Aller au contenu

Intoxication alimentaire

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Une intoxication alimentaire est une maladie, souvent infectieuse et accidentelle, contractée à la suite de l'ingestion de nourriture ou de boisson contaminées. Si cette contamination est due à des agents pathogènes infectieux, qu'il s’agisse de bactéries, de virus, de parasites ou de prions, on parle aussi de toxi-infection alimentaire. Pour les maladies d'origine alimentaire provoquées par l'ingestion de produits ni comestibles ni toxiques (toxines des agents infectieux, médicaments, métaux lourds, champignons vénéneux, composés chimiques ou autres poisons), on parle seulement d'intoxication alimentaire. Pour les pathologies provoquées par l'ingestion d'une toxine sécrétée par la bactérie et préformée dans l'aliment avant son ingestion, on parle plus spécifiquement d'intoxination alimentaire.

Une telle contamination résulte habituellement de méthodes inadéquates de manipulation, de préparation, de stockage, de conservation ou de cuisson des aliments (non-respect des températures d’entreposage ou de cuisson, contaminations croisées). De bonnes pratiques d’hygiène avant, pendant, et après la préparation de la nourriture peuvent réduire les risques des toxi-infections. Les notions englobant la surveillance de la nourriture (« de la fourche à la fourchette ») pour s'assurer qu'elle ne provoquera pas de maladie transmise par voie alimentaire sont connues comme étant du domaine de la salubrité alimentaire.

Intoxications dues à des agents toxiques

[modifier | modifier le code]

Les agents toxiques pouvant être présents dans des aliments peuvent être des toxiques chimiques ajoutés par des mains criminelles comme le cyanure, l'arsenic…

Toutefois, la plupart des agents toxiques sont liés à des agents biologiques, bactéries, virus, champignons, eucaryotes unicellulaires ("protozoaires"), plantes, animaux… Le terme de toxine, difficile à cerner de façon claire, est souvent utilisé. Il désigne classiquement une molécule toxique produite par une bactérie mais s'étend aux champignons (mycotoxines), aux plantes (phytotoxines) auxquelles les algues peuvent être associées, aux animaux.

Toxines microbiennes et intoxinations

[modifier | modifier le code]

Certaines intoxications alimentaires sont dues aux exotoxines qui sont excrétées par la cellule lorsque la bactérie se multiplie dans l'aliment. Les exotoxines peuvent rendre malade même si les micro-organismes qui les ont produits ont été tués. Les symptômes apparaissent typiquement après une à six heures en fonction de la dose de toxine ingérée. On parle alors d'intoxination.

Toxines agissant par l'intermédiaire du système immunitaire

[modifier | modifier le code]

Le vocable d'immunotoxine serait le plus approprié mais il est réservé à des anticorps liés à des toxines.

Le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) produit une toxine dans l'aliment avant sa consommation. Elle provoque après ingestion, de violents vomissements et des diarrhées trois heures environ après ingestion de l'aliment. La guérison est spontanée. Vingt nanogrammes d'entérotoxine de S. aureus suffisent pour déclencher une intoxination chez les sujets les plus sensibles[1]. La bactérie est présente dans l'environnement et sur la plupart des hommes, sur la peau en particulier, mais seules certaines souches sont pathogènes. Son mode d'action semble lié à une activation non spécifique du système immunitaire (superantigène) par la toxine protéique, considérée comme une entérotoxine mais on ne peut exclure une action conjointe sur des récepteurs de l'appareil digestif en lien avec le nerf pneumogastrique et le centre du vomissement[2].

Leur action comme superantigènes passe par une activation non spécifique du système immunitaire produisant alors des médiateurs (cytokines IL-2, THNf-alpha, IFN-gamma) déclenchant les troubles. Elles sont thermostables : la cuisson ne les détruit pas. Elles ne sont pas détruites par les protéases digestives.

