Ramsès VII

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Ramsès VII (Itamon-Netjerhéqaiounou), (-1135 à -1128), sixième pharaon de la XXe dynastie, est le fils de Ramsès VI et de la reine Noubkhesed (ou Noubkhesbed).

Généalogie[modifier | modifier le code]

Ramsès VII
Naissance Date inconnue Décès Date inconnue
Père Ramsès VI Grands-parents paternels
Ramsès III
Isis
Mère Noubkheseb (ou Noubkhesbed) Grands-parents maternels
Grand-père maternel inconnu
Grand-mère maternelle inconnue
Fratrie Amonherkhépeshef
Panebenkemet (ou Panebenkemyt)
Iset (ou Isat ou Isis)
1re épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
2e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
3e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
4e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
5e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
6e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
7e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
8e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
Mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
2e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
3e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
4e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature dans l'Égypte antique.

Règne[modifier | modifier le code]

Ramsès VII
Période Nouvel Empire
Dynastie XXe dynastie
Fonction sixième Pharaon de la dynastie
Prédécesseur Ramsès VI
Prise du pouvoir
Dates de règne -1135 à -1128
Durée du règne Inconnue
Successeur Ramsès VIII
Passation du pouvoir
Sépulture Non trouvé
Date de découverte Inconnue
Découvreur Inconnu
Fouillée par ?

Il aurait régné un peu plus de sept ans. Raphaël Ventura, se basant sur le papyrus de Turin 1907 1908, avance onze ans de règne. Une septième année est attestée sur un ostracon qui, selon Jacobus Johannes Janssen, est daté du deuxième mois de la saison Shemou de l'an 7.

En 1980, Christopher J. Eyre a proposé une huitième année de règne, se basant sur un papyrus datant du règne du pharaon, daté du 25e jour du quatrième mois de la saison Shemou de l'an 8, qui donne les détails de l'enregistrement de la mise en service de certains travaux. Dominique Valbelle fait valoir que ce document doit plutôt être daté du règne de Ramsès IX ; il ne serait donc pas une preuve d'une huitième année de Ramsès VII.

Au cours du règne de Ramsès VII, un taureau Mnévis décède et le roi, à l'instar de ses prédécesseurs, procède à son inhumation dans la nécropole des taureaux sacrés d'Héliopolis. Pour ce faire il fait bâtir un tombeau et une chapelle de culte qui a été mis au jour par Ahmed bey Kamāl en 1902 sur le site d'Arab el-Tawil situé au nord de l'enceinte principale de la cité du dieu soleil[1].

Le tombeau orienté vers le sud, soit vers le temple d'Atoum, est constitué d'une chambre de 5,86 m de largeur sur 7,79 m de longueur à laquelle on accède par une unique porte d'1,20 m de large. L'ensemble est couvert de relief représentant les divinités funéraires en présence du roi et du taureau Mnévis devenu le dieu Osiris-Mnévis. L'un de ces tableaux représente le roi faisant une offrande au taureau sacré, représenté couché sur un socle et encadré par les déesses Isis et Nephtys protégeant la momie du dieu défunt[2].

Au moment de l'ouverture du tombeau, dont il a fallu dégager les dix dalles massives qui en formaient le plafond, le caveau conservait encore les restes noyés dans l'eau de la momie de l'animal - réduite à l'état d'ossement - et du sarcophage en bois qui l'abritait. Au milieu des ossements brisés, témoignant que le tombeau avait été pillé dans l'antiquité, quelques éléments du viatique funéraire ont été retrouvés comme des scarabées et des éléments de bronze ayant appartenu au sarcophage. Dans les angles de la chambre funéraire ce sont dix canopes qui avaient été entreposés. Quatre exemplaires en albâtre sont probablement les canopes originaux du Mnévis enterré sous le règne de Ramsès VII. Les autres en calcaire, dont certains étaient anépigraphes, ont probablement été entreposés dans ce tombeau au moment de la restauration de la nécropole suite au pillage qu'elle subit à une époque indéterminée.

Cette découverte est précieuse car peu de tombeaux de Mnévis ont été mis au jour à Héliopolis. Celui de Ramsès VII est, en proportion et en qualité, digne d'un monument royal et les vestiges du mobilier qui accompagnait la dépouille du taureau sacré bien que ténus sont caractéristiques de ce que l'on sait des inhumations luxueuses dont bénéficiaient ces hypostases divines.

Très peu d'autres documents ont été préservés concernant ce règne et on sait peu d'autre chose sur ce pharaon et son règne.

La capitale du règne reste Pi-Ramsès dans le delta et il est probable que le roi séjourna dans les palais de Tell el-Yahoudieh cité située entre Héliopolis et Pi-Ramsès.

