Théophraste

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Théophraste (Θεόφραστος)

Philosophie grecque

Antiquité

Description de l'image  Teofrasto_Orto_botanico_detail.jpg.
Naissance 371 av. J.-C. (Lesbos)
Décès 288 av. J.-C. (Athènes)
École/tradition Aristotélisme, Péripatétisme
Principaux intérêts Métaphysique, botanique, science de la nature, rhétorique, Physique
Influencé par Aristote, Platon
A influencé Ménandre

Théophraste (en grec ancien Θεόφραστος / Théophrastos), est un philosophe grec né vers 371 av. J.-C. à Erèse (Lesbos) et mort vers 287 av. J.-C. à Athènes. Élève d'Aristote, il fut le premier scholarque du Lycée, de 322 à 288 av. J.-C., botaniste et naturaliste, ou encore alchimiste[1]

Pour Théophraste, seul le savant a la prérogative de n'être pas un étranger hors de sa patrie, de ne point manquer de personnes qui l'aiment, après avoir perdu ses amis, d'être citoyen dans toutes les villes du monde, de braver et de mépriser les revers de la fortune. Un grand nombre d’observations personnelles ou vérifiées dans l’Histoire impliquent l’emploi de la même méthode : par exemple, Théophraste distingue les plantes d’après leurs parties, leurs accidents, leurs naissances, leurs manières de vivre, leurs usages. Dans Recherches sur les plantes et Causes des plantes[2] (dans laquelle on trouve les prémices du système sexuel) il explique les différences d’après les principes d’Aristote ; il y a dans les deux ouvrages l’affirmation, implicite et explicite, que la nature est soumise à des lois régulières. Théophraste, dans le livre VI des Causes des plantes, fait à peu près la même division des saveurs que Platon : la douce, l'acide, l'aigre, l'austère, la salée, l'acre, et l’amère[3].

Théophraste fut l’auteur des traités Sur les Pierres[4], qui a jeté les bases de la classification scientifique des pierres, leur origine, propriétés physiques, magiques, et pouvoir curatif. Il est également l'auteur du traité Les Caractères, une éthopée [5] Épicure avait écrit un ouvrage intitulé Contre Théophraste[6]

Sommaire

Biographie [modifier]

Fils du foulon lesbosien Mélantas, il se nommait Tyrtamos[7]. Tout jeune encore, il part étudier la philosophie à Athènes, suit les cours de Platon en même temps que Aristote. À la mort de Platon, il voyage partout en Grèce et en Macédoine[8]. En -344, quand Hermias d'Atarnée, livré aux Perses, fut exécuté par Artaxerxès III, Aristote se rendit dans à Lesbos, l'île voisine, chez Théophraste[9].

Après la Bataille de Chéronée (338 av. J.-C.), Théophraste revient à Athènes ; Aristote y a déjà ouvert son école au Lycée et Théophraste y suit les cours de son ancien condisciple, à qui il succède en -322. Six ans plus tard, les écoles de philosophie sont interdites et fermées par une loi que Sophocle fait passer, interdisant aux philosophes de tenir école sans le consentement du peuple et de la Boulè, sous peine de mort[10].
Rétabli et rappelé par Phidon, archonte successeur de Sophocle, il revient à Athènes l'année suivante.
Aristote, qui le surnommait Théophrastos[11],[12] fait de lui son successeur à la tête du Lycée lorsqu'il part pour Chalcis[13].
À ce poste, il eut, selon la tradition, plus de deux mille élèves, dont :

L'historien Plutarque a écrit que le philosophe stoïcien Zénon de Cition, devant la foule d'élèves de Théophraste, lui dit que Théophraste avait « un choeur plus nombreux que le sien, mais moins harmonieux »[16].

Il est typique de Théophraste de retrouver plusieurs explications, et de tenter de distinguer les circonstances dans lesquelles ont été élaborées. L'importance qu'il accorde à l'observation directe et à la description précise et rigoureuse marque une rupture avec les auteurs qui, avant lui, avaient étudié les plantes[17].

Les trois piliers de sa démarche sont :

  • Description
  • Dénomination
  • Classification[18].

Certains titres chez Ménandre correspondent aux Des Caractères de Théophraste : Apistos (Le Méfiant, en grec contemporain απιστιας)[19] ; Le Dyscolos (Le Bourru, en grec contemporain αγροικιας)[20]. Le poète latin Virgile s'est également inspiré de Théophraste[21], ainsi que de Lucrèce[21].

Aristote, Théophraste, et Straton de Lampsaque

Poésie [modifier]

Théophraste fit des recherches sur les rythmes de la prose[22].

Rhétorique [modifier]

En rhétorique, Théophraste donnait des préceptes soignés ; selon Cicéron il s'opposait aux sophistes[23]. Un extrait de son traité Sur la Rhétorique

Trois choses, suivant Théophraste, contribuent à la grandeur, à la pompe et à l'éclat du style :

  • Choix des mots,
  • L'harmonie qu'ils produisent,
  • Les tournures qui renferment les pensées.

Aussi Théophraste dénombre-t-il quatre qualités de style :

  • Correction
  • Clarté
  • Convenance
  • Ornementation[24].

Aristote établit quatre classes de problèmes : όνμξ, βέκμξ, ζοιαεoδημξ, πνμξ ζδζμκ ; Théophraste les réduit à deux : όνμξ, ζοιαεαδηόξ[25].

Législation [modifier]

Théophraste a traité à plusieurs reprises des lois et de législation. Selon lui, les affaires ne se font pas en vue des lois ; ce sont au contraire les lois qui se font en vue des affaires[26]. Il critique de même façon ceux qui aiment le pouvoir pour la puissance et la richesse qui lui sont attachées, et ceux qui entendent juger les accusés selon l'affaire qui l'implique et non la personne qu'ils sont[27]. Dans son Traité des Lois, Théophraste dit qu'il y a à Athènes deux sortes d'autels de justice : les autels de la « Vengeance » et ceux de l’« Injure », qui sont en fait des pierres sans taille faisant office de tribunes devant l'Aréopage. L'autel du poursuivant s'appelait la « pierre de l’anésie »[28], c'est-à-dire celle de la vengeance inflexible, qui refuse de recevoir le prix du sang[29]. Celle de l'accusé s'appelait la « pierre de l’hybris »[30] c'est-à-dire de l'orgueil qui pousse au crime[31]. Platon, Aristote, Théophraste et Démétrios de Phalère[32] ont tous traité de législation. Stobée rapporte une loi de Thurioi sur l'ingérence du voisinage lors d'aliénation foncière et une autre d'Enos sur les droits du propriétaire issues du Traité des Lois :

À Thourioi, lors de contrat d’aliénation foncière, le vendeur et l’acheteur sont obligés de donner à trois des plus proches voisins une petite pièce de monnaie en mémoire et témoignage du contrat. Les trois voisins sont légalement responsables s’ils refusent de recevoir pièce de monnaie d’un contrat auquel ils sont personnellement étrangers, s’ils le reçoivent deux fois du même vendeur, et s'ils refusent d’attester le droit de l’acheteur après l'avoir reçue.

À Enos, celui qui devient propriétaire d'une maison doit sacrifier sur l’autel d’Apollon du quartier ; celui qui achète un fonds de terre doit sacrifier dans le quartier où il a son domicile et jurer devant le magistrat chargé de l’inscription et trois habitants du quartier, qu’il a acheté loyalement. Le vendeur doit également jurer qu’il vend sans dol. À défaut de ces formalités, le magistrat refuse l’inscription.

Cosmologie [modifier]

Théophraste nomme « causes premières » aux astres et aux signes célestes. Théophraste ne prend pas l’astrologie au sérieux. Cicéron, qui pourtant loue souvent Théophraste, le considère d'une inconséquence insupportable. Tantôt il attribue à l'intelligence le premier rang parmi les êtres divins, tantôt c'est le ciel qui est la divinité suprême, puis les constellations en zodiaque et les astres[33].

Chimie [modifier]

Dans son traité Du Feu[34], en partie conservé, Théophraste parle de spécificités des établissements de bains au IVe siècle : les βαλανεῖα semblent plus chauds au nord qu’au sud, en hiver qu’en été. Selon le chimiste allemand Lippmann, le médecin et mathématicien grec du Ve siècle av. J.-C. Hippocrate de Chios et Théophraste ont les premiers décrit la technique du bain-marie[35]. Dans le même traité, Théophraste écrit qu'« il n'est pas irrationnel de croire que la flamme est entretenue par un souffle ou un corps aériforme ». dans son Traité des eaux[36] que les eaux du Nil sont très douces et très utiles à la génération, mais qu'elles lâchent le ventre, parce qu'elles sont imprégnées de certaine quantité de nitre.

Physique [modifier]

Des fragments de Théophraste sont conservés chez Simplicios de Cilicie, dans son ouvrage Physique[37]. À l'instar de son contemporain et condisciple Eudème de Rhodes, Théophraste a étudié la relation entre les mécanismes du syllogisme, plutôt que la relation des concepts qui les composent[38]. Le Destin est la propre nature de chaque homme et de chaque chose, la cause de tout ce qui arrive naturellement : le système physique de l'univers[39].

Les diverses opinions qu’Épicure rapporte comme probables dans la Lettre à Pythoclès ont été empruntées en grande partie aux autres physiciens, à l’aide d’Opinions des Philosophes[40], ouvrage de Théophraste[41].

