Néferefrê

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Néferefrê
Statue de Néferefrê trouvée dans son complexe pyramidal d'Abousir

Néferefrê est un souverain de la Ve dynastie pharaonique.

Il régna aux alentours de -2431 à -2420[1] et aurait succédé à Chepseskarê et précédé Niouserrê.

Néferefrê entama l'édification de son complexe funéraire en Abousir qu'il n'eut pas le temps d'achever.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Néferefrê
Naissance Décès
Père Néferirkarê Kakaï Grands-parents paternels
Sahourê
Néferthanebty
Mère Khentkaous II Grands-parents maternels
Grand-père maternel inconnu
Grand-mère maternelle inconnue
Fratrie Niouserrê
1re épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
2e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
3e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
4e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
5e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
6e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
7e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
8e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
Mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
2e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
3e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
4e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu

Néferefrê est le fils aîné de Néferirkarê Kakaï et de Khentkaous II. On ne lui connaît pas d'épouse attestée ni de descendance assurée.

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature dans l'Égypte antique.

Règne[modifier | modifier le code]

Néferefrê
Période Ancien Empire
Dynastie Ve dynastie
Fonction roi
Prédécesseur Chepseskarê
Prise du pouvoir
Dates de règne -2431 à -2420 (selon J. P. Allen et J. von Beckerath)
-2460 à -2455 (selon R. Krauss)
-2475 à -2474 (selon D. B. Redford)
-2418 à -2408 (selon J. Málek)
-2435 à -2432 (selon A. D. Dodson)
Durée du règne
Successeur Niouserrê
Passation du pouvoir
Sépulture Non trouvé
Date de découverte Inconnue
Découvreur Inconnu
Fouillée par ?

Le règne de Néferefrê est très peu connu en raison de sa brièveté et des rares sources le mentionnant. La pierre de Palerme est muette à son sujet, soit que la réalisation des annales royales qu'elle contient, date d’un des règnes précédents, puisqu'elle s’arrête à celui de Néferirkarê, soit plus probablement au vu de son état fragmentaire, que le comput des années de règnes qui suivirent a été perdu. De ce fait il n’est toujours pas possible de préciser comme pour les pharaons précédents des faits officiels qui nous auraient éclairés sur l’histoire du règne de cet éphémère souverain de la Ve dynastie.

De plus, jusqu’aux découvertes faites en Abousir à la fin du XXe siècle, peu de vestiges au nom du roi étaient disponibles permettant d’attester son existence réelle. On citera principalement :

  • Un fragment de bois retrouvé par Ludwig Borchardt[2] lors des fouilles du temple de Néferirkarê Kakaï à la fin du XIXe siècle ;
  • Des citations dans les archives de ce même temple funéraire découvertes à la même époque ;
  • Un bloc de calcaire trouvé dans le village moderne d'Abousir situé dans la plaine qui jouxte le site antique. Ce fragment de décoration pariétale porte un relief représentant une scène de la famille royale partiellement conservée. On y lit la titulature de Néferirkarê Kakaï, le nom de Khentkaous II ainsi que la représentation d'un prince identifié comme étant le fils aîné du Roi, Neferrê[3].

À ces maigres mentions, s'ajoutent certains noms royaux trouvés dans des mastabas de l’époque et qui peuvent être rapprochés de l’existence fantomatique du roi, mais ne peuvent à elles seules combler le manque de sources pour affirmer qu’il a bien régné, ni quand ce règne doit se placer dans la généalogie de la dynastie. Parmi les dignitaires les plus souvent cités, sans néanmoins être véritablement assuré qu’ils aient vécu sous le règne de ce pharaon, se trouvent :

