Louis Nicolas Davout

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Louis Nicolas Davout
Louis Nicolas Davout
Le maréchal Louis Nicolas Davout, duc d'Auerstaedt et prince d'Eckmühl de Tito Marzocchi de Bellucci d'après Claude Gautherot, 1852, château de Versailles.

Surnom « Le Maréchal de fer »
« La Bête de Hambourg »
Naissance
Annoux, Yonne
Décès (à 53 ans)
Paris
Origine Français
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 1788-1815
Commandement 3e corps et autres.
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Faits d'armes Bataille de Neerwinden
Campagne d'Égypte
Bataille d'Austerlitz
Bataille d'Auerstaedt
Bataille d'Eylau
Bataille d'Eckmühl
Bataille de Wagram
Bataille de la Moskova
Siège de Hambourg
Bataille de Rocquencourt
Distinctions Maréchal d'Empire
Grand aigle de la Légion d'honneur
Duc d’Auerstaedt
Prince d'Eckmühl
Pair de France
voir section « Décorations »
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile (13e colonne, DAVOUST).
Autres fonctions Gouverneur-général du
Grand-duché de Varsovie
Gouverneur-général des villes hanséatiques
Ministre de la Guerre
Maire de Savigny-sur-Orge

Louis Nicolas d’Avout puis Davout, duc d'Auerstaedt, prince d'Eckmühl, né le à Annoux dans l'Yonne et mort le à Paris, est un général français de la Révolution et de l’Empire, élevé à la dignité de maréchal d'Empire par Napoléon en 1804.

Issu d'une famille de petite noblesse, Davout fait ses premières armes dans l'armée de l'Ancien Régime avant d'embrasser les idées révolutionnaires et de devenir dès 1791 chef de bataillon des volontaires de l'Yonne. Dès lors, son avancement est fulgurant : général de brigade en juillet 1793, il participe à la campagne d'Égypte sous les ordres de Napoléon Bonaparte avant d'être promu général de division en 1800. Il inaugure son nouveau commandement en prenant la tête de la cavalerie de l'armée d'Italie avec laquelle il se signale à Pozzolo. Le 19 mai 1804, Napoléon, devenu empereur, élève Davout à la dignité de maréchal d'Empire.

Davout joue un rôle majeur lors des guerres napoléoniennes, notamment à Austerlitz en 1805 et à Auerstaedt en 1806 où il met en déroute la principale armée prussienne. En récompense de cette dernière victoire, l'Empereur lui octroie, le 25 octobre 1806, l'honneur d'entrer le premier dans Berlin. Davout se distingue par la suite à la bataille d'Eylau, avant d'occuper les fonctions de gouverneur général du grand-duché de Varsovie. Commandant en chef de l'armée d'Allemagne en l'absence de l'Empereur, il participe avec brio à la campagne d'Allemagne et d'Autriche à l'issue de laquelle il reçoit le titre de prince d'Eckmühl. Employé en Russie, où il dirige le Ier corps, puis en Allemagne après la retraite des troupes françaises, Davout s'enferme dans Hambourg et résiste aux attaques des armées alliées jusqu'à la chute du régime impérial. Passif sous la Première Restauration, le maréchal se rallie pendant les Cent-Jours à Napoléon Ier qui le nomme ministre de la Guerre. Après la défaite de Waterloo, il se retire dans ses terres de Savigny-sur-Orge et meurt de maladie le 1er juin 1823 à Paris, à l'âge de 53 ans.

Considéré comme le meilleur subordonné de Napoléon sur le plan tactique, Davout est le seul maréchal de l'Empire à être resté invaincu au cours de sa carrière militaire. D'un caractère difficile et exigeant à l'encontre de ses officiers, il se montre particulièrement sévère sur l'entraînement et la discipline de ses troupes. Il est toutefois sévèrement critiqué par l'Empereur à Sainte-Hélène qui déclare, amer : « Il a fini par trahir comme les autres quand il a vu ma cause en péril, et, quand il l'a vue perdue, il a voulu conserver ses honneurs et tout ce qu'il me devait de richesses et de grandeurs ; il m'a mal servi […] Vous ne connaissez pas les hommes, vous ne connaissez pas Davout comme moi »[1].

Jeunesse et origines familiales[modifier | modifier le code]

Article connexe : Famille d'Avout.

« Quand un D'Avout sort du berceau, une épée sort de son fourreau. »

— Adage de la famille D'Avout.

Louis Nicolas d’Avout, né le à Annoux dans l'Yonne[2], est le fils de Jean François d’Avout et d’Adélaïde Minard de Velars[3]. Issu d’une famille de noblesse d’épée destinant traditionnellement ses enfants au service du roi[4], Louis Nicolas, qui va s’affirmer tout au long de sa carrière comme un spécialiste du combat d’infanterie, naît dans une famille tournée vers la cavalerie. Son père, comme son grand-père avant lui, est officier au régiment Royal-Champagne cavalerie.

En 1779, alors qu’il a neuf ans, son père meurt des suites d’un accident de chasse[5]. Davout est alors placé, en début d’année 1780, au collège bénédictin d'Auxerre jusqu’à ce que ses aptitudes lui permettent, à la fin de l’été 1785, de faire partie des quelques cadets gentilshommes désignés pour l'École militaire supérieure de Paris[Note 1]. Davout intègre l’école militaire le [6], pour y rester trois ans. Le jeune Napoléon Bonaparte également pensionnaire de cet établissement, la quitte un mois plus tôt.

À sa sortie en février 1788, la France est en ébullition, la révolution en gestation glisse inexorablement des salons vers la rue. Louis Nicolas, qui rejoint le régiment de Royal-Champagne en qualité de sous-lieutenant, embrasse très vite la cause révolutionnaire. Sa sympathie pour les idées nouvelles le fait rapidement abandonner la particule ainsi qu’une pension de 200 livres[7] qu’il tient du roi depuis son entrée au collège d’Auxerre. Devenu l'un des principaux fauteurs de troubles[8] du régiment, Davout organise des banquets civiques, constitue un club politique et défie de manière systématique sa hiérarchie[Note 2]. Une attitude qui lui vaut d'être mis aux arrêts pendant six semaines à la citadelle d'Arras[9] avant d’être libéré contre sa démission de l'armée.

Révolution française[modifier | modifier le code]

Louis Nicolas Davout en uniforme de lieutenant-colonel des volontaires de l'Yonne, 1792.

Le , l’Assemblée constituante décrète la levée de 169 bataillons appelés à renforcer l’armée régulière affaiblie par les troubles internes et l’émigration des cadres[10]. La levée par le département de l’Yonne de quatre bataillons donne à Davout l’occasion de réintégrer l’armée. Il s’enrôle en tant que volontaire et est élu[Note 3] le , par 400 voix sur 585 votants[11] : lieutenant-colonel du 3e bataillon de volontaires de l'Yonne. Il se marie, dans la foulée, avec Marie de Séguenot — avec laquelle, il divorce pour inconduite deux ans plus tard[11].

Affecté le à l'armée du Nord, après plusieurs mois de cantonnement à l'armée du Centre, Davout se voit chargé, avec son bataillon, de surveiller les mouvements de l'ennemi et de sécuriser les communications entre les garnisons de Condé et de Valenciennes[12]. Réputé pour la bonne tenue de ses troupes et pour l’énergie qu’il déploie à harceler l’ennemi, Davout se distingue rapidement. Il parvient à prendre d’assaut les lignes de Péruwelz[13] en novembre 1792, il poursuit vigoureusement les troupes du feld-maréchal Clerfayt suite à la bataille de Jemappes et se signale avec son bataillon, malgré la défaite, à la bataille de Neerwinden[14] en mars 1793. C'est toutefois un événement singulier, paradoxalement éloigné des champs de bataille qui va mettre en lumière les capacités du jeune Davout. Le , le général Dumouriez — alors commandant de l'armée du Nord — fait arrêter et livrer à l’ennemi le ministre de la Guerre Beurnonville ainsi que quatre commissaires envoyés par la Convention afin d'obtenir des éclaircissements sur sa conduite[15]. Les rumeurs de trahison se confirmant, Davout décide — alors que la confusion est générale — de faire arrêter le général Dumouriez[16]. À leur rencontre, des coups de fusils sont tirés, mais le général parvient à s'enfuir et à rejoindre en fugitif le camp des coalisés[16].