La nature du Mouvement [modifier]

Selon Théophraste, le temps est un accident du mouvement, lui-même est une conséquence nécessaire de toute activité. Là où Aristote place le mouvement, il dit que ce qui est mû a primordialement fini de changer, parce qu'un premier changement a été effectué et accompli, niant le principe temporel comme faisant partie du mouvement[42]. Théophraste souligne qu'il y a là un paradoxe : si le début est divisible à l'infini, et la fin indivisible, il faut les distinguer comme parties du mouvement, et comme instantanés. Platon avait défini le temps comme « mouvement du soleil, sa course »[43]. Selon le platonicien Hestiée de Périnthe, le temps est « le mouvement des astres les uns par rapport aux autres. »[44].
La réalité qui a une nature de forme comprend qu'il y a une certaine position et un certain ordre par rapport à la totalité de la substance. Le mouvement appartient à l'essence de la chose, à tous les degrés ontologiques[45]. Théophraste dit dans son traité Sur le Vertige que les choses faites pour être remuées gardent leur cohésion du fait de leur mouvement même.

La nature du Lieu [modifier]

Platon définit le lieu comme une « puissance qui rassemble les corps » ; Théophraste a critiqué le concept platonicien de la nature du lieu, expliqué et commenté les apories du concept, qui identifiait le concept de lieu et d'Infini avec celui du Grand et du Petit, respectivement. Théophraste dit notamment que les notions platoniciennes de Lieu et d'Infini dérivent seulement du principe matériel. C'est l'ensemble des notions sur la nature du lieu qui constitue l'espace. Selon Théophraste, l'espace est le simple arrangement de la position des corps.

Métaphysique [modifier]

Les historiens ont d'abord attribué ce titre au commentateur péripatéticien Andronicos de Rhodes, mais on le trouve dans un fragment de Théophraste sur la philosophie première ; il faut peut-être trouver l'origine du mot chez un disciple immédiat d'Aristote : Diogène Laërce ne mentionne pas La Métaphysique dans son catalogue des ouvrages de Théophraste. Ont été retrouvés neuf fragments autour du thème de la métaphysique : Théophraste y souligne la difficulté de considérer le Principe premier comme cause nécessaire pour expliquer le mouvement, rapporté à la nature même du réel. Il paraît vain à Théophraste de vouloir rechercher la raison de toutes choses : l'importance accordée à la finalité et la démarche téléologique semblent suspectes à Théophraste. Théophraste reprochait à Platon de vouloir trouver le pourquoi de toutes choses, de n'avoir pas déterminé le caractère de l'eau et celui de l'air[46].

Selon Théophraste, « Deux principes étant donnés, leur connaissance est fonction de leur développement. Si en effet le chaud ou le froid deviennent plus importants, l'idée qu'on en aura sera différente. »[47]

Les modes concluants [modifier]

Sachant qu'il existe quatre classes de propositions (A, E, I et O), qu'un syllogisme se compose de trois propositions et que le moyen terme dessine quatre figures[48], il existe donc 43 × 4 = 256 modes. De ces 256, seuls 24 sont valides - 6 par figure - ils sont alors dits « concluants » - mais seuls 19 sont en général retenus, et ceci depuis Théophraste.

Botanique [modifier]

La spécialité de Théophraste était l'étude des sciences naturelles et plus particulièrement celle des plantes, sujet de deux de ses ouvrages : Histoire des plantes[49] et Causes des plantes[50]. Théophraste est à l’origine de la différenciation théorique entre le règne animal et le règne végétal, distinction qui permit la naissance d’une véritable nouvelle discipline à part entière, possédant ses propres méthode et vocabulaire : la botanique. Théophraste est le fondateur de la botanique en tant qu'étude des plantes en elles-mêmes et non pour leurs utilités. Son Histoire des plantes, ou Recherches sur les plantes[51] traite de la morphologie et de la classification des végétaux. Une part importante de l'ouvrage est consacrée à un inventaire raisonné des plantes et comprend des informations sur l'influence du milieu sur leur développement, sur leur mode de reproduction et sur leur utilité[52].

Théophraste évoque des espèces lointaines qui ont été importées après les conquêtes d’Alexandre le Grand, ou qu’il a reçues d’Égypte ; il les classe en quatre groupes :

  • Les arbres (« dendron »[53])
  • Les arbustes (« thamnos »[54])
  • Les sous-arbrisseaux (« phruganon »[55])
  • Les herbes (« poa »[56] c’est-à-dire les végétaux non-ligneux).

Conscient de l’aspect arbitraire de ce système et convint qu’une plante pouvait appartenir à plusieurs groupes, Théophraste se fonde sur le fait que les plantes ont une croissance indéterminée, pour établir leur singularité[57].

Les Causes des plantes[58] aborde les questions de la physiologie végétale, notamment la croissance et la reproduction, pour lesquelles Théophraste créa un vocabulaire spécifique qui décrivait les différentes parties d’une plante. Dans ses écrits, il ajoute ses observations personnelles aux connaissances des auteurs plus anciens et contemporains.

Exemples de théories botaniques de Théophraste

On peut faire commencer la classification botanique avec Théophraste ; il peut dès lors être judicieux de rapporter une liste non exhaustive des théories de Théophraste, certaines des théories de Ménestor sont connues grâce à Théophraste[59].

  • Les racines de la vigne sauvage[60] ont un effet échauffant, et entrent dans la préparation de cosmétiques[61]
  • Théophraste classe les champignons en quatre grands types :
    • Les champignons poussant sous terre appelés « hydnom » (comme les truffes) ;
    • Les champignons en forme de coupe, comme les pézizes ;
    • Les champignons de forme arrondie, les vesses-de loup ;
    • Les champignons qu'il dénomme « mykès »[62], qui désigne tous les champignons à chapeau et à pied.
  • La racine du nom en grec de la plaquemine[63]Harvard</ref>et la famille de ce fruit vient de Théophraste.
  • Théophraste signalait la floraison précoce de l'anémone dite « des prairies »[64], avec le glaïeul[65]
  • Théophraste ne voyait dans l'avoine qu'une mauvaise herbe[66].
  • Théophraste remarque, en parlant du séneçon commun, que l'« erigeron » fleurit presque toute l'année et que c'est une plante potagère peu estimée.
  • Les rangs de vignes étaient plantés en lignes régulières, comme le recommande Théophraste pour les baux d'Amorgos au IVe siècle av. J.-C. ou de Mylasa au IIe siècle av. J.-C.[67].
  • Les concepts biologiques ou téléologiques, de Aristote et Théophraste, ainsi que l’accent mis par eux sur une série d’axiomes plutôt que sur l'observation empirique, ont eu un impact qu’on ne peut ignorer sur la médecine hippocratique, puis la médecine occidentale.
  • Beaucoup de noms inventés par Théophraste sont encore utilisés dans les temps modernes ou contemporains, tels que « carpos » pour les fruits « pericarpion » pour l’enveloppe des graines. Plutôt que de se concentrer sur les causes formelles (comme l'avait fait Aristote), Théophraste a proposé un système mécaniste, établissant des analogies entre les processus naturels et artificiels et s'appuyant sur le concept d’Aristote de la cause efficiente.
  • Le premier dans l'Histoire, il décline les quatre sortes de laitue cultivée.
  • Il décrit des arbustes épineux que l'on pense être des lyciums.
  • Théophraste a également reconnu le rôle du sexe dans la reproduction de certaines plantes supérieures, bien que cette dernière découverte ait été perdue dans les époques postérieures[68].
  • Théophraste rapporte que la racine de mandragore traite les maladies de peau et la goutte et que les feuilles sont efficaces pour soigner les blessures. Ses propriétés sédatives lui étaient aussi connues puisqu'il dit qu'elle est bonne pour le sommeil[69].
  • Théophraste conseille le vinaigre de racine de mandragore comme inducteur du sommeil et signale aussi ses propriétés aphrodisiaques[70].
  • Théophraste soutient que le cyclamen peut être utilisé pour stimuler la libido et favoriser la conception[71]. Sa conviction se fonde à partir de la forme de la fleur, qui ressemble à celle de l'utérus.
  • Théophraste rapporte que les hêtres, dont les troncs mesuraient une trentaine de mètres, constituaient à eux seuls la quille d'un navire tyrrhénien.
  • Dans ses Recherches sur les plantes, Théophraste dénomme Strychnos manicos une plante qui pourrait bien être le datura stramoine ou stramoine officinal[72].
  • Des pommes : il décrit six variétés, dont la pomme appelée « de Perse ou de Médie ».
  • L'ortie est citée par Théophraste parmi les plantes comestibles après cuisson[73].
  • Des roses : il décrit une variété à nombreux pétales cultivée dans les jardins, forme de « rosa canina ».
  • Théophraste est le premier à mentionner l'orpiment et la sandaraque.
  • Des truffes : il pensait que les truffes étaient des végétaux engendrés par les pluies d'automne accompagnées de coups de tonnerre[74].
  • La fécondation artificielle des palmiers remonte à la plus haute Antiquité ; elle est décrite par Théophraste[75].
  • Limodorum dérive du nom grec de la plante « Leimodoron », employé par Théophraste.
  • C'est sans doute Théophraste qui, le premier, distingue les Angiospermes des Gymnospermes.
  • L'épithète spécifique thapsus a été emprunté à Théophraste (en grec ancien θάψος)[76], qui l'employait pour désigner une herbe non spécifiée de la ville grecque antique de Thapsos, près de la Syracuse actuelle en Sicile[77],[76], bien qu'elle soit souvent assimilée à Thapsos, ancienne ville de Tunisie)[78].

