Eudème de Rhodes

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Eudème de Rhodes (en grec ancien, Εὒδημος) fut un philosophe de la Grèce antique du IVe siècle av. J.-C. Élève d’Aristote au sein du Lycée, il publia les travaux de son maître. Il est considéré comme le premier historien des sciences.
Eudème est l’auteur d’une Histoire des mathématiques : nous possédons un long fragment de cette œuvre à propos des quadratures des lunules. La lunule par Hippocrate de Chios, fragment conservé par Simplicios dans son Commentaire sur la Physique d'Aristote. Ce fragment révèle un haut degré de technicité, avec un schéma démonstratif complètement articulé et une terminologie géométrique normalisée[1]. Eudème et son contemporain et condisciple Théophraste ont tous deux poursuivi et développé l'étude de la logique formelle instituée par Aristote, et leur contribution est remarquable dans le domaine de la logique modale, logique de la nécessité et de la possibilité. Ils ont étudié la relation entre les mécanismes du syllogisme, plutôt que la relation des concepts qui les composent[2]. D’après Théophraste, Eudème est de l’opinion de Platon que c’est le temps qui anime et fait tourner l’univers[3].

Rhétorique[modifier | modifier le code]

Avec son condisciple Théophraste , ils ont montré qu’une proposition négative universelle pouvait être convertie en ses propres termes ; la proposition négative universelle, ils l’ont appelée proposition universelle privative, et ils font la démonstration suivante : supposons que A ne soit à aucun B ; s’il n’est à aucun B, il est séparé de lui, donc B est aussi séparé de tout A : par conséquent, B n’est à aucun A. Théophraste dit aussi que la proposition affirmative probable peut être convertie de la même façon que toutes les autres propositions affirmatives. Théophraste et Eudème de Rhodes disent que la proposition universelle affirmative elle-même peut être convertie, comme on convertirait la proposition universelle affirmative et nécessaire. Théophraste, au Livre Premier de ses Premières Analytiques, dit que la mineure d’un syllogisme est établie soit par une induction, soit par une hypothèse, soit par une évidence, soit par des syllogismes.

Cosmologie[modifier | modifier le code]

Selon les livres Sur l’astronomie d’Eudème, Œnopide a trouvé le premier l’obliquité du zodiaque et reconnu l’existence de la grande année : d’après lui, Thalès a fait voir que les éclipses de soleil et les retours de cet astre aux solstices n’arrivent pas toujours après le même temps ; Anaximandre prétend que la terre est suspendue dans l’espace et se meut autour du centre du monde ; Anaximène a montré que la lune reçoit la lumière du soleil et de quelle manière elle s’éclipse. D’autres ont ajouté de nouvelles découvertes à celles-là : que les étoiles se meuvent autour de l’axe immobile qui passe par les pôles, que les planètes se meuvent autour de l’axe perpendiculaire au zodiaque ; et que l’axe des étoiles et celui des planètes s’écartent l’un de l’autre, du côté du pentadécagone, et par conséquent d’un angle de 24 degrés[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Oeuvres d'Eudème de Rhodes[modifier | modifier le code]

  • F. Wehrli, Die Schule des Aristoteles, Texte und Kommentare (1944-1960), t. VIII : Eudemos von Rhodos, 1955, Bâle et Stuttgart, 2e éd. 1969.

Études sur Eudème de Rhodes[modifier | modifier le code]

  • Théon de Smyrne, Exposition des connaissances mathématiques utiles pour la lecture de Platon (vers 130 ?), édition critique accompagnée d'une trad. fr. par J. Dupuis, Hachette, 1892.
  • Paul Tannery, Pour l'histoire de la science hellène, Alcan, 1887.
  • Leonid Zhmud, The Origin of the History of Science in Classical Antiquity, Berlin/New York, Walter de Gruyter, 2006.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Wilbur Knorr, in Le savoir grec, Dictionnaire critique, Flammarion, 1996, p. 419-420.
  2. Anton Dumitriu, History of logic, Tunbridge Wells, Abacus Press, 1977, Vol. I, p. 207-208
  3. Timée (45) ; Théophraste, Sur les sensations
  4. Dercyllidas, cité par Théon de Smyrne dans Des connaissances mathématiques utiles pour la lecture de Platon (Livre III, XL)