Chepseskarê

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Chepseskarê est un souverain de la Ve dynastie pharaonique. Il régna[1] aux alentours de -2438 à -2431.

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature dans l'Égypte antique.

Règne[modifier | modifier le code]

Chepseskarê
Période Ancien Empire
Dynastie Ve dynastie
Fonction roi
Prédécesseur Néferirkarê
Prise du pouvoir
Dates de règne -2438 à -2431 (selon J. P. Allen et J. von Beckerath)
-2465 à -2460 (selon R. Krauss)
-2483 à -2475 (selon D. B. Redford)
-2425 à -2418 (selon J. Málek)
-2442 à -2435 (selon A. D. Dodson)
Durée du règne sept à neuf ans (selon Manéthon), sept (d'après le papyrus de Turin)
Successeur Néferefrê
Passation du pouvoir
Sépulture Non trouvé
Date de découverte Inconnue
Découvreur Inconnu
Fouillée par ?

Bien que certains indices archéologiques semblent indiquer qu'il ait succédé à Néferefrê, la plupart des ouvrages traitant de l'histoire dynastique de l'Égypte antique le place entre les règnes de Néferirkarê et de Néferefrê. En effet, lors de l'exploration du complexe funéraire de ce dernier, les égyptologues ont découvert plusieurs empreintes de sceaux aux cartouches de Chepseskarê dans les magasins du temple. Habituellement ce type d'indices indiquent que le propriétaire du sceau a procédé lui même à l'inhumation de son prédécesseur, prélevant dans les réserves royales dont il est l'héritier en titre et le seul dépositaire les biens nécessaires pour constituer les nombreuses offrandes qui accompagnaient les rites et les cérémonies de la mise au tombeau du roi défunt.

Cette partie de la Ve dynastie reste la plus confuse pour les historiens, la présence fantomatique de Chepseskarê venant troubler l'ordre de succession à la suite du décès de Néferirkarê Kakaï.

Les dignitaires de la dynastie qui ont entamé leur carrière sous le règne de Néferirkarê Kakaï, ont fait figurer dans leurs tombeaux les cartouches des successeurs du roi au service desquels ils l'ont poursuivie. Le nom de Chepseskarê n'y apparaissant jamais on a suggéré qu'il avait été frappé de damnatio memoriae, étant un usurpateur, détrôné par les partisans de la lignée officielle dont tous les dignitaires en question seraient des témoins implicites.

Peu de documents au nom de ce souverain éphémère nous sont donc parvenus venant jeter un peu plus le trouble pour évaluer la durée de son règne et les liens qui l'unissent aux autres membres de la famille royale. Cependant toutes les traces de son règne n'ont pas été supprimées comme l'attestent les empreintes de sceaux découvertes en Abousir. Son souvenir a par ailleurs survécu dans les annales recopiées ultérieurement pour établir les listes royales officielles du Nouvel Empire.

La table de Saqqarah par exemple porte une succession de cinquante-sept cartouches royaux indiquant celui de Chepseskarê[2]. Le papyrus de Turin qui comporte une liste royale énumérant les différents pharaons depuis les premières dynasties, indique pour la Ve dynastie un souverain du nom de Chepseskarê lui attribuant sept années de règne. En revanche, les listes d'Abydos retrouvées dans les temples de Séthi Ier et de Ramsès II ne le mentionnent pas.

Le nom du roi réapparaît dans l'ouvrage de Manéthon qui le nomme Sisires et lui attribue sept à neuf années de règne selon les sources qui ont rapporté ses écrits.

Nous sommes donc assurés de son existence et qu'il aurait peut-être régné pendant un temps court, comme le propose Miroslav Verner, voire quelques mois, son monument funéraire n'ayant jamais été achevé, la base est a peine terminée. Toujours selon Verner, il serait donc monté sur le trône à la faveur du décès brutal de Néferirkarê Kakaï ou de Néferefrê dont le successeur désigné soit était trop jeune pour régner[3], soit n'était pas son fils mais un collatéral[4].

Sépulture[modifier | modifier le code]

On n'a pas encore identifié avec certitude l'emplacement de son complexe funéraire même s'il est probablement situé en Abousir. En effet un peu au nord du complexe pyramidal de Sahourê se trouvent les vestiges d'une autre pyramide inachevée qui cadrerait bien avec la brièveté du règne de Chepseskarê.

Selon Miroslav Verner, directeur des fouilles de l'équipe d'égyptologues tchèques qui ont méthodiquement étudié les vestiges d'Abousir, les architectes de pharaon n'ont eu que le temps de faire aménager dans le plateau de la nécropole les fondations du monument funéraire royal, y creusant la grande fosse qui devait abriter les appartements en granite de la pyramide qui auraient du protéger à jamais le sarcophage du souverain. La disparition soudaine de Chepseskarê aurait alors stoppé net les travaux et de fait aucun indice ne permet de déterminer avec certitude que le roi y fut finalement inhumé.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon Allen, von Beckerath ;
    Autres avis de spécialistes : -2465 à -2460 (Krauss), -2483 à -2475 (Redford), -2425 à -2418 (Malek), -2442 à -2435 (Dodson).
  2. Cf. J. H. Breasted § 60, p. 40
  3. Hypothèse du règne de Chepseskarê entre celui de Néferirkarê et de son fils aîné Néferefrê
  4. Selon l'hypothèse faisant de Chepseskarê le successeur de Néferefrê, dont le frère Niouserrê finira par prendre la suite avec le soutien de leur mère Khentkaous II

Bibliographie[modifier | modifier le code]