Dans le genre Verbascum, l'espèce est classée dans la section Bothrosperma subsect. Fasciculata[79]thapsus du Molène thapsus a été emprunté à Théophraste (θάψος, thapsos)[76]. Dans le genre Verbascum, l'espèce est classée dans la section Bothrosperma subsect. Fasciculata[80].

  • Théophraste connaissait deux espèces de thym, l’un blanc, médicinal et très mellifère, l’autre noir, « qui corrompt l’organisme et suscite la bile »

À côté de ces observations très pertinentes - connaissant maintenant les composés actifs de la plante - on trouve dans les textes d'autres considérations très déconcertantes pour un homme moderne. Par exemple, Théophraste nous indique que lors de la cueillette de la mandragore, il faut « « tracer autour de la mandragore trois cercles avec une épée, couper en regardant vers le levant, danser autour de l'autre et dire le plus grand nombre possible de paroles grivoises »[81]

Exemples discutés ou erronés de théories botaniques de Théophraste

On ne peut concevoir les théories d'un philosophe, a fortiori un péripatéticien, qui décrit les détails de la définition après celle-ci[82] sans en donner quelques exemples contraires :

  • Selon Théophraste, la luzerne est originaire de Médie.
  • Théophraste a écrit qu'on guérit les morsures de vipère avec les sons de flûte, si le joueur est habile[83].
  • Le bois se compose de terre et d'air ; c'est pourquoi le bois est combustible et non liquéfiable. Les corps peuvent être divisés en liquéfiables et en non liquéfiables. Ces phénomènes se rattachent aux effets des causes contraires ; car tout corps que le froid et le sec coagule est nécessairement liquéfié par le chaud et l'humide[84].
  • C’est Théophraste qui donna son nom à la pêche, pensant qu’elle venait de Perse (elle est d’origine chinoise) ;
  • Théophraste attribue la remarquable douceur des vins produits par les vignes des endroits où le pin abonde à la chaleur de la terre.
  • Théophraste rapporte que les geckos[85] comme les serpents dépouillent leur vieille peau, et l'avalent aussitôt, pour dérober ce qui serait un remède contre l'épilepsie et que ces animaux, dont la morsure est mortelle en Grèce, sont innocents en Sicile[86].
  • Théophraste prend le tubercule pour un fruit[87] ;
  • Théophraste se trompe en pensant qu'une herbacée comme le Mulva silvestris se transforme en une plante à haute tige comme l'« Althœa rosea »[88] ;
  • Le lotos dont parle Homère dans L'Odyssée semble avoir été reconnu par Desfontaines dans une analyse d'un jujubier sauvage très abondant aux entours de Djerba[89] ; on en fait, selon Théophraste[90], un vin qui ne se conserve pas plus de dix jours.
  • Personne n'a jusqu'à ce jour pu définir ce que Thépohraste appelle « Prasocourides »[91]
  • Théophraste prétend que la digestion se fait plus rapidement sur le côté droit, et plus difficilement sur le dos[92].
  • Théophraste décrit deux plantes de papyrus distinctes uniquement par leur grandeur : il s'agit du papyrus nilautique et d'une espèce appelée papyrus sari. Dans l'antiquité, le papyrus nilautique était utilisé pour fabriquer des barques, lors des crues notamment.

Signe de son rôle précurseur en botanique, l'IPNI lui attribue une abréviation en botanique, chose très rare pour un auteur d'avant le XVIe siècle.

Theophr. est l’abréviation botanique officielle de Théophraste.
Consulter la liste des abréviations d'auteur ou la liste des plantes assignées à cet auteur par l'IPNI

Sciences [modifier]

Exemples discutés ou erronés de théories scientifiques de Théophraste
  • Théophraste dit les silles maritimes apotropaïques dans Histoire des plantes[93]. Dans Les Caractères, le Superstitieux (Caractère XVI)[94] convoque des prêtresses à qui il demande de le purifier en traçant un cercle autour de lui avec la plante.
  • Dans Sur les Sensations, Théophraste affirme que ce qui possède la même température que notre chair ne produit pas de sensations.
  • Théophraste dit qu'on se sert du fer pour tailler et polir les pierres précieuses.
  • Aulu-Gelle[95] rapporte l'attachement d'un dauphin pour un enfant : « Les dauphins sont voluptueux et enclins à l'amour, ainsi que l'attestent des exemples anciens, et même récents. En effet, sous les premiers Césars, dans la mer de Pouzzoles, selon le récit d'Apion, et plusieurs siècles auparavant, près de Naupacte, comme le rapporte Théophraste, on a vu, de manière à n'en pouvoir douter, plusieurs de ces animaux donnant des marques évidentes de l'amour le plus passionné ».
  • On trouve un deuxième extrait de Théophraste chez Aulu-Gelle, dans son ouvrage Les Nuits Attiques[96] : « Chose surprenante qu'on lit dans Théophraste, à l'égard des perdrix. Trait à peu près semblable que Théopompe nous a laissé, concernant les lièvres. Théophraste, le philosophe par excellence, assure que dans la Paphlagonie, toutes les perdrix ont deux cœurs ; et Théopompe rapporte que, dans la Bisalthie, les lièvres ont deux foies. »
  • Le caméléon se transforme en toutes les couleurs sauf en blanc et en rouge, et il ne prend pas seulement les couleurs des choses sur lesquelles il se trouve, mais tout seul il change de couleur si quelqu'un le touche[97]. Théophraste pensait que le phénomène de changement de couleur du caméléon - qu'il appelle métamorphose - vient de ce qu'il a le corps rempli d'air : comme les poumons occupent toute la place ou presque, l'air prédomine, et facilite son changement de couleur[98].
  • Théophraste distingue l'azur naturel de l'azur artificiel, qui se fabrique particulièrement en Égypte.
  • D'après Théophraste, à Thurioi - colonie athénienne en pays sybarite - l'eau du fleuve Crathis blanchit, et celle du Sybaris noircit les bestiaux qui en boivent. Ces eaux opèrent aussi sur les hommes : les eaux du Sybaris rendent les cheveux crépus ; les consommateurs des eaux du Crathis ont, à l'inverse les cheveux pendants[99].
  • Des pivoines : c'est une plante magique, dont la cueillette est entourée de pratiques rituelles, déconcertantes ; ainsi Théophraste écrit : « Cette plante, que l'on appelle aussi glukusidê, doit être arrachée la nuit ; si on l'arrache de jour, et que l'on est vu par un pivert en train de cueillir le fruit, on risque de perdre les yeux, et si on coupe la racine, on risque la procidence de l'anus. »[100]
  • Théophraste regarde la Voie lactée comme le point de suture des deux hémisphères qui réunit et forme la sphère céleste ; là où les hémisphères se rejoignent, elle est plus brillante qu'ailleurs[101].

Histoire [modifier]

Théophraste a traité des sacrifices de chaque pays et fait voir qu'autrefois on n'offrait aux dieux que des fruits et de l'herbe. Il fait ensuite l'histoire des libations, expliquant que les plus anciennes n'étaient que de l'eau : on offrit ensuite du miel, après cela de l'huile, et en dernier lieu du vin. Théophraste pense que le cannibalisme et le sacrifice humain apparurent au nomadisme.

  • Les puits furent découverts par Danaos, venu d'Égypte dans cette partie de la Grèce qui s'appelait auparavant « Argos sans Eau »[102].
  • Les carrières furent découvertes par Cadmos, à Thèbes, ou, d'après Théophraste, en Phénicie ; les tours, par les Cyclopes d'après Aristote, par les Tirynthiens d'après Théophraste[103].
  • Selon Théophraste, c'est sous l'impulsion d'Hérodote et Thucydide que l'on s'est mis à écrire l'histoire dans un style plus élégant[104]. Théophraste a écrit la première histoire de la philoso­phie, tout comme Eudème de Rhodes écrivit la première histoire de l'astronomie et des mathéma­tiques[105].
  • Timée de Tauroménion accuse Aristote et Théophraste d'avoir faussement représenté les lois et les coutumes des deux nations locriennes[106].
  • Théophraste attribuait aux Juifs des usages d'immolation des victimes, qui leur étaient étrangers. Aristote et Théophraste partagent un philosémitisme reconnu, ouverture aux étrangers très peu commune aux grecs : « Théophraste parle des Juifs […] comme des philosophes par naissance, en trouvant dans la loi juive une sorte de correspondance aux Lois de Platon » (Livre XII)[107]. « Les Juifs qui habitent en Syrie immolent encore aujourd'hui, dit Théophraste dans son Traité de l'Abstinence, de la même manière que cela a été pratiqué dès le principe. Si on nous enjoignait de nous conformer à leur rite, nous renoncerions à l'usage des sacrifices ; car sans se nourrir des viandes immolées, ils passent la nuit entière à les consumer complètement, en faisant d'abondantes libations de miel et de vin sur les victimes, ayant soin de les réduire en cendres au plus vite, pour que l'astre qui voit tout, ne découvre rien de cette férocité. Les jours qui précèdent et suivent cet acte religieux, sont consacrés par le jeûne et pendant tout ce temps ce peuple éminemment philosophe n'a pas d'autre entretien que sur le dieu. Pendant la nuit ils observent les astres, et à force de les étudier ils entendent des voix divines. Ce sont eux qui, les premiers, forcés par la nécessité et non pour satisfaire leurs passions, se sont immolés eux-mêmes avant d'immoler d'autres animaux. »[108]

Théophraste contredit Héraclide du Pont au sujet de la loi de Dracon qui condamnait à mort toute personne déclarée oisive[109] : le premier dit que c'est une loi de Solon, et que Pisistrate l'a imitée et généralisée ; le second prétend que c'est une loi de Solon qui avait déjà été appliquée[110].