Ce coup d'éclat vaut au 3e bataillon de l'Yonne ainsi qu'à son chef, d’être distingués par décret pour avoir « bien mérité de la patrie »[17]. Davout reçoit également, en récompense de ses actions, le grade de général de brigade en juillet 1793 avec affectation provisoire à l'armée de l'Ouest[18]. Déployé sur le front vendéen, il participe à quelques combats mineurs avant d'être à nouveau promu[19]. Un avancement au grade de général de division, que Davout refuse toutefois en raison de son manque d’expérience dans le commandant d'une grande unité combattante. Ce refus, loin d'être pris pour un acte d'humilité, le rend au contraire suspect, du fait de son ascendance noble et du contexte de Terreur qui règne alors en France[Note 4]. Accusé d'être un ennemi de la Révolution, mis en disponibilité puis arrêté quelques heures avant d'être relâché, il est contraint de démissionner des armées le pour la seconde fois de sa carrière[20].

Davout ne réintègre l'armée qu'après la chute de Robespierre pour prendre part, durant l’hiver 1794, au siège de Luxembourg sous les ordres du général Ambert. Reversé à l'armée de Rhin-et-Moselle en 1795, il participe aux combats pour la prise puis la défense de Mannheim durant laquelle il est fait prisonnier avec toute la garnison, avant d'être relâché sur parole. De retour en activité en juin 1796, il rejoint l'armée du Rhin commandée par Moreau et participe au franchissement du Rhin, à l'avance victorieuse à travers l'Allemagne, mais aussi à la retraite restée célèbre qui le ramène à Kehl. C'est au cours du siège de cette ville que Davout se lie d'amitié avec Desaix, dont il restera le plus fidèle ami jusqu'à la mort de ce dernier.

Campagne d’Égypte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Campagne d'Égypte.

Davout parvient à rencontrer, grâce à l’entremise de Desaix, le général Bonaparte. Ce dernier, auréolé par ses victoires contre les Autrichiens sur le front italien, est alors employé à former une nouvelle armée destinée à une expédition contre la Grande-Bretagne. Leur première rencontre, qui a lieu le 22 mars 1798 à l’hôtel de la rue Chantereine[21] à Paris, est un échec. La première impression est mauvaise[22]. Toute l’influence du général Desaix est nécessaire pour permettre à Davout d’être intégré à la campagne d'Égypte à venir. Affecté à l’armée d’Orient en tant que général de cavalerie, Davout embarque à Marseille à bord de l’Alceste le , à destination d’Alexandrie. Il reçoit alors très vite le commandement de la cavalerie de Desaix (en remplacement du général de brigade Mireur, tué par un tir isolé) et marche sur Le Caire. La marche de l'armée est signalée par la bataille de Chebreiss, le 13 juillet, et enfin par la bataille des Pyramides le 21 qui ouvre les portes du Caire aux Français[23].

Gravure de François Louis Couché représentant Davout menant l'assaut d'une position mamelouk.

Tombé malade, Davout reste cantonné au Caire tandis que Desaix effectue plusieurs percées en Haute-Égypte. Il s’acquitte néanmoins durant sa convalescence de la remonte complète de la cavalerie[Note 5]. Grâce aux réquisitions drastiques qu'il opère dans la région, la cavalerie et l’artillerie deviennent opérationnelles en quelques mois. Disposant dès décembre de 1 000 cavaliers montés[25], il part rejoindre Desaix afin de poursuivre les troupes de Mourad Bey qui ne cessent d’échapper aux Français. Toutefois, le départ de Bonaparte pour la Syrie en février 1799 finit par créer en Basse-Égypte un vide aspirant toutes les rébellions[26]. Arabes et mamelouks, traqués sans répits en Haute-Égypte par les troupes de Desaix, viennent chercher refuge plus bas dans la vallée. Davout est alors envoyé à la tête de sa colonne mobile pour réprimer durement tout acte de rébellion. Il y maintient l’ordre jusqu’au 14 juin, date de retour au Caire de Bonaparte.

Le 14 juillet 1799, 16 000 Ottomans convoyés par une flotte britannique débarquent à Aboukir, dans la baie d’Alexandrie. Davout, à peine rétabli d’un nouvel épisode dysentérique, est relégué sur l’aile gauche de l’armée en vue de prévenir un éventuel retour offensif des mamelouks dans le dos des Français[27]. La bataille, menée par le général Bonaparte, donne lieu à une brillante victoire de l'armée d'Égypte. Murat, à la tête de la cavalerie – y compris de la brigade Davout –, s’attribue une grande part de la victoire et est promu le soir même au grade de général de division. Déçu de n’avoir pu se distinguer au cours de cette bataille, Davout sollicite la faveur de participer au blocus de la citadelle encore aux mains des Ottomans. C'est sous son commandement que le camps français parvient dans la nuit du 29 au 30 juillet à repousser une sortie des assiégés, à les suivre dans leur retraite et à enlever leurs dernières positions. Complètement isolée et torturée par la soif[27], la garnison se rend le 2 août à la discrétion des Français[Note 6].

Le 22 août 1799, Bonaparte, apprenant la dégradation de la situation politique en France, quitte l’Égypte et confie le commandement supérieur à Kléber. Découragés par ce départ, les généraux restés sur place décident de ne pas suivre les instructions laissées par Bonaparte et entament dès le mois d'octobre des négociations afin de procéder au rapatriement du corps expéditionnaire français. Lors du conseil de guerre réuni par Kléber le 15 juillet 1800 à Salahieh, Davout est le seul officier à s'opposer à la ratification de la capitulation d'El Arisch[28] qui prévoit l’abandon de l’Égypte aux Anglais et aux Turcs. Alléguant à la suite de cet événement la fragilité de son état de santé[29], Davout obtient l'autorisation de rentrer en France. Kléber cherche à le retenir en lui offrant le grade de général de division mais Davout le refuse, saisissant habilement cette occasion pour marquer avec davantage d'éclat sa désapprobation vis-à-vis du traité[30].

Après une navigation tumultueuse en Méditerranée, au cours de laquelle les navires français sont interceptés par la Royal Navy et retenus malgré leurs laissez-passer[31], Davout finit par débarquer à Toulon le 3 mai 1800. Alors que Desaix part aussitôt rejoindre Bonaparte en Italie afin de lui rendre compte des événements qui se sont déroulés depuis son départ d'Égypte, Davout se retire auprès de sa famille en Bourgogne. Le témoignage appuyé que procure Desaix à Bonaparte fixe définitivement l'attention du nouveau Premier consul sur ce général connu jusqu’ici pour ses propos cyniques et ses excès jacobins de jeunesse. Desaix est tué quatre jours plus tard à la bataille de Marengo[32]. Le Premier consul, rentré le 2 juillet à Paris, nomme le même jour Davout général de division et commandant de la cavalerie de l'armée d'Italie[29].

Le Consulat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Consulat.
Napoléon inspectant les troupes de l'armée des côtes de l'Océan, armée regroupant les trois camps (Boulogne, Bruges et Montreuil) destinés à préparer l'invasion de l’Angleterre.

La seconde campagne d'Italie arrive à sa conclusion lorsque Davout prend ses fonctions à la tête de la cavalerie. Malgré sa mésentente[33] avec le général Brune[Note 7], il se signale en décembre 1800 à la bataille de Pozzolo où il force le passage du Mincio et décide du sort de la journée[34]. Ce brillant fait d'armes est toutefois éclipsé par l'éclatante victoire d'Hohenlinden remportée au même moment par l'armée du Rhin et qui contraint les Autrichiens à demander la paix.

De retour à Paris en mai 1801, ses amis Junot et Marmont l’introduisent dans le cercle des habitués de la Malmaison afin qu'il puisse se faire mieux connaître de Bonaparte. Le Premier Consul découvre alors un homme dévoué et instruit mais également préoccupé par certains aspects de la science militaire que les Français affectent de tenir généralement pour négligeables[35], tels que l'organisation, l'instruction et la discipline[36]. À l'heure où Bonaparte projette de faire des armées débraillées de la République le garant d'une paix inviolable, l'occasion lui est offerte de mettre en pratique ses idées à travers un homme capable de les comprendre et de les appliquer. Le 24 juin 1801, Davout est nommé inspecteur général des troupes à cheval[37] puis le 28 novembre, commandant des grenadiers à pieds de la garde consulaire[37]. Signe de son intérêt et de sa confiance grandissante pour Davout, Napoléon décide également de le marier à Aimée Leclerc, sœur du général Leclerc. Par cette alliance matrimoniale, Davout intègre ainsi le cercle familial du Premier Consul en devenant son beau-frère au second degré. Le mariage est célébré le 9 novembre 1801.

