Villers-aux-Érables

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Villers-aux-Érables
Mairie de 1926.
Mairie de 1926.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Arrondissement Montdidier
Canton Moreuil
Intercommunalité Communauté de communes Avre-Luce-Noye
Maire
Mandat
Christiane Nansot
2014-2020
Code postal 80110
Code commune 80797
Démographie
Population
municipale
122 hab. (2014)
Densité 28 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 47′ 17″ nord, 2° 32′ 16″ est
Altitude Min. 87 m
Max. 106 m
Superficie 4,34 km2
Localisation

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Liens
Site web http://mairie.villers-aux-erables.pagespro-orange.fr/

Villers-aux-Érables est une commune française, située dans le département de la Somme en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Situé au sud-est d'Amiens, le village est accessible par l'axe Amiens-Roye, la route départementale 934 (RD 934).

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le premier document à mentionner le village date de 1231. Il est alors dénommé Villare ad Araules, du nom ancien des érables qui se plaisent particulièrement bien sur son terroir[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

On a trouvé autour de la mare de Villers, située sur un point bas du Santerre, des pointes de flèches en silex provenant, semble-t-il, du néolithique supérieur[1].

L'archéologie par photographie aérienne a permis à Roger Agache de découvrir la trace de substructions de trois grandes villas gallo-romaines[1].

Le seigneur le plus ancien de Villers dont on a gardé la trace est le chevalier Guillaume de Villers en 1207[1].

À la fin du XIXe siècle, le village avait une activité tisserande, puisque de nombreux travailleurs à domicile de Villers-aux-Érables, appelés badestamiers, fabriquaient des bas en tissus de laine fine pour des négociants de Moreuil et d'Amiens[2].

Première Guerre mondiale

Pendant la Première Guerre mondiale, le village était à proximité de la ligne de front, notamment lors de la bataille de la Somme[3]. Un cimetière militaire français est alors créé[4].

L'attaque allemande de l'Offensive du printemps du sur le front Saint-Quentin-La Fère avait réussi à créer une poche de 80 km de profondeur dans le front anglo-français. Celui-ci était totalement rompu entre les rivières Avre et Luce. Le , général Foch, commandant en chef des troupes alliées, envoya des renforts et chargea la 1re armée française du général Debeney d’étendre son front lors de la Bataille d'Amiens et de maintenir à tout prix la liaison avec l'armée anglaise du général Gough qui reculait vers Villers-Bretonneux et Amiens. L'ordre fut donc donné aux français de résister jusqu'à la mort sur le plateau du Santerre. Néanmoins, le village est pris par l'armée allemande le , malgré la résistance du 321e Régiment d'Infanterie, qui perdit alors la quasi-totalité de ses effectifs, dont 19 officiers et 750 hommes. Les combats se poursuivirent le lendemain autour du village et de l'Avre, marqués par la victoire allemande[5].

Une contre-attaque est menée le par le lieutenant canadien G. M. Flowerdew, de l'escadron C du « Lord Strathcona's horses  », qui est mortellement blessé, ainsi que la quasi-totalité de son escadron. Malgré son insuccès, cet assaut semble avoir inquiété l'état-major allemand et l'avoir conduit à ralentir son offensive, qui est contrée lors de la bataille du Bois Sénécat en particulier par le 12e régiment de cuirassiers[5].

Lors de la contre-offensive alliée de la Bataille d'Amiens (1918), le , après une terrible préparation d'artillerie par 1600 pièces dont 900 canons de 75, des mortiers de 220 et de 240, qui tirèrent plus de 36 000 obus dont 29 000 de calibres supérieurs aux 75 qui rasèrent totalement le village, ce qui en restait est libéré vers 11 heures du matin[5].

À la fin de la guerre, le village est considéré comme entièrement détruit[6]. Il a été décoré de la croix de guerre 1914-1918 le [7].

Le village est reconstruit de 1920 à 1926 et devient essentiellement agricole, l'activité de fabrication de bas ayant cessé.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

La commune se trouve dans l'arrondissement de Montdidier du département de la Somme. Pour l'élection des députés, elle fait partie depuis 2012 de la quatrième circonscription de la Somme.

Elle fait partie depuis 1793 du canton de Moreuil[8], qui a été modifié et agrandi dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune était membre de la communauté de communes du canton de Moreuil, créée par un arrêté préfectoral du 4 décembre 1992 et renommée communauté de communes Avre Luce Moreuil (CCALM) par arrêté préfectoral du 6 mai 1996.

Dans le cadre des dispositions de la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République du 7 août 2015, qui prévoit que les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre doivent avoir un minimum de 15 000 habitants, la préfète de la Somme propose en octobre 2015 un projet de nouveau schéma départemental de coopération intercommunale (SDCI) prévoyant la réduction de 28 à 16 du nombre des intercommunalités à fiscalité propre du département.

