LGV Sud Europe Atlantique

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LGV Sud Europe Atlantique
Ligne de Saint-Avertin (Tours, LGV Atlantique) à Ambarès-et-Lagrave (Bordeaux, projet LGV Bordeaux - Toulouse)
Carte de la ligne
Carte de la ligne
Pays Drapeau de la France France
Historique
Mise en service mi 2017
Caractéristiques techniques
Longueur 279[réf, nécessaire] km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification

25 kV - 50 Hz

Nombre de voies Double voie
Signalisation TVM 300 / ETCS niveau 2
Trafic
Propriétaire RFF
Exploitant(s) LISEA (VINCI) et SNCF
Trafic TGV
Schéma de la ligne

La LGV Sud Europe Atlantique est une ligne à grande vitesse française en construction, mesurant 302 kilomètres, auxquels il faut ajouter 38 kilomètres de nouveaux raccordements. Elle prolonge la branche sud-ouest de la LGV Atlantique jusqu'à Bordeaux. Des extensions ultérieures, non financées à ce jour, rejoindraient ensuite l'Espagne par la LGV Bordeaux-Espagne d'une part et Toulouse par la LGV Bordeaux-Toulouse d'autre part.

Objectifs du projet[modifier | modifier le code]

La construction de la LGV SEA a pour but de permettre la desserte à grande vitesse du Sud-Ouest : Poitou-Charentes, Aquitaine et Midi-Pyrénées notamment et de relier ces territoires aux capitales européennes desservies par les TGV (Londres, Bruxelles, Amsterdam, Madrid…). Le trajet entre Paris et Bordeaux s'effectuerait ainsi en 2h05 environ à une vitesse prévue de 300 à 320 km/h à la mise en service. Seraient également améliorées les liaisons inter-cités comme Tours-Poitiers-Angoulême-Bordeaux ou les relations avec des régions plus éloignées. En utilisant la GC entre Massy et Valenton ou la future LGV Interconnexion Sud et la LGV Interconnexion Est à l'est de Paris, des dessertes entre le Sud-Ouest d'une part, le Sud-Est, l'Est et le Nord d'autre part pourraient être renforcées. Les futurs TGV arrivant du sud ouest pourraient être dirigés, au moins en partie, en gare d'Austerlitz afin de soulager la gare Montparnasse déjà saturée.

Le projet apporte aussi une réponse à la saturation de la ligne historique. Les écarts de vitesse importants entre les TGV qui circulent jusqu'à 220 km/h sur certaines sections de la ligne classique et les trains de fret et TER obligent à augmenter beaucoup l'intervalle entre trains des deux classes de vitesse et réduisent le débit maximum possible, qui est déjà atteint sur certaines sections. L'utilisation d'une ligne dédiée pour les TGV permettra de dégager de nouveaux sillons pour le fret et les TER, mais l'utilisation qui en sera faite par la SNCF est controversée[1] : le chargement/déchargement de wagons de marchandises isolés pourrait ne plus être assuré en gare d'Angoulême comme dans 2 621 autres gares. Ainsi les PME qui expédient par petits et moyens lots ne pourront plus utiliser le rail pour faire transporter leurs marchandises.

Le projet LGV SEA, comme le projet LGV Rhin-Rhône maintenant en service, construit une ligne pouvant théoriquement être parcourue à une vitesse commerciale de 350 km/h voire 360 km/h.

Fin mai 2009, une polémique a éclaté[2] suite à la remise en cause du tronçon Bordeaux-Bayonne de la LGV Paris-Bordeaux-frontière espagnole. L'arrêt des études sur ce prolongement transfrontalier de la LGV SEA pourrait remettre en cause les crédits européens de l'ensemble du projet (700 M€). Une pétition[3] a même été lancée à ce sujet.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Signalisation à l'entrée d'un des sites (Sainte-Souline, Charente)

Pour étaler les dépenses dans le temps, il avait été prévu de réaliser la construction de la ligne en deux étapes, mais ce ne sera finalement pas le cas :

  • Tours-Angoulême (182 km de LGV et 32 km de raccordement à la ligne existante).
  • Angoulême-Bordeaux (121 km de LGV et 7 km de raccordement à la ligne existante). En évitant le détour par Libourne, la construction de cette section aura l'avantage de raccourcir la distance parcourue.

À l'issue des débats publics qui se sont déroulés en 2005 et 2006, RFF a pris la décision de lancer les études des lignes Bordeaux - frontière espagnole et LGV Bordeaux-Toulouse, ainsi que la réalisation de la LGV Poitiers-Limoges qui prolongent la LGV SEA vers Hendaye, Toulouse et Limoges.

Il n'a pas été prévu de gare nouvelle entre Saint-Pierre-des-Corps et Bordeaux : les dessertes de Poitiers et d'Angoulême s'effectueront par leurs gares actuelles, des raccordements étant prévus de la ligne historique vers la LGV. Au sud de Poitiers, un raccordement permettra de rejoindre la ligne classique vers La Rochelle.

