Lussac-les-Châteaux

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Lussac-les-Châteaux
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Blason de Lussac-les-Châteaux
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Poitou-Charentes
Département Vienne
Arrondissement Montmorillon
Canton Lussac-les-Châteaux
Intercommunalité Communauté de communes du Lussacois
Maire
Mandat
Annie Lagrange
2008-2014
Code postal 86320
Code commune 86140
Démographie
Gentilé Lussacois
Population
municipale
2 334 hab. (2011)
Densité 83 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 24′ 13″ N 0° 43′ 39″ E / 46.4036111111, 0.7275 ()46° 24′ 13″ Nord 0° 43′ 39″ Est / 46.4036111111, 0.7275 ()  
Altitude Min. 70 m – Max. 148 m
Superficie 28,06 km2
Localisation

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Lussac-les-Châteaux est une commune du centre-ouest de la France, située dans le département de la Vienne en région Poitou-Charentes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Située à 36 kilomètres au sud-est de Poitiers, Lussac-les-Châteaux est traversée par la Vienne (rivière), à l'ouest de la ville, qui sépare Lussac de sa voisine immédiate Mazerolles. Le principal axe routier desservant Lussac est la route nationale 147 qui relie Limoges à Poitiers.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

L'importance de l'art préhistorique de Lussac est attestée par la présence de nombreux mobiliers archéologiques originaux au Musée de Préhistoire de la ville http://www.lasabline.fr/musee-de-prehistoire_std_8_fr.html mais aussi au Musée Sainte-Croix à Poitiers http://www.musees-poitiers.org/saintecroix_01.htm et au Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye.

La grotte des Fadets a été fouillée en 1865 par A. Brouillet puis en 1905 par l’abbé Breuil‚ en 1962 par Stéphane Lwoff et à partir de 1980 par Jean Airvaux et André Chollet.

Parmi les objets trouvés par A. Brouillet, figurent de nombreuses plaques en calcaire gravées[1], une flèche barbelée‚ un poinçon orné et un fragment d’os sur lequel apparaît le dessin d’un cheval et d’un bœuf.

Cette grotte fut occupée dès le Magdalénien moyen‚ mais la découverte de tuiles romaines‚ de pièces de monnaie et d’un sceau médiéval montre qu’elle dut servir de refuge tout au long de l’histoire.

L'Ermitage , seule grotte occupée dès le Néandertalien‚ fut fouillée de 1864 à 1936 par A. Brouillet, l’abbé Breuil, Léon Péricard et Stéphane Lwoff. Des milliers d’outils y furent trouvés.

La grotte de la Marche (classée monument historique le 7.4.1970) a été fouillée à partir de 1937 par Léon Péricard et Stéphane Lwoff. Site majeur en matière de préhistoire, elle reçut la visite de l’abbé Breuil à plusieurs reprises entre 1939 et 1940 (voir illustration filmée ci-dessous).

Les chercheurs ont découvert une quantité de dessins sur des plaquettes de calcaire datant de l’époque magdalénienne (15 000 ans avant J.-C.). Ces croquis sont le reflet de l’environnement des artistes préhistoriques et représentent divers animaux (mammouths‚ antilopes‚ félins‚ cervidés). À ces dessins d’animaux s’ajoutent une série de silhouettes humaines (chose rarissime pour cette époque) parmi lesquelles des corps de femmes enceintes et des visages masculins. Ces gravures sont d’une interprétation difficile car les artistes magdaléniens‚ qui réenduisaient à plusieurs reprises la même plaquette avec de l’ocre, ont superposé plusieurs dessins au fil du temps.

Quelques archéologues ont émis l’hypothèse que les sites de Lussac-les-Châteaux ont pu constituer une école d’apprentissage‚ mais cet ensemble apporte surtout de véritables témoignages sur la vie de l’homme paléolithique. On admire la précision graphique‚ le sens du mouvement donné aux animaux dans une grande simplicité des traits. Mais au-delà de leur qualité graphique, ces gravures se rapportent peut-être à des rites sacrés ou mystérieux.

