Bataille de Leipzig (1813)

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Bataille de Leipzig
Description de cette image, également commentée ci-après

Napoléon et Poniatowski à Leipzig par January Suchodolski

Informations générales
Date 16-
Lieu Environs de Leipzig (Allemagne)
Issue Victoire décisive de la Sixième Coalition, retraite française
Belligérants
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau du Duché de Varsovie Duché de Varsovie
Flag of the Napoleonic Kingdom of Italy.svg Royaume d'Italie
Flag of the Kingdom of Naples (1811).gif Royaume de Naples
State flag of Saxony before 1815.svg Royaume de Saxe (16-17 octobre)
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Drapeau de l'Autriche Empire d'Autriche
Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse
Drapeau de la Suède Royaume de Suède
State flag of Saxony before 1815.svg Royaume de Saxe (18-19 octobre)
Commandants
Flag of France.svg Napoléon
Flag of Poland.svg Józef Antoni Poniatowski †
State flag of Saxony before 1815.svg Frédéric-Auguste Ier de Saxe
Flag of Russia.svg Alexandre Ier
Flag of Russia.svg Barclay de Tolly
Flag of Russia.svg Levin August von Bennigsen
Flag of Russia.svg Matveï Platov
Flag of the Habsburg Monarchy.svg Karl Philipp de Schwarzenberg
Flag of the Kingdom of Prussia (1803-1892).svg Gebhard von Blücher
Flag of Sweden.svg Charles Jean de Suède (Bernadotte)
Forces en présence
195 000 hommes
700 canons
330 000 hommes
1 500 canons
Pertes
38 000 morts ou blessés
20 000 prisonniers
54 000 morts ou blessés

Sixième Coalition

Batailles

Campagne de Russie (1812)
Mir · Moguilev · Ostrovno · Vitebsk · Kliastitsy · Smolensk · 1re Polotsk · Valoutina Gora · Moskova · Moscou · Winkowo · Maloyaroslavets · 2e Polotsk · Czaśniki · Viazma · Smoliani · Krasnoï · Bérézina


Campagne d'Allemagne (1813)
Dantzig · Lützen · Bautzen · Hoyerswerda  · Goldberg · Gross Beeren · Katzbach · Dresde · Kulm · Dennewitz · Leipzig · Hanau · Sehested · Torgau · Hambourg


Campagne de France (1814)

Metz · Saint-Avold · Saint-Dizier · Brienne · La Rothière
 · Campagne des Six-Jours : Champaubert · Montmirail · Château-Thierry · Vauchamps
 · Mormant · Montereau · Bar-sur-Aube · Berry-au-Bac · Craonne · Laon · Reims · Arcis-sur-Aube · Fère-Champenoise · Meaux · Claye · Villeparisis · Paris
Front italien : Trieste · Mincio
Coordonnées 51° 15′ 00″ nord, 12° 38′ 24″ est

Géolocalisation sur la carte : Saxe

(Voir situation sur carte : Saxe)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Leipzig (1813).

Géolocalisation sur la carte : Allemagne

(Voir situation sur carte : Allemagne)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Leipzig (1813).

La bataille de Leipzig (16-)[1], aussi appelée la bataille des Nations, est la plus grande confrontation des guerres napoléoniennes. Victoire décisive de la Sixième Coalition contre Napoléon Ier, elle est suivie par l'invasion de la France.

Prélude[modifier | modifier le code]

La Grande Armée de Napoléon est sortie exsangue du désastre de la campagne de Russie de 1812 où elle a perdu 400 000 hommes et 200 000 chevaux. Devant l'avance de l'armée russe, elle a dû reculer jusqu'à 'Elbe, abandonnant la Pologne (Grand-Duché de Varsovie) puis Berlin en mars 1813. La Sixième coalition dirigée contre la France se renforce sans cesse : à la Russie, adversaire principal sur le continent, se joignent la Prusse, impatiente de prendre sa revanche après sa défaite d'Iéna, puis la Suède, gouvernée par le prince héritier, l'ancien maréchal Bernadotte qui accepte de se retourner contre son ancienne patrie contre la promesse de la Norvège. En quelques mois, Napoléon a reconstitué une force militaire qui, en Allemagne, atteint 226 000 hommes en avril 1813 puis 450 000 en août. Mais cette force se compose en grande partie de jeunes recrues sans expérience : outre les vétérans perdus en Russie, Napoléon doit laisser beaucoup d'hommes en France, en Espagne et en Italie pour parer à la menace britannique. En face, les armées de la coalition sont en phase de reconstruction : la Russie a perdu près de 500 000 hommes dans la campagne de 1812 et l'armée prussienne, réduite à presque rien après Iéna, est encore loin d'être pleinement opérationnelle[2].

Napoléon cherche d'abord à reprendre l'avantage en Allemagne. Il remporte dans un premier temps deux nettes victoires à Lützen, le 2 mai, et à Bautzen, les 20 et 21 mai sur les forces russo-prussiennes, mais la faiblesse de sa cavalerie l'empêche d'exploiter ses succès et il ne peut atteindre son objectif : faire sortir la Prusse de la guerre[3].

En juin, Napoléon doit accepter la médiation de l'Autriche et signer l'armistice de Pleiswitz. L'Autriche propose à la France une paix acceptable, contre l'évacuation de la Pologne, des Provinces illyriennes et des départements français d'Allemagne à l'est du Rhin, et la dissolution de la Confédération du Rhin. Mais la diplomatie britannique pousse les coalisés à poursuivre la guerre. Napoléon refuse les propositions de Metternich, amenant l'Autriche à se joindre à la coalition, et les hostilités reprennent début août[4].

Posté sur tout le cours de l'Elbe défendu par de puissantes places fortes, Napoléon fait face à trois groupes d'armées commandés par le Suédois Bernadotte sur le cours inférieur de l'Elbe, le Prussien Blücher en haute Silésie et l'Autrichien Schwartzenberg en Bohême. Fidèle à sa stratégie, il veut les défaire l'un après l'autre. Voulant déborder cette ligne, les coalisés, sous le commandement du prince de Schwarzenberg, font une première tentative par la rive gauche de l'Elbe, à travers les monts de Bohème. La bataille de Dresde (26-27 août) est initialement une victoire pour Napoléon, qui combat à un contre deux. Mais elle est suivie d'un échec à la bataille de Kulm (30 août) quand le corps du général Vandamme, qui devait couper la retraite à l'armée vaincue, est lui-même battu et contraint à la retraite.

La France, à force d'apprendre à toute l'Europe à se battre, lui en avait inculqué les leçons ; les alliés changent de stratégie. Désormais, ils évitent la confrontation directe avec Napoléon et préfèrent se retirer devant lui pour affronter ses maréchaux : les plans de Napoléon s'en trouvent grandement contrariés ; il s'épuise en vains aller-retour pour provoquer une bataille qu'il aurait voulu conduire.

Une fois les Français suffisamment affaiblis, les alliés entreprennent de les prendre dans une large tenaille, un corps traversant l'Elbe au nord et un deuxième au sud-ouest retraversant les monts de Bohême, cette fois loin de Dresde. Ils remportent les victoires de Gross Beeren sur Oudinot, de Katzbach sur Macdonald et de Dennewitz sur Ney. Début octobre, les alliés resserrent leur tenaille : Blücher et Bernadotte franchissent l'Elbe au nord pour marcher sur Leipzig, Schwarzenberg en fait de même au sud-ouest.

Le 8 octobre, par le traité de Ried conclu en secret avec l'Autriche, le royaume de Bavière abandonnait l'alliance de Napoléon ; le 14 octobre, il déclare la guerre à la France ; son armée, forte de 36 000 hommes, se prépare à se joindre aux forces de la coalition.