Le 17 mai 1803, après un an de paix, le gouvernement britannique décide, sans déclaration de guerre préalable, de saisir tous les navires français et hollandais à sa portée. Conséquence de la reprise des hostilités, Davout reçoit dès le mois d'août le commandement du camp de Bruges[38] avec pour mission de protéger les côtes de l'embouchure de l'Escaut jusqu'à Calais, et d'organiser sur cette partie du littoral l'armée qui doit permettre la conquête du Royaume-Uni. Il déploie, au cours de ces deux années, une activité frénétique[39] qui lui permet de façonner les 25 000 hommes[35] dont il a la charge et de tisser un esprit de corps qui va distinguer sous l'Empire le 3e corps de Davout de tous les autres[40],[41].

Maréchal d'Empire[modifier | modifier le code]

Les débuts de l'Empire et la bataille d'Austerlitz[modifier | modifier le code]

Articles connexes : 3e corps d'armée et Bataille d'Austerlitz.
La Distribution des Aigles de David (1810) dépeint la cérémonie du Serment de l'armée à l'Empereur du 5 décembre 1804. Les maréchaux d'Empire sont représentés à gauche en tenues d'apparat. Le maréchal Davout figure à la droite de ses pairs, au centre du tableau.

Le 19 mai 1804, au lendemain de la proclamation du régime impérial, Davout est élevé à la dignité de maréchal d'Empire[42]. Encore relativement méconnu tant du grand public que de ses pairs, sa nomination apparaît comme une surprise[43] dans cette liste où se côtoient les noms les plus prestigieux des guerres de la Révolution[Note 8]. Il devient, à 34 ans, le plus jeune des maréchaux de la première promotion et l'un des quatre maréchaux à être distingué du titre de colonel général de la Garde impériale[45].

Confronté à la formation d'une nouvelle coalition européenne financée par la Grande Bretagne et à l'inaction du vice-amiral Villeneuve alors réfugié à Cadix, Napoléon se voit contraint à l’été 1805 de renoncer à son projet d'invasion de l’Angleterre et à marcher contre les armées austro-russes qui viennent d'envahir la Bavière, alors alliée de la France[46]. En conséquence, le 29 août, l'aile droite de l'armée de l'Océan commandée par Davout, qui devient officiellement le 3e corps de la Grande Armée[47], reçoit l'ordre de marcher sur Vienne. Davout franchit le Rhin le 23 septembre à Mannheim[48], écrase le 8 novembre à Mariazell[49] le corps d'armée du général Merveldt, rescapé de l'encerclement des forces autrichienne à Ulm, et fait son entrée à Vienne.

Alors que Napoléon s'est avancé en Moravie afin d'attirer les forces austro-russes dans une bataille qu'il espère décisive[50], Davout tient garnison à Vienne afin de protéger le flanc est du dispositif français et prévenir toute surprise venant de Hongrie[50]. Il reçoit l'ordre, le 29 novembre au soir, de rallier en toute hâte le gros de l'armée et de se placer sur son flanc droit. Il effectue alors avec ses troupes une marche de 112 km en 44 heures qui lui permet de rejoindre la Grande Armée le soir précédant la bataille. Afin de persuader les Alliés que son aile droite est le point faible de son dispositif, Napoléon place délibérément peu de troupes sur son flanc droit afin d'inciter les Alliés (qui ne peuvent croire en la présence du 3e corps dans des délais si restreints) à quitter leur position dominante du plateau de Pratzen pour envelopper les Français par la droite et ainsi dégarnir leur centre[51]. Le 3e corps de Davout, amputé de la division Caffarelli, détaché auprès de Lannes[52], contient ainsi pendant toute la matinée du 2 décembre 1805 l’offensive ennemie sur Sokolnitz et Telnitz, dirigée en quatre colonnes par les généraux Przybyszewski, Langeron, Dokhtourov et Kienmayer[53]. La solidité des régiments du 3e corps est telle que les vagues successives du corps d'armée entier qui est engagé contre eux ne parviennent pas à les rompre[54]. Le village de Sokolnitz, qui connaît de 10 heures à midi le plus fort des combats[55], change de main à six reprises avant de rester définitivement au pouvoir des Français. Davout, qui dispose d'un faible nombre de troupes pour verrouiller l’aile droite française, parvient grâce à l’utilisation intensive de l’infanterie légère à fixer ses adversaires et à couper leur communication, lui permettant d’alterner au gré des manœuvres de l’ennemi les contre-offensives sur l'un des deux villages qu'il lui a été ordonné de défendre[56]. Les pertes sont toutefois sévères : le 3e corps perd en une journée de bataille le tiers de son effectif[54]. La division Friant du 3e corps est la division de la Grande Armée à avoir le plus souffert au cours de cet affrontement, perdant 325 tués et 1 660 blessés, soit les 3/5e de son effectif[57]. Il est à noter qu'au cours de cette campagne, le maréchal opère pour la première fois sous les ordres de l'Empereur, qui lui a confié le commandement de son aile droite, honneur traditionnellement réservé dans l'armée française, au plus ancien des généraux[54].

Bataille d'Auerstaedt[modifier | modifier le code]

L’Entrée de Napoléon à Berlin par Charles Meynier (1810). Suite à sa victoire à Auerstaedt, le 3e corps a l'honneur d'entrer le premier à Berlin. À ce titre, Davout est représenté au premier plan aux côtés de Soult, à droite de l'Empereur[58].

« Le corps du maréchal Davout a fait des prodiges; non seulement il contint, mais mena battant, pendant plus de trois heures, le gros des troupes ennemies qui devaient déboucher du côté de Köesen. Ce maréchal a déployé une bravoure distinguée et de la fermeté de caractère, première qualité d'un homme de guerre. »

— 5e bulletin de la Grande Armée, 15 octobre 1806[59].

La Prusse refusant d'admettre la constitution d'une confédération allemande sous hégémonie française[60] et craignant, à la suite du traité de Presbourg, d'être la grande perdante des négociations en cours entre la France, la Russie et le Royaume-Uni[60], décide de sortir de sa neutralité et d'affronter seule les vainqueurs d'Austerlitz. Le 9 août 1806, Frédéric-Guillaume III décrète la mobilisation de son armée et entre le 13 septembre en Saxe[61]. Tandis que Napoléon se dirige vers Iéna qu'il pense occupé par le gros des troupes prussiennes, le 3e corps reçoit l'ordre de se porter en direction de Naumburg afin de prendre l'ennemi à revers et frapper ses arrières[Note 9]. Les renseignements concernant la présence à proximité d'un « grand corps de troupes »[63] se précisant, Davout verrouille les passages de l'Unstrut à Freyburg et de la Saale à Kösen, avant de diriger ses troupes dans la nuit du 13 au 14 octobre en direction du plateau de Hassenhausen. C'est sur cette position surélevée, amenée à devenir le pivot du dispositif tactique français[64] que vont se succéder par vagues, dès l'aube, les principales attaques des forces prussiennes.

Combattant en large infériorité numérique, à un contre deux face aux principaux commandants de l'armée prussienne, Davout dirige toute la matinée la résistance des carrés de la division Gudin de part et d'autre de Hassenhausen. Il ne cède la responsabilité des combats sur son centre à Gudin qu'à partir de 11 heures pour prendre en charge le mouvement de la division Morand sur sa gauche et entamer sa contre-offensive. L'armée prussienne, épuisée, mal coordonnée et déstabilisée par ses lourdes pertes, dont celle de son général en chef le duc de Brunswick, est dès lors rejetée au-delà du Lissbach. La division Gudin, fortement diminuée par les combats de la matinée, reçoit à trois heures[65] l'ordre de quitter ses positions et de marcher sur l'ennemi, une audace psychologique qui précipite définitivement la retraite prussienne.