Personnalité de Théophraste [modifier]

Théophraste louait l'hospitalité ; Hermippe de Smyrne dit que Théophraste se frottait d'huile, et s'exerçait avant de donner cours, et que lorsqu'il s'était assis et avait commencé à parler, il adaptait à ses discours tous ses mouvements, tous ses gestes[111] . Aristote déclarait que les animaux se plaçaient loin en dessous des humains dans la chaîne des êtres, à cause de leur prétendue irrationalité, et parce qu'ils n'auraient pas d'intérêt propre. Théophraste exprima son désaccord, se positionnant contre la consommation de viande en alléguant qu'elle privait les animaux de leur vie, et qu'elle était donc injuste. Les animaux, selon Théophraste, peuvent raisonner, sentir, et ressentir de la même manière que les êtres humains[112]. Cet avis ne prévalut pas, et c'est la position d'Aristote - selon laquelle les humains et les non-humains vivaient dans des règnes moraux différents parce que les uns étaient doués de raison et non les autres - qui persista largement jusqu'aux contestations de certains philosophes dans les années 1970. L’abstinence quasi végétarienne de Théophraste procède de la pitié et d'une hantise de justice. Théophraste pense que le cannibalisme et le sacrifice humain apparurent au nomadisme. Théophraste dit également que l'eusébie ne consiste pas en la magnificence de sacrifices, mais au respect que l'on témoigne à la divinité.

Doctrine [modifier]

Les théophrastéens attribuent à Leucippe la doctrine du « Grand et du Petit système du Monde ». Les vertus et les qualités qui germent et fleurissent chez les jeunes gens se fortifient par les éloges, et vont toujours croissant à mesure que se développe en eux le sens et le courage. Théophraste faisait de Prométhée le premier philosophe, ce qui est simplement une application du littéralisme péripatéticien à une remarque de Platon[113],[114],[115].

Théophraste affirme l’établissement de ses doctrines comme découlant de leur nature elle-même, étroitement attachée aux sens ; sa position est ambiguë : parfois, il semble être conscient de son ambiguïté. Ce faisant, son enseignement se situe lui-même sur le terrain de l’opinion, ne découle pas des arguments et des démonstrations avancés dans chaque cas[116], mais de l’inexistence des dieux, établie à partir de l’expérience : les dieux des religions ne sont pas sensibles, et on ne saurait donc s'en faire une idée, et ce qui ne peut être connu par sa nature même « n’est pas ». Alors que Théophraste exhortait les hommes à mettre leur espérance dans l'instruction plutôt que dans les richesses ; pourtant, dans son livre De la richesse, il dit que l'avantage du riche est de pouvoir se permettre les somptuosités des fêtes fastueuses données au peuple)[117]. Il enseignait avec un égal succès la rhétorique et la philosophie ; il s'est occupé de grammaire ; en logique, il a commenté presque toutes les parties de l’Organon. En morale[118], il plaçait la vie spéculative au-dessus de la vie pratique ; l'adversité, les chagrins, les grandes souffrances sont incompatibles avec le bonheur de la vie. Théophraste insistait sur la nécessité de joindre les biens extérieurs à la vertu pour vivre heureux, et maintenait que la vertu mérite d’être recherchée pour elle-même[119]. En matière d'éthique, le bonheur dépend d'influences externes et de la vertu[120] Pour lui, sans la vertu, les biens extérieurs n’ont aucune valeur ; mais il se montrait peu rigide et permettait à l’homme de s’écarter des règles morales pour acquérir un grand bien ou pour lui éviter un grand mal[121]. Il accorde parfois le caractère divin au système astronomique et aux cieux, et parfois à l'intelligence[122].

Comme ses prédécesseurs Socrate, Platon et Aristote, il avait sa définition de la beauté : « Une tromperie muette »[123]. D’après Théophraste, Platon[124] tend à identifier l’Idée du Bien avec le dieu suprême. Le bien est la valeur normative de la morale, avec comme opposé le mal. Théophraste[125], très critique envers les sacrifices comme étant des souffrances affligées à des êtres vivants, cite les trois raisons d'offrir un sacrifice aux dieux : rendre hommage, remercier pour un bienfait, obtenir une faveur.

Selon Épicure puis Aristote et enfin Théophraste, la raison tout entière est tirée des sens, et toutes les pensées émanent d'eux. Là où Platon admet l'âme comme une substance qui n’est pas perçue par les sens, mais semblablement par le seul entendement et la pensée, Théophraste remarque qu'affirmer que l'âme est conçue par le seul entendement signifie nier absolument qu’elle puisse être comprise, puisqu’il n’y a rien dans l’entendement qui n’a pas été préalablement dans les sens[126]. Théophraste explique par la théorie aristotélicienne des quatre causes (matière, forme, cause efficiente et cause finale) et enseigne qu’il y a trois sources de connaissance[127] :

  • La connaissance certaine et évidente
  • La conjecture et l’opinion
  • La foi

Selon Théophraste, la connaissance certaine vient par les sens. Il a établi que croire n’est pas connaître : si l’on croit, on ne connaît pas ; si l’on connaît, on ne croit pas, mais on sait[128]. Cette pensée n'est pas sans rappeler celle de Platon qui écrit : ce que l'homme connaît il ne le cherche pas parce qu'il le connaît, et sachant cela il n'a nul besoin de le chercher ; mais ce qu'il ne connaît pas, il ne le cherche pas non plus, parce qu'il ne saurait pas ce qu'il doit chercher[129]. Plutarque[130], cite Théophraste : « Un général doit mourir en capitaine et pas en soldat »[131] Théophraste nomme dieu tantôt le ciel, tantôt l'esprit[132]. Tantôt il attribue à l'intelligence le premier rang parmi les êtres divins, tantôt c'est le ciel qui est la divinité suprême, puis les constellations en zodiaque et les astres[133]. Théophraste dit dans son enseignement que les choses qu’enseigne la religion ont été prouvées comme étant fausses non pas dans l’ensemble de l’ouvrage, mais précisément à l’endroit où il a été montré que les dieux ne sauraient être. Ainsi, la position de Théophraste est sceptique, et l’examen débouche sur un aveu d’ignorance concernant tout ce qui dépasse l’évidence immédiate des sens. On retrouve le mépris pour les liturgies entre autres événements religieux chez Socrate, que l'on accuse entre autres d'introduire de nouveaux dieux ; chez Platon, qui traîte des idées de son maître dans son Ménexène ; chez Théophraste, qui commente les liturgies et autres événements religieux, et finalement chez Démétrios de Phalère : Scientifique, on peut se poser des questions sur la foi dans l'enseignement de Théophraste, quand on sait que son élève Démétrios de Phalère une fois au pouvoir à Athènes fit abolir les liturgies. Alors qu'il critique par le Caractère de l'Avare[134] le coût des sacrifices, Théophraste caricature les croyances par le Superstitieux[134] en le démontrant face à une divinité introduite tardivement dans les coutumes de la vie.

Théophraste rejeta avec vigueur les correspondances entre plantes et animaux qu'avait établies Aristote, soulignant qu’enlever aux animaux la raison ou l’entendement signifie les priver des sens, ce qui semble ridicule, puisque cela revient à les priver de la sensibilité, qui les définit. Les animaux, d'après Théophraste, peuvent raisonner, sentir et ressentir de la même manière que les êtres humains[135],[136]. Puisqu'il soutenait contre Aristote que les animaux sont capables de raisonnement, il les considérait comme supérieurs aux plantes, et selon lui il n'était donc pas éthique de manger de la viande[137].


Après la mort de Théophraste, le Lycée n’a plus produit d’œuvre originale. Bien que l'intérêt pour les idées d'Aristote est demeuré intact, elles étaient généralement admises aveuglément et sont restées figées[138].

Théophraste à propos de Démocrite [modifier]

Il reproche notamment à Démocrite de ne pas tout expliquer de la même manière, pas même tout ce qui rentre dans le même genre. Théophraste a discuté les points de vue de Démocrite, dans Causes des plantes[139], dans Sur les sensations[140] ainsi que dans De Démocrite et Sur Démocrite. Aristote et Théophraste citent explicitement Démocrite comme étant à l'origine de la théorie atomiste.

Théophraste à propos d'Héraclite [modifier]

Théophraste attribue à l'humeur mélancolique d'Héraclite l’imperfection de certaines parties de son ouvrage et ses contradictions.

Théophraste à propos d'Euripide [modifier]

Théophraste a confirmé les propos d'Aristophane, qui insinue à de nombreuses reprises dans ses pièces qu'Euripide est de basse extraction.

