Axiologie

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L’axiologie (du grec : axia ou axios, valeur, qualité) peut définir, soit la science des valeurs morales, soit, en philosophie, à la fois une théorie des valeurs (axios) ou une branche de la philosophie s'intéressant au domaine des valeurs.

Philosophie axiologique[modifier | modifier le code]

C'est surtout dans l'Allemagne de la fin du XIXe que sont apparus des philosophes se revendiquant de l'axiologie (tels Heinrich Rickert ou Wilhelm Windelband). En France, un courant axiologique « spiritualiste » se développa plus tard autour notamment de Louis Lavelle.

Pour certains, l’axiologie doit être considérée comme une recherche pour établir une hiérarchie entre les valeurs (comme chez le Nietzsche de la Généalogie de la morale ou dans les travaux de Max Scheler). En ce sens, elle peut se décomposer en deux parties :

Les deux étant par excellence deux domaines « axiologiques » (relevant du monde des valeurs), c'est-à-dire soumis à la nécessité d'être pris en charge en termes de valeur (à commencer par les plus générales : « bien », « mal », « beau », « laid », etc.). Ce qui, par conséquent, introduit les problèmes liés à l'argumentation, car le domaine des valeurs est en étroite dépendance avec les arguments mobilisés par des interlocuteurs pour faire valoir une critique de goût (esthétique) ou pour justifier ou juger d'une conduite (éthique). Le philosophe Chaïm Perelman envisage la questions de l'axiologie du point de vue de la rhétorique et de l'argumentation dans sa Nouvelle rhétorique.

Dès le début du XXe siècle on constate que l'emploi du terme axiologie est plus fréquent. On le trouve dans l'ouvrage en français de Paul Lapie Logique de la volonté et, en 1905, dans le titre de l'ouvrage en allemand de Eduard von Hartmann Grundriss der Axiologie ; ce même auteur l'aurait déjà utilisé en 1890 dans « L'Axiologie et ses divisions »[1] (source : Institut für Axiologische Forschungen)

La plupart du temps, le terme axiologie est employé au sens de système de valeurs. Et l'axiologie en tant que discipline ne s'est jamais imposée, donnant certains travaux marginaux qui, souvent, ne renouent pas avec les questionnements lancés par les fondateurs de cette branche de la philosophie allemande.

L'expression « neutralité axiologique » défendue par Max Weber dans ses conférences (Le Savant et le politique) est passé à l'usage pour défendre un point de vue (en l'occurrence celui de l'historien ou du sociologue) tentant d'atteindre un maximum d'objectivité en s'interdisant tout jugement de valeur et toute critique de ce qui fait l'objet de son analyse.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Revue de la France et de l'étranger 1890, juillet - décembre, vol. XXX, pp. 466-479.

Bibliographie sommaire[modifier | modifier le code]

  • Céline Babin, Le Discours de l'axiologie romanesque, thèse (Ph.D.), Université Laval, 1995.
  • Marchetti Adriano, Axiologie et poésie chez Léon Bloy, Léon Bloy au tournant du siècle, textes réunis et présentés par Pierre Glaudes, Toulouse, Presses universitaires de Toulouse-Mirail, 1992, p. 269-284.

Liens externes[modifier | modifier le code]