Marie de Luxembourg (1462-1546)

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Marie de Luxembourg
Biographie
Naissance
Décès
Père
Mère
Marguerite de Savoie (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint

Jacques de Savoie

François de Bourbon-Vendôme
Enfants
Armes marie luxembourg(vendome).png

Marie de Luxembourg née en 1472 (on trouve aussi 1462) et morte le 1er avril 1547 à La Fère, (certains disent à Ham, en 1546[1] qu'on trouve aussi pour sa mort correspond à l'ancien style du calendrier), est la fille de Pierre II de Luxembourg, comte de Saint-Pol, et de Marguerite de Savoie (1439 - 1483) fille du duc Louis Ier et d'Anne de Chypre-Lusignan (Anne était la cousine germaine de Jean comte de Bourbon-Vendôme, le beau-père de Marie ; Marguerite était la tante de la fameuse Louise de Savoie mère de François Ier, régente de France, et donc cousine germaine de Marie).

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille aînée de parents qui n'ont pas eu de fils atteignant l'âge adulte, elle est l'héritière d'une multitude de fiefs par son père, l'aîné des Luxembourg-Saint-Pol.

Des Luxembourg (en fait la branche cadette de cette illustre famille, formée par les sires de Ligny-en-Barrois et Beauvoir, apparue au XIIIe siècle), elle est dame de Beaurevoir ou Beauvoir, châtelaine de Lille et dame de Phalempin, La Bassée, Herlies, Orchies, Haubourdin, Emmerin, et dame d'Ailly-sur-Noye (par une alliance avec les Flandre-Termonde) . Des Saint-Pol, fondus dans les Châtillon au XIIIe siècle puis dans les Luxembourg au XIVe siècle, elle est comtesse de Saint-Pol, dame de Lucheux, Pas-en-Artois, Pernes. Des Avesnes-Blois, fondus dans les Châtillon-Saint-Pol au XIIIe siècle, elle est dame de Bohain, Prémont, Serain et d'Aulnoy. Des Brienne et Enghien, fondus dans les Luxembourg au XIVe siècle, elle est comtesse de Conversano, dame d'Enghien et de Rebecq. Des Coucy, fondus dans les Bar-le-Duc puis dans les Luxembourg-Ligny-St-Pol au XVe siècle, elle est comtesse de Marle et de Soissons, dame de Ham, Danizy, La Fère, Saint-Gobain, Crécy-sur-Serre et Séply-sur-Serre. Des Montmirail, fondus dans les Coucy au XIIIe siècle, elle est vicomtesse de Meaux, dame d'Oisy, La Ferté-sous-Jouarre, Condé-en-Brie, et châtelaine titulaire de Cambrai, dame de Bertry, Elincourt, Audencourt, Montay, Havrinvourt-en-Cambrésis. Des Bar-le-Duc (ensuite fondus dans les Luxembourg-St-Pol), dans lesquels s'étaient fondus les Flandre-Cassel au XIVe siècle, elle tient la baronnie de Winthi et de Rodes (une des cinq verges d'Alost, chargée de la dignité de Souverain Pannetier de Flandre), Bourbourg, Gravelines, Dunkerque, Mardyck, Zuydcoote, Warneton et la forêt de Nieppe, et Nogent-le-Rotrou. Des Béthune, alliés aux Bar-le-Duc au XVe siècle, elle tient Vendeuil, Ly-Fontaine...

Elle épouse (1484) en premières noces son oncle Jacques de Savoie (1450-1486), comte de Romont et baron de Vaud, dont elle eut :

Veuve, elle se remaria (8 septembre 1487) avec François de Bourbon (1470+1495), comte de Vendôme, seigneur d'Epernon, et en eut :

À la mort de son second mari, elle prit la tutelle de ses enfants et gouverna le comté de Vendôme, dont elle avait l'usufruit, jusqu'à sa mort le 1er avril 1547 à La Fère en Picardie. Elle embellit fortement la ville de Vendôme, faisant restaurer ou reconstruire plusieurs édifices. C'est également elle qui rendit aveu au roi Charles VIII pour la châtellenie d'Epernon le 21 avril 1497[réf. nécessaire].

En guise de compensation après la paix de Cambrai de 1529 qui lui faisait perdre de fait des fiefs flamands, elle obtint du roi François Ier en 1530 par engagement de la Couronne : le duché de Valois, dont son fils Charles fut gouverneur avec la Picardie et l'Ile-de-France, le comté de Montfort-l'Amaury, les seigneuries de Chauny et Tergnier, Ribemont, Dourdan, et certains ajoutent le comté de Castres. Ces fiefs, elle n'en fut l'engagiste usufruitière qu'à titre temporaire, au mieux viager[2].

D'après le livre "La Fère, son histoire", son héritier direct est son petit-fils Antoine de Bourbon, né à La Fère le 22 avril 1518, mort au siège de Rouen en 1562. Duc de Vendôme de 1537 à 1562, il détenait de nombreuses autres possessions et il épousa le 20 octobre 1548 à Moulins Jeanne d'Albret (1528 † 1572), reine de Navarre. Devenu roi de Navarre, dès le règne d’Henri II (1519 † 1559), il se convertit, avec sa femme, au calvinisme. Ils eurent cinq enfants dont deux survivront (Catherine et le futur roi Henri IV.) Avec son frère Louis Ier de Bourbon, prince de Condé (1530 † 1569), ils étaient les chefs du parti calviniste et luttèrent contre l’influence du duc François de Guise leur cousin germain, qui dirigeait les catholiques (futurs ligueurs).

Marie de Luxembourg, était une femme active et cultivée, modeste, en bons termes avec les Cours de France et de Bruxelles. Environ 150 personnes étaient à son service, ses ressources étaient immenses mais elle en usa avec beaucoup d’intelligence. Elle était capable de faire de longues chevauchées et ces voyages lui permettaient de régler elle-même ses affaires. Ainsi, elle se sentait plus libre de faire le bien qu’elle voulait aux abbayes ou monastères et surtout aux humbles. Elle le fit avec tant de discrétion qu’il n’en resta que la légende.

Bienveillante et protectrice, infatigable bienfaitrice, Marie éleva le château de La Fère, fonda le monastère de La Fère, les églises de Travecy (où dit-on son arrière-petit-fils Henri IV aurait entendu sa première messe après avoir abjuré ?), de Ly-Fontaine et de Vendeuil, entretint l’Hôtel-Dieu de La Fère, construisit des halles à Condé-en-Brie, favorisa la collégiale de Vendôme, est réputée avoir apporté le travail de la broderie en Vendômois[3], initia dès 1529 la verrerie à Saint-Gobain[4] (bien avant la Manufacture créée par son descendant Louis XIV et Colbert !)… Elle reste pour La Fère, la « bonne dame des pauvres ». La princesse Marie de Luxembourg mène aussi une activité politique, soutient les Valois, encourage ses enfants au service des Rois, et François Ier se rendra souvent au château de La Fère..."

C'est également en son hôtel Saint Pol de Cambrai que fut signée en 1529 la paix de Cambrai dite Paix des dames entre l'Empire et la France, scellée par ses deux cousines, les deux belles-sœurs Marguerite d'Autriche et Louise de Savoie (Marie était la cousine germaine de Louise, toutes deux petites-filles du duc Louis Ier de Savoie ; Marguerite, tante paternelle de Charles Quint, était la veuve inconsolée du duc Philibert le Beau frère de Louise).

Elle fut l'arrière-grand-mère d'Henri IV (d'où les rois Bourbon), d'Henri duc de Guise dit le Balafré, de Marie Stuart reine d'Écosse (d'où tous les souverains britanniques !), d'Henri Ier prince de Condé et de son frère Charles comte de Soissons, d'Henri Ier duc de Longueville, d'Henriette de Clèves duchesse de Nevers et Rethel. Ainsi, la "Mère des Pauvres" était aussi la "Mère des Rois" : véritable grand-mère de l'Europe, elle est l'ancêtre de tous les souverains européens actuels.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Claude Pasquier, Le Château de Vendôme, 2000 [détail des éditions]
  • "La Fère, son histoire" du syndicat d'initiative de La Fère
  • https://sites.google.com/site/laferesyndinit/
  • "Marie de Luxembourg et son temps" du syndicat d'initiative de La Fère (Chanoine C. Thelliez)
  • Anne S. Korteweg, « La collection de livres d’une femme indépendante: Marie de Luxembourg (v. 1470-1547) », dans Anne-Marie Legaré, éd., Livres et lectures de femmes en Europe entre Moyen Âge et Renaissance, Turnhout, Brepols, 2007, p. 221-232. [présentation en ligne]

Lien externe[modifier | modifier le code]

les Bourbon-Vendôme

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Épitaphe du tombeau de Marie du Luxembourg dans la collégiale Saint-Georges de Vendôme (détruite) "En ce même lieu gist très-sage et très-excellente princesse Marie de Luxembourg, comtesse de Saint-Paul et de Marles, femme dudit comte François de Bourbon, laquelle trépassa en son château de La Fère, en Picardie, le premier avril 1546". - Philibert-Jérôme Gaucher de PASSAC, Vendôme et le Vendomois, chez Morard-Jahyer, 1823.
  2. Dictionnaire historique du Département de l'Aisne, Maximilien Melleville, 1865 ; Histoire de la ville de Chauny, Maximilien Melleville, 1869 ; Précis sur la ville de Montfort-l'Amaury, M-J L'Hermite, 1825 ; Chronique de Dourdan, Joseph Guyot, 1869 ; Histoire du Duché de Valois, Claude Carlier, 1764, livre 7 p. 551
  3. Jean Vassort, Une société provinciale face à son devenir : le Vendômois aux XVIIIè et XIXè siècles, Paris, Publications de la Sorbonne, , p.82
  4. « Société historique de Haute-Picardie. St-Gobain avant la Manufacture établie en 1692 »