L'alliance de la Saxe n'est guère plus solide. Le roi Frédéric-Auguste Ier de Saxe, le 20 avril 1813, avait conclu un accord secret avec l'Autriche qui promettait de lui rendre l'intégrité de ses états s'il se joignait à l'alliance contre Napoléon. Cependant, Frédéric-Auguste, réfugié à Ratisbonne en terre bavaroise, est toujours officiellement l'allié des Français[5].

La situation de Napoléon est critique. La population allemande devient hostile : la désobéissance et parfois les attaques de corps francs s'aggravent tandis que la cavalerie légère française, décimée par la campagne de Russie, débordée par les cosaques et autres cavaliers de la Coalition, n'arrive plus à assurer la sécurité du ravitaillement[6].

Menacé d'être débordé sur ses arrières, Napoléon cherche à provoquer le combat décisif contre les alliés qui, jusqu'ici, l'ont évité pour se concentrer sur ses maréchaux. Il dispose des meilleures troupes, dont la Garde impériale, et son aura personnelle continue d'intimider ses adversaires. Sa position centrale est très forte ; une victoire est encore possible, même à un contre deux[6].

Napoléon ordonne à ses troupes de se joindre à lui autour de Leipzig. Il en déploie une partie de Taucha à Stötteritz (où il place son poste de commandement), puis le reste en s'incurvant jusqu'à Lindenau. Les Prussiens viennent à sa rencontre depuis Wartenburg, les Suédois à leur suite, les Autrichiens et les Russes depuis Chemnitz et Zwickau. Au total les Français alignent environ 190 000 hommes dont une partie sont des alliés saxons, contre à peu près 330 000 pour les coalisés, chacun des camps ayant une importante artillerie.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

16 octobre[modifier | modifier le code]

Situation le 16 octobre

La bataille commence le 16 octobre par une attaque de 78 000 soldats alliés depuis le sud et 54 000 autres depuis le nord. Cette confrontation n'est pas décisive et les assauts sont repoussés.

2e corps autrichien[modifier | modifier le code]

Le 2e corps autrichien du général von Merveldt avance vers Connewitz par Gautzsch et essaie d'attaquer la position pour constater que la voie est bien défendue et ne permet pas aux Autrichiens de placer leur propre artillerie pour soutenir l'attaque. Repoussés, les Autrichiens se déplacent pour attaquer le village voisin de Dölitz, traversent deux ponts menant à un manoir et à un moulin. Deux compagnies du 24e régiment repoussent la petite garnison polonaise et prennent la position. Une prompte contre-attaque rejette les Autrichiens jusqu'à ce qu'une puissante batterie d'artillerie chasse à leur tour les Polonais de la position.

Bataille de Markkleeberg[modifier | modifier le code]

Le village de Markkleeberg est défendu par les maréchaux Poniatowski et Augereau. Le général Kleist approche par les rives de la Pleisse. Les Autrichiens réparent un pont et prennent un bâtiment scolaire et un manoir. Les Français chassent les Autrichiens hors de l'école et les repoussent sur l'autre rive de la rivière. La 14e division russe commence une série d'attaques de flanquement qui expulsent les Polonais de Markkleeberg. Poniatowski stoppe la retraite et parvient à arrêter l'avance des Russes. Il reprend Markkleeberg, mais est de nouveau chassé par deux bataillons prussiens. Les grenadiers autrichiens forment alors un front devant Markkleeberg et, par une attaque de flanc, conduisent les Polonais et les Français hors du secteur.

Attaque de Wachau[modifier | modifier le code]

Le 2e corps d'infanterie russe attaque Wachau avec l'appui de la 9e brigade prussienne. Les Russes avancent, ignorant que les Français les attendent. Ils sont surpris par une attaque sur leur flanc qui les malmène. Les Prussiens entrent dans Wachau et engagent un combat de rue. L'artillerie française de Drouot les chasse de la ville.