L'armée prussienne forte de 54 000 hommes, dont 14 000 cavaliers, est défaite. 10 000 prussiens sont mis hors de combat contre 7 000 côté français. Le 3e corps fait 3 000 prisonniers et prend 115 pièces d'artillerie à l'ennemi. La cavalerie prussienne, alors la plus réputée d'Europe, est anéantie. De ses troupes, Davout écrit le soir du 14 octobre à Berthier : « Tout le monde a fait son devoir. L'infanterie a fait ce qu'on devait attendre de la meilleure infanterie du monde »[66]. Cette victoire face à l'élite de l'armée prussienne est d'autant plus brillante que Bernadotte, laissé en réserve sur les hauteurs de Dornbourg, à quelques kilomètres, lui refuse au cours de cette journée le soutien de son propre corps d'armée. Ce grand fait d'armes aurait probablement dû rendre Davout plus célèbre, si Napoléon n'avait remporté le même jour la bataille d'Iéna face à des troupes pourtant moins nombreuses. Le 3e corps reçoit toutefois en récompense de cette victoire l'honneur d'entrer, le 25 octobre 1806, le premier dans Berlin. Davout est quant à lui fait duc d'Auerstaedt le 1er mars 1808[67].

Davout et la Pologne (1806-1808)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Bataille d'Eylau.
Napoléon sur le champ de bataille d'Eylau par Antoine-Jean Gros (1808). Napoléon, entouré de ses maréchaux, visite le champ de bataille d'Eylau au lendemain des combats. Davout figure dans cette scène, derrière Soult, à droite de l'Empereur[68].

Alors que les débris de l'armée prussienne sont achevés à Lübeck et Magdebourg[69], les hostilités qui se poursuivent contre les Russes transforment la campagne de Prusse en campagne de Pologne. L'armée russe, prise de vitesse par les fulgurantes victoires d'Iéna et d'Auerstaedt, est contrainte de se replier derrière la Vistule[70]. Après une combinaison de combats d’arrière-garde non décisifs, Napoléon décide de les contraindre à la bataille. Le 8 février 1807, Davout reçoit à Eylau l'ordre de se déployer face à la gauche de l'armée russe commandée par Bagration et de la déborder vers le nord en direction de la route de Friedland[71]. Ne disposant pas d'artillerie jusqu'à 18 heures en raison des conditions météorologiques, le 3e corps paye un lourd tribut dans sa progression. Davout est également légèrement atteint, son cheval tué sous lui. Si la charge générale conduite par Murat rétablit la situation suite à l'anéantissement dans la tempête du corps d'Augereau, c'est la progression ininterrompue du corps de Davout sur le flanc russe, combinée au débordement tardif de Ney sur la route de Königsberg[72] qui, en menaçant les arrières et les voies de retraite des forces de Bennigsen, finit par décider du sort de la journée[73],[74]. À l'image de l'armée française, le 3e corps de Davout est durement touché. La division Morand perd au cours de cette journée son divisionnaire, blessé, ainsi que la moitié de son effectif mis hors de combat.

Uhlans de l'armée du grand-duché de Varsovie, par Janvier Suchodolski.

Les hostilités reprennent en juin 1807 et s'achèvent 14 jours plus tard avec la victoire de Friedland, à laquelle le 3e corps ne participe pas[75]. À la suite de la signature des traités de Tilsit, la Pologne, partagée 12 ans auparavant entre la Russie, la Prusse et l'Autriche, est partiellement reconstituée en grand-duché. Davout, apprécié pour ses talents d'organisateur, est nommé par l'Empereur gouverneur général le 15 juillet 1807[76]. À ce titre, il reçoit le commandement de toutes les troupes stationnées sur le territoire du grand-duché et la charge d'organiser la création d'une armée nationale de 30 000 hommes. Il acquiert pour prix de ses services au cours de la précédente campagne et au titre de ses nouvelles fonctions 18 % des domaines polonais récupérés par la France sur la Prusse[Note 10], faisant de lui le donataire le mieux pourvu sur les vingt-six généraux concernés par le décret du 30 juin 1807. Il devient ainsi, avec Berthier, l'un des maréchaux les mieux dotés de l'armée, disposant au printemps 1809 d'une rente annuelle estimée à 910 840 francs[78].

Au cours de son mandat, le maréchal exerce une tutelle sévère et parfois envahissante. Du fait de la prédominance des questions militaires, de l'éclat de son nom et de l'état de désorganisation du jeune État polonais, il intervient sur tous les sujets qu'il juge concerner l’intérêt de la Pologne et de la France. Partisan enthousiaste de l’indépendance polonaise, Davout est également apprécié de la population polonaise[79]. Il n'hésite d'ailleurs pas à rappeler à l’Empereur, au sujet de la Pologne, « qu’un allié vaut plus qu’un esclave ». Ses opinions pro-polonaises sont toutefois interprétées à Paris comme étant intéressées. Si un royaume polonais indépendant venait à être créé, on aurait besoin d’un roi, et Davout par son zèle affichait sa disponibilité. Cette ambition, largement instrumentalisée par ses ennemis au cours des années suivantes, marque le premier signe d’un déclin dans ses rapports avec Napoléon. L'Empereur aurait un jour déclaré au maréchal : « eh bien, Davout, les commérages disent que vous êtes devenu obsédé avec l’ambition et que vous travaillez à devenir le roi de ce pays »[80].

Campagne d'Allemagne et d'Autriche (1808 - 1809)[modifier | modifier le code]

« Regardez ce Davout comme il manœuvre. Il va encore me gagner cette bataille-là ! »

— Napoléon, le 22 avril 1809 quatorze heures, sur les hauteurs de Lintach - Campagne d'Eckmühl[81].

Le maréchal Davout en campagne, par Louis Bombled.

Au printemps 1808, le climat change brusquement. Le soulèvement de Madrid puis la promotion de Joseph Bonaparte au trône d'Espagne attisent le désir de revanche des chancelleries européennes[82]. Napoléon, qui est contraint d'intervenir personnellement en Espagne, nomme par décret du 12 octobre 1808 Davout au commandement de la nouvelle armée du Rhin[83]. Il dispose à ce titre de l'ensemble des troupes stationnées en Allemagne, soit un total de 100 000 hommes[84] ; chiffre considérable qui mesure la confiance que l'Empereur lui porte.

Le 9 avril 1809, l'Autriche envahit la Bavière sans déclaration de guerre. Berthier, qui, en l'absence de Napoléon, détient le commandement des opérations sur ce front, multiplie au cours de ce début de campagne les ordres et les contres-ordres à l'attention du corps de Davout fraîchement reconstitué. Le 3e corps, qui couvre la rive nord du Danube, reçoit l'ordre d'effectuer un mouvement rétrograde sur Ratisbonne[85]. Malgré ses protestations face à cette décision, jugée insensée[86], Davout est contraint de s'incliner face à un ordre formel[85]. Rentré d'Espagne le 17 avril, Napoléon prend la mesure de l'erreur commise par Berthier : « ce que vous avez fait là me parait si étrange que si vous n'étiez pas mon ami, je pourrais croire que vous me trahissez car enfin, Davout se trouve en ce moment plus à la disposition du prince Charles qu'à la mienne ! »[87]. De cet épisode naît une haine profonde et mutuelle entre les deux maréchaux. Berthier est humilié publiquement tandis que Davout, dangereusement isolé sur la ligne de front, est contraint d'évacuer en toute hâte sa position.

Le 19 avril au matin, alors que Davout évacue Ratisbonne, l'archiduc Charles parvient à accrocher le 3e corps sur la route de Neustadt[88]. Les troupes autrichiennes, dispersées et lentes à manœuvrer, laissent au 3e corps, privé de son artillerie ainsi que de ses deux divisions de tête, le temps de s'installer solidement sur les hauteurs du Kirchberg[89]. Davout, n'ayant que les divisions Saint-Hilaire et Friant à opposer au 3e corps autrichien d'Hohenzollern, parvient à se servir du paysage morcelé et boisé, propice aux harcèlements des tirailleurs, pour repousser les assauts des Autrichiens et leur infliger de lourdes pertes. Peu habitués à combattre sur un terrain limitant les grandes manœuvres et ce face à un adversaire sachant tirer parti des avantages du terrain, les Autrichiens ratent l'occasion offerte par l'erreur de Berthier d’anéantir l'un des corps d'élite de l'armée napoléonienne.