  • Nikaourê, juge et administrateur du palais dont le mastaba a été retrouvé à Saqqarah. Le monument a livré une stèle fausse-porte qui est désormais exposée au musée du Caire[4].
  • Khabaouptah, responsable des coiffeurs du roi, prêtre des cultes de Sahourê, de Néferirkarê Kakaï puis après le règne de Néferefrê du culte de Niouserrê. Il occupait également des fonctions administratives telles que « Chef des secrets divins » et « chef des travaux du roi » ce qui fait de lui l’un des architectes de la dynastie. Son mastaba a été découvert à Saqqarah[5].
  • Nimaâtsed, prêtre de Rê et d'Hathor dans le temple solaire de Néferirkarê Kakaï dont le mastaba a été retrouvé à Saqqarah. Il était également prêtre des cultes de Néferirkarê, Néferefrê et Niouserrê et vécut jusque sous le règne de ce dernier[6].
  • Néferefrê-ânkh, grand prêtre de Ptah, dont le mastaba a été découvert également à Saqqarah vivait sans aucun doute sous le règne du roi au vu de son nom basiliforme, et poursuivit sa carrière sous celui de Niouserrê[7].
  • Ânkhmarê, prêtre des pyramides de Néferefrê et de Menkaouhor, dont le tombeau découvert toujours à Saqqarah a livré une stèle fausse porte donnant ses titres et les cartouches des souverains au service desquels il officiait[8].
  • Ti, ami unique du roi, chef de la Double-Porte du Palais, personnage célèbre en raison du grand mastaba qu'il possède à Saqqarah. Il vécut jusque sous le règne de Djedkarê Isési et était également prêtre de dans le temple solaire de Néferefrê[9].

L’ensemble de ces indications attestent qu’un culte funéraire était rendu au jeune roi et confirment également l’existence de son temple solaire, nommé Hetep Rê, sanctuaire qui fonctionnait apparemment encore à la fin de la dynastie. Cependant ces mentions sont ténues et confirment probablement que le règne du roi a été court.

Enfin, pour compléter les sources, deux listes royales postérieures datant toutes deux du Nouvel Empire récapitulent les règnes successifs et mentionnent après celui de Néferirkarê un souverain dont le nom diffère selon les documents.

Fragments de décor de mobilier au nom de Néferefrê, découverts en Abousir - Musée Náprstek de Prague

Seules les fouilles et études récentes du site de la nécropole royale d'Abousir, réalisées par l'équipe d'égyptologues tchèques dirigée par Miroslav Verner, ont permis d'éclairer l'existence de ce pharaon obscur de la Ve dynastie. Les mentions de la pyramide et du temple solaire du roi dans les archives du temple de son père Néferirkarê invitaient à placer son domaine cultuel en Abousir également. Sur ces indications et en dirigeant leurs efforts vers la partie encore inexplorée au sud de la nécropole royale, les égyptologues tchèques ont mis au jour effectivement la pyramide inachevée et le temple funéraire de Néferefrê. Cette découverte inédite livra un grand nombre de documents épigraphiques et des œuvres d’art qui enrichissent le répertoire des figures royales peu abondant jusque-là de la Ve dynastie.

Ainsi douze fragments de statues ont été découverts dans la partie sud-ouest du temple. Ces statues en pierre, dont six portraits royaux, et en bois faisaient partie du mobilier du temple qui comprenait un palais rituel. Un certain nombre d’empreintes de sceaux royaux ont également mis au jour. Ils étaient appliqués sur des bouchons d’argile qui fermaient les jarres de stockage se trouvant dans la partie nord-est du temple. Cette série d’empreintes portait différents cartouches qui permettent de mieux cerner l’époque pendant laquelle le temple fonctionna[12].

  • Plusieurs empreintes au nom de Néferefrê, donnant son protocole complet et notamment les différentes graphies concernant son nom de fils de Rê achèvent de démontrer que le sanctuaire est bien le temple funéraire du roi.
  • Un sceau au nom de Chepseskarê invite à penser que ce souverain succéda à Néferefrê et procéda à son enterrement, ce qui invaliderait l’ordre de succession établi par la table de Saqqarah[13], mais confirme la proximité des deux règnes.
  • Trois autres au nom de Niouserrê qui est le frère de Néferefrê et régna également par la suite.
  • Deux sceaux au nom de Djedkarê Isési, dont on sait grâce aux archives découvertes sur le site qu’il réforma les cultes funéraires d’Abousir.
  • Quatre sceaux au nom d’Ounas, dernier souverain de la dynastie, viennent clôturer cette liste et indiquent peut-être que le culte du roi ne survécut pas au-delà de ce dernier règne.

Grâce à ces récentes découvertes, le règne de Néferefrê est aujourd’hui un peu plus connu et retrouve ainsi une place jusque là ignorée dans la dynastie.

