du royaume. Le danger bourguignon passé, ce furent le Impériaux puis les Espagnols qui menacèrent à plusieurs reprises la ville de Corbie et son abbaye. Les guerres successives ne mirent pas seulement en danger l'abbaye mais également ses biens parfois éloignés ce qui mettait en péril ses revenus.

A partir de 1521 et jusqu'au Traités de Westphalie de 1648, la France fut en guerre contre la Maison d'Autriche. En 1536, les lansquenets impériaux occupèrent Corbie. La paix rétablie, il fallut remettre en état les fortifications car Corbie était devenue une place forte importante gardant la frontière de la Somme. En 1597, ce fut Amiens qui fut prise par les Espagnols, Corbie était encore une fois menacée.

1636, l'abbaye aux mains des Espagnols[modifier | modifier le code]

Enfin, en 1636, la ville tomba aux mains des Espagnols et ne fut reprise par les Français qu'au bout de trois mois de siège. Les moines furent accusés avec les échevins d'avoir fait pression sur le gouverneur de la ville pour qu'il capitulât devant l'ennemi. Ils furent emprisonnés et accusés de collaboration avec l'ennemi sur la foi de témoignages. Leur détention dans le couvent des minimes d'Amiens dura un an. Grégoire Tarrisse, supérieur général de la congrégation de Saint-Maur prit la défense des accusés, obtint de l'intendant la réouverture de l'enquête. Le prieur Laurent Féry et les moines furent libérés et envoyés dans une autre abbaye. Les moines enfin disculpés ne purent rentrés à Corbie qu'en 1642[22]

Les dégâts occasionnés par les armées espagnoles et françaises furent considérables : les campagnes avaient systématiquement ravagées, les villages détruits, A la fin du XVIIIe siècle, la reconstruction n'était ps encore achevée, l'abbaye ayant perdu, après plus d'un siècle de guerre, une part importante de ses revenus.

De plus, du fait de la menace extérieure, le bibliothécaire de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, dom Luc d'Achery, fit transférer, avec l'approbation du cardinal de Richelieu, près de quatre cents des plus précieux manuscrits de Corbie à Paris, pour y être mis en sécurité dans son abbaye[23],[24],[25].

Article détaillé : Siège de Corbie.

La Paix des Pyrénées de 1659, signée entre la France et l'Espagne, donnait l'Artois à la France et, de ce fait, la frontière du royaume n'était plus fixée sur la Somme, Corbie perdait son rôle stratégique, l'abbaye n'était plus menacée militairement.

L'abbaye de Corbie dans la congrégation de Saint-Maur[modifier | modifier le code]

La congrégation de Saint-Maur rassembla à partir de 1618, les abbayes bénédictines qui souhaitaient revenir à un régime monastique strict et à l'accomplissement fidèle de la règle de Saint-Benoît. L'abbaye de Corbie qui jusque là était restée en dehors de toute congrégation, fit partie de la congrégation dès sa fondation. La congrégation de Saint-Maur avait attiré à elle 190 monastères bénédictins vers 1700. Les mauristes réalisèrent un travail d'érudition littéraire et historique de vaste étendue et de grande précision d'où l'expression : « travail de bénédictin »[26].

Sous le régime de la commende[modifier | modifier le code]

En 1516, le concordat de Bologne, permit au roi de François Ier de nommer les titulaires de bénéfices ecclésiastiques (évêques, abbés, abbesses...), le pape gardant l'investiture canonique. Le régime de la commende permettait à l'abbé ou à l'abbesse de percevoir des bénéfices sans résider dans son abbaye. La plupart du temps, l'abbé n'y vint même jamais. En 1517, François Ier confirma dans sa fonction abbatiale, Guillaume du Caurel, élu abbé par les moines mais ce dernier céda sa charge à Philippe de La Chambre. Le siège abbatial de Corbie échut ensuite à des membres de la famille de Bourbon. Ce fut l'abbé Louis de Lorraine, archevêque de Reims, qui permit l'adhésion de l'abbaye de Corbie à la réforme de Saint-Maur. La mise en commende de l'abbaye généra de nombreux conflits entre les moines et l'abbé et par ricochet ente les moines et les habitants de Corbie[27].