Compte tenu des vitesses déjà élevées pratiquées sur la ligne historique (jusqu'à 220 km/h), le gain de temps sera de l'ordre de 50 minutes pour la construction de 303 km de voie. Le coût est estimé à 6,703 milliards d'euros, aux conditions économiques de juillet 2009. La LGV devrait permettre une augmentation de plus de 5 millions du nombre de voyageurs annuels (estimés à 20 millions à la mise en service de LGV).

La construction de la LGV sera finalement réalisée dans le cadre d'un PPP au travers d'une concession, ce qui représentera une première en France pour une LGV[4].

Le , le groupe de BTP Vinci a remporté l'appel d'offre pour la construction et l'exploitation pendant 50 ans de la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux. Les travaux, qui ont débuté en 2012, devraient créer 12 000 emplois par an.

Le consortium piloté par Vinci, associé à la Caisse des dépôts et à Axa, était opposé à des groupements menés par ses deux grands rivaux du BTP français, Bouygues et Eiffage. Ce projet, « l'un des plus gros partenariats public-privé d'infrastructure en Europe », sera aussi « l'un des plus gros chantiers du monde » en génie civil, a souligné Pierre-Denis Coux, directeur du projet chez Réseau ferré de France (RFF), le gestionnaire des voies ferrées françaises. Maillon de la future ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique (LGV SEA) qui, à terme, conduira à Toulouse et en Espagne[5].

Le 27 octobre 2010, le collectif des associations de défense de l'environnement en Aquitaine (CADE) dénonce à Bayonne une « arnaque », au profit du constructeur Vinci, mise au jour selon lui dans la convention de financement adoptée par le conseil général d'Aquitaine pour la voie nouvelle Tours-Bordeaux[6].

La convention adoptée le 25 octobre par le conseil régional traduit une réduction de la participation financière du constructeur Vinci à « 29,1 % contre près de 50 % prévus en 2006 », a assuré le Cade, fer de lance de l'opposition anti-LGV dans le Sud-Ouest, au cours d'une conférence de presse.

Construction[modifier | modifier le code]

La construction de la ligne a commencé au premier semestre 2012 et doit durer soixante-treize mois. Les premières démolitions de bâtiments sur la future emprise ont débuté début août 2011 à Ambarès. Plusieurs entreprises de Travaux Publics participent à la construction de cette ligne: Vinci Construction Terrassement, Guyntoli, ainsi que des entreprises locales.

Concession[modifier | modifier le code]

L'appel d'offres compétitif a été lancé en 2007. Le coût de la ligne est de 6,2 milliards d'euros. Le contrat de concession de la ligne Tours-Bordeaux est d'une durée de 50 ans, pour un budget de 7,8 milliards d'euros.

Financement[modifier | modifier le code]

Les différents apports se répartissent comme suit :

  • l'État : 3 milliards environ
  • LISEA : 1,3 milliard environ
  • RFF : 1 milliard environ
  • Groupe Caisse des dépôts : 1 milliard environ
  • Sojas : 800 millions environ
  • Fonds d'investissement géré par Ardian (ex Axa Private Equity) : 700 millions environ

Les actionnaires de LISEA sont Vinci (33,4 %), CDC Infrastructure (Caisse des dépôts et consignations, 25,4 %), Sojas (22 %) ainsi que des fonds gérés par Ardian (ex Axa Private Equity) (19,2 %). LISEA sera rémunérée par les redevances liées au trafic versées par les sociétés dont des trains circuleront sur cette ligne.

Historique[modifier | modifier le code]

Travaux en cours de la LGV Sud Europe Atlantique près de Blanzac (Charente) en juin 2013.
Travaux de construction de la LGV Sud Europe Atlantique près de Châtignac (Charente), en juillet 2013.
  • 25 septembre 1990 : mise en service de la branche sud-ouest de la LGV Atlantique jusqu'à Saint-Pierre-des-Corps, à l'est de Tours
  • 1er avril 1992 : approbation du schéma directeur des liaisons à grande vitesse comportant un projet alors dénommé LGV Aquitaine de Saint-Pierre-des-Corps à Bordeaux
  • 1994-1995 : débat public sur le projet de LGV Aquitaine
  • 1997-1998 : études préliminaires sur la section Tours-Bordeaux
  • 30 mars 2010 : le groupement Vinci est pressenti pour réaliser la ligne[7].
  • avril 2010 : le conseil général de la Gironde signe avec l'État un protocole d'accord pour un financement de 138 millions d'euros[8].
  • 16 juin 2011 : signature entre Réseau ferré de France (RFF) et le groupe de BTP Vinci du contrat de concession de 7,8 milliards d'euros de la ligne Tours-Bordeaux[9].

Section 1 : Angoulême-Bordeaux[modifier | modifier le code]

Section 2 : Tours-Angoulême[modifier | modifier le code]

  • 2004 - 2006 : études d'avant-projet sommaire APS
  • 16 avril 2007 : approbation de l'avant-projet par le ministère des Transports[11].
  • du 25 octobre au 19 décembre 2007 : Enquête publique
  • printemps 2009 : déclaration d’utilité publique (sous réserve de procédures judiciaires)[12].
  • Début 2012 : début des travaux
  • Mi 2017 : mise en service (prévision)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]