Les plaquettes calcaires trouvées à Lussac sont devenues des éléments de référence pour les chercheurs et‚ uniques dans leur genre, ont la même importance que les peintures rupestres de Lascaux.

On trouva aussi des milliers d’outils en silex‚ en os ou en bois de renne : burins‚ grattoirs‚ perçoirs‚ aiguilles‚ bâtons percés et la pointe de sagaie en bois de renne (base en simple biseau et à double rainure) appelée “sagaie de Lussac-Angles”. Des vitrines du Musée de Préhistoire de La Sabline sont consacrées à cette grotte: http://www.lasabline.fr/musee-de-prehistoire_std_8_fr.html.

Le réseau “Guy Martin” qui a été découvert en 1990 par des spéléologues‚ est une caverne hérissée de nombreuses stalactites. Une paroi présente un mammouth de 60 cm de long et diverses représentations gravées. On y a trouvé aussi des vestiges osseux. Comme “la Marche”, cette caverne est datée du Magdalénien III ( - 14 000 ans). Le site était donc déjà habité à l’époque magdalénienne (15 000 ans avant J.-C.) comme le prouvent les nombreuses plaquettes de calcaire gravées découvertes dans ces grottes.

Plus tard, l’homme a continué à vivre sur ce territoire. Le dolmen de Loubressac témoigne d'une présence humaine à l’époque néolithique. Des tribus dispersées sur les rives de la Vienne ont laissé des sépultures mégalithiques dont il ne reste aujourd'hui que peu de choses. Recouvertes d’une butte de terre rapportée‚ ces tables de pierre portées par des socles verticaux formaient une chambre funéraire. Tombes de chefs ou tombes collectives ? Différentes hypothèses ont été émises pour expliquer ces monuments néolithiques (datant d’environ 4 000 à 2 000 ans avant notre ère) .

Époque gallo-romaine[modifier | modifier le code]

Selon la tradition locale‚ la cité devint “Luciago” ‚ le domaine du chef de tribu “Lucius”. Certaines découvertes laisseraient supposer une organisation sociale et une vie artistique  : dans la campagne environnante des toponymes (les Vaux, villars... etc) pourraient faire penser que des propriétaires de villae gallo-romaines auraient vécu de travaux agricoles, des éléments de poteries‚ des monnaies sont parfois retrouvés... À 10 kilomètres au nord, Civaux est bien connu pour sa nécropole mérovingienne (15.000 sarcophages, dit-on) et son musée archéologique.

Les habitants utilisaient déjà la rivière comme moyen de communication.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Il semble que Lussac appartienne à la famille des cités médiévales nées autour de châteaux construits lors du mouvement féodal, lorsque le morcellement du pouvoir central nécessita la création de places fortes, notamment sur les frontières provinciales, pour lutter contre les appétits de terre des seigneurs guerriers voisins. Le seigneur de Lussac était vassal du comte de La Marche (Limousin) et devait défendre cette zone frontalière avec le Poitou.

Selon certaines sources‚ le château aurait été construit vers 780[réf. nécessaire]. Il n’est indiqué cependant pour la première fois dans les archives qu’en 1065 comme appartenant à la famille Conis de Saint-Germain.

Pendant deux siècles, il n’appartient qu’à deux familles. Sir John Chandos est nommé sénéchal du Poitou en 1369 par le roi d’Angleterre et s’installe à Poitiers.

John Chandos ne pouvait voir sans une certaine « contrariété » les Français reprendre pied dans sa province. En effet‚ Jean de Kerlouet le breton et Louis de Saint Julien seigneur de la Trimouille avaient repris Lusignan‚ La Roche-Posay et Saint-Savin‚ à quelques lieues de Poitiers. Il décida donc de reconquérir l’abbaye de Saint-Savin par surprise et de nuit. Mais‚ se croyant repérée‚ la troupe rebroussa chemin en passant par Chauvigny puis en longeant la Vienne jusqu’au pont de Lussac.