La campagne d'Eckmühl dite des « Quatre-Jours » se poursuit le 21 août pour Davout. Sa jonction opérée avec les forces de Lefebvre le 20 lui permet d'attaquer près d’Eckmühl ce que Napoléon pense être l'arrière-garde autrichienne. Les troupes qu'il conduit se trouvent en fait rapidement engagées contre cinq corps d’armée dirigés par l'archiduc Charles[90]. Malgré les forces considérables qui lui font face, Davout parvient à conserver l'initiative et à se rendre successivement maître de plusieurs positions clés[91]. Par son activité, son sens tactique et son utilisation intensive de l'artillerie, qu'il dirige personnellement une grande partie de la journée[92], Davout réussit à fixer l'armée autrichienne qui, craignant de faire déjà face à Napoléon, reste ce jour-là, au rebours de ses projets, sur une prudente expectative[Note 11]. Napoléon, qui n'a pas accordé jusqu'ici une foi entière aux nombreux courriers de Davout faisant état de la supériorité numérique des troupes qui lui sont opposés depuis trois jours, finit par se rendre à l'évidence au soir du 21. Il se résout, à la suite de sa victoire à Landshut, à marcher en direction d'Eckmühl et charge le 3e corps d'attaquer le centre ennemi dès l'arrivée de son avant-garde. Les Autrichiens, peu fixés dans leurs intentions, restent inactifs le 22 avril jusqu'à ce que Davout lance, vers 14 heures, conformément aux ordres reçus, son attaque sur les lignes autrichiennes. Il parvient avec 30 000 hommes à prendre les villages d'Unter et d'Ober-Leuchling et à repousser, après d'âpres combats et de violents duels d'artillerie, le corps de Rosenberg vers la chaussée d'Eckmühl. Son centre enfoncé, sa gauche acculée par les forces combinés de Lannes et de Vandamme, le prince Charles n'a plus d'autres choix que de se retirer sur Ratisbonne et de sacrifier sa cavalerie lourde pour couvrir sa retraite. Le maréchal Davout, pour avoir si exactement rempli les intentions de l'Empereur au cours de ce début de campagne, reçoit le titre de prince d'Eckmühl.

Après la prise de Ratisbonne le 23 avril[93], l'armée impériale amorce son mouvement sur Vienne. Le 3e corps, laissé en arrière-garde, ne fait son entrée dans la capitale autrichienne que le 21 mai, au premier soir de la bataille d'Essling. La victoire qui semble se dessiner pour les Français le 21 leur échappe le 22. Le Danube en crue disloque les ponts et isole Napoléon ainsi que la moitié de l'armée sur la rive gauche du Danube. Davout, impuissant, ne peut qu'assister à la lutte de 50 000 Français contre 90 000 Autrichiens[94]. Prenant alors en charge le sauvetage de l'armée, Davout organise la réparation des ponts, la réquisition des bateaux et des munitions[95] afin d'approvisionner au plus vite l'armée[96]. Il parvient également dans ce laps de temps à contenir l'insurrection qui menace à Vienne en dispersant les attroupements avec les cuirassiers de Nansouty et l'infanterie de Morand[97]. Dans la nuit du 22 au 23 mai, le premier pont est de nouveau opérationnel. Davout se place alors en personne à son entrée pour organiser, sous le feu de l'ennemi, l'évacuation des blessés et l'arrivée des renforts[98]. La situation de l'armée française stabilisée, les deux armées se retranchent progressivement sur leurs rives et se livrent au cours du mois de juin à des duels à distance.

L'Empereur Napoléon Ier à Wagram, juillet 1809 par Hippolyte Bellangé (1841). Napoléon observe, dans cette scène restée célèbre[99], les colonnes de fumées dépassant la tour de Markgrafneusiedl sur sa droite qui annonce le succès de Davout et par conséquent celui de la journée [100],[101].

L'arrivée le 21 juin de l'armée d'Italie[102], commandée par le prince Eugène, permet à Napoléon d'envisager une nouvelle bataille. Le 3e corps, dispersé depuis plus de deux mois, est finalement regroupé sous l'autorité de Davout. Aux divisions Gudin, Friant et Morand, surnommés par Napoléon le « brelan », vient également s'ajouter la division Puthod[103]. Le 3e corps, qui forme l'aile droite de l'armée, marche le 5 juillet sur la route Vienne-Brünn sans rencontrer de réelle opposition. Ce n'est qu'à 19 heures qu'ordre est donné par Napoléon de prendre le village de Neusiedl, position clé dans la prise du plateau de Wagram[104]. Toutefois, en raison d'un ordre tardif et d'un manque de coordination avec les corps d'Oudinot et de Bernadotte, l'attaque manque d'ensemble et finit par échouer face à des forces autrichiennes bien retranchées[104]. Cet échec contraint Napoléon à laisser l'initiative aux Autrichiens[105]. Seul Davout reçoit en prévision de la journée du 6 un ordre de mouvement, à savoir déborder l'armée autrichienne par la droite[105]. Au matin du 6 juillet, le corps de Rosenberg franchit la Russbach pour prendre d'assaut la droite française. Le 3e corps, qui se prépare à passer à l'offensive, repousse promptement l'attaque et parvient à faire près de 800 prisonniers[106]. Souhaitant économiser le sang de ses hommes, Davout décide — malgré l'insistance de Napoléon — de ne pas poursuivre les Autrichiens et de précéder l'assaut de l'infanterie par une intense préparation d'artillerie. Le 3e corps attaque avec vigueur le corps de Rosenberg deux heures plus tard, le culbute avant d'aborder sous un feu nourri les hauteurs fortifiées de Markgrafneusiedl que ses soldats parviennent à prendre sous les yeux de l'armée française, laquelle attend dans la plaine le succès de ce mouvement d'autant plus important qu'elle connaît, sur sa gauche, de sensibles revers. Le maréchal poursuit alors sa marche victorieuse sur Wagram, qu'il enlève conjointement avec Oudinot, forçant les Autrichiens à battre en retraite. Le 3e corps comptabilise à lui seul au cours de cette journée 6 000 tués ou blessés, soit l’effectif d'une division[107]. Davout et la plupart des officiers généraux ont été démontés, Gudin blessé à plusieurs reprises est évacué du champ de bataille. Les Autrichiens, battus à Znaïm le 11 juillet, finissent par demander un armistice qui est signé à Schönbrunn le 14 octobre.

La Campagne de Russie[modifier | modifier le code]

Articles connexes : 1er corps et Campagne de Russie (1812).
Le maréchal Davout au monastère de Tchoudov, Moscou par Vassili Verechtchaguine (1900).

En 1812, Napoléon lui confie la tâche d’organiser le corps d’observation de l’Elbe, composé de 70 000 hommes, qui devient le 1er corps de la Grande Armée pour la campagne de Russie. Il obtient pendant cette campagne une victoire sur les Russes à Moguilev mais ne parvient pas à encercler l’armée russe de Bagration du fait de la lenteur de Jérôme Bonaparte, chargé de l’aile droite de la Grande Armée. Davout pleure la mort de son fidèle général de division, Gudin, tué à la bataille de Valoutina Gora. Son cheval est tué sous lui lors de la bataille de la Moskova. Le général Sorbier l'ayant vu s'écrouler, il annonce sa mort à Napoléon qui lui envoie son chirurgien Larrey. Son plan qui consiste à contourner la gauche de l'ennemi avec le 1er corps et les Polonais n'est pas retenu par Napoléon lors de cette bataille, qui est une véritable boucherie pour ouvrir la route de Moscou.

Davout assure, alternativement avec Ney, le commandement de l'arrière-garde de l'armée lors de la terrible retraite de Russie. Davout perd son bâton de maréchal à la bataille de Krasnoï (il est aujourd'hui exposé au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg). Une réplique de ce bâton est conservée dans les collections du musée de l'Armée[108].

Campagne d'Allemagne (1813)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Siège de Hambourg.