Combats de Liebertwolkwitz[modifier | modifier le code]

Liebertwolkwitz est un grand village dont la position stratégique est défendue par le maréchal Macdonald et le général Lauriston avec environ 18 000 hommes. Le 4e corps autrichien les attaque avec 24 500 hommes soutenus par 4 550 hommes de la 10e brigade de Pirth et par 5 365 hommes de la 11e brigade de Ziethen. Après un dur combat, les Français sont chassés de Liebertwolkwitz, mais ils parviennent à contre-attaquer et à reprendre la ville. À ce moment, Napoléon ordonne au général Drouot de positionner une puissante batterie sur la colline de Gallows. Cent canons soufflent le 2e corps russe et forcent les bataillons prussiens qui les soutiennent à se mettre à couvert.

Comme l’avait souhaité Napoléon, une brèche est ouverte, dans laquelle s’engouffre le maréchal Murat avec 10 000 cavaliers français, italiens, et saxons. La charge est massive et menace la colline sur laquelle se trouvent les empereurs de la coalition, mais Murat a négligé de prévoir une réserve. Plusieurs petites formations de cavalerie russes (en particulier le régiment de cosaques de la Garde impériale), prussiennes et autrichiennes s’interposent et après d’âpres combats repoussent les assaillants jusqu’à leur propre artillerie. L’intervention des dragons de la Jeune Garde les sauve in extremis et reprend l’avantage en reconduisant les alliés hors de la ville. Liebertwolkwitz et Wachau sont repris, mais les alliés rejoignent les positions russes et autrichiennes. Ils ont démontré ce que leurs troupes d’élite, formées en carrés, étaient capables de faire face à la cavalerie française. Sur le front Sud, bien que Napoléon ait gagné du terrain, il lui faut admettre qu’il ne pourra pas facilement venir à bout des rangs alliés.

Front Nord[modifier | modifier le code]

Toile de Vladimir Ivanovich Moshkov, 1815

Le front Nord s'ouvre avec l'attaque du corps russe du général Langeron[7], sur les villages de Gross-Wiederitzsch et de Klein-Wiederitzsch au centre des lignes françaises. Cette position est défendue par la division polonaise du général Dombrowski composée de quatre bataillons d'infanterie et de deux bataillons de cavalerie. Au premier signe de l'attaque, la division polonaise bondit. L'issue du combat est indécise, les deux camps se livrent à des attaques et contre-attaques successives. Rassemblant ses forces, le général Langeron, malgré de lourdes pertes, prend finalement les deux villages.

Bataille de Möckern[modifier | modifier le code]

Les hussards brandebourgeois à la bataille de Möckern

Le front Nord est dominé par la bataille de Möckern. Blücher commande les corps de Langeron (russes) et de Yorck (prussiens) contre les maréchaux Ney et Marmont. L'affrontement, très dur, se déroule en quatre phases. Un petit château entouré de jardins et de murs peu élevés domine le village. Chaque position est transformée en forteresse. Les Français sont à couvert derrière les murs. L'ouest de la position est trop boisée et marécageuse pour une position d'artillerie. À l'est, une digue de 4 mètres protège les berges de l'Elster. Le maréchal Marmont y a abrité sa réserve d'infanterie pour contre-attaquer et soutenir rapidement chaque position.

Des attaques ont lieu toute la nuit. L'artillerie est en grande partie responsable des morts et des blessés : 9 000 chez les Alliés, 7 000 dans le camp français. Les Français perdent encore 2 000 hommes qui sont fait prisonniers.

17 octobre[modifier | modifier le code]

Le jour suivant les forces en présence reçoivent des renforts qui sont positionnés. Il n'y a que deux actions dans la journée : l'attaque par le général russe Sacken sur les Polonais de la division de Dombrowski au village de Gohlis. La division polonaise résiste héroïquement, faisant même l'admiration du général Sacken. Finalement, le nombre et la détermination des Russes font la différence. Les Polonais se retirent à Pfaffendorf. Blücher ordonne à la 22e division de hussards du général Lanskoi (russe), qui s'est illustrée la veille, d'attaquer le 3e corps de cavalerie du général Arrighi.