Les Français‚ sans se douter de leur présence‚ avaient décidé de suivre le même trajet pour harceler d’éventuelles troupes anglaises. Les adversaires se rencontrèrent au pont de Lussac où le combat s’engagea. Un sol mouillé et son manteau trop long firent glisser Chandos. Jacques de Saint-Martin‚ un écuyer de la maison du sire de Bagnac, lui porta un coup de glaive. Son oncle Edward Twyford‚ le corps de son neveu entre les jambes‚ repoussa les assaillants. Un de ses écuyers transperça de son épée les deux cuisses de Jacques de Saint-Martin qui mourut trois jours plus tard à Poitiers.

Le sénéchal John Chandos fut couché sur un grand pavois et transporté au château de Morthemer qui était la forteresse anglaise la plus proche. Il y mourut le 1er janvier 1370 après un jour et une nuit d’agonie. Il avait environ 55 ans.

Quand la nouvelle de sa mort parvint à la cour d’Edouard III en Angleterre et‚ en Guyenne‚ à celle du dauphin « Le Prince Noir », la désolation fut grande. John Chandos était non seulement un grand homme de guerre à l’instar de Bertrand du Guesclin‚ mais aussi un administrateur habile et un sage politique.

Un cénotaphe fut érigé pour commémorer l’endroit où il tomba. Ce monument a été depuis déplacé dans la commune voisine de Mazerolles.

Bertrand Du Guesclin reprend le château aux Anglais en 1372.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

En 1492, le comte de Taveneau fait creuser l’étang alimentant les douves du château. En 1519‚ Renée Geoffroy‚ héritière du château épouse François de Rochechouart-Mortemart. Le château formait alors un gros quadrilatère avec tours d’angle‚ chemin de ronde et souterrains. Sa masse imposante se dessinait entre l’étang et le village.

Le château fut saccagé par les troupes de l’amiral de Coligny en 1569 puis démantelé par la population qui se servit de ses pierres pour construire les habitations.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Durant la Révolution française, pour suivre le décret de la Convention du 25 vendémiaire an II invitant les communes ayant des noms pouvant rappeler les souvenirs de la royauté, de la féodalité ou des superstitions, à les remplacer par d'autres dénominations, la commune change de nom pour Lussac-sur-Vienne[2].

En 1948, pour célébrer le centenaire de la révolution de février 1848 et de la Deuxième République, un arbre de la liberté est planté[3].

De violents combats ont lieu entre les FFI et la Wehrmacht le 5 août 1944[4],[5].

Emblèmes[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armorial des communes de la Vienne.
Blason Blasonnement :
Parti d'argent à un sablier de d'azur et de gueules à un chêne de sinople fruité d'argent.

Économie[modifier | modifier le code]

Selon la direction Régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Foret de Poitou-Charentes[6], il n'y a plus que 14 exploitations agricoles en 2010 contre 25 en 2000. Cette baisse du nombre d’exploitations agricoles sur le territoire de la commune s’inscrit dans une évolution globale qui touche l’ensemble du département de la Vienne puisque de 2000 à 2007, 660 exploitations ont disparu soit -16%. Pour l’avenir, une inquiétude demeure quant à la pérennité et à la transmission de ces exploitations agricoles du fait du vieillissement la population agricole. En outre, c’est la tranche des moins de 40 ans qui est concernée par la baisse des effectifs. Ce phénomène concerne également dans une moindre mesure, la tranche des 40 à 49 ans. Ceci illustre les difficultés auxquelles sont confrontées les jeunes agriculteurs pour s’installer et faire perdurer leur exploitations[7].

Les surfaces agricoles utilisées ont diminué et sont passées de 1 330 hectares en 2000 à 963 hectares en 2010. 35% sont destinées à la culture des céréales (blé tendre essentiellement mais aussi orges et maïs), 46% pour le fourrage et 8% reste en herbe. En 2000,un hectare (0 en 2010) était consacré à la vigne[6].

