Chepseskaf

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Chepseskaf est un pharaon de la IVe dynastie, entre -2472 à -2467[1].

Généalogie[modifier | modifier le code]

Chepseskaf
Naissance Décès
Père Mykérinos Grands-parents paternels
Khéphren
Khâmerernebty Ire
Mère Khâmerernebty II Grands-parents maternels
Khéphren
Khâmerernebty Ire
Fratrie Khentkaous Ire
1re épouse Khentkaous Ire Enfant(s) Khâmaât, épouse de Ptahchepsès Ier
Ouserkaf
2e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
3e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
4e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
5e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
6e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
7e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
8e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
Mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
2e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
3e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
4e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature dans l'Égypte antique.

Règne[modifier | modifier le code]

Chepseskaf
Période Ancien Empire
Dynastie IVe dynastie
Fonction roi
Prédécesseur Mykérinos
Prise du pouvoir Mort naturelle du précédent
Dates de règne -2472 à -2467 (selon J. P. Allen)
-2510 à -2500 (selon R. Krauss)
-2523 à -2519 (selon D. B. Redford)
-2486 à -2479 (selon J. von Beckerath)
-2454 à -2450 (selon D. Arnold)
-2460 à -2456 (selon J. Málek)
-2475 à -2471 (selon A. D. Dodson)
-2462 à -2457 (selon P. Vernus & J. Yoyotte)
Durée du règne Inconnue
Successeur Djédefptah/ Tamphthis
Passation du pouvoir Mort naturelle
Sépulture Non trouvé
Date de découverte Inconnue
Découvreur Inconnu
Fouillée par ?

Si ce petit-fils de Khéphren est beaucoup moins connu que lui, c'est d'une part à cause de la relative brièveté de son règne et, d'autre part, parce qu'on ne lui connaît pas beaucoup de vestiges archéologiques aussi importants que, par exemple, la pyramide de Mykérinos, son propre père. Le règne de Chepseskaf reste en outre entouré de plusieurs questions troublantes qui font encore débat parmi les égyptologues et historiens faute de découvertes venant confirmer ou infirmer les différentes hypothèses à son sujet. La filiation du roi, la durée de son règne, le choix du site de son tombeau ainsi que la forme définitive du monument, les épouses royales, la descendance et la succession du roi, tous ces points restent dans l'incertitude de l'histoire d'une fin de dynastie où semblent se concurrencer les différentes lignées royales pour le trône d'Horus.

Les mentions de son règne subsistent aujourd'hui à travers les rares tombes de dignitaires contemporains qui se concentrent essentiellement à Gizeh et dans une moindre mesure à Saqqarah[2]. Ce sont de bons indices pour une durée de règne écourtée d'autant que la plupart de ces membres de la famille royale ou dignitaires de la cour ne font que citer le roi sans davantage de détails ce qui complique la compréhension de son règne.

  • Sekhemkarê, fils de Khéphren, prêtre des cultes funéraires royaux dont le mastaba découvert à Gizeh (G8154) a livré l'ensemble des règnes sous lesquels il vécut depuis celui de son père jusqu’à celui de Sahourê en passant donc par celui de Chepseskaf[3].
  • Bounéfer, princesse de sang royal et prêtresse du culte de Chepseskaf enterrée à Gizeh (G8408). Elle aurait été la fille de Chepseskaf et aurait pratiqué elle-même les rites funéraires lors de l'enterrement de ce dernier[4],[5].
  • Nisoutpounetjer, autre prêtre funéraire, dont le mastaba également à Gizeh (G8740) donne aussi une liste de souverains sous lesquels il servit cette fois depuis Djédefrê jusqu'à Sahourê[6].
  • Ptahchepsès Ier, grand prêtre de Ptah, qui fait inscrire sur la stèle fausse porte de son mastaba une biographie qui énumère également les règnes des souverains sous lesquels il vécut avec une mention particulière pour chaque règne depuis Mykérinos jusqu'à Niouserrê. On y apprend ainsi qu'il est né sous le règne de Mykérinos et qu'il est éduqué à la cour avec les enfants royaux, dont Chepseskaf. Les deux hommes devaient être intimes car non seulement Chepseskaf le nomme à la plus haute fonction du clergé de Memphis mais il lui donne également sa fille en mariage[7].
  • Kaounisout, inspecteur du palais royal, qui possède aussi son mastaba à Gizeh (G8960) dans lequel Chepseskaf est cité[8].