Les conflits entre l'abbé et les moines[modifier | modifier le code]

Le régime de la commande accordait à l'abbé outre les privilèges fiscaux et honorifiques, les pouvoirs juridiques sur l'ensemble du comté de Corbie. Il disposait des revenus de l'abbaye à sa guise, à charge pour lui d'assurer un revenu aux moines et de pourvoir à l'entretien des bâtiments. C'est sur ces deux derniers points que les conflits éclatèrent. En 1646, le Parlement de Paris mit fin à un procès opposant les moines et l'abbé depuis trente ans mais les conflits durèrent jusque 1680.

Le partage de 1680[modifier | modifier le code]

Dans un souci d'apaisement, sur requête du Conseil du roi, un partage en trois lots des biens de l'abbaye fut décidé, le 27 février 1680 entre le prince de Savoie, abbé de Corbie et Louis Séroux, grand prieur de l'abbaye : l'abbé choisit en premier son lot, les moines obtinrent le deuxième lot, la gestion du troisième, prévu pour l'entretien des locaux, la distribution des aumônes, des pensions etc. fut confiée à l'abbé. Les moines possédaient désormais des biens propres, une autonomie financière, de droits féodaux et disposaient seuls des lieux réguliers. La tension diminua mais les conflits perdurèrent au XVIIIe siècle à propos de la gestion du troisième lot[28].

L'application difficile de la réforme mauriste[modifier | modifier le code]

C'est sous l'impulsion de trois religieux de Corbie, François des Alleux, François-Placide de Sarcus et Claude de Cambrai que la réforme mauriste pénétra dans l'abbaye malgré les réticences du prieur Claude Louvet et de la grande majorité des moines. Les trois religieux firent appel à l'abbé Louis de Lorraine pour faire appliquer la réforme. Bien qu'homme de cour, ce dernier avait participé au colloque de Poissy, en 1561 et au concile de Trente (1545-1563) qui donna pour l'Eglise catholique, le coup d'envoi de la Contre-Réforme ; il « invita » les moines de Corbie à adhérer à la réforme. Pour apaiser l'hostilité de la majorité des moines, la réforme s'appliqua graduellement à Corbie, les nouveaux venus étaient obligatoirement soumis à la réforme, les anciens continuaient leur vie monacale comme avant[29].

La reconstruction de l'abbaye au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Depuis le XVIe siècle, l'église abbatiale se composait d'un chœur et d'un transept surmonté d'une flèche. Il fallut attendre le XVIIIe siècle pour que la nef fut reconstruite en style gothique flamboyant. Les travaux furent terminés en 1775. Des stalles furent réalisées par Charles Cressent, des orgues par Charles Dallery (1736), un baldaquin en ferronnerie pour le chœur par Jean Veyren (1764). La porte d'honneur et un nouveau palais abbatial situé en face de l'abbaye, sur la grand-place, fut construit sur les plan de l'architecte parisien Nicolas Lhuillier de La Tour. Ce palais abbatial ne fut jamais occupé par les abbés commendataires. En 1788, il servit de refuge aux victimes d'un incendie qui ravagea la ville de Corbie. Il fut démoli au début du XIXe siècle[30].

