Michelle Auriol

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Michelle Auriol
Michelle Auriol
Épouse du 16e président de la République française
 – 
(7 ans)
Prédécesseur Marguerite Lebrun
Annie Pétain (indirectement)
Successeur Germaine Coty
Biographie
Nom de naissance Michelle Aucouturier
Date de naissance
Lieu de naissance Carmaux (Tarn)
Date de décès (à 82 ans)
Lieu de décès Paris (4e arrondissement)
Conjoint Vincent Auriol

Michelle Auriol, née Michelle Aucouturier le à Carmaux (Tarn) et morte le dans le 4e arrondissement de Paris, est l'épouse de Vincent Auriol, seizième président de la République française, premier président de la IVe République du au .

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Michelle Aucouturier est née le , à Carmaux; elle est la fille de Michel Aucouturier, militant syndicaliste, ouvrier verrier et fondateur, avec des camarades, d'une verrerie à Albi. Le fonctionnement de cette entreprise est original, dans le sens où chaque employé a vocation à devenir à tour de rôle le patron : le but est alors que chaque ouvrier touche aux fonctions dirigeantes de l'entreprise et puisse par conséquent arriver à une sorte d'égalisation des salaires.

Le mariage avec Vincent Auriol[modifier | modifier le code]

C'est par l'intermédiaire de Jean Jaurès, ami de son père, lors d'un café pris à la verrerie, que Michelle Aucouturier, âgée de 15 ans, rencontre Vincent Auriol, alors jeune militant à la SFIO, avocat et rédacteur en chef du Midi socialiste, âgé de 21 ans.

Les fiancés se marient le et ont un fils, Paul, né à Toulouse le , cadre à Électricité de France, qui sera marié à la première femme pilote d'essai, Jacqueline Douet, et qui occupera la fonction de secrétaire général adjoint de l'Élysée lors de la présidence Auriol, de 1947 à 1953.

Les débuts dans la politique[modifier | modifier le code]

Michelle Auriol soutient son mari tout au long de son ascension, notamment lorsque celui-ci devient ministre des Finances dans le gouvernement du Front populaire, dirigé par son ami Léon Blum.

La Résistance[modifier | modifier le code]

En octobre 1942, elle s'engage dans la Résistance, comme son époux, et participe au décodage des messages chiffrés envoyés par l'état-major allié, à Lyon, devenant une figure essentielle de la Résistance locale.

« Première dame de France »[modifier | modifier le code]

Lorsque son époux, Vincent, est élu président de la République française en 1947, Michelle Auriol devient la nouvelle première dame de France. Elle parvient rapidement à trouver sa place et offre à la presse, notamment Paris Match, des séances photos organisées à l'Élysée, au sein même du palais présidentiel, au cours desquelles pose le couple présidentiel.

Par ailleurs, la First Lady prend en main personnellement, avec la complicité de sa belle-fille Jacqueline, le réaménagement et la décoration du palais de l'Élysée, quelque peu éprouvé par l'Occupation allemande, n'hésitant pas à acheter au grand magasin À la Belle Jardinière de nouveaux meubles et de nouveaux uniformes pour le personnel de la présidence.

Elle achète même des tableaux d'art contemporain qu'elle fait exposer à l'Élysée. Michelle Auriol réaménage les appartements privés du premier étage en vue de recevoir des hôtes de marque, comme les couples royaux et présidentiels qui jusqu'ici dormaient à l'hôtel du ministre des Affaires étrangères ou dans leurs ambassades respectives. C'est après un confortable voyage au Royaume-Uni où le couple présidentiel français fut accueilli dans le palais royal de Buckingham que Michelle Auriol décida d'aménager de grands appartements pour le confort de ses hôtes; le premier chef d'État à bénéficier de cette modernisation est la reine Juliana Ire des Pays-Bas[1]. Très délicate envers ses hôtes, l'épouse du président Auriol tient à décorer les couloirs et les appartements du palais en fonction des chefs d'État en visite officielle : des Jongkind sont accrochés au mur pour la reine Juliana, un Canaletto est exposé en honneur président de la République italienne Luigi Einaudi, ou encore un Turner est présenté pour la reine Elisabeth II, ces tableaux sont empruntés par la présidence au musée du Louvre. Lors des dîners d'État, elle veille également à conserver les menus, de sorte que si un chef d'État est de retour en France, il ne lui soit pas servi le même plat.

Elle fait détruire la verrière que Sadi Carnot avait fait construire à l'entrée d'honneur et la marquise en métal que Louis-Napoléon Bonaparte avait installé à l'entrée des jardins. Elle s'occupe du service social créé pour donner les premiers secours aux malheureux. Elle réintroduit la tradition de l'arbre de Noël élyséen : y sont invités une fille et un garçon de chacun des arrondissements de la capitale, avec bien sûr les enfants du personnel du palais. Elle s'occupe personnellement de l'organisation des trois grandes réceptions annuelles que sont celles du corps diplomatique, des parlementaires et des hauts fonctionnaires et accompagne son époux à toutes les cérémonies officielles et aux courses hippiques, qu'il affectionne particulièrement.

Une fois le mandat de son époux terminé, et ce dernier ne souhaitant pas le renouveler, Michelle Auriol se souviendra de « journées harassantes, débutant à 8 h 30 pour régler les menus, avant de plonger dans les innombrables obligations qui s'étageaient tout au long de la journée »[1], sans compter les réceptions et les soirées. Lorsqu'elle quitte le palais, en 1953, elle déclare : « Ah ! Cher ami, comme nous sommes heureux de partir ! Nous en avons assez, notamment parce que journalistes et photographes ont été particulierement odieux envers les nôtres et nous-mêmes »[1] ; en effet, Michelle Auriol avait été à tort attaquée par la presse d'avoir reçu en cachette de toute note de l'Élysée une immense tapisserie de la manufacture des Gobelins[1].

Elle participe à l'écriture du livre de son mari Journal du septennat, à partir des conversations enregistrées dans son bureau.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Vincent Auriol s'éteint le  ; son épouse Michelle, quant à elle, décède le , à 83 ans. L'épouse de l’ancien Président de la République est saluée de toute part lors de son décès. Les époux Auriol reposent tous deux à Muret (Haute-Garonne).

Apparence[modifier | modifier le code]

« Mince, grande, avec un physique à la Gaby Morlay, Michelle Auriol est élégante et porte des robes de grands couturiers : Lanvin et Balmain sont ses préférés »[1].

Hommage[modifier | modifier le code]

Le lycée professionnel de Blaye-les-Mines, près de Carmaux (Tarn) porte le nom de son père, Michel Aucouturier[2].

Iconographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Bertrand Meyer-Stabley, Les Dames de l'Élysée. Celles d'hier et de demain, Librairie Académique Perrin, Paris.
  2. http://jaures-aucouturier.entmip.fr/

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]