Jacqueline Auriol

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Auriol.
Jacqueline Auriol
Jacqueline Auriol sortant d'un Mirage III
Jacqueline Auriol sortant d'un Mirage III

Nationalité Francais
Naissance 5 novembre 1917
Challans
Décès 11 février 2000 (à 82 ans)
Paris
Mission(s)

Jacqueline Auriol, née Jacqueline Douet le 5 novembre 1917 à Challans (Vendée) et morte le 11 février 2000 à Paris, est la première femme pilote d'essai en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études secondaires au lycée de Nantes, elle se sent attirée vers l'art et la décoration. Elle prend son baptême de l'air à Grenoble à seize ans, sans conviction.

En février 1938, elle épouse Paul Auriol (1918-1992), fils de Vincent Auriol (futur président de la IVe République)[1]. En 1947, elle s'occupe de la décoration de certaines pièces du palais de l'Élysée après l'élection de son beau-père.

Par défi et par goût du sport, elle apprend à piloter sur un biplan Stampe et obtient ses brevets, premier et second degré, en 1948. L'aviation devient alors une passion et elle passe à la voltige aérienne pour se perfectionner.

Le 11 juillet 1949, elle est victime d'un terrible accident sur la Seine alors qu'elle est passagère d'un avion amphibie qui vole trop bas. Elle a plusieurs fractures du crâne et est défigurée. Elle subit en deux ans une vingtaine d'interventions chirurgicales. Avec beaucoup d'obstination, elle se remet à piloter, passera ses brevets militaire, de vol à voile et d'hélicoptère.

Le 21 décembre 1952, elle bat un record de vitesse féminin sur avion à réaction Mistral à la moyenne de 855,92 km/h. L’Américaine Jacqueline Cochran lui reprend ce record le 20 mai 1953 à 1 050 km/h[2].

Le 15 août 1953, Jacqueline Auriol est la première Européenne à franchir le mur du son, à bord d'un Mystère II.

Le 20 avril 1954, elle entre à l'École du personnel navigant d'essais et de réception (EPNER) et en sort le 18 novembre 1955, brevetée pilote d'essai.

Le 31 mai 1955, elle reprend le record de vitesse avec 1 151 km/h sur Dassault Mystère IV. Le 22 juin 1959, elle porte le record à 1 849 km/h sur Mirage III C puis le 14 juin 1963 à 2 030 km/h sur Mirage III R[1]. La société Dassault lui demande ensuite de réaliser des records sur l'avion d'affaires Mystère 20[3].

Jacqueline Auriol a reçu quatre fois le Harmon Trophy (en), l'une des plus prestigieuses récompenses aéronautiques, en 1951, en 1952, en 1955 et en 1956, a été lauréate du Prix Roland Peugeot de l'Académie des sports du plus bel exploit mécanique français de l'année en 1963[4], déjà lauréate du prix Henri-Deutsch de la Meurthe de l'Académie des sports en 1951, récompensant un fait sportif pouvant entraîner un « progrès matériel, scientifique ou moral pour l’humanité. »

Jacqueline Auriol a vécu de nombreuses années à Saint-Herblain, commune de la Loire-Atlantique.

Elle est la première femme à voler sur Concorde, mais en tant que pilote d'essai. Seules deux femmes seront pilotes de ligne sur cet avion, la Britannique Barbara Harmer et la Française Béatrice Vialle.

Hommages[modifier | modifier le code]

Jacques Chirac, président de la République française, a rendu hommage à Jacqueline Auriol en février 2000 en déclarant : « Cette grande dame a incarné pour les Français, pendant des décennies, le courage et la modernité […] son nom restera à jamais associé à l'histoire héroïque de l'aviation et de la recherche aéronautique. »

Elle est Gloire du sport, promotion d'origine en 1993.

En 2010, le STIF décide de donner son nom à une station de la ligne 2 du tramway d'Île-de-France située dans la commune de Colombes.

Elle est évoquée dans le 173e des 480 souvenirs cités par Georges Perec, dans son texte Je me souviens.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Jacqueline Auriol est grand officier de la Légion d'honneur (1952), grand-croix de l'ordre national du Mérite et commandeur du Mérite sportif. Elle a été décorée de la Grande Médaille d'Or de l'Aéro-Club de France, de la Grande Médaille d'Or de la FAI. Elle est lauréate de trois Harmon Trophy remis par les États-Unis pour ses différents records de vitesse[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Poirier, préface de Jacques Noetinger, La Véritable Jacqueline Auriol, Éditions Pygmalion,‎ mars 2005, 192 p. (ISBN 2-85704-970-6, présentation en ligne)
  • Jacqueline Auriol, Vivre et Voler, Flammarion, 1968

Lien externe[modifier | modifier le code]