Les querelles entre l'abbaye et les habitants de Corbie[modifier | modifier le code]

Possession et usage des marais[modifier | modifier le code]

Les querelles entre la municipalité et l'abbaye ne cessèrent jamais depuis le Moyen Age et la disparition de la commune en 1310. De multiples procès opposèrent les moines et les habitants. En 1321, les habitants durent reconnaître à l'abbaye la possession des marais communaux contre un droit d'usage. En 1633, les habitants obtinrent de l'abbaye la possession de la moitié des marais mais en 1698, l'abbaye, arguant du fait qu'elle était seigneur du lieu, réclama la propriété de deux tiers des marais contre un tiers aux habitants. En 1736, l'intendant d'Amiens accorda 113 journaux de marais à usage de foin et 12 journaux à usage de tourbe aux habitants. Les moines refusèrent cette décision, un arrêt du Conseil du roi leur donna satisfaction en 1746[31].

Entretien des ponts et cours d'eau[modifier | modifier le code]

De 1749 à 1760, un procès opposa l'abbaye et les habitants de Corbie à propos de l'encombrement du canal de La Barette. En 1750, l'abbaye renonça à son droit de péage sur les cinq ponts qui menaient à Amiens les laissant à la charge de la municipalité.

La disparition de l'abbaye[modifier | modifier le code]

La suppression de l'abbaye au début de la Révolution française[modifier | modifier le code]

Le 2 novembre 1789, l'Assemblée nationale adopta le Décret des biens du clergé mis à la disposition de la Nation. Le décret du 13 février 1790, interdit les vœux monastiques et supprima les ordres religieux réguliers exceptés ceux chargés de l'éducation et des soins aux malades et aux vieillards. L'abbaye de Corbie dut donc fermer ses portes en août 1790[32], elle ne comptait plus que 19 religieux (contre 38 en 1718) qui durent se disperser. Les biens de l'abbaye déclarés bien national furent mis en vente.

La dispersion des manuscrits de l'abbaye[modifier | modifier le code]

Par un décret de la Convention nationale, les trois cents manuscrits qui restaient à Corbie furent rassemblés à Amiens ainsi que les 10 000 ouvrages environ de la bibliothèque de l'abbaye. Ils rejoignirent ensuite la Bibliothèque municipale d'Amiens (aujourd'hui Bibliothèques d'Amiens Métropole) à sa création, sous la Restauration [33]. Quant aux manuscrits de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, ils furent pillés et mis en vente : quelques rares manuscrits furent rachetés par la suite par un diplomate russe, Piotr Doubrovski, et sont aujourd'hui conservés à la Bibliothèque nationale russe (ex Saltykov-Chtchédrin), à Saint-Pétersbourg. D'autres manuscrits de Corbie sont conservés à la Bibliothèque nationale de France[34]. Au total, plus de deux cents manuscrits du scriptorium de Corbie ont survécu jusqu'à aujourd'hui.

Vestiges[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Abbatiale Saint-Pierre de Corbie.

L'église abbatiale est le principal vestige subsistant de l'ancienne abbaye. C'est aujourd'hui l'église paroissiale. Elle a été classée Monument historique en 1919.

Rare vestige des bâtiments abbatiaux, la porte d'honneur de l'abbaye du XVIIIe siècle - que les Corbéens appellent « le porche » - est protégée au titre des monuments historiques (classement par arrêté du 16 septembre 1907)[35]. La porte monumentale est surmontée d'un décor sculpté :

  • de chaque côté, deux statues allégoriques représentent la foi (à gauche) et la charité (à droite)[36]. Ces statues endommagées en 1918 furent restaurées à la fin du XXe siècle ;
  • au centre, un médaillon couronné et entouré de feuillage représente sur la partie gauche, deux corbeaux superposés, et sur le partie droite, un blason « écu d’or à la crosse d’azur en pal avec corbeau en pointe, accompagné de deux clés de Gueule de part et d’autre ». Le blason est surmonté d'une couronne et encadré de fleurs de lys[37].

Subsiste également le mur d'enceinte de l'abbaye et l'espace intérieur qu'il délimite que les Corbéens appellent l'Enclos. Le musée de Picardie d'Amiens conserve un chapiteau roman de l'abbaye.