Le seul document assuré du règne est une stèle fragmentaire retrouvée dans le temple de la pyramide de Mykérinos sur laquelle est inscrit un décret royal de Chepseskaf attestant de l'intervention du roi en faveur du temple et du culte funéraire de son père[9].

La pierre de Palerme indique bien Chepseskaf comme succédant à son père mais ne conserve de son règne que les indications relatives à sa première année de règne qui débute le onzième jour du quatrième mois de l'année avec les cérémonies du couronnement. Cette même année est celle du choix du site sur lequel s'élèvera le tombeau du roi qui est baptisé : La pyramide de Chepseskaf est purifiée et dont l'emplacement est à Saqqarah sud[10]. Selon des analyses de ce document et des fragments supplémentaires découverts depuis, l'espace compris entre cette première année de règne de Chepseskaf et celles de son successeur n'excède pas sept années de règne[11]. Tout dépendrait donc de ce successeur dont certaines sources font Djedefptah ou directement Ouserkaf. Les sources complémentaires ne donnent pas plus d'information et si Manéthon, qui nomme Chepseskaf Sebercheres, lui accorde sept années de règne, le papyrus de Turin lui en donne quatre.

Enfin, si les annales et sources contemporaines qualifient le tombeau de Chepseskaf comme étant une pyramide (mer en égyptien antique) et qu'il s'est bien fait aménager un complexe funéraire, le monument n'a pas la forme d'une pyramide. Le périmètre assez grand de l'ensemble et la mention de la pierre de Palerme laissent supposer qu'initialement une pyramide avait été projetée mais que du fait du décès prématuré du souverain, Khentkaous Ire, sa reine, l'acheva sous la forme d'un gigantesque mastaba.

Cette reine au titre de mère de deux rois de Haute et Basse-Égypte[12], personnage entouré du même trouble lié à la fin de la IVe dynastie, s'est fait édifier un tombeau à proximité de celui de Mykérinos. De son union avec Chepseskaf elle aurait eu deux fils, Djédefptah et Ouserkaf[13] et au moins une fille Khâmaât[14].

Sépulture[modifier | modifier le code]

Le tombeau royal initialement devait mesurer 105 mètres sur 78. Il est construit en blocs de grès revêtus de calcaire fin de Tourah ainsi que de granit rouge d'Assouan pour les assises basses. Son aspect final devait s'apparenter à celui d'un gigantesque sarcophage à l'image du tombeau d'Osiris. Les appartements funéraires eux, sont conçus sur un plan comparable à ceux de la pyramide de Mykérinos, avec descenderie, couloir d'accès obturé par des herses de granit, antichambre et chambre funéraire de granit couverte par une voûte en chevrons, contenant le sarcophage royal.

Le tout était complété par un temple funéraire, une chaussée montante et un temple d'accueil situé à la lisière entre les terres cultivées et le désert.

Des vestiges de statues à l'effigie de Chepseskaf ont été retrouvés dans ce complexe funéraire dont deux têtes exposées au musée du Caire, et sont d'une qualité équivalente aux fameuses triades de son père Mykérinos.

Le Mastaba Faraoun, comme l'appellent les habitants des environs, fait figure d'exception parmi les tombes royales de l'Ancien Empire. Si ce monument représentait une réelle volonté de rupture de la part de Chepseskaf, il ne pouvait être ignoré de ses contemporains et devait être bien visible depuis la capitale Memphis. Le fait que Djedkarê Isési ou encore les pharaons de la VIe dynastie aient choisi de bâtir leurs propres complexes funéraires à proximité n'est pas le fruit du hasard ou le fait d'un manque de place pour les édifier.

Tout autour des dignitaires de la fin de l'Ancien Empire se feront aménager leurs mastabas et un culte de Chepseskaf est attesté au Moyen Empire démontrant que le souverain n'avait pas été oublié malgré la période d'anarchie qui suivit l'effondrement de l'Ancien Empire.

Au Nouvel Empire, le prince Khâemouaset, grand prêtre de Ptah et fils de Ramsès II, ordonna au nom de son illustre père, de restaurer le sanctuaire, faisant preuve à l'endroit de Chepseskaf d'une piété égale à celle qu'il avait eu à l'égard d'autres souverains qui sont pour nous plus célèbres.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon Allen.
    Autres avis de spécialistes : -2510 à -2500 (Krauss), -2523 à -2519 (Redford), -2486 à -2479 (von Beckerath), -2454 à -2450 (Arnold), -2460 à -2456 (Malek), -2475 à -2471 (Dodson), -2462 à -2457 (Pascal Vernus et Jean Yoyotte dans le Dictionnaire des Pharaons, IVe dynastie, page 219).
  2. Contrairement à l'usage, car en général la cour se faisait enterrer à proximité de son souverain
  3. Cf. K. R. Lepsius, § 89 p. 109 et K.H. Sethe, § 106, p. 166
  4. Cf. S. Hassan, p. 176-199
  5. M23 X1
    G39
    N35 F32
    X1
    I9
    njswt sA.t n Xt f, seul ce titre de fille royale de sa chair retrouvé dans son tombeau de Gizeh permet de rattacher cette princesse à la famille royale mais sans éclairer davantage son ascendance directe. Le cartouche de Chepseskaf est bien cité mais lié à sa fonction cléricale, fonction par ailleurs inédite pour une princesse. Certains égyptologues en font une sœur et épouse de Chepseskaf.
  6. Cf. K.H. Sethe, § 107, p. 166 & H. Gauthier, p. 180
  7. Cf. J.H. Breasted § 254-262 ; pp. 115-118
  8. Cf. S. Hassan, p. 75-85
  9. Cf. K.H. Sethe, § 101, p. 160
  10. Cf. J.H. Breasted § 150-152 ; p. 67
  11. Cf. G. Daressy
  12. Ce titre est également interprété mère du roi de Haute et Basse-Égypte et roi de Haute et Basse-Égypte par certains égyptologues ; cette hypothèse en ferait une régente qui aurait assuré réellement le pouvoir comme semblent l'indiquer les représentations de la reine retrouvées dans sa tombe de Gizeh
  13. En ce qui concerne Djedefptah, son existence même est remise en cause par certains égyptologues, aucune source contemporaine ne mentionnant son règne ; à propos d'Ouserkaf la filiation avec Chepseskaf reste discutée
  14. Cette princesse est explicitement désignée comme la fille de Chepseskaf sur la stèle de Ptahchepsès Ier

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Karl Richard Lepsius, Denkmäler aus Ægypten und Æthiopen - volume I, Leipzig,‎ 1897
  • Kurt Heinrich Sethe, Urkunden des Alten Reich, vol. 1, Leipzig, J.C. Hinrichs'sche Burchhandlung,‎ 1903 ;
  • James Henry Breasted, Ancient records of Egypt historical documents from earliest times to the persian conquest, collected edited and translated with commentary, vol. I The First to the Seventeenth Dynasties, The University of Chicago press,‎ 1906.
  • Georges Daressy, La Pierre de Palerme et la chronologie de l'Ancien Empire, vol. 12, Le Caire, BIFAO,‎ 1916 ;
  • Henri Gauthier, Annales du service des antiquités de l'Égypte, vol. XXV, Le Caire,‎ 1925
  • Selim Hassan, Excavations at Gîza II, 1930-1931, Le Caire,‎ 1936
  • Selim Hassan, Excavations at Gîza III, 1931-1932, Le Caire,‎ 1941
  • Nicolas Grimal, Histoire de l'Égypte ancienne [détail des éditions], Ouserkaf et les premiers temps de la Ve dynastie