Sépulture[modifier | modifier le code]

Néferefrê choisit le site dynastique d'Abousir pour édifier son complexe funéraire. Il le fait bâtir au sud des complexes pyramidaux de ses parents Néferirkarê Kakaï et Khentkaous II. Le projet est ambitieux, la plate-forme dégagée pour le creusement du dispositif souterrain de sa pyramide et l'édification de son temple funéraire dépassant de beaucoup le périmètre de la pyramide de son père.

Mais le décès prématuré du jeune roi laissa l'ensemble inachevé. Au moment de son trépas seuls les appartements funéraires souterrains sont achevés et la première assise de sa pyramide en voie d'édification. Le temple funéraire lui-même n'est qu'entamé, le sanctuaire bâti en calcaire mais non décoré...

C'est Niouserrê, le frère du roi qui régnera plus tard, qui achève l'ensemble en transformant la pyramide en un gigantesque mastaba carré, et complétant le temple funéraire en brique crue et en bois. L'ensemble funéraire fonctionne jusque sous le règne de Djedkarê Isési, puis semble être tombé dans l'oubli et s'efface sous les sables du désert et les coups des carriers qui dès l'Antiquité prélevèrent les matériaux de choix aux fins d'autres constructions.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon Allen, von Beckerath.
    Autres avis de spécialistes : -2460 à -2455 (Krauss), -2475 à -2474 (Redford), -2418 à -2408 (Málek), -2435 à -2432 (Dodson)
  2. Cf. L. Borchardt, p. 68.
  3. Cf. P. Posener-Krieger volume II, p. 530.
  4. Cf. A. Mariette p. 313.
  5. Cf. A. Mariette, p. 295 et E. de Rougé, p. 89.
  6. Cf. A. Mariette, p. 329.
  7. Cf. Ibidem, p. 335.
  8. Cf. Ibidem, p. 283-284.
  9. E. de Rougé, p. 91.
  10. Cf. J. H. Breasted § 60, p. 40, note g, où l'auteur précise que Néferefrê n'est attesté que sur la table de Saqqarah. Également, son nom n’a pas été rapproché immédiatement avec celui de Néferefrê faute de connaître son protocole entier : cf. E. de Rougé, Recherches sur les monuments qu’on peut attribuer aux six premières dynasties, p. 101, 102.
  11. Cf. J. H. Breasted § 60, p. 40, note f
  12. Cf. M. Verner, p. 283.
  13. Voir plus haut

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Auguste Mariette & Gaston Maspero, Les mastabas de l'Ancien Empire - Fragment du dernier ouvrage de A. Mariette, publié d'après le manuscrit de l'auteur, Paris, F. Vieweg, librairie-éditeur,‎ 1889 ;
  • Kurt Heinrich Sethe, Urkunden des Alten Reich, vol. 1, Leipzig, J.C. Hinrichs'sche Burchhandlung,‎ 1903 ;
  • James Henry Breasted, Ancient records of Egypt historical documents from earliest times to the persian conquest, collected edited and translated with commentary, vol. I The First to the Seventeenth Dynasties, The University of Chicago press,‎ 1906 ;
  • Ludwig Borchardt, Das Grabdenkmal des Königs Neferirkara, Leipzig,‎ 1907 ;
  • Emmanuel de Rougé, Œuvres diverses, vol. 6, Paris,‎ 1918 (résumé) ;
  • Paule Posener-Krieger, Les Archives du temple funéraire de Néferirkarê-Kakai (Les Archives d'Abousir), vol. I et II, IFAO,‎ 1976 ;
  • Miroslav Verner, « Un roi de la Ve dynastie : Rênéferef ou Rênéfer? », BIFAO, no 85,‎ 1985 ;
  • Miroslav Verner, Archaeological Remarks on the 4th and 5th Dynasty Chronology, Archiv Orientální, Volume 69,‎ 2001 ;
  • Miroslav Verner, Abusir - Realm of Osiris, American University in Cairo Press,‎ 2002 ;
  • Bretislav Vachala, Guide des sites d’Abousir, IFAO, Bibliothèque générale,‎ 2002 ;
  • Paule Posener-Krieger, Bretislav Vachala, Hana Vymazalova, Abusir X: The Pyramid Complex of Raneferef, The Papyrus Archive, Czech Institute of Egyptology Charles University,‎ 2007.