Galerie photographique[modifier | modifier le code]

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Personnalités[modifier | modifier le code]

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

  • 662-675 : Théofroy
  • 675-6?? : Rodogaire
  • 6??-716 : Erembert
  • 716-741 : Sébastien Ier
  • 741-751 : Grimoald
  • 751-765 : Léodegaire
  • 765-771 : Addo
  • 771-780 : Mordramnus (Maurdramne)
  • 780-820 : Adalard Ier, dit l’Ancien
  • 820-824 : Adalard II dit le Jeune
  • 824-836 : Wala
  • 836-840 : Heddo
  • 840-843 : Isaac
  • 843-851 : Paschase Radbert
  • 851-860 : Odon
  • 860-862 : Angelbert
  • 862-875 : Trasulphe
  • 875-884 : Hildebert
  • 884-890 : Gonthaire
  • 890-891 : Heilo
  • 891-893 : Francon d’Amiens
  • 893-914 : Évrard
  • 914-929 : Bodon
  • 929-937 : Gautier Ier
  • 937-03/09/945 : Bérenger
  • 03/09/945-??/11/945 : Héribald
  •  ??/11/945-986 : Ratold[38]

Moyen Âge classique[modifier | modifier le code]

  • 986-1014 : Maingaud
  • 1014-1033 : Herbert
  • 1033-1048 : Richard
  • 1048-1097 : Foulques Ier le Grand
  • 1097-1123 : Nicolas Ier
  • 1123-1142 : Robert
  • 1142-1158 : Nicolas de Moreuil[39]
  • 1158-1172 : Jean Ier de Bouzencourt
  • 1172-1185 : Hugues Ier de Pérone
  • 1185-1187 : Josse
  • 1187-1193 : Nicolas III de Rouais
  • 1193-1196 : Gérard
  • 1196-1198 : Jean II de Brustin
  • 1198-1201 : Foulques II de Fouilloy
  • 1201-1209 : Gautier II
  • 1209-1221 : Jean III de Cornillon
  • 1221-1240 : Hugues II
  • 1240-1254 : Raoul Ier
  • 1254-1261 : Jean IV de Fontaines
  • 1261-1269 : Pierre Ier de Mouret
  • 1269-1287 : Hugues III de Vers
  • 1287-1315 : Garnier de Bouraine
  • 1315-1324 : Henri Ier de Villers
  • 1324-1351 : Hugues IV de Vers[40]

Bas Moyen Âge[modifier | modifier le code]

  • 1351-1363 : Jean V d’Arcy
  • 1363-1395 : Jean VI de La Goue[41]
  • 1395-1418 : Raoul II de Roye
  • 1418-1439 : Jean VII de Lion
  • 1439-1445 : Jean VIII de Bersée
  • 1445-1461 : Michel de Dauffiné
  • 1461-1475 : Jacques de Ranson
  • 1475-1479 : Jean IX Dansquennes
  • 1479-1483 : François Ier de Maillers
  • 1483-1485 : Vacance
  • 1485-1506 : Pierre II d’Ottreil
  • 1506-1522 : Guillaume III de Caurel[38]