5 exploitations en 2010 (contre 7 en 2000) abritent un élevage de bovins (523 têtes en 2010 contre 435 en 2000). 8 exploitations en 2010 (contre 17 en 2000) abritent un élevage d'ovins (1 110 têtes en 2010 contre 3 507 têtes en 2000)[6]. Cette évolution est conforme à la tendance globale du département de la Vienne. En effet, le troupeau d’ovins, exclusivement destiné à la production de viande, a diminué de 43,7% de 1990 à 2007[8]. En 2011, le nombre de têtes dans le département de la Vienne était de 214 300 [9].

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
avant 1836 après 1836 Pierre Savin d’Orfond - -
avant 1846 après 1846 Baptiste Babault - -
avant 1854 après 1862 Delphin Eteve - -
mars 2001 réélu en 2008[10] Annie Lagrange - -

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 334 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 224 1 104 1 112 1 248 1 248 1 581 1 534 1 656 1 710
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 747 1 754 2 099 1 791 1 837 1 737 1 842 1 847 1 799
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 952 1 962 1 783 1 687 1 776 1 720 1 767 1 883 1 883
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
2 043 2 086 2 201 2 217 2 297 2 532 2 407 2 381 2 346
2011 - - - - - - - -
2 334 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004[12])
Histogramme de l'évolution démographique


La densité de population de la commune est de 84 hab./km2. Celle du département est de 61 hab./km2. Elle est de 68 hab./km2 pour la région Poitou-Charentes et de 115 hab./km2 pour la France (INSEE- 2008).

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

  • Cénotaphe du Connétable Chandos (Mazerolles)
  • Ruines d'un château médiéval dont le pont-levis est inscrit comme Monument Historique depuis 1928.
  • Ermitage, inscrit comme Monument Historique depuis 1929.
  • Le musée municipal de la Préhistoire Raymond Touchard. Le musée est logé dans un bâtiment appelé le "Grand logis Renaissance", situé rue Saint-Michel.Les Rochechouart de Mortemart qui avaient hérité du vieux château le laissèrent à l'abandon et utilisèrent les matériaux pour construire à l'intérieur des remparts, près de l'église, une demeure de style Renaissance. De cette demeure, seul reste le grand logis, quoique défiguré. Dans une cour, il est possible de voir encore sa tour ronde aux étroites fenêtres, l'escalier de bois et sa galerie Louis XIII.

Le musée présente sur 360 m2 d'exposition permanente, des pierres gravées magdaléniennes, du mobilier pré-historique, des outils, des éléments de parure, des ossements qui ont été découverts dans les grottes ou abris de la région. Les collections de ce musée qui a l'appellation "Musée de France" sont présentées sur cinq espaces muséographiques : les découvreurs; l'environnement au Paléolithique; les sites et leur mobilier archéologique; le mode de vie des hommes de Bois-Ragot; l'homme et l'art.

14 sites préhistoriques ont été recensés dans la commune de Lussac-les-Châteaux. De nombreux artéfacts ont aussi été découverts isolément. Le musée présente 7 de ces sites, couvrant une période allant de - 80 000 ans à - 10 000 ans.

Il est possible ainsi d'y admirer les premières représentations naturalistes et réalistes d'humains ainsi que des animaux ou des motifs abstraits datées de - 14 600 ans. Les gravures sont contemporaines de la fresque d'Angles sur Anglin avec laquelle elles présentent d'étonnante similitude. Elles sont contemporaines des peintures des grottes de Lascaux.

Le musée propose aussi des expositions temporaires, des animations pour les plus jeunes, des visites commentées.

Le musée propose un parcours extérieur : des totems sont placés devant les sites archéologiques permettant ainsi aux visiteurs de voyager au cœur du Paléolithique.

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

La forêt de Lussac[modifier | modifier le code]

La forêt de Lussac est un massif forestier de près de 500 hectares qui occupe un plateau dont l’altitude voisine entre 120 à 140 m. C’est une zone classée d’intérêt écologique, faunistique et floristique. Elle est située sur les communes de Civaux et de Lussac-les-Châteaux. Elle est parcourue, en son centre, par un vallon au modelé modeste. C’est le vallon de Pérofin.