Théophraste à propos de Parménide [modifier]

Selon Théophraste, Parménide dit que la connaissance a lieu suivant que ce soit l'âme ou la pensée qui l'emporte sur l'autre. La pensée est meilleure et plus pure lorsque le chaud prédomine. celle qui a lieu par le chaud est meilleure et plus pure. La proportion du chaud et du froid joue sur dépendent la mémoire et l'oubli. Le semblable est senti par le semblable le cadavre ne sent rien du fait de l'absence de chaleur. Théophraste dit encore que Parménide reconnaît l'infériorité des sens et l'opinion sur la pensée, ne fait pas encore de distinction entre sensation et raison.

Théophraste à propos d'Empédocle [modifier]

Théophraste dit qu'Empédocle fut l'émule de Parménide[141], dont il imita les poèmes, et que selon lui, c'est le sang qui détermine la pensée, car c'est surtout dans le sang que se tempèrent réciproquement les divers éléments[142]. Tout un chapitre de Sur les Sensations critique Parménide et Platon, et un autre est entièrement est consacré à souligner les nombreuses erreurs d'Empédocle[143].

Théophraste à propos de Cléostrate de Ténédos [modifier]

En 300 av. J.-C.[144], Théophraste publie Des Signes du temps, premier ouvrage de prévisions météorologiques en Europe, dans lequel il parle entre autres de Cléostrate de Ténédos[145] : Au sujet de la qualité de l'air et de l'atmosphère sur les hauteurs : C'est pourquoi quelques bons astronomes s'établirent dans certains lieux, tels Matricètas de Méthymne sur le Lépétymne[146] ; Cléostrate de Ténédos sur l'Ida, et Phaénos d'Athènes sur le Lycabette[147]

Théophraste à propos d'Anaximandre [modifier]

Anaximandre relie l'engendrement non pas à l'altération de l'élément, mais à la séparation des contraires à travers le mouvement éternel[148].

Théophraste à propos d'Alcméon de Crotone [modifier]

Théophraste nous rapporte ce qu'Alcméon de Crotone pensait de chacun des sens :

  • L'ouïe : pour Alcméon de Crotone, le vide contenu dans les oreilles répercute les sons par vibration ;
  • L'odorat : par le nez, le souffle parvient jusqu'au cerveau ;
  • Le goût ;
  • La vision : elle se produit à travers l'eau qui est dans les yeux ;
  • Le toucher : selon Théophraste, Alcméon ne dit rien de ce sens.

Selon Théophraste - d'accord avec son maître Aristote - les sens sont l’origine et la source de toute connaissance. Théophraste est d'accord avec Alcméon de Crotone « Ce qui distingue l'homme des autres animaux, c'est qu'il est le seul à disposer de la conscience, alors que les autres ont des sensations sans avoir la conscience. »[149]. D'après Théophraste[150], Alcméon rejetait la thèse qui explique la sensation par le semblable. Il serait également le premier à déterminer ce qui différencie les animaux et les hommes : selon Alcméon de Crotone « L'homme est le seul à disposer de la conscience, alors que les autres ont des sensations sans avoir la conscience ».

Catalogue des œuvres de Théophraste [modifier]

On attribue à Théophraste un traité Sur la Métaphysique, que l'on soupçonne d'être le Περὶ τῶν ἁπλῶν διαπορημάτων αʹ du Catalogue rapporté par Diogène Laërce[151]. Nicolas de Damas attribue l'ouvrage à Théophraste ; Brandis en 1823, Wimmer en 1854, et Usener en 1890 en fixent le texte, et l'authentifient. Fobes et Ross, de l'Université d'Oxford, publient en 1929 leurs travaux de traduction et commentaires de la Métaphysique de Théophraste. Jules Tricot, dans sa traduction de la Métaphysique de Théophraste, considère que les travaux de Fobes et Ross de qualité supérieure à ce qui a été fait jusque lors. Il est important de rappeler que l'attribution à Théophraste n'est pas contestée.

Un traité moral, περὶ ἡδονῆς, également attribué à Théophraste, pourrait avoir été un ouvrage de Chaméléon d'Héraclée, autre disciple d'Aristote cité par l'historien Athénée. Ce qui nous reste de Théophraste a été publié par Joachim Camerarius l'Ancien en 1541, Daniel Heinsius (Éd. Leyde en 1613) et par Johann Gottlob Schneider en 1818 (Éd. Leipsick, 5 vols.). Les Caractères ont été traduits en français en 1688, puis adaptés et imités par Jean de La Bruyère : longtemps on n'a possédé que 28 chapitres de cet ouvrage ; on a découvert en 1786 les chapitres 29 et 30. Ce traité inspira Ariston de Céos, Jean de La Bruyère et Jean de La Fontaine, entre autres. Aucune référence à la Métaphysique n'est connue entre le temps de Théophraste et le Ier siècle ; Cicéron ne parle jamais de cet ouvrage. Après le temps d'Andronicos de Rhodes, quelques commentateurs, dont Nicolas de Damas, semblent avoir composé Theoria tov Aristotelous meta ta phusika, titre qui fait apparaître l'expression qui allait devenir le nom du texte d'Aristote : Meta ta phusika. On a attribué ce titre à Andronicos de Rhodes, mais on le trouve dans un fragment de Théophraste sur la philosophie première.

Le premier livre des Économiques d'Aristote a peut-être été écrit par Théophraste[152]. Priscien cite un Traité sur l'Imagination et l'Intelligence[153] et Athénée cite Sur l'enthousiasme dans l'œuvre de Théophraste[154] ; Diogène Laërce donne de Théophraste les titres suivants[155]:

  • Premiers discours analytiques (trois livres)
  • Seconds discours analytiques (sept livres)
  • Histoires des plantes (dix)[156]
  • Origine des Plantes[157] (huit livres)
  • Des Odeurs[158]
  • Caractères moraux
  • De la Comédie (De la poésie)[159]
  • De la Solution des syllogismes
  • Des signes du temps, premier ouvrage de prévisions météorologiques en Europe
  • Résumé des analytiques
  • Déductions (deux livres)
  • Débat sur la théorie des controverses
  • Des Sensations[160]
  • Contre Anaxagore
  • Des Théories d’Anaxagore
  • Des Théoories d’Anaximène et d’Archélaos
  • Sur le Sel, le Nitre et l’Alun
  • Sur les Objets pétrifiés
  • Des Lignes Insécables[161]
  • De l’Ouïe (deux livres)
  • Des Vents
  • De la Différence
  • Des Vertus
  • De la Royauté[162]
  • De l’Éducation des rois
  • Vies (trois livres)
  • De la Vieillesse
  • Du Rire[163]
  • De l’Astrologie
  • De Démocrite :
  • Des Ratiocinations
  • Des Images
  • Des Sucs de la chair et des viandes
  • Description du monde
  • Des Hommes
  • Recueil de bons mots de Diogène
  • Définitions (trois livres)
  • Discours sur l’Amour (deux livres)
  • Du Bonheur des Idées (deux livres)
  • De l’Épilepsie
  • De l’Enthousiasme
  • Sur Empédocle
  • De l’Argumentation (dix-huit livres)
  • Des Controverses (trois livres)
  • Du Volontaire
  • Résumé de la République de Platon (deux livres)
  • De la Diversité des voix des animaux du même genre
  • Des Phénomènes subits
  • Des Animaux en sept livres, ouvrage se décomposant en :
    • 1) Des animaux qui se montrent en troupe
    • 2) Animaux qui mordent et frappent[164]
    • 3) Des Animaux sujets à l’envie[165]
    • 4) De ceux qui vivent hors de l’eau
    • 5) Des Animaux qui changent de couleurs[165]
    • 6) Des Animaux à génération spontanée[165]
    • 7) Des Animaux à terriers[166]
  • Du Plaisir selon Aristote (douze livres)
  • Autre livre sur le Plaisir
  • Propositions (vingt-quatre livres)
  • Du Chaud et du Froid, du Vertige et de l’Etourdissement
  • De l’Affirmation et de la Négation
  • Callisthène ou du Deuil
  • Des Travaux
  • Du Mouvement (trois livres)
  • Des Pierres
  • Des Épidémies de peste
  • De l’Évanouissement[165]
  • Le Mégarique[167]
  • De la Mélancolie
  • Des Métaux (deux livres)
  • Des Sueurs[165]
  • Du Miel[165]
  • Collection de textes de Métrodore)[168]
  • Discours sur les ratiocinations (deux livres)
  • De l’Ivresse[169]
  • De la Fatigue[165]
  • Recueil de lois (vingt-quatre livres)[170]
  • Autre recueil de lois (dix livres)
  • Des Définitions
  • Du Vin et de l’Huile
  • Des Prémisses (dix-huit livres)
  • Des Législateurs (trois livres)
  • Des Hommes politiques (six livres)
  • De la Politique selon les temps (quatre livres)
  • Des Mœurs politiques (quatre livres)
  • De la Constitution parfaite
  • Recueil de problèmes (cinq livres)
  • Des Proverbes
  • De la Gelée et de la Liquéfaction
  • Du Feu (deux livres)[171]
  • Des Vents
  • De la Paralysie[165]
  • De la Suffocation
  • De la Folie
  • Des Passions
  • Des Signes
  • Des Sophismes (deux livres)
  • De la Solution des syllogismes
  • Topiques (deux livres)
  • Du Châtiment (deux livres)
  • Des Cheveux
  • De la Tyrannie
  • Sur les Circonstances (deux livres)[172]
  • Sur la Politique suivant les circonstances (quatre livres)
  • De l’Eau (trois livres)[173]
  • Du Sommeil et des Rêves
  • De l’Amitié (trois livres)[174]
  • De l’Ambition (deux livres)
  • De la Nature (trois livres)
  • Des Choses naturelles (dix-huit livres)
  • Résumé de l’histoire naturelle (deux livres)
  • Des Choses naturelles (huit livres)
  • Contre les philosophes naturalistes
  • Des Humeurs (cinq)
  • De la Fausseté des plaisirs'
  • Thèse sur l’âme
  • Des Arguments sincères (quatorze livres)
  • Des Difficultés légères
  • Discours sur l’harmonie
  • De la Vertu
  • Des Aversions et des Contradictions
  • De la Négation
  • De l’Opinion
  • Du Ridicule
  • Des Méridiens (deux livres)
  • Divisions (deux livres)
  • Des Différends
  • Des Injustices
  • De la Calomnie
  • De la Louange
  • De l’Expérience
  • Lettres (trois livres)
  • De la Génération spontanée
  • De la Sécrétion
  • Éloge des dieux
  • Des Fêtes
  • Du Bonheur[175]
  • Des Réflexions
  • Des Inventions (deux livres)
  • Sectes morales
  • Du Tumulte
  • De l’Histoire[176]
  • Du Choix des syllogismes
  • De la Flatterie[177]
  • De la Mer[178]
  • À Cassandre sur la royauté
  • De la Diction[179].
  • Recueil de discours
  • Solutions
  • De la Musique (trois livres)
  • De la Poésie
  • Mégaclès
  • Des Lois (trois livres)
  • Des Illégalités
  • Recueil des écrits de Xénocrate
  • Entretiens
  • Du Serment
  • Préceptes de rhétorique[180]
  • De la Richesse[181]
  • De la Poétique
  • Questions politiques, morales, physiques, érotiques
  • Éloges
  • Recueil de questions
  • Questions d’histoire naturelle
  • Des Exemples
  • De la Proposition et de la Narration
  • Autre livre sur la Poétique
  • Sur les Sages
  • Du Conseil
  • Du Solécisme
  • De l’Art Oratoire
  • Des Espèces de l’art oratoire (dix-sept livres)
  • De la Déclamation
  • Notes d’Aristote et de Théophraste (six livres)
  • Opinions d’histoire naturelle (seize livres)
  • Résumé de cet ouvrage
  • De la Grâce
  • Du Faux et du Vrai
  • Histoire des choses divines (six livres)
  • Des Dieux (trois livres)
  • De l’Eau (trois livres)
  • Histoire de la géométrie (quatre livres)
  • Résumé des écrits d’Aristote sur les animaux (six livres)
  • Argumentation (deux livres)
  • Questions (trois livres)
  • De la Royauté (deux livres)
  • Des Causes
  • Sur Démocrite
  • De la calomnie
  • De la Génération
  • De la Prudence et des Mœurs
  • Des Animaux
  • Du Mouvement (deux livres)
  • De la Vue (quatre livres)
  • Des Définitions (deux livres)
  • De ce qui est permis
  • Du Plus et du Moins
  • Des Musiciens
  • Du Bonheur des dieux
  • Aux Philosophes de l’Académie
  • Le Protreptique
  • Comment bien administrer les cités
  • Commentaires (sur la politique)[182]
  • De l’Éruption de lave en Sicile
  • Les Choses sur lesquelles on est d’accord
  • Des questions de physique
  • Des Moyens de savoir
  • De la Fausseté
  • De ce qui précède les topiques
  • À Eschyle
  • Histoire de l’astrologie (six livres)
  • Théorie arithmétique de l'addition
  • Achycaros[183]
  • Des Discours judiciaires
  • De la calomnie
  • Lettres à Astycréon
  • Phanias
  • Nicanor
  • Sur l'eusébie[184]
  • Evias
  • Des Occasions (deux livres)
  • Des Discours particuliers
  • De l’Éducation
  • Autre ouvrage sur le même sujet
  • De l’Éducation ou de la Vertu ou de la Tempérance
  • Protreptique
  • Des Nombres
  • Définitions sur l'énonciation des syllogismes
  • Du Ciel
  • Du Politique (deux livres)
  • De la Nature
  • Des Fruits

Au cours de l'Antiquité, les travaux de Théophraste furent prolongés par ceux de Pline l'Ancien et de Dioscoride, mais déjà après les conquêtes moyenne-orientales d'Alexandre le Grand, la pensée magique mésopotamienne et égyptienne avait commencé à contaminer la pensée hellène. Mettant un terme à cette période riche en observations suivra, jusqu’à la Renaissance, ou la période du Moyen Âge, pendant laquelle les études botaniques ne seront plus que la reprise des travaux anciens, sans nouveauté.

Bibliographie [modifier]

Ouvrages de Théophraste [modifier]

Théophraste
  • Traité des Lois Théophraste : Traité des Lois., 1870 (Œuvre numérisée par Marc Szwajcer)
  • Sur les Sensations. Théophraste : Sur les Sensations., 1930 (Œuvre numérisée par Marc Szwajcer)
  • Des Caractères Texte établi et traduit par O. Navarre. Paris, Les Belles Lettres, 1921, rééd. 1964, 166 p. Texte en ligne
  • De la Métaphysique Texte établi et traduit par A. Laks, G. W. Most, Ch. Larmore, E. Rudolph et M. Crubellier. Paris, Les Belles Lettres, 1993, LXXXII-132 p.
  • Opinions des philosophes de la nature, édition des fragments en grec, par Hermann Diels, Doxographi Graeci, Berlin, 1879, rééd. 1958. Titre en latin : Physicorum opiniones. Diels a tenté de reconstituer l'histoire des états textuels successifs d'œuvre héritière lointaine, selon lui[185], des Opinions des Philosophes de Théophraste.
  • Des pierres. Théophraste : Le livre des Pierres.
  • Recherches sur les plantes Texte établi et traduit par Suzanne Amigues. Paris, Les Belles Lettres, 1988 ss., 5 t.

Références [modifier]

  1. au même titre qu'Olympiodore l'Alchimiste
  2. trad. du 1er livre de Théophraste Sur les Plantes aux Éd. Leroux, 1887, par Emile Egger et le Docteur Eugène Fournier
  3. d'après Alcinoos de Smyrne : De la Doctrine de Platon(Livre VI)
  4. en grec ancien : Περὶ Λίθων
  5. en grec ancien : Ἠθικοὶ Χαρακτῆρες.
  6. cité par Plutarque
  7. en grec ancien Τύρταμος. Il est né le 5 de Hécatombeion dans la CIIe Olympiade, selon Mémoires de l'Académie des sciences, arts et belles lettres de Dijon, p. 12 - Éd. de 1840
  8. contribuant entre autres sur son île natale à combattre la tyrannie d'Erèse qui a établi son pouvoir sur l'île ; Théophraste et un compatriote nommé Phidias libèreront l'île
  9. Aristote y tint école pour environ deux ans.
  10. Sophocle est ici un archonte, fils d’Amphiclide, qu'il ne faut pas confondre avec le poète. Il avait fait voter cette loi sous prétexte d'éviter les assemblées tumultueuses ; sa loi fut abrogée après un an d'application, et il fut condamné à une amende de 5 talents - cfr. Traité historique et critique de l'opinion, par Gilbert Charles Le Gendre, marquis de Saint-Aubin-sur-Loire
  11. Un autre Théophraste fut archonte athénien lors de la 1re année de la 110e olympiade - V. Voyage du jeune Anacharsis en Grèce, de l'abbé Barthélemy
  12. Θεόφραστος : « divin parleur »
  13. Lorsqu'il prit la direction de l'école, il avait 49 ans, selon Mémoires de l'Académie des sciences, arts et belles lettres de Dijon, p. 12 - Éd. de 1840
  14. Nuits Attiques, Livre I, ch XVII, et Histoire des classes ouvrières & des classes bourgeoises par Adolphe Granier de Cassagnac, page 341, (1838)
  15. Athénée, Deipnosophistes [détail des éditions] [lire en ligne] (IV, 1)
  16. De la vertu et du vice (en grec ancien : Περὶ ἀρετῆς καὶ κακίας (traduit par Paul Chemla, Éd. Mille et Une Nuits (2002 (ISBN 2-84205-670-1)).
  17. « Ni ouvrages de philosophie, ni ouvrages pratiques destinés aux agriculteurs ou aux médecins, les deux ouvrages de Théophraste consacrés exclusivement à l'étude des plantes pour elles-mêmes nous livrent les premiers éléments d'une démarche scientifique orientée vers la compréhension du monde végétal
  18. Caractéristiques de l'école péripatéticienne
  19. Caractère XVIII
  20. Caractère IV
  21. a et b Zehnacker et Fredouille (2005), p. 142.
  22. La Rhétorique dans l'antiquité, de Laurent Pernot (2000) : page 89
  23. De oratore (79)
  24. La Rhétorique dans l'antiquité, de Laurent Pernot, 2000 (page 84)
  25. Essai sur la dialectique de Platon, de Paul Janet (chapitre II, page 121)
  26. Traité des lois (III)
  27. Caractères : XXVI (1) et XXIX (4)
  28. en grec ancien ἀναιδεία
  29. en grec ancien αἰδεῖσθαι
  30. hybris, en grec ancien ὕβρις
  31. Cfr. Schœmann, Griechischc Staais alterthümer, t. I, p. 471, cfr. Dugit, Étude sur l’Aréopage athénien, p. 120.
  32. auteur d'un Traité sur la législation Athénienne
  33. Cicéron : De la nature des dieux (XIII)
  34. en grec ancien Περὶ πυρός
  35. Edmund von Lippmann Zur Geschichte des Wasserbades, dans Abhandlungen und Vortäge zur Geschichte der Naturwissenschaft (2 vols.) 1906-1913, cité par (Patai 1995, p. 62)
  36. 41f
  37. Livre VI
  38. Anton Dumitriu - History of Logic - Tunbridge Wells, Abacus Press, 1977 - Vol. I, p. 207-208
  39. Tusculanes (V, 9)
  40. φυσιχον Δοξαι
  41. L’authenticité dans la Lettre a Pythoclès attribuée à Épicure est douteuse et déjà suspecte à Philodème de Gadara
  42. Alexandre d'Aphrodise, Commentaire sur la Physique d'Aristote : Livres IV à VIII
  43. Platon, Œuvres complètes, Flammarion, sous la direction de Luc Brisson, Paris, 2008 (p.288)
  44. Stobée, Eclogæ Physicæ : IX, § 40 (Traduction de Marie-Nicolas Bouillet)
  45. Exemple : un animal sans vie n'est plus un animal, s'il est mort. (Tricot)
  46. Jules Simon, Du commentaire de Proclus sur le Timée de Platon : p. 141. (1839)
  47. Voyez Simon Karsten, Parmenid. Eleat. reliq. (p. 126 de l'édition en anglais)
  48. Aristote ne signale que quatre indémontrables dans la première figure
  49. Περὶ Φυτῶν Ιστορίας
  50. Περὶ Φυτῶν Αἰτιῶν
  51. Théophraste, Recherches sur les plantes - tome V, Les Belles Lettres, 2006 (ISBN -10 2-251-00529-3).
    Texte établi et traduit par Suzanne Amigues (Les tomes I, II, III, IV, V, VI ont été publiés aux Belles Lettres)
     