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Abbés commendataires

Moines remarquables[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Elle comprenait : « la villa de Corbie avec toutes ses dépendances, les villae de Fouilloy, Gentelles, Chipilly et leurs dépendances, Aubigny et ses dépendances, dans leurs appartenance au fisc royal dans le pagus d'Amiens; Monchy-au-Bois, Wailly et Berlette avec leurs dépendances dans le pagus d'Arras; la villa de Talmas dans le pagus d'Amiens, avec une portion boisée dans la forêt de La Vicogne, de même qu'une portion du lieu de Thézy que Frodinus de Hursino, garde du sceau de Dagobert Ier avait rendu au fisc »
  2. « …ein der größten Betrug der Weltgeschichte ».
  3. L'origine de ce corpus d'écrits hérétiques n'est toujours pas clairement identifiée.
  4. L'auteur note par erreur « Saint Médard de Corbie »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Abbé Henri Peltier, Adalhard abbé de Corbie, supplément au Bulletin de la Société des antiquaires de Picardie, Amiens, deuxième trimestre 1969 p. 7.
  2. a et b Abbé Henri Peltier, Adalhard abbé de Corbie, supplément au Bulletin de la Société des antiquaires de Picardie, Amiens, deuxième trimestre 1969 p. 8.
  3. Jacqueline Brassart, Le Renouveau de l'abbaye de Corbie au temps des mauristes (XVIIe – XVIIIe siècles), Amiens, Encrage, 2016 p. 14.
  4. Michel Rouche, « La Dotation foncière de l'abbaye de Corbie (657-661) d'après l'acte de fondation » in Revue du Nord, n° 210, 1973 pp 219-226
  5. Roger Caron, Corbie en Picardie de la fondation de l'abbaye à l'instauration de la commune et l'adoption de la réforme de Cluny, Amiens, 1994, Éditions Corps Puce.
  6. Abbé Henri Peltier, Adalhard abbé de Corbie, supplément au Bulletin de la Société des antiquaires de Picardie, Amiens, deuxième trimestre 1969 p. 17.
  7. http://www.septentrion.com/fr/livre/?GCOI=27574100134890.
  8. André Le Boeuffle, « Un ouvrage sur Corbie au VIIIe siècle » in Bulletin de la Société des antiquaires de Picardie, 4e trimestre 1985, p. 134.
  9. Jacqueline Brassart, Le Renouveau de l'abbaye de Corbie au temps des mauristes (XVIIe – XVIIIe siècles), Amiens, Encrage, 2016 p. 16
  10. Léopold Delisle « Recherches sur l'ancienne bibliothèque de Corbie » in Mémoires de l'Institut de France, année 1861 24-1, pp. 266-342
  11. (en) Recensements des livres de la bibliothèque de Corbie.
  12. [PDF] Marie-Thérèse Zenner, « Villard de Honnecourt and Euclidian geometry », Nexus journal (consulté le 18 mai 2008).
  13. Elisabeth Magnou-Nortier, « L'espace monastique vu par Adalhard, abbé de Corbie, d'après les Statuts », in Actes du colloque de Liesse-Maubeuge, volume 4, 1998
  14. Pierre Riché, Les Carolingiens, une famille qui fit l'Europe, Paris, Hachette, coll. « Pluriel », 1983 (réimpr. 1997), 490 p. (ISBN 2-01-278851-3)
  15. Roger Caron, Corbie en Picardie de la fondation de l'abbaye à l'instauration de la commune et l'adoption de la réforme de Cluny, Amiens, 1994, Éditions Corps Puce p. 97
  16. Roger Caron, Corbie en Picardie de la fondation de l'abbaye à l'instauration de la commune et l'adoption de la réforme de Cluny, Amiens, 1994, Éditions Corps Puce, pp. 134-135
  17. Eugène Alexis Escallier, L'Abbaye d'Anchin 1079-1792, Lille, L. Lefort, 1852, chap.VI. p. 67
  18. https://www.brepolsonline.net/doi/pdf/10.1484/J.RM.2.305503
  19. Roger Caron, Corbie en Picardie de la fondation de l'abbaye à l'instauration de la commune et l'adoption de la réforme de Cluny, Amiens, 1994, Éditions Corps Puce pp. 187
