Mérenrê Ier

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Statue en bronze qui est soit Pépi Ier jeune, soit Mérenrê Ier, trouvée à Hiérakonpolis - Musée égyptien du caire

Mérenrê Ier est un roi de la VIe dynastie qui a régné aux alentours de -2255 à -2246[1]. Manéthon l’appelle Methousouphis et lui compte sept ans de règne (Africanus). Le papyrus de Turin (4.4) a une lacune sur son nom et lui compte quatorze ans. Comme pour tous les rois de cette dynastie, les avis des spécialistes sont partagés, cependant la tendance est de lui attribuer un règne de neuf à dix ans. Cette proposition est basée sur la découverte d'une inscription dans une carrière à Hatnoub.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Mérenrê Ier
Naissance Date inconnue Décès Date inconnue
Père Pépi Ier Grands-parents paternels
Téti
Ipout Ire
Mère Ânkhésenpépi Ire Grands-parents maternels
Khoui ?
Nébet ?
Fratrie Neith, Horneterikhet
1re épouse Ânkhesenpépi II
Sa belle-mère et/ou tante
Enfant(s) Pépi II, Ipout II et Ânkhésenpépi III
Les trois sont des propositions diverses de spécialistes mais ne reposent que sur des présomptions, même si Pépi II est assurément le fils de Ankhesenpépi II, nous ne savons pas qui de Pépi Ier et de Mérenrê Ier est le père
2e épouse Neith sa sœur Enfant(s) pas d'enfant connu
3e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
4e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
5e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
6e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
7e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
8e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
Mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
2e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
3e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
4e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature des pharaons.

Règne[modifier | modifier le code]

Coffret de Mérenrê Ier
Mérenrê Ier
Période Ancien Empire
Dynastie VIe dynastie
Fonction roi
Prédécesseur Pépi Ier
Prise du pouvoir
Dates de règne -2255 à -2246 (selon J. P. Allen)
-2260 à -2254 (selon J. von Beckerath)
-2250 à -2245 (selon D. Franke)
-2242 à -2237 (selon J. Málek)
-2310 à -2300 (selon D. B. Redford)
Durée du règne 9/10 ans
Successeur Pépi II
Passation du pouvoir
Sépulture Non trouvé
Date de découverte Inconnue
Découvreur Inconnu
Fouillée par ?

Le règne de Mérenrê est assez bien documenté notamment en raison des textes dédicatoires de certains des dignitaires de sa cour qui témoignent d'une grande activité à cette époque. La durée de son règne reste discutée mais il est admis qu'il est resté sur le trône d'Horus plus de dix ans, en témoigne le degré d'avancement de son complexe funéraire qui possédait à sa mort tous les éléments constitutifs nécessaires pour assurer le culte royal.

On possède par ailleurs des objets qui sont directement reliés au roi et à son culte et apportent un éclairage sur son existence :

  • Un coffret en ivoire au nom de Mérenrê est conservé au musée du Louvre. Ce mobilier assez bien conservé semble être destiné à abriter des effets personnels. Le cartel du musée du Louvre indique comme provenance incertaine la ville de Thèbes[2]. Il serait un témoin de l'antiquité de la présence royale dans cette cité promise a un grand avenir aux périodes suivantes de l'histoire du pays. Il porte sur son couvercle un grand cartouche qui intègre en une formule les principales titulatures du roi[3].
  • Un sphinx également à son nom est conservé au musée d'Édimbourg. Statuette miniature, c'est le premier sphinx connu doté de bras humains. C'est également une des plus anciennes représentations de l'offrande des vases nou. Le sphinx, qui a la tête du roi coiffé du némès doté d'un uraeus, est représenté allongé avec deux bras humains tenant dans leurs mains les récipients consacrés à l'eau du nouvel an, sortant du poitrail de l'animal dans un geste d'offrande[4].
  • On connaît plusieurs vaisselles au nom du roi. On citera notamment un grand vase cylindrique en albâtre qui est conservé au musée archéologique de Florence. Il provient probablement du mobilier rituel d'un temple ou plus spécifiquement du temple de culte du roi et de sa pyramide. Sur le flanc du vase, on trouve gravé dans la pierre un tableau présentant deux des cinq protocoles du roi. Le nom d'Horus, Ânkhkhaou inscrit dans un serekh, le nom de Nebty, Mérenrê inscrit dans un cartouche, le tout dans un cadre formé par une ligne de terre, supportant une frise de signes respectivement : Ouas, Ânkh, Di, Ânkh, Di, Djed, hiéroglyphes qui viennent qualifier chacune des titulatures. L'ensemble est encadré par deux longs sceptres ouas supportant un signe du ciel.
  • Dans le domaine de la statuaire, on attribue souvent à Mérenrê la statuette en bronze cuivré découverte en compagnie de celle de Pépi Ier à Hiérakonpolis, dans le temple d'Horus.

Un document essentiel renseigne sur la politique intérieure du roi, notamment religieuse. Il s'agit d'un texte type Pierre de Palerme, retrouvé remployé comme couvercle du sarcophage d'Ânkhésenpépy III à Saqqarah, une reine qui a vécu la fin de la VIe dynastie. Cette pierre, dont la gravure a été intentionnellement effacée par les artisans qui s'attachèrent à restaurer la sépulture de la souveraine, présente une partie des annales des règnes de la dynastie. Celles concernant Mérenrê conservent partiellement les offrandes du roi aux dieux[5].

Certaines de ces offrandes consistent en bétail énuméré à la manière d'une recensement et offert à différentes divinités faisant partie de l'Énnéade d'Héliopolis, tels Ouadjit ou Seth, ainsi qu'à Ptah et Néfertoum de Memphis.