Après des hypothèses de regroupement des communautés de communes du Grand Roye (CCGR), du canton de Montdidier (CCCM), du Santerre et d’Avre, Luce et Moreuil[9], la préfète dévoile en octobre 2015 son projet qui prévoit la « des communautés de communes d’Avre Luce Moreuil et du Val de Noye », le nouvel ensemble de 22 440 habitants regroupant 49 communes[10],[11]. À la suite de l'avis favorable des intercommunalités[12] et de la commission départementale de coopération intercommunale en janvier 2016[13] puis des conseils municipaux et communautaires concernés, la fusion est établie par un arrêté préfectoral du 22 décembre 2016[14], qui prend effet le .

La commune est donc désormais membre de la communauté de communes Avre Luce Noye (CCALN).

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[15]
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
août 1800 février 1822 Louis Antoine Jean-Baptiste de Cambray    
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 2008 Henry Poitrey    
mars 2008[16] en cours
(au 6 mai 2014)
Christiane Nansot   Réélu pour le mandat 2014-2020 [17]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[18]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[19],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 122 habitants, en diminution de -10,29 % par rapport à 2009 (Somme : 0,32 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
272 217 258 231 249 268 254 262 264
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
257 249 269 234 231 219 209 181 159
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
156 153 136 127 105 87 74 115 100
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
104 106 98 94 96 104 121 136 122
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[20].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'ancienne église paroissiale, détruite par un incendie quelques années avant la Révolution française, se trouvait dans le parc du château. Elle fut reconstruite à la fin du XVIIIe siècle par la famille de Cambray, tout en pierre. Elle comportait un portail à deux pilastres d'ordre toscan. Le maître autel était en pierre et le chœur comportait 18 stalles en chêne[23].
  • Chapelle sépulcrale de style romano-byzantin, des familles Cadeau d'Acy et de Rougé, au décor et au mobilier (autel, bénitier) sculptés, exécutés de 1862 à 1864 par les frères Duthoit, sculpteurs à Amiens [24].
Cette chapelle fut édifiée à la suite du décès d'Édouard Cadeau d'Acy (1795-1860)[25].
Située derrière le chœur de l'église, au fond d'une allée plantée d'arbres qui mène à l'ancienne entrée du château, cette chapelle a été miraculeusement préservée des bombardements pendant la Première Guerre mondiale. Donnée à la commune, elle a fait l'objet en 2015 d'une restauration, soutenue notamment, par la Fondation du Patrimoine.[26].. On remarque à l'intérieur, sur la clé de voûte, à l'aplomb de l'entrée, le blason de la famille Cadeau d'Acy (d'azur à 3 bandes ondées d'argent) ; la plaque funéraire de la marquise de Rougé du Plessis-Bellière, née Marie de Pastoret, décédée en 1890 ; celle du chancelier de Pastoret, son grand-père, décédé en 1840. Ces deux sépultures furent transférées de Moreuil à Villers-aux-Érables après 1918[27].
  • Oratoire à la Vierge, de 1954, en forme de carte de France[27].
  • Château de Villers
L'ancien château de Villers-aux-Érables, construit en brique et pierre à la fin du XVIIe siècle par la famille de Cambray, fut vendu par celle-ci, en 1822, à la famille Cadeau d'Acy.
Il comportait un corps de logis encadré par deux ailes en retour, le tout édifié d'un étage sur rez de chaussée, surmonté d'une toiture en ardoises.
Il entra par succession en 1885 dans la famille de Rougé qui le fit restaurer et agrandir en 1908. Il fut alors prolongé par l'ajout d'un pavillon à chaque extrémité.
Il fut fortement endommagé par des bombardements, lors de la bataille sur l'Avre, en 1918[28],[29],[30], et ses restes furent abattus quelques années plus tard. Son aspect est connu par des cartes postales ou des ouvrages anciens et des photos [31],[32].
Il n'en subsiste aujourd'hui que l'avenue plantée de tilleuls qui le précédait, aménagée depuis en promenade, ainsi qu'une partie de la grille d'entrée, face à laquelle se trouvait le château, et du mur d'enceinte du parc.
  • Un monument aux morts érigé au carrefour des rue de Moreuil, rue Basse-Boulogne, et rue du Château témoigne du souvenir aux 6 soldats du village morts pour la France[5].
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Rougé w.jpg

