Sheshonq II

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Masque funéraire de Sheshonq II trouvé à Tanis

Sheshonq II est un pharaon obscur de la XXIIe dynastie. Manéthon l’appelle Chechanq II. Il ne régna qu'en tant que corégent de son père à Tanis[1].

Généalogie[modifier | modifier le code]

Sheshonq
Naissance -934 Décès vers -887
Père Osorkon Ier Grands-parents paternels
Sheshonq Ier
Karoma Ire
Mère Maâtkarê Grands-parents maternels
Psousennès II
Grand-mère maternelle inconnue
Fratrie Iouwelot
Takélot Ier
Smendès III
1re épouse Nesytanebetisherou Enfant(s) Harsiesi Ier
2e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
3e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
4e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
5e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
6e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
7e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
8e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
Mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
2e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
3e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
4e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu

L'identité de Sheshonq reste discutée par les historiens et égyptologues. Son existence n'était attestée que par de rares mentions jusqu'à la découverte de sa sépulture à Tanis. Auparavant il n'apparaissait pas comme un personnage important, son règne étant inclus dans les trois règnes intercalaires que Manéthon place entre Osorkon Ier et Takélot Ier.

Étant le seul à être véritablement attesté, et dont on a donc retrouvé le sarcophage intact (voir plus bas), il est communément identifié comme suit : Fils d’Osorkon Ier et de la reine Maâtkarê, il épouse Nesytanebetisherou dont il a un enfant, Harsiesi Ier (roi de Thèbes -870 à -860). De fait il est identifié avec le grand prêtre d'Amon, Sheshonq qui occupa cette haute fonction du royaume sous le règne Osorkon Ier.

Cependant, les bijoux retrouvés dans sa tombe peuvent indiquer qu'il ait vécu avant Osorkon Ier, où bien qu'il ait été un de ses frères. En effet, certaines des pièces de joaillerie que portait sa momie sont au nom du fondateur de la XXIIe dynastie : Sheshonq Ier[2]. En général, lorsque le nom d'un pharaon est trouvé dans une tombe d'un autre souverain il est admis qu'il y a un lien de filiation direct, soit que le sujet soit le père du second, soit son fils. Des bracelets et pectoraux retrouvés au nom du fondateur de la dynastie sont des parures royales de haute qualité, sorties des meilleurs ateliers d'orfèvrerie du pays, dont certaines ont été portées du vivant même de leur propriétaire, démontrant que ces objets ont été confectionnés dans un laps de temps assez proche du vivant même de Sheshonq II.

De plus parmi ces bijoux deux autres portent des noms de personnages importants de la XXIe dynastie. Il s'agit de deux bracelets prenant la forme d'une tige de papyrus à deux ombelles qui enserrent un scarabée. L'un des deux scarabées est inscrit au nom de Djedkhonsouefânkh, un grand prêtre d'Amon, tandis que l'autre est inscrit au nom de Menkhéperrê, autre grand prêtre d'Amon, frère et successeur du précédent[3]. Tous deux sont des fils de Pinedjem Ier, ont régné sur Karnak bien avant la période des fondateurs de la XXIIe dynastie. Ils sont contemporains des règnes de Psousennès Ier et de ses successeurs.

Enfin, dernier fait troublant, aucun objet provenant de la sépulture de Sheshonq II ne contient le nom de son père officiel Osorkon Ier, ce qui surprend s'ils étaient tous les deux liés par des liens du sang et, surtout, par une corégence.

Tous ces indices convergent vers une identification différente de Sheshonq II, qui pourrait donc avoir vécu plutôt au début de la XXIIe dynastie, à une période contemporaine du fondateur de la dynastie. Il peut s'agir tout aussi bien de reliques ou d'un héritage lié à la fonction même de Sheshonq[4] mais ils laissent en tout cas planer le doute sur son identité réelle et sa place dans l'arbre généalogique de la dynastie.

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature dans l'Égypte antique.

Règne[modifier | modifier le code]

Sheshonq II
Période IIIe période intermédiaire
Dynastie XXIIe dynastie - Dynastie parallèle des grands prêtres d'Amon
Fonction Grand prêtre d’Amon puis corégent avec son père Osorkon Ier
Prédécesseur Pharaon : Osorkon Ier
Grand prêtre d'Amon : Ioupout
Prise du pouvoir
Dates de règne Grand prêtre d'Amon : -924 à -890
Pharaon corégent : -890
Durée du règne
Successeur Pharaon : Takélot Ier
Grand prêtre d'Amon : Iouwelot
Passation du pouvoir
Sépulture Non trouvé
Date de découverte Inconnue
Découvreur Inconnu
Fouillée par ?

Selon l'identification classique de Sheshonq II, il est nommé grand prêtre d'Amon de Thèbes de -924 à -890, puis est choisi par son père comme corégent afin de lui succéder, à partir de -890.