On apprend aussi grâce à ces inscriptions que Mérenrê honora les dieux du pays depuis le delta comme Khentykhety, dieu d'Athribis, jusqu'en Haute-Égypte, en passant par les principaux sanctuaires de à Hélopolis, d'Harsaphes d'Henensou ou Héracléopolis Magna, de Khentamentiou à Abydos.

Le roi confirme ainsi la politique de ses prédécesseurs immédiats qui favorisent le développement des cultes locaux. Outre les dons de bétails et volatiles qui viennent alimenter les réserves de ces temples et cités, le roi offre des denrées rares comme du parfum, de l'encens ou des objets en métaux précieux comme l'or et l'argent. Le fait d'avoir retrouvé à Hiérakonpolis même une statue en cuivre le représentant est un autre indice de cette politique, une telle statue en cuivre est un don précieux pour un sanctuaire dédié au dieu de la royauté Horus.

On prête à Mérenrê deux épouses principales que sont les reines Neith et Ânkhésenpépi II. C'est avec cette dernière qu'il est réputé avoir conçu son successeur Pépi deuxième du nom. Certaines épouses de ce dernier pourraient être d'ailleurs des filles que Mérenrê a eu de ses épouses royales, et donc ses propres sœurs.

Du règne de Mérenrê nous connaissons plusieurs dignitaires de rang élevé qui ont été particulièrement actifs au service du roi. On citera notamment :

  • Ouni, d'Abydos, ancien vizir de son père. Le roi le nomme « prince et gouverneur de Haute-Égypte » et le charge d'expéditions aux carrières d'Ibhat et de Hatnoub afin d'en rapporter le mobilier funéraire du roi, comme une grande table d'offrande en albâtre, ainsi que des éléments pour la construction de la pyramide, tels des linteaux, des herses, le sarcophage du roi et son couvercle et même le pyramidion du monument.
  • Sabou Tjéty, grand prêtre de Ptah, est un autre grand dignitaire du royaume déjà en fonction sous le règne de Pépi Ier. À la tête du puissant clergé memphite, il est l'artisan du programme architectural du règne. Sa tombe qui a été retrouvée à Saqqarah a livré une stèle fausse-porte et un décret royal réformant le clergé du temple de Ptah.
  • Ptahchepsès Impy, architecte du roi, lui-même fils d'architecte, dont le tombeau a été mis au jour par George Andrew Reisner à Gizeh. Il s'agit de l'un des rares tombeaux de cette période à avoir été retrouvé inviolé, livrant aux archéologues le mobilier intact du dignitaire constitué de vaisselle de bronze et divers ustensiles, de vaisselle de pierre et mobilier liturgique, du sarcophage intact et de son précieux contenu. Ptahchepsès œuvrait sous les ordres du vizir et a participé à la construction de la pyramide de Mérenrê à Saqqarah.
  • Djaou, frère de l'épouse principale du roi, Ânkhésenpépi II, succède probablement à Ouni en tant que vizir du roi. Il est notamment connu par deux décrets pris en faveur de Coptos et d'Abydos, ce dernier témoignant des travaux effectués dans le temple du dieu sur ordre du roi. C'est sur l'une de ces stèles que la onzième année de Mérenrê est attestée.
  • Hirkhouf nomarque d'Assouan qui organise des expéditions en Nubie afin d'en rapporter des biens précieux comme le bois, l'ivoire et de l'or. Ces expéditions avaient aussi pour objectif de pacifier les tribus nubiennes et ainsi d'assurer la domination égyptienne sur cette région.

On sait par ailleurs que le roi envoya également une expédition au ouadi Hammamat, afin d'en rapporter de la grauwacke, pierre dure, certainement destinée à sculpter des statues le représentant. Tout cela indique une politique énergique du pharaon tant en interne et en faveur de tout le pays que d'un point de vue extérieur avec des expéditions commerciales ou guerrières, assurant ainsi la protection et la prospérité du pays.

Sépulture[modifier | modifier le code]

La pyramide de Mérenrê Ier est édifiée dans la nécropole royale de Saqqarah sur un emplacement situé à peu de distance au sud-ouest de la pyramide de son prédécesseur Pépi Ier. La pyramide fut explorée pour la première fois en 1880 par Gaston Maspéro qui y découvrit les textes des Pyramides.

Elle possédait par ailleurs, encore placée dans le sarcophage royal, une momie que l'on a attribué au roi et qui serait la seule momie royale de l'Ancien Empire conservée. Elle est exposée au musée Imhotep du site de Saqqarah.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. D'après J. P. Allen
    Autres avis de spécialistes : -2260 à -2254 (J. von Beckerath), -2250 à -2245 (D. Franke), -2242 à -2237 (J. Málek), -2310 à -2300 (D. B. Redford).
  2. Cartel du coffret de Mérenrê Ier
  3. Voir le détail de ce coffret et de son inscription sur Djéhouty - Hiéroglyphes
  4. Cf. A. Cabrol, p. 363
  5. Cf. M. Baud et V. Dobrev, p. 38-43
  6. A. Labrousse Vol. II Saqqara sud, ch. II, p. 47, note 86

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Baud, Vassil Dobrev, « De nouvelles annales de l'Ancien Empire égyptien. Une "Pierre de Palerme" pour la VIe dynastie. », BIFAO, no 95,‎ 1995 ;
  • Audran Labrousse, L'architecture des pyramides à textes, Le Caire, IFAO,‎ 2000 ;
  • Peter A. Clayton, Chronique des pharaons [détail des éditions] ;
  • Agnès Cabrol, Les Voies Processionnelles De Thebes, Louvain, Peters Press of Oriental Studies,‎ 2001.