Leur action émétique est très rapide après l'ingestion montrant bien que ce sont les toxines préformées qui sont actives. Leur toxicité est très faible.

Toxines agissant par déstabilisation ionique

[modifier | modifier le code]

La toxine émétique de Bacillus cereus agirait par formation d'un canal ionophore au potassium dans les mitochondries ce qui provoquerait une excitation du système parasympathique et les troubles. Cette bactérie produit aussi une entérotoxine agissant après multiplication intestinale.

Neurotoxines

[modifier | modifier le code]

La plus connue et très mortelle est la toxine botulinique (botulisme) qui existe sous plusieurs formes immunologiquement différentes (A, B, C, D, E, F, G). Le botulisme, une maladie rare mais potentiellement létale (5 à 10 % des cas), se présente lorsque la bactérie anaérobie Clostridium botulinum se multiplie dans des aliments à faible acidité qui lui fournit des conditions d'anaérobiose (absence d'oxygène) et produit la toxine botulique, une puissante toxine paralysante. Les aliments ingérés le plus souvent incriminés sont les jambons crus (développement près de l'os) et les conserves familiales mal stérilisées. La toxine agissant est préformée dans l'aliment et n'est pas digérée dans l'estomac bien que protéique et est absorbée par l'intestin.

Les toxines botuliques agissent sur les synapses à acétylcholine en empêchant la libération du neuromédiateur de l'axone, provoquant une paralysie flasque et souvent le décès.

Certains dinoflagellés (Alexandrium) sont aussi capables de produire, le plus souvent dans des fruits de mer, des toxines paralysantes.

Toxines cancérogènes

[modifier | modifier le code]

Les aflatoxines, produites par des champignons, sont connues pour être cancérogènes.

Autres toxiques

[modifier | modifier le code]

En contraste, divers aliments peuvent contenir naturellement des toxines (toxiques) qui ne sont pas produites par des bactéries et sont présentes naturellement dans les denrées alimentaires, parmi lesquelles :

Bactériotoxiques

[modifier | modifier le code]
  • l'histamine présent dans certains scrombridae (thon) — on parle alors de scombrotoxisme — et certains fromages. L'histamine, considérée comme un toxique plutôt qu'une toxine provient de l'action de nombreux microorganismes sur l'histidine qui est alors décarboxylée. En grandes quantités elle déclenche une vasodilatation provoquant les troubles, en particulier une hypotension.

Mycotoxines

[modifier | modifier le code]

Phytotoxines

[modifier | modifier le code]

Xénobiotiques : produits chimiques artificiels et ions métalliques

[modifier | modifier le code]

Toxines (toxiques) xénobiotiques sont des contaminants des aliments : pesticides, ions métalliques comme le plomb ou l'arsenic, des radioéléments en quantité supérieure à 600 Bq/kg de matière sèche, etc. ;

Infections d'origine alimentaire

[modifier | modifier le code]

Les microorganismes de l'aliment ingéré peuvent être pathogènes et déclencher une maladie par leur multiplication. Il s'agit de toxi-infections alimentaires (TIA) éventuellement collectives quand elles touchent un grand nombre d'individus ayant mangé le même aliment (TIA collectives ou TIAC). Des microorganismes sont parfois impliqués dans des TIA mais sans infection : il s'agit alors d'intoxinations (voir chapitre précédent).

Le syndrome majeur des TIA est la maladie diarrhéique. Pour certains microorganismes, une invasion de l"individu est possible avec généralisation de l'infection.