Blason de la famille de Rougé, à Villers-aux-Érables de 1885 à 1916.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Édouard Cadeau d'Acy (1795-1860), député de la Somme de 1837 à 1848, président du conseil général de la Somme.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Carte spéciale des régions dévastées : 21 NE, Montdidier [Nord-Est], Service géographique de l'armée, (lire en ligne) sur Gallica.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « La Genèse de Villers aux Erables », Histoire, Mairie de Villers-aux-Érables, (consulté le 8 septembre 2017).
  2. « Villers aux Erables pendant la révolution Française », Histoire, Mairie de Villers-aux-Érables, (consulté le 8 septembre 2017).
  3. Cliché capitaine d'Hauteserre, Section photographique de l'armée, « Photo : Villers-aux-Érables. Une rue », Fonds des Albums Valois - Département de la Somme - Volume 14, Argonnaute - Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, (consulté le 8 septembre 2017).
  4. Cliché capitaine d'Hauteserre, Section photographique de l'armée, « Photo : Villers-aux-Érables. Cimetière militaire français », Fonds des Albums Valois - Département de la Somme - Volume 14, Argonnaute - Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, (consulté le 8 septembre 2017).
  5. a, b, c et d « Villers aux Erables pendant la guerre », Histoire, Mairie de Villers-aux-Érables, (consulté le 8 septembre 2017).
  6. Carte spéciale des régions dévastées, document mentionné en liens externes, 1920.
  7. Journal officiel du 6 novembre 1920, p. 17584.
  8. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Cécile Latinovic, « HAUTE-SOMME Moreuil exclue des projets de fusions intercommunaux? », Le Courrier picard, édition du Santerre,‎ (lire en ligne).
  10. « Coopération intercommunale : La préfète présente un nouveau schéma départemental » [doc], Communiqué de presse, Préfecture de la Somme, (consulté le 15 mai 2016).
  11. Vincent Fouquet et Cécile Latinovic, « Haute-Somme : La nouvelle carte du territoire fait réagir les présidents : La révélation de la nouvelle carte du département, et des découpages des intercommunalités fait réagir les présidents, qui sont majoritairement satisfaits », Le Courrier picard,‎ (lire en ligne).
  12. Carlos Da Silva, « Intercommunalité - Moreuil accepte l’idée de fusionner avec le Val de Noye, mais veut voir plus grand : Les élus de la CCALM (Communauté de communes Avre, Luce et Moreuil) ont validé le projet de fusion avec Ailly-sur-Noye, mais veulent aussi étudier l’idée d’un rapprochement plus élargi, avec notamment Montdidier et Roye », Le Courrier picard, édition du Santerre,‎ (lire en ligne).
  13. « Somme, la CDCI valide des projets de fusion d’ECPI », Décideurs en région,‎ (lire en ligne).
  14. « Arrêté préfectoral du 22 décembre 2016 portant création de la communauté de communes Avre Luce Noye issue de la fusion de la communauté de communes Avre Luce Moreuil et de la communauté de communes du Val de Noye à compter du  » [PDF], Préfecture de la Somme (consulté le 15 août 2017).
  15. « Les maires de Villers-aux-Érables », sur http://www.francegenweb.org (consulté le 10 septembre 2017).
  16. [xls] « Liste des maires de la Somme », sur http://www.somme.pref.gouv.fr, (consulté le 16 mai 2009)
  17. « Liste des maires de la Somme » [xls], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme, (consulté le 9 juin 2014)
  18. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  19. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  20. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  21. Section photographique de l'armée, « Photo : Villers-aux-Érables. Le château : la chapelle ; intérieur », Fonds des Albums Valois - Département de la Somme - Volume 14, Argonnaute - Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, (consulté le 8 septembre 2017).
  22. Oswald Macqueron, « Aquarelle : Église de Villers-aux-Erables, d'après nature, 1877. », Documents numérisés, fonds Macqueron, Bibliothèque municipale d'Abbeville (consulté le 6 septembre 2017).
  23. Alcius Ledieu, Moreuil et son canton, Paris, Picard, , 98 p., p. 90-91
  24. Raphaële Delas, Aimé et Louis Duthoit, derniers imagiers du moyen-âge, , p. 349 & 354
  25. Alcius Ledieu, Moreuil et son canton, Paris, Picard, , 98 p., p. 91
  26. « La chapelle sépulcrale », Histoire, Mairie de Villers-aux-Érables, (consulté le 8 septembre 2017).
  27. a et b André Guerville, Chapelles et oratoires en Pays de Somme, Abbeville, imp. Frédéric Paillart, coll. « Richesses en Somme », 4e trimestre 2003, 302 p., p. 225 (ASIN B000WR15W8).
  28. Section photographique de l'armée, « Photo : Villers-aux-Érables. Le château, le soir de l'attaque française après le bombardement par 220TR », Fonds des Albums Valois - Département de la Somme - Volume 14, Argonnaute - Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, (consulté le 8 septembre 2017).
  29. Section photographique de l'armée, « Photo : Villers-aux-Érables. Le château », Fonds des Albums Valois - Département de la Somme - Volume 14, Argonnaute - Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, (consulté le 8 septembre 2017).
  30. Section photographique de l'armée, « Photo : Villers-aux-Érables. Le château et le parc », Fonds des Albums Valois - Département de la Somme - Volume 14, Argonnaute - Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, (consulté le 8 septembre 2017).
  31. Christian du Passage, Châteaux disparus dans la Somme, Amiens, CRDP, , 150 p., p. 63, 134-135
  32. A. Guilbert, architecte, « Gravure : Château de Villers-aux-Erables - Façades principale et postérieure (Architecte - 1910) », Documents numérisés, fonds Macqueron, Bibliothèque municipale d'Abbeville (consulté le 7 septembre 2017).