Takélot II

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Takélot.

Takélot II est le sixième pharaon de la XXIIe dynastie de -850 à -825[1]. Manéthon l’appelle Takélôtis ou Takélôthis et lui compte treize ans de règne (Africanus, Eusebius). Il est le fils d'Osorkon II, mais le nom de sa mère n'est pas connu. Son père le nomma comme corégent lors de sa 23e année de règne. Sur la base de deux dates lunaires appartenant à ce pharaon, Rolf Krauss, Erik Hornung et David Warburton avancent qu'il dût monter sur le trône en -845 ou en -834.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Takélot II
Naissance Date inconnue Décès Date inconnue
Père Osorkon II Grands-parents paternels
Takélot Ier
Kapes
Mère Karoma II Méritmout Grands-parents maternels
Grand-père maternel inconnu
Grand-mère maternelle inconnue
Fratrie Nimlot II
Tjesbastperet
Sheshonq (grand prêtre de Ptah)
Hornakht
1re épouse Karoma III Méritmout Enfant(s) Osorkon
Sheshonq III
Osorkon III (?)
2e épouse Tashep [...][2] Enfant(s) Nimlot
3e épouse Tabektenasket Ire[3] Enfant(s) Isetoueret II
4e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
5e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
6e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
7e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
8e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
Mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
2e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
3e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
4e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature dans l'Égypte antique.

Règne[modifier | modifier le code]

Takélot II
Période IIIe période intermédiaire
Dynastie XXIIe dynastie
Fonction 6e pharaon de la dynastie
Prédécesseur Osorkon II
Prise du pouvoir
Dates de règne -850 et -825
Durée du règne
Successeur Sheshonq III
Passation du pouvoir
Sépulture Non trouvé
Date de découverte Inconnue
Découvreur Inconnu
Fouillée par ?

Takélot II dirige le pays depuis Tanis tandis que son demi-frère Nimlot II, grand prêtre d'Amon, se proclame roi de Thèbes et d'Héracléopolis, bien que le pouvoir de Nimlot II s'étende bien au delà des cités et est accru par l'aide de ses fils.

Takélot II épouse Karoma III Méritmout, qui serait selon certain égyptologues la fille de Nimlot II et il réunit ainsi plus ou moins sous son autorité Héracléopolis et Thèbes.

La mort de Nimlot II, située vers l'an -845, provoque une lutte pour le pouvoir à Thèbes. Takélot II tente alors de faire passer son propre fils, le prince Osorkon à la charge de grand prêtre d'Amon mais cette action provoque l’éclatement d’une guerre civile qui marque le début de la dislocation du régime Libyen.

Le pharaon réussit à enrayer les émeutes, et le calme revient dans la capitale. Il réunit ainsi sous son autorité Héracléopolis et Thèbes. Les relations entre Thèbes et Tanis, de ce fait, vont être pacifiques durant cette période, mais quatre années plus tard, de nouvelles émeutes ont lieu, remettant en cause le règne même de Takélot II.

Takélot II espérait que son fils aîné, le prince Osorkon (filiation incertaine), prendrait sa succession. Cependant, c'est le plus jeune de ses fils, Sheshonq III, qui arrive au pouvoir, certains spécialistes le donne aussi comme le père d’Osorkon III (XXIIIe dynastie). Il n’a pas laissé de monument.

Sépulture[modifier | modifier le code]

Le professeur Pierre Montet découvre le tombeau de Takélot II parmi le premier groupe de tombes royales découvertes en février 1939 au sud ouest du grand temple d'Amon de Tanis.

Le caveau avait été déjà pillé, probablement dès l'Antiquité, et n'a livré que quelques restes du viatique funéraire qui entourait le roi et l'accompagnait dans son voyage dans l'au-delà. Ces vestiges permettent cependant d'imaginer la richesse de ce mobilier à commencer par un fragment en or massif du sarcophage interne du roi d'une épaisseur d'environ deux millimètres[4], des restes de parures en or et pierres semi-précieuses, dont certaines au nom d'Osorkon Ier[5].

Le sarcophage externe quant à lui est un remploi du Moyen Empire. Taillé dans un bloc de quartzite blanc, le couvercle dans le même matériau est bombé conférant à l'ensemble la forme du sanctuaire primitif de Bouto. Les côtés de la cuve présentent une façade à redans ainsi que deux grands yeux oudjat gravés en relief. Une inscription donnant la titulature de Takélot a été trouvée sous le couvercle tandis que sur le dessus une autre inscription donne le nom du premier propriétaire du sarcophage : Amény, chancelier du roi (XIIe dynastie).

L'ensemble de ces reliefs d'un mobilier funéraire royal est assez caractéristique de cette époque qui voit de plus en plus de troubles qui fragilisent le pouvoir en place. En mêlant les remplois de mobiliers funéraires antérieurs, de bijoux ou parures dynastiques avec des éléments spécialement conçus pour le souverain et en comparaison avec les mobiliers funéraires des autres tombes voisines - celles-là mieux préservées - on peut toutefois créditer cette sépulture d'une certaine richesse qui n'a pas échappé au pillage probablement lors de l'anarchie qui suivra la XXIIe dynastie.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon D. Arnold, N. Grimal, J. Kinnaer, I. Shaw, D.Sitek
  2. selon David Al Aston, le nom n'est pas préservé en entier
  3. selon Aidan Mark Dodson, Dyan Hilton et David Al Aston
  4. G. Goyon, Le tombeau de Hedjkheperrê-Takélot II, p. 117
  5. J. Yoyotte, p. 43

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tanis l'or des Pharaons, Association Française d’Action Artistique,‎ 1987 ;
  • Georges Goyon, La découverte des trésors de Tanis, Pygmalion,‎ 2004

Lien externe[modifier | modifier le code]