En 1813, il commande l’aile gauche de l’armée française en Allemagne. Victorieux et seul invaincu français de la campagne, il doit, à la suite des échecs de ses collègues et de Napoléon lui-même, se replier dans le secteur militaire de Hambourg qu’il fait fortifier et approvisionner. Il établit son quartier général à Hambourg (30 mai 1813) ; il y est bientôt assiégé par l’ennemi victorieux. En vain, les armées russe, prussienne et suédoise, formant un total de 80 000 hommes, cherchent-elles à s’emparer de la place et à ébranler la fermeté du prince d’Eckmühl ; leurs menaces et leurs efforts sont également inutiles.

Il tient la place jusqu'à l'abdication de Napoléon en avril 1814. Refusant d'accorder le moindre crédit aux affirmations des officiers alliés, il fait tirer sur le drapeau fleurdelisé du roi de France, maladroitement hissés par les Prussiens pour le convaincre. Il consent finalement à remettre la ville au général Gérard, porteur des ordres de Louis XVIII, qui enjoignent au général de prendre le commandement du corps de Davout et de l'évacuer de Hambourg.

Première Restauration[modifier | modifier le code]

Article connexe : Première Restauration.

À peine rentré en France, le maréchal Davout se voit signifier par le ministre de la Guerre l'ordre de ne pas résider à Paris[109]. Il se retire alors dans son domaine de Savigny-sur-Orge[110]. Le 17 juin, moins d'une semaine après son arrivée, le général Dupont de l'Étang l'informe que le roi a reçu des plaintes sur son comportement à Hambourg[110]. Trois accusations sont portées contre lui : avoir fait tirer sur le drapeau blanc après avoir acquis la certitude du rétablissement des Bourbons, avoir accaparé les fonds de la banque de Hambourg et avoir « commis des actes arbitraires qui tendaient à rendre odieux le nom français[109] ». Après avoir reçu fin juin les archives de son commandement, Davout rédige le Mémoire de M. le Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl au Roi qu'il envoie à Louis XVIII le 20 juillet[111]. Dans cet ouvrage d'une trentaine de pages, il réfute scrupuleusement toutes les accusations portées contre lui, sans céder au style courtisan en vogue à l'époque[112]. Le 26 juillet, le ministre de la Guerre l'informe que le roi a accepté son Mémoire, qu'aucune poursuite ne sera menée contre lui, et qu'il est même autorisé à publier le document pour faire taire les critiques[112].

Malgré cela, le maréchal est poursuivi par la vindicte des milieux ultra-royalistes et Louis XVIII est contraint de le maintenir en disgrâce[113]. Une démarche collective des maréchaux, y compris des très « en cour » Ney et Soult, ne parvient pas à faire infléchir la position du souverain[114]. Cette disgrâce a deux conséquences : la propriété de Davout devient assez vite un repère de mécontents et de bonapartistes, et le maréchal lui-même n'est pas appelé à venir prêter son serment de fidélité au nouveau souverain[115]. C'est donc sans états d'âme qu'il rallie Napoléon dès son entrée aux Tuileries lors des Cent-Jours[116].

Les Cent-Jours[modifier | modifier le code]

Article connexe : Cent-Jours.

Après le retour de l’île d'Elbe, appelé par Napoléon Ier au ministère de la Guerre[6], Davout, de concert avec l’Empereur, organise en trois mois l’armée française sur le pied où elle est avant les événements de 1814, et crée d’immenses ressources militaires pour la défense du pays. Toutes les mesures ont été prises pour que, dans le courant du mois d’août, 800 000 hommes soient sur pied, armés et équipés[117].

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Article connexe : Bataille de Rocquencourt.
Tombe de Davout.

Il reçoit le commandement général de l’armée sous les murs de Paris après la bataille de Waterloo, à laquelle il n’a pas participé. Le 3 juillet 1815, il se dispose à livrer bataille à Wellington et à Blücher, lorsqu’il reçoit du gouvernement provisoire l’ordre de traiter avec l’ennemi. Ce même jour, il signe à Saint-Cloud la convention de Paris, d’après laquelle l’armée française doit se retirer derrière la Loire. Le 6 juillet, le prince d’Eckmühl se met à la tête des troupes qui abandonnent la capitale.

Avant de partir, il a fait disposer dans le fort de Vincennes environ cinquante mille fusils, en donnant des ordres au général Daumesnil pour que ce fort ne soit, en aucun cas, livré à l’étranger. Il organise l’armée française en deçà de la Loire, en faisant évacuer tous les objets de valeur du musée d’artillerie[Note 12]. Quand les Autrichiens franchissent le fleuve, il lui suffit de les menacer d’une bataille pour que ceux-ci fassent chemin inverse. Son seul nom suffisait à faire trembler ses adversaires, même après l’abdication de Napoléon.

Le maréchal fait sa soumission au gouvernement royal le 14 juillet, au château de la Source, près d'Orléans (actuel siège de l'université). Il remet le commandement de l’armée au maréchal Macdonald, chargé de la licencier. Quand il a connaissance de l’Ordonnance du 24 juillet 1815, qui proscrit les généraux Gilly, Grouchy, Exelmans, Clauzel, etc., il écrit au maréchal Gouvion-Saint-Cyr, ministre de la Guerre, pour demander qu’on substituât son nom à celui de ces généraux, attendu qu’ils n’ont fait qu’obéir à ses ordres. Sa lettre restera sans réponse.

Retiré sur ses terres, il revient toutefois pour défendre Ney, mis en accusation[Note 13] mais en vain. Privé de ses traitements, il connut une période difficile qu'il passe à Louviers[118] avant de recouvrer finalement ses titres en 1817 (le 31 août 1817 il reçoit des mains du roi son bâton de maréchal)[Note 14]. Il ne parut à la cour de Louis XVIII qu’en 1818. Le 4 mars 1819 il est élevé à la pairie avec le titre héréditaire de duc, le 5 mai 1819 il rentre à la Chambre des pairs et se rallie complètement à la cause de la Restauration. Il est élu maire de Savigny-sur-Orge de 1822 à 1823, ainsi que son fils de 1843 à 1846 et plus tard son beau-fils, le comte Vigier. Une des places principales de la ville porte leur nom.

Davout meurt le 1er juin 1823, dans l'hôtel parisien du 107, rue Saint-Dominique[2] de phtisie pulmonaire. Il est enterré à Paris, au cimetière du Père-Lachaise (28e division) dans une sépulture qu’il a fait préparer pour sa famille. Sa veuve revend en 1838 l'hôtel de Monaco, son hôtel particulier, au banquier William Hope.

Activité municipale[modifier | modifier le code]

Il a été maire de la ville de Savigny-sur-Orge.

Titres et distinctions[modifier | modifier le code]

Davout est fait duc d'Auerstaedt par lettres patentes du 02 juillet 1808[67] et prince d'Eckmühl par lettres patentes du 15 août 1809[67]. Il se voit attribuer, en outre, plusieurs décorations françaises et étrangères :

Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Est, 13e et 14e colonnes.

Françaises:

Étrangères:

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Blason fam fr d'Avout (Ancien Régime).svg Armes des d'Avout

De gueules, à la croix d'or chargée de cinq molettes de sable.[122]

  1. Justum et Tenacem
  2. Virtuti Pro Patria
  • Adage : « Quand un Davout sort du berceau, une épée sort de son fourreau. »
Orn ext Maréchal-Duc de l'Empire GCLH.svg
Blason Louis Nicolas d'Avout (1770-1823).svg
Armes de Davout

D'or, à deux lions léopardés rampants de gueules, tenant de la patte dextre une lance polonaise de sable, l'un en chef à dextre, et le second contourné en pointe à sénestre, bordure componée d'or et de gueules ; au chef des ducs de l'Empire brochant.[123],[124].

Maréchal de l'Empire (), 1er duc d'Auerstaedt et de l'Empire (, lettres patentes du ), 1er prince d'Eckmühl et de l'Empire (, lettres patentes signées au palais de Schönbrunn), pair de France ( - Cent-Jours), duc et pair (le , lettres patentes du ).

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Mémoire de M. le Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl au Roi, Paris, Éditions Gabriel Warée, Réimpression par les Éditions Berger-Levrault, 1814 (réimp. 1890), 172 p. (lire en ligne).
  • Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815. : avec introd. et notes, par Ch. de Mazade, vol. 4, Paris, Éditions Plon, (lire en ligne).
  • Le Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl. Correspondance inédite (1790-1815). Pologne, Russie, Hambourg., Paris, Éditions Perrin, (lire en ligne).
  • Opérations du 3e corps (1806-1807) : Rapport du Maréchal Davout, Duc d'Auerstaedt, Paris, Éditions Calmann-Lévy, , 385 p. (lire en ligne).