  20. Albert Wamain, Chronique d'histoire locale: les grands travaux de construction à Corbie; destructions et reconstructions successives, des origines à nos jours, Amiens, 1930
  21. Jacqueline Brassart, Le Renouveau de l'abbaye de Corbie au temps des mauristes (XVIIe – XVIIIe siècles), Amiens, Encrage, 2016 pp. 19-24.
  22. Jacqueline Brassart, Le Renouveau de l'abbaye de Corbie au temps des mauristes (XVIIe – XVIIIe siècles), Amiens, Encrage, 2016 pp. 39-40.
  23. Leslie Webber-Jones, « The Scriptorium at Corbie: I. The Library », Speculum, Medieval Academy of America, vol. 22, no 2,‎ , p. 191-204 202 (épisode des Espagnols à Corbie) et p. 194 (transfert des livres à Saint-Germain-des-Prés).
  24. D'après Marco Mostert, The library of Fleury, Hilversum Verloren Publishers, (ISBN 90-6550-210-6), p. 32.
  25. Léopold Delisle, Mémoires de l'académie des inscriptions et belles-lettres, vol. 24 : Recherches sur l’ancienne bibliothèque de Corbie, Paris, , partie 1, p. 266-342.
  26. Jacqueline Brassart, Le Renouveau de l'abbaye de Corbie au temps des mauristes (XVIIe – XVIIIe siècles), Amiens, Encrage, 2016 p. 55 et suivantes
  27. Jacqueline Brassart, Le Renouveau de l'abbaye de Corbie au temps des mauristes (XVIIe – XVIIIe siècles), Amiens, Encrage, 2016 pp. 43-47
  28. Jacqueline Brassart, Le Renouveau de l'abbaye de Corbie au temps des mauristes (XVIIe – XVIIIe siècles), Amiens, Encrage, 2016 pp. 212-215
  29. Jacqueline Brassart, Le Renouveau de l'abbaye de Corbie au temps des mauristes (XVIIe – XVIIIe siècles), Amiens, Encrage, 2016 pp. 55-60
  30. Jacqueline Brassart, Le Renouveau de l'abbaye de Corbie au temps des mauristes (XVIIe – XVIIIe siècles), Amiens, Encrage, 2016 pp. 336-342
  31. Jacqueline Brassart, Le Renouveau de l'abbaye de Corbie au temps des mauristes (XVIIe – XVIIIe siècles), Amiens, Encrage, 2016 pp. 387-389
  32. http://data.bnf.fr/12191770/abbaye_de_corbie/
  33. J. Garnier, Catalogue descriptif et raisonné des Manuscrits de la Bibliothèque communale de la ville d'Amiens, Amiens, Duval & Herment, , 563 p., p. IX et suivantes.
  34. https://gallica.bnf.fr/blog/08022018/splendeurs-manuscrites-de-labbaye-saint-pierre-de-corbie
  35. http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PA00116122
  36. http://fr.valdesomme-tourisme.com/pages/decouvrir-val-de-somme/patrimoine-bati/porte-monumentale.html
  37. https://crdp.ac-amiens.fr/idp/corbie-80-la-porte-dhonneur/
  38. a, b et c https://books.google.fr/books?id=BK0Uqas_HU8C&hl=fr&pg=PR1&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false
  39. René Prosper Tassin, Nouveau traité de diplomatique, p. viij de la préface.
  40. https://hal-bnf.archives-ouvertes.fr/hal-00865611/document
  41. https://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1860_num_21_1_461626
  42. Mgr Alfred Baudrillart (sous la direction de), Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastique, Paris, Letouzey et Ané éditeurs, 1912
  43. http://www.encyclopedie.picardie.fr/Corbie.html
  44. Étienne Pattou, Généalogie de la Maison d'Estrées
  45. Jacqueline Brassart, Le Renouveau de l'abbaye de Corbie au temps des mauristes (XVIIe – XVIIIe siècles), Amiens, Encrage, 2016 p. 218
  46. Jacqueline Brassart, Le Renouveau de l'abbaye de Corbie au temps des mauristes (XVIIe – XVIIIe siècles), Amiens, Encrage, 2016 p. 220
  47. Jacqueline Brassart, Le Renouveau de l'abbaye de Corbie au temps des mauristes (XVIIe – XVIIIe siècles), Amiens, Encrage, 2016 pp. 231-232

