Aliénation

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Le terme aliénation, à l'origine terme juridique, servira par la suite à désigner la dépossession de l'individu et sa perte de maitrise de ses forces propres au profit de puissances supérieures, que celles-ci s'exercent à un niveau individuel (aliénation mentale) ou social (aliénation sociale et économique).

Plus spécifiquement, l'usage du terme d'aliénation renvoie, à la différence d'hallucination, à une perception du monde stable dans la durée et influençant grandement la conduite de l'individu. L'écrivain Milan Kundera l'illustre par le titre d'un chapitre de son livre L'immortalité : l'aliénation consiste à être "l'allié de ses propres fossoyeurs".

En ce sens, non seulement l'aliéné ne travaille pas directement pour ses intérêts, et moins encore pour ceux de l'humanité, mais il peut le faire contre les deux sans vouloir en être conscient.

Dessin de Francisco Goya.
Dessin de Francisco Goya.

Sommaire

[modifier] Aliénation en droit

Le terme se rapporte à un transfert de propriété.

[modifier] Aliénation chez Hegel

Icône de détail Article détaillé : Georg Wilhelm Friedrich Hegel.

[modifier] Aliénation dans le marxisme

Voir: La pensée de Karl Marx

L'aliénation du travail est également une thématique importante chez Karl Marx : dans le monde capitaliste, le travailleur vend sa force de travail. La finalité de son travail lui échappe complètement. En ce sens, le travail humain étant assimilable à celui de la machine, le risque est grand pour que le gestionnaire de la production considère l'homme comme un rouage parmi d'autres, comme une pièce interchangeable.

En conséquence, il s'instaure un climat aliénant lorsqu'une activité humaine est dépossédée de sa finalité immédiate et que l'individu n'agit que sous les impératifs de lois (économiques) qui échappent à sa compréhension.

« Une conséquence immédiate du fait que l'homme est rendu étranger au produit de son travail : l'homme est rendu étranger à l'homme. » Karl Marx

Marx a aussi décrit que la religion comme conduisant à l'aliénation, indépendamment de sa célèbre phrase la désignant comme l'opium du peuple.

[modifier] Aliénation en psychanalyse

Icône de détail Article détaillé : Jacques Lacan.
wikt:

Voir « aliénation » sur le Wiktionnaire.

[modifier] Aliénation dans la littérature

  • L'écrivain Kazuo Ishiguro dépeint dans son roman Les Vestiges du jour l'aliénation à sa fonction d'un majordome consciencieux, et qui laisse sa vie professionnelle oblitérer son existence personnelle, sa fonction oblitérer son être. L'auteur a confirmé dans ses interviews que son désir était de dépeindre la mentalité du colonisé qui s'identifie plus volontiers à son colonisateur qu'il ne laisse s'exprimer sa nature propre, du moins pendant une phase. L'auteur s'est inspiré des rapports entre les populations japonaise et américaine dans son pays après guerre.
  • L'uchronie de Philip Kindred Dick Le Maître du Haut Château décrit de son côté, à son début, une aliénation exactement inversée : des Etats-Unis nourrissant un complexe d'infériorité par rapport aux Japonais après une victoire imaginée des forces de l'Axe lors de la deuxième guerre mondiale, assorti d'une tentative de s'identifier à leurs nouveaux maîtres.

[modifier] Références

[modifier] Articles connexes

[modifier] Bibliographie

  • Jacques Lacan, Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse
  • Marie-France Rouart, Les Structures de l’aliénation, Publibook, 2008. (ISBN 978-2748340907)


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