Une stèle attestant du culte d'une statue du roi est conservée au National Gallery of Victoria de Melbourne en Australie. Le tableau de cette stèle représente Ramsès VII sous la forme d'une statue dans l'attitude la marche. Le roi est coiffé de la couronne blanche de Haute Égypte, la hedjet, son bras droit replié sur le buste tient dans la main les sceptres Heka et Nekhekh et le bras gauche pendant tient dans la main un grand sceptre Ouser. Devant la représentation de la statue royale on trouve sur le signe du séma-taouy le double cartouche du roi donnant ses noms de couronnement[3].

La provenance de cette stèle est inconnue mais est elle est à rapprocher d'une série de stèles semblables - datant notamment du règne de Ramsès II - retrouvées sur les sites de Qantir, l'antique Pi-Ramsès ou encore de Memphis qui font foi à l'époque ramesside du culte des colosses royaux dans ces cités.

Les relations avec la Haute-Égypte sont peu attestées en dehors de quelques ostracons qui témoignent de la situation difficile dans laquelle l'institution de la tombe royale, dont les ouvriers habitaient le village des artisans de Deir el-Medineh. Toutefois ces témoignages conservent l'existence de personnages qui traversent le règne et poursuivront leur carrière sous les règnes suivants.

Une statue en schiste noir d'une quarantaine de centimètres de hauteur, trouvée à Karnak, représente le roi debout dans l'attitude de la marche et présentant devant lui une statue du dieu Amon. Le roi est vêtu d'un pagne chendjit et coiffé d'une perruque civile dotée d'un uraeus. Elle témoigne de l'intervention, même modeste, du roi dans le grand temple du dieu Amon. Cette statue est aujourd'hui conservée au musée du Caire.

Sous le règne de Ramsès VII la situation économique se dégrade et le prix du blé continue d’augmenter et le paiement des fonctionnaires comme des ouvriers est de plus en plus difficile. Parallèlement, le pouvoir des grands prêtres d'Amon grandit et s'étend sur une grande partie du territoire de la région. Cette situation alliant difficultés économique et morcellement du pouvoir s'accentuera sous les règnes qui suivront celui de Ramsès VII.

Ramsès VII aurait eu un fils du nom de Ramsès, mais on ne connait pas le nom de son épouse. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas ce fils qui lui succède car les quatre pharaons qui le suivront sur le trône sont donnés pour être des fils de Ramsès VI.

Sépulture[modifier | modifier le code]

Ramsès VII est enterré dans le tombeau KV1, dans la vallée des rois. Ce tombeau de plan rectiligne et de petite dimension est resté inachevé, faits qui témoignent probablement de la situation économique difficile que connaît le pays à cette époque.

Ce tombeau est connu depuis l'antiquité car il possède de nombreux graffitis grecs et coptes témoignant du passage de ces touristes de l'antiquité ou encore de la transformation du tombeau en habitation par les ermites chrétiens.

Le tombeau a été pillé dès l'antiquité. La momie n’a toujours pas été retrouvée.

Le tombeau très modeste du pharaon, fut cartographié pour la première fois en 1737/38 par Richard Pococke, mais il ne sera fouillé qu'en 1906 par Edward Russell Ayrton et encore très succinctement.

Il faudra attendre 1983, 1984, 1990 et 1994 pour qu'il soit correctement étudié et dégagé par l'égyptologue Edwin C. Brock.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cf. A. bey Kamāl, p. 29-37 ; on notera que l'auteur dans ce premier compte rendu de fouille, traduit le cartouche comme étant celui de Ramsès III, erreur qui sera corrigée par G. Daressy dans ASAE XVIII, dans un article développant et complétant cette découverte, p. 211-217.
  2. Pour une représentation de ce tableau on se consultera Héliopolis 2010, p. 47. On notera la reproduction de l'erreur initiale de Ahmed bey Kamāl concernant la traduction du cartouche royal. Le tableau reproduit en photo est bien celui du tombeau du Mnévis de Ramsès VII
  3. Conservée dans les réserves du musée sous le numéro d'inventaire D155-1982, pour une photo de cette stèle consulter le site {http://www.conorp.com/stelaattestingthestatuecultoframessesvii}. Voir également le cartel du musée [1]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ahmed bey Kamāl, Chapelle d'un Mnévis de Ramsès III, vol. Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes pour servir de bulletin à la Mission Française du Caire no XXV, Le Caire,‎ 1903 ;
  • Georges Daressy, La tombe du Mnévis de Ramsès VII, vol. ASAE no XVIII, Le Caire,‎ 1919 ;
  • Jacques Pirenne, Histoire de la civilisation de l'Égypte ancienne, vol. 2, Neuchâtel, Éd. de la Baconnière,‎ 1962 ;
  • Anne Van Loo & Marie-Cécile Bruwier, Héliopolis, Bruxelles, Fonds Mercator,‎ 2010.