Symptômes et mortalité

[modifier | modifier le code]

Les symptômes débutent typiquement plusieurs heures à plusieurs jours après l’ingestion et, selon l'agent en cause, peuvent comprendre un ou plusieurs des troubles suivants : nausée, douleur abdominale, vomissements, diarrhée, gastro-entérite, fièvre, maux de tête ou fatigue physique. Dans la plupart des cas, les symptômes disparaissent sans lendemain après une courte période d’indisposition et de maladie. Cependant, la maladie transmise par les aliments peut avoir comme conséquence des problèmes de santé permanents et même provoquer des décès, notamment chez les bébés, les femmes enceintes et le fœtus, les personnes âgées, les malades, les personnes présentant un déficit du système immunitaire. La maladie transmise par voie alimentaire est une cause importante d’arthrite réactionnelle, qui se produit typiquement de une à trois semaines après l’infection. De même, les personnes présentant une maladie hépatique sont particulièrement susceptibles aux infections par Vibrio vulnificus, qui peuvent être transmises par les huîtres ou les crabes et autres fruits de mer.

Période d'incubation

[modifier | modifier le code]

Le délai entre la consommation d'un aliment souillé et la survenue du premier symptôme de la maladie est la période d'incubation. La durée de cette période d'incubation s'étend de quelques heures à plusieurs jours, parfois plus pour la listériose, et dépend de l'agent en cause et de la quantité consommée. Si les symptômes apparaissent dans un délai de une à six heures (Bacillus cereus, Staphylococcus aureus) après consommation de la nourriture, l'intoxication est provoquée par un poison, toxine bactérienne (intoxination) ou molécule chimique. Dans les autres cas, comme la salmonellose, elle est de 8 et 48 heures après incubation.

Pendant la période d'incubation, l’agent microbien passe de l'estomac à l'intestin, se fixe aux cellules de la paroi intestinale, et commence à se multiplier. Certains agents pathogènes restent dans l'intestin, d’autres produisent une toxine qui passe dans la circulation sanguine, et d’autres peuvent envahir directement les tissus les plus profonds de l’organisme. Les symptômes qui en résultent dépendent du type d’agent infectieux en cause[4] et de l'individu..

Dose infectieuse

[modifier | modifier le code]

La dose infectieuse est la quantité d'agent infectieux qui doit être consommée pour provoquer les symptômes de la maladie transmise par les aliments. La dose contagieuse varie selon l'agent en cause et l'âge et l’état de santé du consommateur. Dans le cas des salmonelles, pour un volontaire humain en bonne santé, un inoculum relativement important de dix millions à cent millions d'organismes est nécessaire pour provoquer des symptômes, car les salmonelles sont très sensibles à l’acide. Ainsi, un niveau de pH gastrique anormalement élevé réduit considérablement le nombre minimal de bactéries nécessaire à l’apparition des symptômes[5],(d’un facteur dix à cent fois). Elle est toutefois très variable et rarement mesurée ou mesurable.

Vomissements et diarrhées

[modifier | modifier le code]

Les vomissements et la diarrhée sont les principaux symptômes d'une toxiinfection alimentaire. Les vomissements surviennent typiquement en premiers signes cliniques. Dès ce stade, les vomissements peuvent aider à évacuer les microorganismes. D'un début brutal, ils sont souvent violents et incessants et s'accompagnent de sueurs, d'une pâleur extrême et d'un malaise généralisé. Les diarrhées apparaissent souvent en second plan, quelques heures à quelques jours après le début de l'intoxication. En effet, les bactéries doivent parvenir à traverser l'estomac avant de se fixer aux parois intestinales. La survenance des diarrhées intervient de 8 à 72 heures après l'intoxication (E. coli, Salmonella). Dans le cas des intoxinations à Bacillus cereus et Staphylococcus aureus les vomissements sont le premier signe et parfois le seul. Quelques bactéries évoquées ci-dessous, d'origine alimentaire, ne provoque pas de diarrhée.

Agents bactériens pathogènes

[modifier | modifier le code]
Culture de salmonella et d'Escherichia coli après 24 h d'incubation.

Au Royaume-Uni, pendant l’année 2000, les différentes bactéries impliquées se répartissaient comme suit : Campylobacter jejuni (77,3 %), salmonelles (20,9 %), Escherichia coli O157:H7 (1,4 %), et tous les autres (moins de 0,1 %).