Les papiers personnels de Louis Nicolas Davout sont conservés aux Archives nationales sous la cote 133AP[125].

Mémoire[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une nomination probablement aidée par l’intervention de son oncle paternel, alors major à Royal-Champagne.
  2. Convictions qui vont se renforcer à la faveur d'une circonstance familiale. Le , sa mère épouse en secondes noces Louis Turreau de Linières, ancien officier acquis aux idées nouvelles, membre de la convention et partisan de la mort du roi qui aura une influence certaine sur le jeune Davout.
  3. Les volontaires présentent la particularité, contrairement aux soldats de tradition, de pouvoir choisir leurs officiers et sous-officier par voie d’élection.
  4. Joignant le geste au principe, une loi d'exception dite « Loi des suspects » sera voté, un mois plus tard le , afin de pouvoir purger la société ainsi que les armées des nobles, jugés comme étant des ennemis naturels de la révolution : « Sont réputés suspects les ci-devant nobles qui n'ont pas constamment manifesté leur attachement à la Révolution ».
  5. La flotte française ne transporte à son départ de Marseille que 300 chevaux pour 2 800 cavaliers, un faible nombre de montures que l’épreuve de la traversée diminua encore[24].
  6. Le lendemain de cette action qui faisait présager la chute imminente du fort, Menou alors chargé de la conduite des opérations, écrit à Bonaparte : « bonne nouvelle ! Le général Davout s’est conduit avec la plus grande distinction. À la tête de la 22e, un bataillon de la 25e, de la 18e et de trois compagnies d’éclaireurs, il a repris le village entier jusqu’au fort, une pièce de 8 et deux de 16 qu’on vient d’enclouer. Ils ne s’attendaient pas à une attaque aussi vigoureuse ! ».
  7. Dans une lettre adressée à Bonaparte en date du 11 février 1801, Davout décrit Brune comme étant un commandant : « sans talents, sans courage, sans caractère et sans bonne foi ! », SHAT, Vincennes, dossier K1-50.
  8. Le comte de Ségur déclare dans ses mémoires : « Il semblait qu'en lui, l'Empereur eût voulu récompenser surtout des services privés et qu’il avait moins consulté la renommée que le dévouement à sa personne »[44].
  9. Correspondance de Davout à Berthier : « Tout concourt à démontrer que l'armée prussienne, massée entre Erfurt et Weimar, a été prise de vitesse par l'armée française qui a gagné une à deux marches sur elle. Quelle fasse retraite par Leipzig ou par Magdebourg, elle sera surprise à revers »[62].
  10. Dont l'ex-principauté de Lowicz, ancienne dépendance des archevêques primats de Pologne[77].
  11. Rapport de la deuxième division du 3e corps : « Cette journée n'offre pas, comme celle du 19 avril, de résultat éclatant ; cependant la division a voulu prendre des positions et les a obtenues ; elle a voulu les conserver et elle les a maintenues ; elle a eu à combattre des forces triples et elle les a repoussées. »
  12. Il a aussi fait évacuer, sur La Rochelle, le musée d’artillerie, et, pendant sa route, il fait jeter dans les places fortes près de treize mille pièces de canon qui sont ainsi conservées à la France.
  13. Lors du procès du maréchal Ney, Davout, interpellé sur l’extension que doit avoir la convention du 3 juillet, relativement au prince de la Moskowa, répond que, si la sûreté des militaires qui se trouvaient alors à Paris n’eût pas été garantie par les alliés, il n’aurait pas signé la convention et aurait livré bataille.
  14. Il vécut jusqu’en 1818 dans la disgrâce des Bourbons. On alla jusqu’à faire enlever son portrait de la salle des maréchaux aux Tuileries.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Général Montholon, Récits de la captivité de l'Empereur Napoléon à Sainte-Hélène, Paris, 1847, p. 150.
  2. a et b A. d’Avout, « Maison d’Avout : sa généalogie avec pièces à l’appui », Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, Auxerre, s.n. (impr. de La Constitution), série IV (Ve de la série), vol. LV,‎ , p. 427 – 428 (lire en ligne).
  3. Daniel Reichel 1975, p. 45
  4. Pierre Charrier 2005, p. 25.
  5. Daniel Reichel 1975, p. 47
  6. a et b Alain Pigeard, Dictionnaire de la Grande Armée, p. 203
  7. Pierre Charrier 2005, p. 34.
  8. Pierre Charrier 2005, p. 36.
  9. Louis Joseph Gabriel de Chénier 1866, p. 29.
  10. Pierre Charrier 2005, p. 41.
  11. a et b Pierre Charrier 2005, p. 42.
  12. Louis Joseph Gabriel de Chénier 1866, p. 40.
  13. Daniel Reichel 1975, p. 173
  14. Daniel Reichel 1975, p. 174
  15. Louis Joseph Gabriel de Chénier 1866, p. 49.
  16. a et b Daniel Reichel 1975, p. 182
  17. Daniel Reichel 1975, p. 183
  18. Daniel Reichel 1975, p. 193
  19. Daniel Reichel 1975, p. 194
  20. Pierre Charrier 2005, p. 49.
  21. Pierre Charrier 2005, p. 62
  22. Mémoires de Bourrienne, T. IV, Paris, 1829, p. 294: « je l'avais pris pour une foutue bête, mais je ne le connaissais pas bien. Il vaut mieux que sa réputation, vous en reviendrez aussi ». Paroles de Napoléon à Bourrienne concernant Davout.
  23. Louis Joseph Gabriel de Chénier 1866, p. 75.
  24. Pierre Charrier 2005, p. 63.
  25. Pierre Charrier 2005, p. 68
  26. Pierre Charrier 2005, p. 78
  27. a et b Daniel Reichel 1975, p. 291
  28. Général Vte de Pelleport, Souvenirs militaires et intimes, t. 1, Paris, , p. 167.
  29. a et b Pierre Charrier 2005, p. 83
  30. Commandant Rougelin, Journal des campagnes, Paris, 1829, p. 11 : Rougelin fait dire à Davout au sujet de Kléber : « quand on capitule à la tête d'une pareille armée, on n'est pas digne de faire nommer un caporal ».
  31. Daniel Reichel 1975, p. 292
  32. Pierre Charrier 2005, p. 86
  33. Daniel Reichel 1975, p. 295
  34. Daniel Reichel 1975, p. 294
  35. a et b Pierre Charrier 2005, p. 111.
  36. Pierre Charrier 2005, p. 90
  37. a et b Daniel Reichel 1975, p. 297
  38. Louis Joseph Gabriel de Chénier 1866, p. 113.
  39. Daniel Reichel 1975, p. 305
  40. Général Désiré Chlapowski, Mémoires sur les guerres de Napoléon, 1806-1813, Paris, Plon, 1908, p. 193: « Il régnait toujours un grand désordre dans les armées de Napoléon. Un seul corps faisait exception : celui du maréchal Davout, qui se distinguait toujours par son ordre et sa discipline. »
  41. Mémoires du général de Caulaincourt, duc de Vicence, grand écuyer de l’empereur, Paris, Plon, 1933, p. 342: « Les hommes du Premier Corps (Davout) étaient reconnaissables par leur belle allure et leur élégance. Venant de quartiers excellents, directement des mains de commandants qui les avaient entraînés longtemps et bien, ils pouvaient rivaliser avec la Garde. »
  42. Daniel Reichel 1975, p. 300
  43. Pierre Charrier 2005, p. 124
  44. Philippe-Paul de Ségur et al. 1894, p. 308.
  45. Pierre Charrier 2005, p. 92
  46. Pierre Charrier 2005, p. 128
  47. Pierre Charrier 2005, p. 129
  48. Louis Joseph Gabriel de Chénier 1866, p. 147.
  49. Louis Joseph Gabriel de Chénier 1866, p. 148.
  50. a et b Pierre Charrier 2005, p. 143
  51. Pierre Charrier 2005, p. 146