  52. Guy Ducourthial, Flore magique et astrologique de l'Antiquité, Belin, 2003 
  53. (en grec ancien : )
  54. (en grec ancien : )
  55. (en grec ancien : φρύγανον)
  56. (en grec ancien ποα)
  57. Joëlle Magnin-Gonze, Histoire de la botanique, Delachaux & Niestlé, 2004 (ISBN 2-603-01495-1) 
  58. ou Les causes des phénomènes végétaux
  59. Des causes des plantes
  60. ἄμπελος ἀγρία (ἡ)
  61. Recherches sur les plantes, IX, 20, 3 : θερμαντικὸν δὲ καὶ δριμὺ καὶ τῆς ἀμπέλου τῆς ἀγρίας ἡ ῥίζα˙ διὸ καὶ εἰς ψίλωθρον χρήσιμον καὶ ἐφηλίδας ἀπάγειν˙ τῷ δὲ καρπῷ ψιλοῦσι τὰ δέρματα) « Comme drogue échauffante et âcre, il y a encore la racine de la « vigne sauvage », utilisée par conséquent comme dépilatoire et pour éliminer les taches de rousseur ; le fruit sert à dépiler les peaux ».
  62. en grec ancien µύκης : de ce mot dérive le mot mycologie
  63. « diospyros », en grec ancien Διόσπυρος : de ce mot dérive le mot mycologie
  64. A. coronaria L. et A. pavonina Lam
  65. À l'origine de la botanique (Livre VI)
  66. Amouretti 1986, p. 33 n3
  67. Brun 2003, p. 32
  68. Mayr, The Growth of Biological Thought, p. 90-91; Mason, A History of the Sciences (p. 46)
  69. Théophraste, Recherches sur les plantes, Les Belles Lettres, 2006 (ISBN 978-2-603-00952-4).
    tome V, livre IX
      : Histoire des plantes (IX, 9,1)
  70. Recherches sur les plantes, (IX, 8, 8)
  71. Théophraste, Recherches sur les plantes, IX, 3
  72. On lui doit la description, entre autres, du chrysocolle, du cinabre, du saphir
  73. Histoire des plantes VII (7, 2)
  74. Histoire de la truffe
  75. René Desfontaines Inst. Mém. scienc. t. V, p. 162
  76. a, b et c A. Carnoy, Dictionnaire étymologique des noms grecs de plantes, Louvain, Publications Universitaires, 1959 (OCLC 3284108) 
  77. (sv) Den virtuella Floran: Verbascum thapsus, consulté le 29 décembre 2006.
  78. Plant name: T, California Plant Names: Latin and Greek Meanings and Derivations, Calflora.net. Consulté le 2006-12-06
  79. Nels R. Lersten et John D. Curtis, Anatomy and Distribution of Foliar Idioblasts in Scrophularia and Verbascum (Scrophulariaceae), vol. 84, décembre 1997, 1638-1645 p., chap. 12 .
  80. Nels R. Lersten et John D. Curtis, Anatomy and Distribution of Foliar Idioblasts in Scrophularia and Verbascum (Scrophulariaceae), vol. 84, décembre 1997, 1638-1645 p., chap. 12 
  81. Histoire des plantes IX, 8, 8
  82. à l'instar de Phanias
  83. Aulu-Gelle, Les Nuits attiques : IV (13)
  84. Commentaire des Météorologiques d'Aristote d'Alexandre d'Aphrodise : Livre IV (30)
  85. en grec ancien στηλλἰον / stellions)
  86. Histoire Naturelle : L. VIII, Ch. XLIX.
  87. Sur les plantes, livre 1
  88. Théophraste : Sur les plantes : livre 1
  89. Sur les plantes (Livre IV, 3
  90. Pline et Eustathe de Thessalonique également
  91. Πραξσκουρίδης en grec ancien : on soupçonne l'insecte d'être une courtilière
  92. Pline l'Ancien, Histoire Naturelle, Livre XXVII (Chapitre 13-15)
  93. Livre VII (13, 4)
  94. victime de Deisidaimona, obsessionnel dont le nom est proche d'un synonyme de religion ; en grec ancien δεισδαιμονια
  95. Les Nuits Attiques : 6, Ch. VIII
  96. Livre XVI, Ch. 15
  97. Trad. de l'Abbé Gedoyn, Extraits de Photios - Paris, imprimerie royale (1743)
  98. Plutarque : De l'intelligence des animaux, p.83 (Éd. arléa - 2011)
  99. Pline l'Ancien, Histoire Naturelle, Livre XXXI (Chapitre 9-10)
  100. Histoire des plantes (IX, 8, 6)
  101. Macrobe, Commentaire du songe de Scipion (chapitre XV)
  102. Pline l'Ancien, Histoire naturelle (Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne] : livre VII)
  103. Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne] (VII, 56)
  104. Cicéron, De oratore (II, 13) ; dans De la nature des dieux, Cicéron qualifie d'attique le style de Théophraste
  105. Proclos, in Euclidès : p. 65, 7 ; 157, 10 ; 250, 20 ; 299, 1 ; 352, 14 (Friedlein)
  106. Histoires de l'historien Polybe de Mégalopolis (livre XII, fragment XIV)
  107. p. 203 de Feldman 1992
  108. Porphyre de Tyr : Sur l'abstinence de la chair des animaux
  109. c'est-à-dire dont on ne peut définir ou deviner ni la condition ni les ressources
  110. Traité des lois (XXV)
  111. Athénée, Deipnosophistes [détail des éditions] [lire en ligne] : Livre I, 38
  112. Angus Taylor, Animals and Ethics (Broadview Press, p. 35)
  113. d'après le scholiaste d'Apollonios de Rhodes (II, 1248)
  114. Philèbe (16c, 6). Cfr. Appendice : § 2)
  115. [9,2] Chapitre II, Livre II, Porphyre de Tyr : Sur l'abstinence de la chair des animaux
  116. démarche aristotélicienne par excellence
  117. Cicéron, Traité des Devoirs (XVI)
  118. Cicéron : De finibus (XXVI)
  119. Cicéron, Académiques (I, 10) ; Tusculanes (V, 9)
  120. Sa phrase « La vie est gouvernée par la fortune, non la sagesse » fit grand bruit à son époque
  121. Selon Théophraste, « l'orgueil est le mépris de tout, sauf de soi même »
  122. se rapprochant cela de la doctrine d'Aristote
  123. Diogène Laërce (V, 220)
  124. Théétète, aux Éd. La Bibliothèque électronique du Québec, Collection Philosophie, Volume 9 (p. 39 de l'édition traduite, et commentée par Émile Chambry)
  125. d'après Eusèbe de Césarée, Préparation évangélique, IV, 14
  126. Des Sensations IV, II, f. 438 ; II, 586
  127. Des Sensations (I, VI, f. 96 ; I, 138
  128. (Des Sensations : I, II, frag. 28 ; I (46)
  129. Ménon (80e)
  130. Vie de Sertorius : 13
  131. On peut y voir une interprétation de Platon qui dit au Livre Ier de sa République : « Le pilote, au sens strict, est le dirigeant des matelots, et non pas un matelot. »(342d)
  132. Clément d'Alexandrie, Discours aux Gentils (66)
  133. Cicéron, De la nature des dieux (XIII)
  134. a et b Caractère XXII
  135. Taylor, Angus : Animals and Ethics : Broadview Press, p. 35
  136. Cet avis ne prévalut pas et c'est la position d'Aristote selon laquelle les humains et les non-humains vivaient dans des règnes moraux différents parce que les uns étaient doués de raison et non les autres - qui persista largement jusqu'aux contestations de certains philosophes dans les années 1970
  137. L'animal dans l'Antiquité - Google Livres
  138. Annas, Classical Greek Philosophy p. 252
  139. Livres II, XI (7-8)
  140. Sur les sensations (50-53 et passim)
  141. d'après Diogène Laërce (VIII, Chapitre 2)
  142. Des Sensations (10)
  143. Des Sensations (12-24)
  144. Théophraste séjourna un temps dans la cité Thasos vers 300 av. J.-C
  145. Hermann Diels : DIE FRAGMENTE DER VORSOKRATIKER (frag. 70)
  146. montagne de l'île de Lesbos
  147. Phaénos d'Athènes, maître de Méton, était métèque (Cfr. Théophraste dans son ouvrage Des Signes du temps (Περὶ σημείων : Frag. 4 & 5 [Diels])
  148. Fragment A9 (traduction de G. Colli 11 [B1]) d’Opinions des Philosophes (Fragment 2, traduction de G. Colli, in La Sagesse grecque, Édition de L'Éclat, 1997. Extrait de Catherine Golliau, La Pensée antique, des présocratiques à saint Augustin
  149. Alcméon de Crotone, cité par Théophraste : Des Sens (25)
  150. Des Sens, 25 - 26
  151. Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres : Article sur Théophraste, 46
  152. Traduction J. Tricot, Vrin : [1]
  153. Ennéades, Tôme II
  154. Athénée, Deipnosophistes [détail des éditions] [lire en ligne] (14,5) : « que la musique peut guérir des maladies; la sciatique, par exemple, si l'on joue sur le mode phrygien pour enchanter le mal, et que pendant ce temps-là les malades ne sentent plus leur douleur. Ce mode a eu ce nom des Phrygiens qui l'ont inventé et l'ont mis les premiers en usage »
  155. Diogène Laërce (V, 42 - 50) : « Théophraste a écrit 230 850 lignes »
  156. traduction du 1er livre disponible [2]
  157. également traduit par Causes des plantes
  158. Dernière partie de Causes des plantes
  159. Dans lequel Théophraste rapporte que les Tirynthiens aimaient passionnément à rire, et qu'étant incapables de s'occuper d'affaires sérieuses, ils eurent recours à l'oracle de Delphes, y demandant d'être délivrés de ce penchant. L'oracle leur répondit qu'ils en seraient réellement guéris s'ils parvenaient à sacrifier, sans rire, un taureau à Poséidon, et à le jeter à la mer. Dans la crainte de manquer à la condition prescrite par l'oracle, ils défendirent de laisser venir les enfants au sacrifice.
  160. Également connu sous le titre Des Sens (Περὶ αἰσθήσεων)
  161. sans doute conservé dans les œuvres dites du Pseudo-Aristote
  162. un fragment conservé
  163. en grec ancien : Περὶ γελοίου Mentionné par Cicéron (de Finibus, livre V) et dont il subsiste un extrait
  164. fragments conservés dans le traité Des solutiones ad chrosoem de Priscien de Lydie
  165. a, b, c, d, e, f, g et h Photios, la Bibliothèque : notice 278
  166. un fragment conservé
  167. Dont Diogène Laërce cite un fragment à l'article de Diogène de Sinope. Diogène Laërce, Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres [détail des éditions] [lire en ligne] (Livre VI, Chapitre 2)
  168. très certainement le disciple de Démocrite
  169. dans lequel il cite Empédocle ; il est question de Sur l’Ivresse dans (Athénée, Deipnosophistes [détail des éditions] [lire en ligne] : X, 423). Aristote et Chaméléon d'Héraclée ont tous deux écrit un ouvrage du même titre
  170. partiellement conservé par Harpocration
  171. en grec ancien Περὶ πυρός : Traité en partie conservé, dans lequel Théophraste parle de spécificités des établissements de bains au IVe siècle ; les βαλανεῖα semblent plus chauds au nord qu’au sud, en hiver qu’en été.
  172. en grec ancien : Περὶ καιρῶν, dont un fragment a subsisté
  173. en grec ancien : Περὶ ὕδατος, dont un fragment a subsisté
  174. en grec ancien : Περὶ ὕδατος dont Aulu-Gelle reprend un extrait au Chapitre 3 du Livre I des Nuits Attiques : « Voici, selon moi, quelles limites il faut fixer. Entre deux amis que nous supposons gens de bien, projets, volonté, tout sans exception doit être commun; et s'il arrive par malheur que l'un d'eux ait besoin d'assistance dans les choses qui ne soient pas absolument justes, mais où il s'agisse pour lui de l'honneur ou de la vie, l'autre pourra dévier un peu du droit chemin, pourvu toutefois que l'infamie n'en soit point la conséquence. Jusqu'à un certain point l'amitié est une excuse. Je ne sais pas s'il y a ici quelque chose de préférable absolument, et si l'un des deux objets de comparaison, pris dans une proportion quelconque, doit l'emporter sur l'autre. Par exemple, on ne peut pas dire d'une manière absolue que l'or est plus précieux que l'airain ; car une quantité quelconque d'or ne devra pas toujours être préférée à une quantité déterminée d'airain. L'estimation devra dépendre du volume et du poids. Théophraste ajoute ensuite que l'appréciation du plus ou du moins en pareil cas et, en général, l'examen de ces questions de conduite dépendent de motifs extérieurs très divers; que les considérations de personnes, de temps, de nécessités, de circonstances, dont le détail ne peut être circonscrit dans des principes généraux, déterminent, règlent notre devoir et tantôt rendent blâmables, et tantôt justifient les démarches que fait faire l'amitié. »
  175. en grec ancien : Περὶ εὐδαιμονίας Mentionné par Cicéron (de Finibus, livre V) et dont il subsisteiste un extrait
  176. un fragment est conservé
  177. en grec ancien Περὶ κολακείας. Le flatteur est le deuxième portrait du traité Des Caractères, et la définition de la flatterie est mentionnée par Cicéron (de Finibus, livre V)
  178. Le papyrus Pap Hibeh 16 en conserverait 2 colonnes plus ou moins préservées
  179. en grec ancien Περὶ λέξεως. Le thème de l'ouvrage est le style : le terme présent dans l'intitulé, « lexeos », désigne chez Platon le sens du discours théorique, opposé au style concret (πράξιν)
  180. plusieurs extraits sont conservés chez Démétrios de Phalère, dans son Traité de l'Éloquence (en grec ancien : περὶ ἑρμηνείας
  181. en grec ancien : Περὶ πλούτου, dont parle Cicéron dans son Traité des devoirs (XVI)
  182. sans doute conservé dans les œuvres d'Aristote
  183. Akhikar : Sage babylonien, grand vizir des rois d'Assyrie Sennacherib et Assarhaddon ; philosophe et astronome (Mosaïque et culture dans l'Occident romain, par Janine Lancha - sortie : 1997 - p. 135
  184. Περί εὐσεβείας, conservé par Porphyre de Tyr, que cite Eusèbe de Césarée dans De l'abstinence
  185. Cfr. Doxographi græci, p. 102-118