En France un agent infectieux a été mis en évidence dans moins de 50 % des cas. Il s'agissait alors de salmonelle (64 %), staphylocoque doré (14 %), Clostridium perfringens (5 %) et Bacillus cereus (3,5 %)[6].

Les symptômes des infections bactériennes sont retardés car les bactéries ont besoin de temps pour se multiplier. D'habitude, on ne les observe pas avant 12 à 36 heures après le repas contaminé.

Les bactéries pathogènes transmises le plus fréquemment par les aliments sont les suivantes selon les syndromes :

Avec un syndrome diarrhéique et une éventuelle invasion ultérieure

[modifier | modifier le code]
Salmonella.

Sans syndrome diarrhéique

[modifier | modifier le code]

Agents viraux

[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, les norovirus sont la cause la plus répandue de maladie transmise par les aliments, provoquant 57 % des épidémies en 2004. Dans le passé, les infections bactériennes ont été considérées comme les plus répandues parce que peu de laboratoires avaient la capacité de rechercher le norovirus et qu’aucune surveillance active n'était réalisée pour ce germe particulier.

Les infections virales constituent peut-être le tiers des intoxications alimentaires des pays développés. Elles ont d'habitude une période d'incubation intermédiaire (un à trois jours), causent des maladies qui se limitent d'elles-mêmes chez les sujets qui n'ont pas d'autres problèmes de santé, et sont similaires aux formes bactériennes décrites ci-dessus :

Rotavirus.
  • les norovirus (anciennement Norwalk virus), grippe intestinale ou gastro-entérite ;
  • les rotavirus ;
  • l'hépatite A, qui se distingue des autres causes virales par sa période d'incubation prolongée (2 à 6 semaines) et par son pouvoir de se répandre au-delà de l'estomac et des intestins, dans le foie. Elle induit souvent une jaunisse (ictère), ou un jaunissement de la peau, et ne conduit que rarement à un dysfonctionnement chronique du foie ;
  • l'hépatite E.

Agents parasitaires

[modifier | modifier le code]

Les parasites sont des eucaryotes, soit unicellulaires, soit animaux (zoonoses). Chaque parasite présente des particularités décrites dans les articles correspondants. Ces parasites sont :

Giardia intestinalis (lamblia ou duodenalis)

Autres agents pathogènes

[modifier | modifier le code]

Les prions débouchent sur la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Il est difficile de parler pour cette maladie d'intoxication alimentaire.

Transmission des microorganismes

[modifier | modifier le code]

Les toxiques ou les microorganismes peuvent être apportés avec les matières premières utilisées (y compris l'eau), par les manipulateurs, par un mauvais process conduisant à la multiplication d'un pathogène dans l'aliment. Une fois commercialisé, le consommateur peut aussi contaminer l'aliment, le conserver dans de mauvaises conditions.

Les manipulateurs, malades ou non, sont souvent en cause par les mains sales (contamination fécale en particulier) pouvant apporter de nombreux pathogènes (bactéries, parasites, virus). Un panaris peut apporter des Staphylocoques comme des particules de salive. La souillure de la nourriture par des animaux nuisibles, en particulier les mouches, les rongeurs et les cancrelats, constitue un autre mode de contamination de l'aliment.

Un exemple célèbre de contamination avec Marie Typhoïde. Elle était porteuse saine (asymptomatique) du bacille de la typhoïde.

Statistiques

[modifier | modifier le code]

En France, on dénombre entre 250 000 et 750 000 cas annuels (soit 400 à 1 210 pour 100 000 habitants). Au Royaume-Uni, on dénombre plus de deux millions d'intoxications (près de 3 400 pour 100 000 hab.).

Aux États-Unis, on dénombre environ 76 millions d'intoxications (soit plus de 26 000 pour 100 000 habitants). Certaines études montrent que l'on ne recueille pas les statistiques de la même manière, même dans les pays développés, et que cela peut conduire à des différences significatives de prévalence, en particulier pour les norovirus (gastro-entérites virales)[7].

