Sybaris

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39° 45′ 00″ N 16° 28′ 00″ E / 39.75, 16.46667 Sybaris (en grec ancien Σύβαρις, Subaris), cité de la Grande Grèce, fut une colonie grecque du sud de l'Italie (en Calabre actuelle).

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondée par des Achéens du Péloponnèse vers 720 av. J.-C., Sybaris est située sur le golfe de Tarente, dans un site protégé par les embouchures de deux fleuves : le Crathis (actuel Crati) et le Sybaris (actuel Coscile). D'après Théophraste, à Thurioi - en pays « sybarite » - l'eau du fleuve Crathis blanchit, et celle du Sybaris noircit les bestiaux qui en boivent. Ces eaux opèrent aussi sur les hommes : les eaux du Sybaris rendent les cheveux crépus ; les consommateurs des eaux du Crathis ont, à l'inverse les cheveux pendants[1].

Monnaie incuse de Sybaris, nomos d'argent (550-510)

À l'arrivée des colons, il existait une population d'indigènes qui fut massacrée par les Achéens réputés belliqueux ; elle devint la cité la plus puissante de la Grande Grèce. Elle aurait regroupé jusqu'à 300 000 habitants, ce qui était considérable à l'époque. Dynamique et expansionniste, elle fonda au début du VIIe siècle, les colonies de Marcellina et Skydros (Sciro). En 680, elle a fondé Métaponte et Poseidonia (Paestum) en 675. Elle domina jusqu'à quatre peuples et vingt-cinq cités et déborda donc largement le territoire de la Calabre actuelle.

Le luxe des sybarites était proverbial. Leur richesse était assurée par la vaste plaine alluviale et fertile qu'elle dominait, par le rôle stratégique qu'elle tenait dans le commerce méditerranéen de l'époque archaïque, et par les liens étroits qu'elle conservait avec la cité de Milet. Sybaris était réputée pour sa somptuosité, ses lieux de plaisirs, et la mollesse de ses habitants :

  • Les gourmets de Sybaris inventèrent une assiette à poissons, plate et large avec des poissons peints sur le fond, pour mieux déguster les vrais.
  • La légende raconte qu'un riche citoyen de Sybaris, du nom de Smindyrides, se rendit en voyage à Athènes avec une suite de 1 000 personnes.

Vers le milieu du VIe siècle, Sybaris à la tête d'une ligue de cités d'origine achéenne, dont Crotone et Métaponte, détruisit Syris qui était une colonie fondée par les Ioniens originaires de Colophon. La légende raconte qu'ils égorgèrent cinquante jeunes gens qui, pendant l'attaque de la ville, étreignaient la statue de Minerve. Ils égorgèrent aussi la prêtresse de la déesse, couverte de ses voiles rituels, au milieu des autels.

En 511, elle déclara la guerre à Crotone qui avait refusé d'extrader et de lui remettre des sybarites qu'elle avait bannis. Crotone prit alors la tête d'une ligue de cités et vainquit Sybaris en 510. La ville fut prise, détruite et rasée par les Crotoniates, qui détournèrent le cours du fleuve Crati pour qu'il passe sur les ruines.

Les rescapés trouvèrent refuge à Poseidonia et à Laüs qu'ils fondèrent.

Sybaris aujourd'hui[modifier | modifier le code]

L'actuelle Sybaris, fut édifiée dans les années 1960 à la suite de travaux d’assainissement que le gouvernement finança le long de l'embouchure du Crati, en assainissant la plaine de Sibari, la plus grande de la Calabre. Sibari a une population d'environ 5 000 habitants et est toujours une località de la commune de Cassano allo Ionio, malgré ses tentatives sans résultat pour obtenir une existence communale distincte. Sibari connaît un important développement touristique balnéaire et culturel. Son agriculture produit des agrumes, des olives et du riz.

Propriété intellectuelle[modifier | modifier le code]

C'est à Sybaris qu’est apparu le premier régime de propriété intellectuelle de l’Histoire. Celui-ci a été décrit par Athénée de Naucratis dans le Banquet des sages : « si un cuisinier inventait de nouvelles et succulentes recettes, nul autre de ses confrères n'était autorisé à les mettre en pratique pendant une année, lui seul ayant le privilège de confectionner librement son plat : le but avoué de la chose était d'encourager les autres cuisiniers à se concurrencer dans la confection de mets toujours plus raffinés » (livre 12, chapitre 20)[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pline l'Ancien, Histoire Naturelle, Livre XXXI (Chapitre 9-10)
  2. http://www.sybarius.net/le-nom-Sybarius

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Le Jour des Grâces, conte de Charles Maurras ayant pour thème la destruction de Sybaris.