Renforts[modifier | modifier le code]

Les Français reçoivent le renfort de 14 000 hommes, tandis que le général Bennigsen et le prince Bernadotte augmentent considérablement les forces alliées en amenant 145 000 hommes. Bernadotte, prince royal de Suède, exerce le commandement de l'Armée du Nord qui regroupe les forces suédoises, le corps prussien de Bülow et le corps russe de Wintzingerode. Cependant, une querelle oppose Bernadotte, qui souhaiterait marquer un temps de repos, et Bülow, qui réclame un assaut pour le lendemain matin. C'est l'avis des Prussiens qui l'emporte[8].

18 octobre[modifier | modifier le code]

Mockau, front nord[modifier | modifier le code]

Situation le 18 octobre

Le général Blücher et le prince Bernadotte sont disposés au nord, les généraux Barclay De Tolly, et Bennigsen ainsi que le prince de Hesse-Hombourg au sud, et le feld-maréchal autrichien Gyulay à l'ouest.

Le combat s'engage vers 6 h du matin. Vers 9 h, à Mockau, une brigade de cavalerie saxonne, commandée par le colonel Lindenau, change de camp et se rallie aux Russes ; ceux-ci, ne sachant que faire des transfuges, les gardent sous surveillance[8]. Plus tard dans la journée, une brigade de cavalerie wurtembergeoise, commandée par Karl von Normann-Ehrenfels, passe aussi aux Russes, tandis que le gros de l'armée saxonne continue le combat contre les Autrichiens[9].

Wachau, Lößnig, et Dölitz, front Sud[modifier | modifier le code]

La 9e brigade prussienne occupe le village abandonné de Wachau, tandis que les Autrichiens avec les Hongrois du général Bianchi repoussent les Français hors de Lößnig.

Les Autrichiens effectuent une manœuvre combinée : tandis que la cavalerie autrichienne attaque l'infanterie française pour permettre à l'infanterie autrichienne de se déployer sur Dölitz, une division de la Jeune Garde surgit et les chasse. À ce moment, trois bataillons de grenadiers autrichiens, avec l'appui de l'artillerie, leur contestent la possession du village.

De tous les côtés, les alliés lancent l'assaut. En un peu plus de neuf heures de combat, les deux camps subissent de grosses pertes, les troupes françaises empêchent la percée mais sont lentement repoussées vers Leipzig.

La défection des Saxons et la retraite[modifier | modifier le code]

Vers 17 h, à Paunsdorf, la division saxonne, commandée par les frères Anton Friedrich Karl (de) et Gustav Xaver Reinhold von Ryssel (de), change de camp et retourne ses canons contre les Français. La « trahison » des Saxons sème la confusion dans le corps d'armée de Ney[10].

Le soir du 18 octobre, la bataille est perdue pour les Français : 320 000 soldats coalisés convergent autour de 170 000 Français pratiquement à court de munitions ; l'avant-garde de Blücher entre dans les faubourgs de Leipzig[6]. Napoléon décide de retirer la majorité de ses troupes pendant la nuit en leur faisant traverser la rivière Elster. Le même soir, il fait envoyer des dépêches aux garnisons françaises de Dresde, Torgau et Wittenberg pour leur ordonner de se rassembler en un seul corps, sous le commandement du maréchal Gouvion-Saint-Cyr, de rejoindre les forces du maréchal Davout sur l'Oder et de se frayer un chemin vers l'ouest. Mais cet ordre trop tardif, à un moment où les transmissions de l'armée française sont inutilisables, ne sera jamais exécuté[11].

19 octobre[modifier | modifier le code]

Dans la journée du 19, les coalisés, désormais sous le commandement unique de Schwarzenberg, attaquent en 5 colonnes autour de Leipzig. La retraite française se poursuit jusque dans l'après-midi, au moment où l'unique pont est détruit prématurément par une escouade française du génie. Un tiers de l'armée française n'a pas eu le temps de traverser et n'a d'autre choix que de risquer la noyade en traversant à la nage ou de se rendre à l'ennemi. Les circonstances de cette retraite sont discutées ; Napoléon avait ordonné de détruire une partie des ponts pour freiner l'avance de l'ennemi mais le dernier pont semble avoir fait l'objet d'instructions contradictoires[10].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Retraite de Napoléon après la bataille, le 19 octobre. Gravure d’après Couché fils.