La forêt de Lussac domine la rive gauche de la vallée de la Vienne de près de 70 mètres. Ses versants pentus forment localement des escarpements. Les sols du plateau, issus du remaniement d’argiles déposées au Tertiaire, sont profonds, acides et hydromorphes. Ils sont couramment dénommés «bornais». Ils sont recouverts par une chênaie sessiliflore où le Hêtre apparaît de façon diffuse. Sur les pentes où affleurent les calcaires dolomitiques du Jurassique, la chênaie-charmaie domine. Au niveau des escarpements où le sol est le plus superficiel, la chênaie pubescente thermophile s’est largement installée.

Dans l’angle nord-est de la forêt, le secteur des Grandes Brandes abrite plus de 500 excavations qui sont le témoignage de l’ancienne exploitation de pierre meulière. Ces excavations forment, de nos jours, des mares qui sont entourées de lambeaux de lande haute à Bruyère à balais en voie de boisement.

La forêt de Lussac offre, grâce à la diversité de ses milieux forestiers et à l’originalité de certains de ses habitats (mares des Grandes Brandes, notamment), une grande richesse biologique qui a justifié son classement.

La forêt de Lussac héberge une riche communauté de rapaces forestiers menacés en Europe. Elle abrite également plusieurs passereaux forestiers et landicoles rares comme le Gros-bec casse-noyaux ou la Fauvette pitchou. Il est donc possible de découvrir:

Les mares des Grandes Brandes constituent un site de reproduction important pour de nombreux amphibiens menacés : on y observe notamment la présence de deux grandes espèces de tritons – le Triton crêté et le Triton marbré - accompagnés ici de leur hybride, le Triton de Blasius, ainsi que plusieurs espèces globalement rares en région Poitou-Charentes comme le Crapaud calamite, la Grenouille de Lesson, la Rainette verte, le Pélodyte ponctué.

La zone est aussi très riche en plantes protégées. Dans le vallon, se localisent de grandes raretés comme le Lis martagon qui est, ici, tout proche de sa limite nord-occidentale en France. On trouve, aussi, la Laîche ombreuse. C'est son unique habitat dans le département de la Vienne. Sur le plateau, la plante la plus remarquable est la Calamagrostide faux roseau. C'est une graminée montagnarde qui n’existe pas dans un autre endroit de la région Poitou-Charentes. Le pourtour des mares aux eaux pauvres en substances nutritives abrite également une flore rare et spécialisée, où se remarque surtout la Pilulaire à globules, une petite fougère semi-aquatique aux curieuses fructifications en forme de noisettes.

  • Calamagrostide faux roseau.
  • Canche sétacée.
  • Cicendie naine.
  • Corydale à bulbe plein.
  • Hêtre d’Europe.
  • Laîche des montagnes.
  • Laîche ombreuse. Cette plante fait l’objet d’une protection au niveau national.
  • Laîche puce.
  • Lis martagon. C'est une Liliacée. Sa tige est haute jusqu’à 1,5 mètre. Elle s’orne d’une grappe de grandes fleurs rose violacé ponctuées de pourpre et qui penchent vers le sol. Elle possède en effet un tempérament montagnard qui lui fait éviter presque totalement les plaines atlantiques où elle ne peut subsister que dans des stations au microclimat particulier. Cette plante fait l’objet d’une protection au niveau national.
  • Marguerite en corymbe.
  • Orpin rougeâtre.
  • Pissenlit des marais.
  • Porcelle à feuilles tachetées. Cette plante fait l’objet d’une protection au niveau national.
  • Scille à deux feuilles. C'est une Liliacée bulbeuse de taille modeste car elle n'est haute que de 10 à 25 cm. Elle possède de petites fleurs bleues disposées en grappes lâches.
  • Vesce de Poméranie. Cette plante fait l’objet d’une protection au niveau national.