Dès lors sa résidence est à Tanis. Il épouse Nesytanebetisherou et il a un enfant, Harsiesi Ier, qui réclamera plus tard sa part d'héritage et de fait sera roi de Thèbes (-870 à -860), régnant en parallèle avec son cousin Osorkon II[5].

Sheshonq II meurt avant son père et ne régna probablement pas de manière autonome. Il est enterré à Tanis, dans la nécropole royale. Son père disparaît à son tour quelques mois plus tard[6].

Sépulture[modifier | modifier le code]

Sheshonq II a été retrouvé le 15 mars 1939 par Pierre Montet. Il avait été inhumé dans l'antichambre du tombeau de Psousennès Ier dans la nécropole royale de Tanis. Il est probable qu'il y ait été déménagé depuis une autre tombe qui aurait subi un premier pillage.

En effet, le sarcophage en argent massif du roi présentait, au moment de sa découverte, des stigmates laissant supposer soit que les voleurs avaient entrepris de le piller, soit en tous cas qu'au cours du déménagement de la dépouille royale un incident les provoqua.

De fait le mobilier qui accompagnait Sheshonq n'était pas très abondant ni très riche. De nombreux oushebti et quatre vases canopes en albâtre, contenant quatre petits sarcophages en argent ayant contenu les viscères momifiées du roi[7], sont tout ce qui reste d'un viatique funéraire certainement plus riche au moment de l'enterrement.

Son sarcophage en revanche est un chef-d'œuvre de l'orfèvrerie de la XXIIe dynastie[8]. Fait d'une plaque d'argent massif modelée en sarcophage anthropomorphe, il présentait un aspect hiéracocéphale, assimilant le roi à Horus ou plus précisément à Sokaris[9], une des formes du dieu des morts. Ce sarcophage contenait un autre sarcophage hiéracocéphale, constitué d'un cartonnage lamé de feuilles d'or, créant un motif de plumes et laissant de larges bandes d'inscriptions hiéroglyphiques donnant le protocole du roi[10].

La momie, que cette dernière enveloppe protégeait, était couverte d'amulettes précieuses et d'autres bijoux dont certains sont au nom de Sheshonq Ier, aïeul de Sheshonq II. Sa tête était protégée par un masque funéraire constitué du visage en or massif du roi[11], encadré d'une lourde perruque, faite d'une résille et de perles tubulaires d'or, qui s'était désagrégée avec le temps.

Ce masque est également une pièce maîtresse des ateliers royaux de la période. On notera cependant que ni les sarcophages, ni le masque funéraire recouvrant la momie du roi ne portaient les insignes classiques de la royauté[12], tels que le némès ou l'uræus, alors que les mains figurées ou plutôt rapportées sur les sarcophages tenaient effectivement le sceptre heka et nekhakha, sceptres réservés normalement à une personne royale.

L'étude de son corps a montré qu'il est décédé vers l'âge de cinquante ans[6], d'une septicémie due à une blessure à la tête.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cf. N. Grimal, Les Libyens, p. 418
  2. Cf. C. Ziegler, catalogue 80, p. 242-243 & catalogue 97, p. 264-265.
  3. Cf. H. W. Müller, La tombe de Chéchonq II, p. 226.
  4. Notamment les bracelets aux noms des grands prêtres d'Amon de la XXIe dynastie
  5. C'est à dater de cette époque que les conditions de la future anarchie libyenne prennent leur source, marquant la deuxième partie de la XXIIe dynastie et ouvrant sur la XXIIIe dynastie
  6. a et b N. Grimal, Les Libyens, p. 418.
  7. Cf. J. Yoyotte, catalogue 67, p. 216.
  8. Cf. H. Stierlin, p. 196.
  9. Cf. H. Stierlin, p. 186 et 190.
  10. Cf. H. W. Müller p. 221 et H. Stierlin p. 196.
  11. Cf. H. Stierlin, p. 197.
  12. Cf. H. W. Müller p. 222.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Grimal, Histoire de l'Égypte ancienne [détail des éditions], « Les Libyens » ;
  • Tanis, l’or des pharaons, Association Française d'Action Artistique,‎ 1987 ;
  • Henri Stierlin, L'or des Pharaons, Éd. Pierre Terrail,‎ 1993 ;
  • Pierre Montet, Lettres de Tanis – La découverte des trésors royaux - Présentées et commentées par Camille Montet-Beaucour et Jean Yoyotte, Éditions du Rocher,‎ 1998 ;
  • Hans Wolfgang Müller et Eberhard Thiem, L'Or de l'Égypte ancienne, Sélection du Reader's Digest,‎ 2000 ;
  • Henri Stierlin, Égypte, un art pour l'éternité, Éd. Milan,‎ 2003.