Économiques (pseudo-Aristote)

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Les Économiques sont un ouvrage d'économie

Histoire[modifier | modifier le code]

D’après Philodème de Gadara, le premier livre des Économiques d’Aristote a été écrit par Théophraste, et est inspiré de l'ouvrage homonyme écrit par Xénophon. L’ouvrage possède quelques références à l’L’Économique et La Cyropédie de Xénophon : tandis que Xénophon écrit dans ses Économiques « La terre enseigne d’elle-même la justice à ceux qui sont en état de l’apprendre » et « une toute petite terre rendait bien et justement la semence qu’elle avait reçue » dans sa Cyropédie, le pseudo-Aristote écrit que « L'agriculture est le genre d'activité qui réalise le mieux la justice »[1]

Analyse de l’œuvre[modifier | modifier le code]

Dans le langage des anciens philosophes grecs, le mot « économie » a un sens beaucoup plus large qu’aujourd’hui. Dans le langage de Socrate, Xénophon et Aristote, il signifie la science, ou l’art, de gérer et de pourvoir au bien-être de la famille, la maison, le domaine, et plus largement, le patrimoine (οἷκia), c’est-à-dire la première congrégation à laquelle l'homme est socialement disposé. Le traité des Économiques nous est parvenu dans un état imparfait, qui nous introduit seulement au sujet de la règle domestique. Ce traité tient le milieu de la philosophie morale d'Aristote, entre l’Éthique à Nicomaque et la Politique[2]

Livre I[modifier | modifier le code]

Dans le premier livre, Aristote distingue l'Économique, qui pourvoit et exécute, et qui est antérieur au Politique (ch. 1). Il répète ensuite les arguments donnés dans la Politique sur l'origine de la société (ch. 2). Il traite ensuite de la relation conjugale, de ses fins et de son objet. L'union de l'homme et de la femme est destinée à la conception et à l'éducation des enfants (ch. 3). L'homme ne doit pas outrager sa femme par l'adultère, et doit se marier avec une jeune fille (ch. 4). Les devoirs du maître envers son esclave sont discutés, par exemple l'affranchissement doit être accordé en cas de bon comportement (ch. 5). Le devoir de l'οἷκόνομος est d'acquérir, de préserver et d'utiliser les biens. Aristote termine ce livre en donnant quelques préceptes pratiques relatifs à l'économie domestique (ch. 6)[3].

Livre II[modifier | modifier le code]

Dans le second livre, Aristote distingue quatre types d'économie : le monarchique, le satrapique, le politique, et le privé, ou domestique (ch. 1). Le Stagirite donne ensuite une collection d'artifices par lesquels des individus sont parvenus à collecter de grandes sommes d'argent (ch. 2 à 41)[4].

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Économiques, traduction par Jules Tricot, Vrin, 1978.
  • Économique, texte établi par B. A. van Groningen, traduction par A. Wartelle, Les Belles Lettres, 2002.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. I, 1343a
  2. Edward Walford, The Politics and Economics of Aristotle, London, 1853, p.  LXXIX
  3. Ibid., p.  LXXX.
  4. Idem.