Études sur Théophraste [modifier]

  • Suzanne Amigues (texte établi et traduit), Théophraste. Recherches sur les plantes, Paris, Les Belles Lettres . (5 tomes)
  • I. Bochenski, La logique de Théophraste, Fribourg, Suisse, Librairie de l'Université, 1947.
  • W. Fortenbaugh, Theophrastus of Eresus. Sources of his Life, Writings, Thought and Influence, Leyde, 1992, 2 t.
  • O. Regenbogen, Theophrastos, in Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft, vol. suppl. VII, Munich, 1940.
  • M.-P. LOICQ-BERGER, Athènes au quotidien à l'époque de Théophraste, Folia Electronica Classica (Louvain-la-Neuve) - Numéro 4 - juin-décembre 2002
  • Arnaud ZUCKER Théophraste à mots découverts sur les animaux qui mordent et qui piquent selon Priscien, in Mélange Bouffartigue 2008, page 341-350.

Autres sources [modifier]

  • Marie-Claire Amouretti, Le Pain et l'huile dans la Grèce antique : De l'araire au moulin, Paris, Belles Lettres, coll. « Annales littéraires de l'Université de Besançon », 1986, 322 p. (ISBN 2-251-60328-X) 
  • Jean-Pierre Brun, Le Vin et l'Huile dans la Méditerranée antique : viticulture, oléiculture et procédés de fabrication, Paris, Errance, coll. « Collection des Hespérides », 2003, 240 p. (ISBN 287772252X) 
  • (en) Raphael Patai, The Jewish alchemists: a history and source book, Princeton University Press, 1995 [lire en ligne] 

Annexes [modifier]

Articles connexes [modifier]

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