Le total des pertes est incertain. Prenant une évaluation de 140 000 au total, la coalition aurait perdu 90 000 hommes. Napoléon a perdu 60 000 soldats.

Parmi les disparus se trouve le maréchal Józef Antoni Poniatowski, neveu du dernier roi de Pologne, Stanislaw Poniatowski — qui avait reçu la veille le bâton de maréchal — et les généraux Aubry, Camus de Richemont, Rochambeau et Couloumy.

La retraite de Napoléon lui permet de sauver son armée. Il doit encore affronter les Austro-Bavarois qui tentent de lui couper la route à la bataille de Hanau (30-31 octobre 1813) mais ils ne l'empêchent pas de se replier jusqu'au Rhin. Les Alliés, eux-mêmes épuisés, ne peuvent pas poursuivre les Français et cela les empêche de transformer cette bataille en victoire complète, rendant possible la campagne de France du printemps suivant. Cependant, Napoléon perd les pays qu'il contrôlait en Allemagne, précieux réservoir d'hommes et de chevaux, et abandonne dans les places fortes de Dantzig, Glogau, Stettin, Dresde, Hambourg, un peu plus de 100 000 hommes et deux maréchaux de grande valeur, Davout, sûrement son meilleur maréchal en activité, et Gouvion-Saint-Cyr, qui lui manqueront pour la campagne de 1814.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'histoire fait mention d'une première bataille de Leipzig qui s'est déroulée le , pendant la guerre de Trente Ans. L'armée suédoise, sous les ordres de Lennart Torstenson, y vainquit l'armée impériale dirigée par Ottavio Piccolomini. Cette première bataille de Leipzig est aussi connue dans l'histoire comme « la seconde bataille de Breitenfeld ».
  2. Laurent Henninger, « Décembre 1812-mars 1813 : Le temps de la reconstruction » in Guerres & Histoire, no 13, juin 2013, p. 34-39
  3. Antoine Reverchon, « Saxe - printemps 1813 : Deux victoires qui perdent la guerre » in Guerres & Histoire, no 13, juin 2013, p. 40-43
  4. Patrick Bouhet, « Juin-août 1813 : L'Empereur au piège de l'armistice » in Guerres & Histoire, no 13, juin 2013, p. 44-46
  5. Frédéric Naulet, Leipzig, Economica, 2014, p. 18-19
  6. a, b et c Benoist Bihan, « du 14 au 19 octobre : Leipzig, l'inévitable dénouement » in Guerres & Histoire, no 13, juin 2013, p. 50-55
  7. Ancien colonel français devenu général dans l'armée de Russie
  8. a et b Frédéric Naulet, Leipzig, Economica, 2014, p. 236
  9. Frédéric Naulet, Leipzig, Economica, 2014, p. 238
  10. a et b Frédéric Naulet, Leipzig, Economica, 2014, p. 240-241
  11. Adolphe Thiers, Histoire du consulat et de l'empire, 1857, p. 270
Caricature de Napoléon en Casse-noisette ne pouvant briser Leipzig.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Adolphe Thiers, Histoire du consulat et de l'empire, 1857
  • Alain Pigeard, Leipzig : La bataille des Nations, SOTECA Napoléon Ier éditions, 2009, (ISBN 978-2916385402)
  • Stéphane Calvet, Leipzig 1813. La guerre des peuples, Vendémiaire, 2013
  • Frédéric Naulet, Leipzig, Economica, 2014
  • Benoist Bihan, « du 14 au 19 octobre : Leipzig, l'inévitable dénouement » in Guerres & Histoire, no 13, juin 2013, p. 50-55