En France où les statistiques sur les toxi-infections alimentaires collectives (TIAC)[8],[9] sont collectées par les Directions départementales de la Cohésion sociale (DDCS) ou Directions départementales de la Cohésion sociale et de la Protection des populations (DDCSPP) (ou quelques études spécialisées) puis regroupées par l'Institut de veille sanitaire ; sur les 250 000 à 750 000 intoxications alimentaires par an (400 à 1 210 pour 100 000 habitants) :

  • 70 000 ont fait l'objet d'une consultation aux urgences (113 pour 100 000 hab.) ;
  • 15 000 personnes ont été hospitalisées (24 pour 100 000 hab.) ;
  • 400 personnes en sont mortes (0,65 pour 100 000 hab.).
Répartition des causes de toxi-infections alimentaires hospitalisées en France
Cause nombre de cas par an
1 salmonellose env. 8 000 cas (13 pour 100 000 hab.)
2 infections au campylobacter env. 3 000 cas (4,8 pour 100 000 hab.)
3 infection parasitaire
dont toxoplasmose
env. 500 cas (0,8 pour 100 000 hab.)
env. 400 cas (0,65 pour 100 000 hab.)
4 listériose env. 300 cas (0,5 pour 100 000 hab.)
5 hépatite A env. 60 cas (0,1 pour 100 000 hab.)
6 Escherichia coli O157:H7
syndrome hémolytique et urémique infantile
moins de 100 cas (moins de 0,15 pour 100 000 hab.)
Répartition des causes de décès par toxi-infections alimentaires en France
Cause nombre de cas par an
1 salmonellose env. 300 cas (0,5 pour 100 000 hab.)
2 listériose env. 80 cas (0,13 pour 100 000 hab.)
3 infection parasitaire env. 37 cas (0,06 pour 100 000 hab.)
(toxoplasmose dans 95 % des cas)
4 infections au campylobacter env. 15 cas (0,02 pour 100 000 hab.)
5 hépatite A env. 2 cas (0,003 pour 100 000 hab.)

Épidémies notables :

  • épidémie de listériose en 1992, 275 cas dont 85 mortels, liée à la consommation de langues de porc en gelée[10] ;
  • épidémie d'infections à E. coli O157:H7 dans le Sud-Ouest en  : 69 infectés (46 hospitalisations) dont 18 cas de syndromes hémolytiques et urémiques, 32 cas de diarrhées sanglantes et 19 cas de diarrhées non sanglantes[11].
  • 23 cas d'infections à la bactérie E. coli à Saint-Quentin en juin 2025[12].

Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, dans un bilan officiel pour la période 1996 – 2005 des TIAC déclarés en France, cite 5 847 foyers de TIAC déclarés, provoquant 80 351 malades dont 7 364 (9 %) hospitalisés, avec 45 décès rapportés.

Selon l'INVS, « L'augmentation du nombre de foyers de TIAC déclarés en France depuis 2006 est liée principalement à d'une part, l'utilisation de plus en plus généralisée du logiciel WinTiac dans les Directions départementales des affaires sanitaires et sociales (Ddass1) et, d'autre part, la remontée accélérée des TIAC signalées aux Directions départementales des services vétérinaires (DSV2) vers la Direction générale de l'alimentation (DGAl) ».

Au Royaume-Uni

[modifier | modifier le code]

Au Royaume-Uni en l'an 2012[13], les bactéries impliquées furent :

Aux États-Unis

[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, pour 76 millions d'intoxications alimentaires (26 000 pour 100 000 hab.)[14] :

  • 325 000 personnes ont été hospitalisées (111 pour 100 000 hab.) ;
  • 5 000 personnes sont mortes (1,7 pour 100 000 hab.).

