Muses

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Dans la mythologie grecque, les Muses (grec Μοῦσαι, Moûsai) sont les neuf filles de Zeus et de Mnémosyne.

Étymologie[modifier | modifier le code]

S'il est établi que leur nom (sing. Μοῦσα [mōːsa]) reflète un ancien *montya, l'étymologie de cette dernière forme reste incertaine.

Une hypothèse fait dériver le terme de la racine indo-européenne *men- / *mon- présente dans μένος et dans μνήμη. Dans ce cas, ceci ferait des Muses, les Filles de la Mémoire[1].

Une autre hypothèse[réf. nécessaire] proposerait de rattacher le mot à la racine (*mont-) du latin mons (« montagne »), et faire d'elles, primitivement, des nymphes des montagnes, Olympe ou Hélicon.

Mythe[modifier | modifier le code]

À l'origine (selon Pausanias), elles étaient trois : Aédé (le « chant », la « voix »), Mélété (la « méditation ») et Mnémé (la « mémoire »). Ensemble, elles représentent les pré-requis de l'art poétique dans la pratique du culte.

À Delphes, elles portent le nom des trois premières cordes d'une lyre : Aiguë (Nété), Médiane (Mésé) et Grave (Hypaté).

Cicéron en compte quatre : Thelxinoé, Aédé, Arché et Mélété.

La tradition leur attribuait deux résidences : une sur le mont Parnasse, l'autre sur l'Hélicon.

C'est Platon (dans Ion) vers 401 av. J.-C., puis les néo-platoniciens, qui font des neuf Muses les médiatrices entre le dieu et le poète ou tout créateur intellectuel. Cette conception de l'art (le poète est possédé, transi par le dieu) sera plus tard contestée par le classicisme de Nicolas Boileau, le mouvement de l'Art pour l'Art, ou l'éloge de l'effort de Paul Valéry. De l'âge pré-socratique à l'âge classique, leurs attributs ont évolué :

Nom usuel Racine Attribut initial Évolution
Calliope Καλλιόπη / Kalliópê, « qui a une belle voix » le « bien dire » éloquence, poésie épique
Clio Κλειώ / Kleiố, « qui est célèbre » épopée histoire
Érato Ἐρατώ / Eratố, « l'aimable » élégie et poésie amoureuse, érotique et anacréontique poésie lyrique et chorale
Euterpe Εὐτέρπη / Eutérpê, « la toute réjouissante » musique à danser musique
Melpomène Μελπομένη / Melpoménê, « la chanteuse » chant tragédie (ou toute poésie grave et sérieuse)
Polymnie Πολυμνία / Polymnía, « celle qui dit de nombreux hymnes » chants nuptiaux, funéraires, pantomime rhétorique
Terpsichore Τερψιχόρα / Terpsichóra, « la danseuse de charme » danse et poésie légère danse, chant choral
Thalie Θάλεια / Tháleia, « la florissante, l'abondante » poésie pastorale comédie
Uranie Οὐρανία / Ouranía, « la céleste » astrologie astronomie

Les Muses sont parfois abusivement assimilées aux Piérides.

Contrairement à une croyance répandue, il n'y a pas de lien direct entre les Muses de la mythologie grecque et la définition des arts dits « traditionnels ». Ainsi, le philosophe Hegel, dans son Esthétique, n'en dénombre que cinq : architecture, sculpture, peinture, musique et poésie.

Attributs[modifier | modifier le code]

Trois muses sur un bas-relief de Mantinée attribué à l'atelier de Praxitèle, IVe siècle av. J.-C.

Les Muses sont facilement identifiables dans l'art, notamment quand elles sont au nombre de neuf et accompagnées d'Apollon. Cependant, leurs différents attributs permettent aussi de les reconnaître dans des représentations isolées.

  • Calliope : couronne d'or, livre, tablette et stylet, trompette ;
  • Clio : couronne de laurier, cygne, livre ou rouleau, tablette et stylet, quelquefois trompette[2] ;
  • Érato : couronne de myrte et de rose, tambourin, lyre, viole, cygne ;
  • Euterpe : flûte simple ou double et un autre instrument de musique (trompette) ;
  • Melpomène : cor, couronne de pampre de vigne, épée, masque tragique, sceptre à ses pieds ;
  • Polymnie : couronne de perles, instrument de musique (souvent un orgue) ;
  • Terpsichore : couronne de guirlande, instrument de musique à cordes (viole, lyre par exemple) ;
  • Thalie : couronne de lierre, instrument de musique (souvent viole), masque comique, rouleau ;
  • Uranie : compas, couronne d'étoiles, globe[3].

Phrase mnémotechnique[modifier | modifier le code]

La phrase suivante permet de se rappeler les neuf soeurs, dans l'ordre « Clio, Euterpe, Thalie, Melpomène, Terpsichore, Érato, Polymnie, Uranie, Calliope » :

« Clame Eugénie ta mélodie, terrible air polonais, ouragan calculé ![4] »

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Chantraine, La formation des noms en grec ancien, Paris, 1933, p. 98. ; voir aussi Ulrich von Wilamowitz-Moellendorff, Der Glaube der Hellenen, Berlin, 1931-1932, I, p. 252.
  2. Eustache Le Sueur, Les Muses - Clio, Euterpe et Thalie, vers 1652-1655.
  3. Aghion, Irène ; Barbillon, Claire ; Lissarrague, François, Héros et dieux de l'Antiquité. Guide iconographique, Paris, Flammarion, 1994, p. 195-196.
  4. Alain Lieury, Une mémoire d'éléphant ? Vrais trucs et fausses astuces, Paris, Dunod, 2011 ; voir aussi Alain Lieury, Le livre de la mémoire, Paris, Dunod, 2013, p. 14.

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • I. Aghion, C. Barbillon, F. Lissarrague, Héros et Dieux de l'Antiquité, Flammarion, Paris, 1994.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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