  52. Pierre Charrier 2005, p. 142
  53. Général Mikhailovskii-Danilevskii, Relation de la campagne de 1805 (Austerlitz), Paris, J. Dumaine, , p. 243
  54. a b et c Daniel Reichel 1975, p. 310
  55. Général Mikhailovskii-Danilevskii, Relation de la campagne de 1805 (Austerlitz), Paris, J. Dumaine, , p. 268
  56. Général Louis François Le Jeune, Souvenirs d'un officier de l'empire, Paris, Firmin-Didot, , p. 38
  57. Pierre Charrier 2005, p. 157
  58. Isabelle Mayer-Michalon, « L’Entrée de Napoléon à Berlin par Charles Meynier (1763-1832) », Revue du Souvenir napoléonien, Paris, vol. n° 466-467,‎ septembre-décembre 2006, p. 70-71.
  59. Bulletins officiels de la Grande Armée, Campagnes d’Austerlitz et d’Iéna, Paris, Baudoin Frères, , 172 p. (lire en ligne).
  60. a et b Daniel Reichel 1975, p. 311
  61. Pierre Charrier 2005, p. p192 charrier
  62. Pierre Charrier et Paris 2005, p. 191.
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  66. Pierre Charrier 2005, p. 183
  67. a b et c Jean Linden 1979.
  68. Jean-Jacques Breton, Louvre insolite : L'autre visage des œuvres, Paris, Hugo et compagnie, , 288 p., p. 250-251
  69. Pierre Charrier 2005, p. 225
  70. Pierre Charrier 2005, p. 227
  71. Pierre Charrier 2005, p. 253
  72. Pierre Charrier 2005, p. 255
  73. Pierre Charrier 2005, p. 254
  74. Général Berthezène, Souvenirs militaires de la République et de l'Empire, Vol. 1, Paris, Ed. Librairie-militaire, 1855, p. 128: « Il n'est pas inutile de remarquer que, jusqu'à l'arrivée du corps de Davoust, l'action fut indécise, et qu'ainsi l'on doit à son patriotisme le succès de la journée. Que serait-il arrivé en effet, si ce maréchal, se renfermant dans les règles ordinaires, eût attendu des ordres pour se porter au feu ? Non-seulement la bataille eût été perdue, mais le salut même de l'armée eût pu être compromis. »
  75. Pierre Charrier 2005, p. 261
  76. Pierre Charrier 2005, p. 268
  77. Pierre Charrier et Paris 2005, p. 271.
  78. Pierre Charrier 2005, p. 366
  79. Général Jozef Zaluski, La pologne et les polonais, Paris, Ed. Librairie-Dumineray, 1856, p. 51: « De tous les maréchaux français que j'ai eu l'honneur de connaître, le maréchal Davout est celui qui a le plus apprécié les polonais et, par la suite, leur a inspiré le plus de confiance et d'attachement. »
  80. Le Maréchal Davout prince d’Eckmühl : correspondance inédite 1790-1815 : Pologne, Russie, Hambourg, Perrin (Paris), , p. 261.
  81. Le maréchal Davout, prince d'Eckmühl, correspondance inédite, 1790-1815 : Pologne, Russie, Hambourg / A.-L. d'Eckmühl, Marquise de Blocqueville, Paris, Perrin (Paris), , 320 p. (lire en ligne), p. 109
  82. Pierre Charrier 2005, p. 296
  83. Louis Joseph Gabriel de Chénier 1866, p. 307
  84. Pierre Charrier 2005, p. 300
  85. a et b Louis Joseph Gabriel de Chénier 1866, p. 328.
  86. Louis Joseph Gabriel de Chénier 1866, p. 327.
  87. Mémoires du duc de Rovigo, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon, Paris, T.IV, 1828, p. 69.
  88. Louis Joseph Gabriel de Chénier 1866, p. 331.
  89. Pierre Charrier 2005, p. 319
  90. Louis Joseph Gabriel de Chénier 1866, p. 338
  91. Général Désiré Chlapowski, Mémoires sur les guerres de Napoléon, 1806-1813, Paris, Plon, , p. 124
  92. Louis Joseph Gabriel de Chénier 1866, p. 326.
  93. Louis Joseph Gabriel de Chénier 1866, p. 339.
  94. Pierre Charrier 2005, p. 343
  95. Mémoires du général baron de Marbot, T. II, Paris, Plon, 1891, p. 200: « Nous aurions totalement manqué de munitions sans l'activité du brave maréchal Davout. »
  96. Mémoires de Masséna, T. VI, Paris, Paulin & Lechevalier, 1849 – 1850, p. 261: « Le concours du duc d'Auerstaedt et de son état-major facilita cette opération laborieuse pendant la soirée et la journée du lendemain. »
  97. Pierre Charrier 2005, p. 344
  98. Pierre Charrier 2005, p. 353
  99. Mémoires du général baron de Marbot, vol. II, Paris, Plon, , p. 257
  100. Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas : de 1770 à 1836., vol. I, Paris, Charles Gosselin, , p. 325
  101. Mémoires de Masséna, vol. VI, Paris, Paulin & Lechevalier, , p. 323
  102. Pierre Charrier 2005, p. 348
  103. Pierre Charrier 2005, p. 352
  104. a et b Pierre Charrier 2005, p. 350
  105. a et b Pierre Charrier 2005, p. 351
  106. Louis Joseph Gabriel de Chénier 1866, p. 343.
  107. Pierre Charrier 2005, p. 357
  108. « https://basedescollections.musee-armee.fr/ark:/66008/2178I?posInSet=3&queryId=N-df0ad37b-0493-47f8-8b15-644feef134da », sur basedescollections.musee-armee.fr (consulté le 7 mars 2018)
  109. a et b Jean Tulard 1999, p. 617
  110. a et b Frédéric Hulot 2003, p. 204
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  112. a et b Pierre Charrier 2005, p. 664
  113. Frédéric Hulot 2003, p. 206
  114. Frédéric Hulot 2003, p. 207
  115. Frédéric Hulot 2003, p. 208
  116. Jean-Claude Gillet, La part d'ombre des maréchaux de Napoléon, Bernard Giovanangeli Éditeur, (ISBN 978-2-7587-0092-0), p. 379
  117. C. Mullié indique que tous les ordres, toutes les instructions émises par le maréchal prince d’Eckmühl peuvent être considérés comme des modèles d’organisation tant pour l’offensive que pour la défensive. À Paris, on fabriquait ou l’on réparait jusqu’à 2 000 fusils par jour ; l’activité de toutes les manufactures d’armes fut quadruplée ; le ministre de la guerre fit donner à la cavalerie 12 000 chevaux de gendarmes tout dressés, et quinze jours après ceux auxquels on avait payé comptant le prix de leurs chevaux, se trouvaient déjà remontés.
  118. « Hôtel de Graveron, dit hôtel de la sous-préfecture. », notice no IA00019096, base Mérimée, ministère français de la Culture
  119. a et b Almanach impérial 1810.
  120. Base Léonore n° de notice : L0675037
  121. a b c d e f g h i et j André F. Borel d'Hauterive 1845, p. 95.
  122. Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. 1 et 2, Gouda, G.B. van Goor zonen, 1884-1887.
  123. Arnaud Bunel, « Héraldique européenne : France Maison ducale – 1er Empire - Avout Davout », sur blog personnel via Blogger (consulté le 9 décembre 2014).
  124. J. F. Jules Pautet du Parois (appartient aux manuels Roret), Nouveau manuel complet du blason : ou code héraldique, archéologique et historique, avec un armorial de l'Empire, une généalogie de la dynastie impériale des Bonaparte jusqu'à nos jours, etc., ect., Paris, Nicolas Roret, , 2e éd. (1re éd. 1842), VI-340 p., in-16° (lire en ligne), partie 5, « Signes distinctifs de la noblesse de l’Empire. Ornements extérieurs. Signes intérieurs », p. 185 (fig. 150 : vue 355/360), 195 (fig. 205 : vue 337/360).
  125. Archives nationales.
  126. Source : https://e-monumen.net/patrimoine-monumental/monument-au-marechal-davout-auxerre/.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Vol. 1 : Années de jeunesse, Vol. 2 : Années de commandement, Vol. 3 : La Russie et Hambourg et Vol. 4 : Un dernier commandement. L’exil et la mort.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]