D'autres estimations donnent des chiffres plus faibles : 9,4 millions d'intoxications par an, 55 961 hospitalisations et 1351 décès, en moyenne. Les causes : norovirus 58 %, Salmonella 11 %, Clostridium perfringens 10 %, Campylobacter spp. 9 %. Les causes d'hospitalisation : Salmonella spp. 35 %, norovirus 26 %, Campylobacter spp. 15 %, et Toxoplasma gondii 8 %. Les causes de décès : Salmonella spp. 28 %, Toxoplasma gondii 24 %, Listeria monocytogenes 19 %, et norovirus 11 %[15]. Il faut souligner que les intoxications par norovirus proviennent souvent des fruits et légumes, il y a des problèmes récurrents de contamination par l'eau d'irrigation dans certaines régions comme la Californie[16]. La consommation de bœuf haché est également élevée aux États-Unis, et la restauration commerciale plus développée, facteurs qui contribuent à un nombre d'intoxication collectives plus élevé[17].

Au Québec, pour les toxi-infections alimentaires signalées au MAPAQ en 2012-2013[18], l'origine suivant le lieu de consommation était:

  • 38,4 % à domicile,
  • 57,2 % faisaient suite à la consommation d'aliments dans des restaurants,
  • 3,0 % dans les autres catégories d'établissements.
  • 1,5 % dans des institutions

Prévention selon les établissements publics et réglementation

[modifier | modifier le code]

Dans les pays développés, la prévention contre les intoxications alimentaires relève essentiellement de l'action de l'État, en mettant en place un ensemble de règles, soit au niveau de l'Union européenne avec le Paquet hygiène, et de nombreuses réglementations fixant des limites[19],[20], soit au niveau national, en donnant autorité à un service d'inspection vétérinaire pour contrôler les élevages, l'abattage des bêtes et les produits alimentaires qui en sont issus, doté d'un pouvoir de contrôle (des fermes, des abattoirs, boucheries, usines agroalimentaires, magasins, restaurants, etc.) et de répression ; également en mettant en place une obligation de traçabilité (identification des lots de produits alimentaires pour pouvoir les retirer en cas de risque sanitaire). La France a créé l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa, devenue ANSES), pour veiller à l'évaluation des risques de la sécurité alimentaire, l'inspection vétérinaire des abattoirs et filière agroalimentaire étant assurée par la DGAL, une direction du ministère de l'Agriculture. Les marchés, les magasins, restaurants peuvent être contrôlés par la DDCCRF ou les DIRECCTE, ou d'autres services déconcentrés (locaux) de l'Etat (DDPP, DDCSPP).

De la part des professionnels, il convient d'adopter des mesures d'hygiène (habits, matériel de qualité alimentaire, nettoyage des mains et des ustensiles, chaîne du froid, formation du personnel, règles pour les employés malades, identification des aliments à risque, séparation des aliments crus des aliments cuits, « marche en avant », etc.), ainsi qu'une surveillance des risques (prélèvements réguliers à des fins d'analyse, procédures HACCP…). Différentes méthodes de conservation sont utilisées ayant pour but d'éliminer le microbiote, de réduire sa multiplication, d'orienter la multiplication de certains microorganismes pouvant être ajoutés. Certains aliments sont irradiés (ou ionisés), éliminant le microbiote afin de prolonger la date limite de consommation, permettre un stockage prolongé et une exportation éventuelle ; la réduction du risque d'intoxication alimentaire étant majoritairement invoquée.

Pour les particuliers, les établissements publics diffusent largement un type de prévention qui consiste à respecter les conditions élémentaires de conservation des aliments, à se référer à la date limite de consommation inscrite sur l'emballage des aliments du commerce, à nettoyer le réfrigérateur régulièrement, à se laver les mains avant de préparer et de consommer un repas, à laver à l'eau claire les produits agricoles consommés frais (fruits, salade, légumes), à laver les couverts après utilisation et à maintenir la cuisine dans un état ne favorisant pas le dépassement du seuil admissible de microorganismes (c'est-à-dire propre). Un des problèmes importants est la conservation d'aliments préparés à l'avance ou les restes des repas.

