Gobelins

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Gobelin.
Louis XIV visitant la manufacture des Gobelins, avec son frère, le duc Philippe d'Orléans, en 1667.

Les Gobelins, également appelés tapisseries des Gobelins, sont des tapisseries réalisées dans les tissus richement illustrés avec les remarquables compositions de la Manufacture des Gobelins en France depuis le XVIIe siècle et encore en activité aujourd'hui.

Elles ont été ainsi nommées en l'honneur de Jehan et Philibert Gobelin, teinturiers du XVe siècle, dont les magasins étaient au quartier des Gobelins, dans les environs de Paris.

Histoire[modifier | modifier le code]

Gobelin était le nom d'une famille de teinturiers, qui selon toute probabilité étaient originaires de Reims, et qui au milieu du XVe siècle, se sont établis dans le faubourg Saint-Marcel, Paris, sur les rives de la Bièvre. À cette époque, pour préserver Paris, les activités sales et polluantes - abatoirs, tanneries, teintureries, d’où émane un air irrespirable - sont déplacées au bourg Saint-Marcel, aux limites de la capitale, dans le périmêtre de l'actuel XIIIe arrondissement.

La premiere mention du nom de Gobelin remonte au mois d’août 1443, lorsque Jehan Gobelin prit à loyer une maison de la rue Mouffetard « A l’enseigne du cygne ». Il est spécialiste du rouge « à l'écarlate » et teint dela laine. La maison donne sur la Bièvre, à cette époque en plein air. L’eau de cet affluent de la Seine, riche en azote, permet d’obtenir une couleur éclatante. Il acquiert bientôt une excellente réputation pour ses rouges, au point d’éclipser les autres teintureries. Il investit tant d'argent dans ses établissements qu'ils furent appelés « la folie des Gobelins ».

Jehan eut 13 enfants. Des avant sa mort, en 1476, et durant un siècle et demi, lui et sa descendance restent ancrés dans les mémoires grâce à leur réussite entreprenariale – « les Gobelins ». La richesse de la famille augmenta si rapidement que dès la troisièmegénération certains d'entre eux abandonnent ce métier. Ils achètent des terres, des charges dans l’administration royale[1], des titres de noblesse et contractent de riches mariages. Parmi leur alliances, celles avec la famille Canaye[2],[3], mais du fait des guerres de religion, suivie de la famille Charpentier[4].

Au XVIe siècle, le quartier prend le nom des Gobelins. Une manufacture de tapisserie s'ajoute à la teinturerie à partir d'avril 1661 avec les entrepreneurs de tapisserie flamands François de La Planche et Marc de Cormans. En 1662, les manufactures du faubourg Saint Marcel et les terrains attenants, sont achetés par Jean-Baptiste Colbert, au nom de Louis XIV et transformées en une manufacture d'État, la Manufacture des Gobelins.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

References[modifier | modifier le code]

  1. Balthazar Gobelin devint successivement trésorier général de l'artillerie, trésorier extraordinaires de la guerre, secrétaire conseiller du Roi, chancelier de l'Échiquier, conseiller d'État et président de la chambre des comptes, et en 1601 il reçut d'Henri IV les terres et la seigneurie de Brie-Comte-Robert.
  2. Emile Picot Les Français italianisants au XVIe siècle, Vol. 2, imprimerie H. Champion, 1907
  3. Cette famille appartenait à la grande bourgeoisie parisienne, qui, dès la fin du xve siècle, cessa de vivre exclusivement de commerce pour briguer honneurs municipaux et charges judiciaires. Ainsi Séverin Canaye, teinturier à Saint-Marcel près Paris, cité dès 1495, eut de Mathurine Gobelin, quatre fils. L'un d'eux, Philippe, s'occupa de l'achat des plantes tinctoriales dans le midi de la France, deux autres, Pierre et Jean, dirigèrent à Paris la teinturerie et la fabrique de tapis ; le quatrième, Jacques, fut avocat au parlement.
  4. Michel Charpentier acquit la teinturerie probablement avant la Saint-Bartliélemy. Il obtint un brevet du roi le 8 février 1574, enregistré au parlement le 1er avril 1573 (Registre des delibérations  de la ville de Paris, 111, 1886, p. 102 s.). extrait de Emile Picot Les Français italianisants au XVIe siècle, Vol. 2, imprimerie H. Champion, 1907 p. 116 s.

Liens externes[modifier | modifier le code]