La grotte de Font Serin[modifier | modifier le code]

La grotte de Font Serin est située sur la commune de Lussac-les-Châteaux. Elle est classée comme zone d’intérêt écologique, faunistique et floristique. Elle est située sur le flanc d’un escarpement calcaire bordant une petite vallée sèche qui débouche sur l’étang de l’Hermitage. La grotte abrite une forte colonie de chauves-souris qui en ont fait, durant les années 1950-1960, l’un des sites les plus importantes de l’ouest de la France.

Toutefois, depuis cette période, la cavité a subi des modifications thermiques importantes. Elles sont dues, notamment, à la création d’une ouverture supplémentaire par les spéléologues. En outre, la grotte est aussi devenue un terrain que fréquentent plusieurs centres de loisirs. Cette surfréquentation humaine a fait fuir les colonies de Grand Murin, de Minioptère de Schreibers et, surtout, de Rhinolophe euryale. Il ne subsiste, de nos jours, qu’une petite population hivernante. Cette population est, néanmoins, très diversifiée. En effet, elle regroupe une dizaine d’espèces différentes qui font toutes l’objet d’une protection au niveau national : le Grand murin, le Grand rhinolophe, le Minioptère de Schreibers, le Murin à moustaches,le Murin à oreilles échancrées, le Murin de Bechstein, le Murin de Daubenton, le Murin de Natterer, l'Oreillard roux, le Petit rhinolophe et le Rhinolophe euryale .

Le Rhinolophe euryale est une espèce typiquement méditerranéenne des régions chaudes de plaine mais qui supporte aussi le climat océanique que l’on rencontre dans le département de la Vienne. C’est une espèce très sociable. En hiver, elle hiberne dans de profondes cavités naturelles dont la température et l’hygrométrie, oscillent respectivement entre 7 et 15 °C et 95 et 100 % d’humidité. En été, l’espèce est essentiellement cavernicole même si exceptionnellement, il est possible d'en découvrir dans des vieilles granges.

Le Rhinolophe euryale a connu un déclin dramatique au cours des dernières décennies et a d’ores et déjà disparu de plusieurs régions françaises. Sur ses sites d’hibernation l’espèce, est très sensible aux dérangements alors que l’extension croissante des monocultures intensives ayant souvent recours à des épandages de pesticides toxiques, affectent profondément ses zones de chasse. Disparition de sa nourriture, empoisonnement par les pesticides, dérangement de ses sites de reproduction, expliquent sa quasi disparition et la nécessité de protéger non seulement l'espèce mais aussi les zones où elle vit.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Naissance de Madame de Montespan (favorite de Louis XIV, 1640-1707)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles de Wikipédia[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://pascal.lefalher.neuf.fr/ Lussac et son patrimoine
  2. Charles Bouyssi Communes et paroisses d'Auvergne, mis en ligne en 2002, consulté le 18 novembre 2008
  3. Robert Petit, Les Arbres de la liberté à Poitiers et dans la Vienne, Poitiers : Éditions CLEF 89/Fédération des œuvres laïques, 1989, p. 223
  4. Jean-Henri Calmon, Occupation, Résistance et Libération dans la Vienne en 30 questions, Geste éditions, coll. « 30 questions », Jean-Clément Martin (dir.), La Crèche, 2000, 63 p. (ISBN 2-910919-98-6), p. 53
  5. Roger Picard, La Vienne dans la guerre 1939/1945 : la vie quotidienne sous l’Occupation, Lyon : Horvath, 1993. 264 pages. ISBN 2-7171-0838-6, p. 206
  6. a, b et c Fiches communales 2000 - 2010 de la Vienne
  7. Agreste – Enquête Structure 2007
  8. Agreste – Bulletin no 12 de mai 2013
  9. Panorama de l’Agriculture en Vienne – Juin 2012 – Chambre d’Agriculture de la Vienne
  10. Site de la préfecture de la Vienne, consulté le 10 mai 2008
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011