Cas notables

[modifier | modifier le code]

En France, un rapport d'information rapporté au sénat évoque une insuffisance des contrôles alimentaires. En effet, un millier de produits contaminés à l'oxyde d'éthylène sont rapportés par la commission. « Plus de 900 [substances] ne sont presque jamais contrôlées par les autorités sanitaires. » Le risque alimentaire serait jugé faible, cependant de nombreuses inconnues subsistent[21].

Ce rapport avait été déclenché à la suite de produits ne répondant pas aux exigences des contrôles, notamment à l'oxyde d'éthylène sur des graines de sésame (ainsi que de nombreuses épices)[22], présentant des niveaux jusqu'à mille fois la limite légale en provenance de pays variés : « Du Vietnam, de Chine, de Jordanie, du Burkina Faso, d’Éthiopie, de Bolivie et du Paraguay »[22].

Voir Épidémiologie dans Syndrome hémolytique et urémique

Consulter le BEH pour des comptes rendus d'études sur des TIAC et les statistiques.

En , au moins, 19 personnes sont tuées, est une vingtaine de personnes dans un état critique, après une intoxication intentionnel, lors d’un anniversaire en banlieue d’Antananarivo, l'intoxication est du probablement a une substance toxique[23].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Article RIA, novembre 2016[source insuffisante].
  2. María Ángeles Argudín María Carmen Mendoz, « Intoxication alimentaire et entérotoxines de Staphylococcus aureus », (consulté le )
  3. Pr Vincent Danel, Université Grenoble Alpes ou ses collaborateurs, « Tétrodotoxisme : Mécanisme toxique et toxines », (consulté le )
  4. (en) U.S. Centers for Disease Control and Prevention, « Symptoms of Food Poisoning », sur Food Safety, (consulté le ).
  5. Michael D. Owens, « Salmonella Infection in Emergency Medicine: Background, Pathophysiology, Epidemiology », Medscape,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. Gilles Delmas, Nathalie Jourdan da Silva, Nathalie Pihier, François-Xavier Weill, Véronique Vaillant et Henriette C. de Valk, « Les toxi-infections alimentaires collectives en France entre 2006 et 2008 », Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire - BEH, vol. 31-32,‎ , p. 344 (lire en ligne, consulté le ).
  7. Food-borne viruses from a global perspective
  8. Statistiques 2005-2009, INVS
  9. Statistiques de l'INVS pour 2010
  10. BEH septembre 1992
  11. INVS Santé
  12. « Dans l’Aisne, un 23e cas d’intoxication à la bactérie E. coli détecté, le pôle santé du parquet de Paris saisi », sur Libération, (consulté le )
  13. Measuring foodborne illness levels
  14. http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs237/fr/
  15. CDC - Foodborne illness acquired in the United States--major pathogens
  16. Étude de l'Université de Cornell sur les contaminations par irrigation
  17. CDC List of selected foodborne outbreaks
  18. Toxi-Infections Alimentaires, Bilan du 1er avril 2012 au 31 mars 2013
  19. Règlement européen 1881/2006 fixant des valeurs limites pour les contaminants dans les produits alimentaires
  20. Règlement européen 2073/2005 fixant des limites pour la contamination microbiologique des produits alimentaires
  21. « Pesticide cancérogène – Contamination massive de produits au sésame… », sur quechoisir.org (consulté le ).
  22. a et b « Pesticide cancérogène – Contamination massive de produits au sésame… », sur quechoisir.org (consulté le )
  23. « Afrique Madagascar: le gouvernement avance un «empoisonnement» lors d'une fête qui fait plusieurs morts », sur rfi.fr, .

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]

Bibliographie

[modifier | modifier le code]