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ouvrage collectif, Corbie, abbaye royale, volume du XIIIe Centenaire, Facultés catholiques de Lille, 1962.
  • Les Amis du Vieux Corbie et le Collège Eugène Lefèbvre, Les Manuscrits de l'Abbaye de Corbie, [exposition du 10 au 16 novembre 1991].
  • Dom Jean Becquet, « Abbaye et prieurés de l'ancienne France, province ecclésiastique de Reims, diocèse actuel d'Amiens » tome 16, in Revue Mabillon, 1981, 223 pages.
  • Jacqueline Brassart, Le Renouveau de l'abbaye de Corbie au temps des mauristes (XVIIe – XVIIIe siècles), Amiens, Encrage, 2016 (ISBN 978 - 2 - 36 058 - 062 - 0).
  • Roger Caron, Corbie en Picardie de la fondation de l'abbaye à l'instauration de la commune et l'adoption de la réforme de Cluny, Amiens, Éditions Corps Puce, 1994, (ISBN 2-907525-70-0).
  • Florence Charpentier et Xavier Daugy, Sur le chemin des abbayes de Picardie, histoire des abbayes picardes des origines à nos jours, Amiens, Encrage Edition, 2008 (ISBN 978 - 2 - 911 576 - 83 - 6)
  • François-Irénée Darsy, Notices historiques sur la ville et l'abbaye de Corbie, Amiens, Caillaux, 1870
  • Olga Dobiaš-Roždestvenskaïa, Histoire de l'atelier graphique de Corbie de 651 à 830 reflétée dans les manuscrits de Leningrad, Leningrad, Académie des Sciences de l'U.R.S.S., 1934, Travaux de l'Institut de l'histoire de la science et de la technique, série II, fascicule 3, 173 pages
  • Luc Dubar, Recherches sur les offices du monastère de Corbie jusqu'à la fin du XIIIe siècle, Paris, A. et S. Picard, 1951, 196 pages
  • (en) David Ganz, « Corbie in the Carolingian Renaissance », Beihefte der Francia, Sigmaringen, Institut Historique Allemand, vol. 20,‎ (ISBN 3-7995-7320-8)
  • Dom Grenier, Histoire de la ville et du comté de Corbie, fin XVIIIe siècle, Amiens, Société des antiquaires de Picardie, 1910.
  • Pierre Héliot, L'abbaye de Corbie, ses églises et ses bâtiments, Louvain, Bibliothèque de la Revue d'histoire ecclésiastique, 1957, ISSN 0067-8279.
  • Abbé Édouard Jumel, Monographie de la ville de Corbie, Amiens, Yvert et Tellier, 1904
  • Philippe Pinchemel, Jacques Godard, René Normand et Colette Lamy-Lassalle, Visages de la Picardie, Paris, Horizons de France, coll. « Provinciales », , 180 p., 18,5x23,5 cm, « La Picardie intellectuelle et littéraire », p. 90, « L'abbaye de Corbie »
  • L.D. Reynolds et N.G. Wilson (trad. C. Bertrand, P. Petitmengin), D'Homère à Erasme : la transmission des classiques grecs et latins [« Scribes and scholars : A Guide to the Transmission of Greek and Latin Literature »], Paris, CNRS Éditions, (réimpr. 1986, 1991), XVI pl. + 262 p., 16x24 cm (ISBN 2-222-03290-3)
  • Philippe Seydoux, Abbayes de la Somme, Paris, Nouvelles Editions latines, 1975, (notice BnF no FRBNF34572163)
  • Société des Antiquaires de Picardie, Les Trésors de l'Abbaye royale Saint-Pierre de Corbie, [exposition au musée de Picardie d'Amiens du 6 au 24 mai 1962].
  • Albert Wamain, Une Visite au monastère de Corbie au XVIIe siècle, Corbie, Les Amis du Vieux Corbie.
  • XIIIe centenaire Corbie, 20 mai 1962, [programme].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]