Anaxagore

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Anaxagore de Clazomènes

Philosophe occidental

Antiquité

Description de l'image  Anaxagoras Lebiedzki Rahl.jpg.
Naissance 500 av. J.-C.
Décès 428 av. J.-C. ((Milet))
École/tradition Présocratiques
Principaux intérêts Astronomie, Physique, Géométrie
Idées remarquables Noûs, Non-génération et non-destruction de la matière, Problème de la Quadrature du cercle
Influencé par Anaximène

Anaxagore (en grec ancien Ἀναξαγόρας / Anaxagóras, signifiant littéralement « chef de l'assemblée ») (500428 av. J.-C.), dit de Clazomènes en Ionie[1], était un philosophe présocratique. On suppose qu'il a donné des cours à Athènes (où il arrive en -478) pendant près d'une trentaine d'années, pendant lesquelles Socrate l'aurait peut-être connu. Il fut le premier philosophe à s’établir à Athènes, où il eut Périclès et Euripide pour élèves. Selon le Livre de la Vieillesse[2] de Démétrios de Phalère et Du Calme[3] de Panétios de Rhodes, il enterra ses enfants de ses propres mains, comme Xénophane de Colophon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Disciple d'Anaximène, il était surnommé l'« Intellect » car il soutenait que l'intelligence était la cause de l'univers, et selon Théophraste dans son ouvrage Des Sensations, de toutes choses[4]. À l'inverse de nombre de penseurs grecs, il méprise la sphère politique et clame que seul le Cosmos importe. Il introduit le concept de « noûs » (νοῦς[5]), qui équivaut à l’intelligence organisatrice et directrice du monde. Ce dernier serait formé de substances diverses qui n'auraient ni naissance ni fin mais s'agenceraient seulement par combinaisons et séparations. Il est le premier Grec à aborder le problème de la quadrature du cercle[6] ; ses voyages en Égypte lui permettent de perfectionner ses connaissances. Pour Empédocle, par l'action du ciel, la Terre reste tranquille par l'effet d'un tourbillon qui l'entoure ; pour Anaxagore, Anaximène et Démocrite, elle est une vaste et plate huche[7]. L’acmé de Socrate est contemporaine de la mort d’Anaxagore[8].

Anaxagore fut condamné à mort à l’issue d’un procès pour impiété, vers 432 av. J.-C.. Ses adversaires lui reprochaient sa théorie cosmique : là où le regard théologique voyait des dieux dans les astres, lui ne les considérait que comme des masses incandescentes. Il enseignait que la lune (formée de terre) reflétait la lumière du soleil, qui est une pierre chaude. Condamné comme athée, il se retira à Lampsaque, une colonie de Milet en Asie mineure, où il mourut plus tard.

Thèses[modifier | modifier le code]

La philosophie d’Anaxagore est exposée dans Peri Physeos (De la nature), dont il ne subsiste que quelques fragments[9].

  • Par rapport au petit, il n'y a pas de minimum, mais il y a toujours un plus petit, car il n'est pas possible que l'être soit anéanti par la division, dixit Anaxagore qui n'était donc pas partisan de la théorie de l'atome, particule indivisible et insécable, développée par Démocrite, disciple de Leucippe, père de l'atomisme.
  • Une énergie, le Noûs (νοῦς), ordonne le monde en organisant et différenciant la matière et l'être. On peut rapprocher cette force de la faculté d'intelligence. Le concept du noûs fut repris par Aristote.
  • Être et matière ne se produisent ni ne se créent, mais se transforment. Anaxagore refuse le concept du « non-être » et de ses productions. Il sera à l'origine de la formule : « Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau. », reprise plus tard par Lavoisier[10], à travers la phrase bien connue « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. ».
  • Il y a, sur la sensation, de nombreuses opinions, qui peuvent se réduire à deux générales : les uns la font produire par le semblable, les autres par le contraire. Parménide, Empédocle et Platon sont au nombre des premiers ; Anaxagore soutient la seconde thèse[11].
  • Il rompt avec les divinités anthropomorphiques et l'astrolatrie en considérant que le soleil, la lune et les étoiles sont des masses de terre incandescentes qui se sont détachées de la terre[12].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anaxagoras of Clazomenae. Fragments and Testimonia, édition bilingue, traduction anglaise et notes par Patricia Curd, Toronto : University of Toronto Press, 2007.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. près d'Izmir, en Turquie actuelle
  2. en grec ancien Περὶ γήρως
  3. en grec ancien Περὶ εὐθυμίας (parfois traduit par De la tranquillité de l'âme)
  4. Histoire, doxographie, vérité: études sur Aristote, Théophraste et la philosophie présocratique d'André Laks, page 211
  5. Se prononce « nousse »
  6. D'après Plutarque, Sur l’exil (en grec ancien Περὶ φυγῆς), in Parva moralia.
  7. Aristote, Du Ciel (Livre II, 3) et Platon, Phédon (99b)
  8. Histoire de la philosophie, article « Les Présocratiques » par Clémence Ramnoux, Tome I : p. 414 (1969)
  9. Traduction des fragments d'Anaxagore
  10. Origine du dicton « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » sur Tatoufaux.
  11. (Vors. 146, 1-4), "SUR LES SENSATIONS, 1."
  12. André Laks, Claire Louguet, Qu'est-ce que la philosophie présocratique ?, Presses Univ. Septentrion,‎ 2002, p. 358

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :