Guerre lamiaque

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Guerre lamiaque
Informations générales
Date 323 - 322
Lieu Grèce
Issue Victoire macédonienne
Belligérants
Royaume de Macédoine Cités grecques révoltées
Commandants
Antipatros Léosthène Antiphile
Forces en présence
25 000-30 000 hommes
Guerre lamiaque

La guerre lamiaque ou guerre hellénique est un conflit qui se déclenche en Grèce à la mort d'Alexandre le Grand en juin 323 av. J.-C.. Il oppose des cités grecques révoltées, parmi lesquelles Athènes, aux Macédoniens menés par Antipatros. La guerre est finalement remportée par ce dernier en 322 et les cités rebelles doivent se soumettre.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le conflit a en partie pour origine un édit d'Alexandre, pris à Suse peu avant sa mort, ordonnant le retour des bannis dans toutes les cités grecques. Cet édit est lu par Nicanor de Stagire, l'envoyé du roi, aux Jeux olympiques. Athènes et les Étoliens refusent. Pour Athènes en effet cela implique qu'elle rende la clérouquie de Samos dont elle a chassé les habitants en -365, tandis que les Étoliens redoutent d'être contraints de rendre Œniades, aux bouches de l'Achéloos, dont ils se sont emparés vers 330.

Révolte des cités grecques[modifier | modifier le code]

La nouvelle de la mort d'Alexandre n'est pas admise au départ. L'orateur Démade s'exclame « le monde serait plein de l'odeur de son cadavre ». Dès que la nouvelle est confirmée, les Athéniens se soulèvent malgré l'hostilité du stratège Phocion et des classes possédantes. La rébellion est menée par la faction démocratique sous la direction d'Hypéride, Démosthène étant alors en exil suite au scandale de l’affaire Harpale. Ils appellent les autres Grecs à secouer le joug macédonien du régent Antipatros. Les Athéniens (environ 8 000 hommes), les Étoliens forment une armée et sont rejoints par la Locride et la Phocide. Plus tard les cités de Leucade, Messène, Argos, Élis, Carystos et une partie de l'Épire s'engagent dans la guerre aux côtés des révoltés. Leurs forces dirigées par Léosthène comptent probablement jusqu'à 25 000 à 30 000 hommes dont un grand nombre de mercenaires qu'Alexandre avait congédiés. Démosthène est également rappelé d'exil après avoir tenté de rallier les cités du Péloponnèse.

Conflit[modifier | modifier le code]

Antipatros ne dispose au début du conflit que de troupes assez réduites, sans doute 13 000 fantassins et 600 cavaliers. Il est battu en Béotie, perd les Thermopyles et s'enferme dans la ville de Lamia, en Phthiotide, dont le nom a donné celui du conflit. Il refuse cependant de se rendre sans condition comme l'exige Léosthène. Il tente ainsi de gagner du temps car les renforts de Cratère sont encore loin en Cilicie, et Lysimaque, le satrape de Thrace, est confronté à des révoltes.

C'est le gouverneur de la Phrygie, un hétère parmi les plus nobles, Léonnatos, qui vient au secours d’Antipatros. Léosthène meurt dans une escarmouche lors de l'hiver 323/322 et est remplacé par Antiphile. Léonnatos, trahi par les cavaliers thessaliens qui font défection, est vaincu et tué par les Grecs mais la phalange macédonienne est intacte. Antipatros réussit à sortir de Lamia et à faire sa jonction avec elle avant de se retirer en Macédoine en évitant les plaines où la cavalerie grecque l'eût poursuivi.

En fait, le sort de la guerre se joue en mer. La flotte athénienne est victorieuse dans un premier temps de celle d’Antipatros, mais une escadre formée de 240 navires phéniciens et chypriotes dirigée par le Macédonien Cleithos écrase à deux reprises la flotte de l'amiral athénien Évétion, une première fois dans l'Hellespont près d'Abydos puis début juillet près d'Amorgos.

Dénouement[modifier | modifier le code]

L'arrivée de Cratère, ramenant près de 50 000 fantassins et 5 000 cavaliers vétérans des campagnes d'Alexandre, permet à Antipatros de reprendre l'initiative. Il remporte une victoire à Crannon en août -322 qui, bien que non décisive, va voir la dislocation des coalisés grecs. En effet, Antipatros ne consentant à traiter que séparément avec les villes de la coalition, celle-ci s'effiloche.

Athènes se soumet à l'automne : la démocratie est renversée, plus de 12 000 citoyens perdent leurs droits politiques qui sont réservés aux hommes possédant au moins 2 000 drachmes (soit 9 000 personnes). De nombreux Athéniens parmi les plus pauvres partent en exil, en Thrace par exemple où Antipatros leur accorde des terres. Athènes perd aussi Samos et Oropos qui revient à la Béotie. Une garnison macédonienne s'installe au Pirée. Démade, sur les ordres d’Antipatros, fait voter le décret condamnant à mort les orateurs patriotes : Hypéride est pris à Égine puis est cruellement torturé avant d'être exécuté à Cléonées ; Démosthène est traqué jusque dans le temple de Poséidon à Calaurie où il s'empoisonne avant de tomber entre les mains des sbires d’Antipatros.

Antipatros et Cratère se tournent ensuite vers l'Étolie, mais l'expédition n'a finalement pas lieu car les deux généraux sont appelés en Asie par les évènements liés à la guerre contre Perdiccas. Cette circonstance permet à la ligue étolienne de conserver son indépendance et de jouer un rôle de premier plan par la suite.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]