Bakenranef

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Partie de la voûte de la tombe de Bakenranef

Bakenranef est roi de Saïs de la XXIVe dynastie, plus connu sous son nom grec (erroné) de Bocchoris[1]. Manéthon lui compte six ans de règne de -725 à -720 et le considère comme le seul membre de la XXIVe dynastie, cependant, les égyptologues comprennent son père Tefnakht dans cette dynastie. Bien que Sextus Julius Africanus cite Manéthon qui aurait déclaré que Bocchoris a régné pendant six ans, ces égyptologues diffèrent de nouveau et lui attribuent un règne de cinq ans seulement, de -716 à -712, reposant sur le témoignage d'une inscription sur une stèle funéraire d'un taureau Apis.

De nom de roi Ouahkarê (Le ka de Rê est endurant), il est le fils de Tefnakht et poursuit son œuvre politique. Il hérite du contrôle absolu sur tout le Nord du pays et s’impose comme le pharaon à Saïs. Il est reconnu aussi par Memphis, Tanis et Héracléopolis.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Bakenranef
Naissance Date inconnue Décès Date inconnue
Père Tefnakht Grands-parents paternels
Grand-père paternel inconnu
Grand-mère paternelle inconnue
Mère Mère inconnue Grands-parents maternels
Grand-père maternel inconnu
Grand-mère maternelle inconnue
Fratrie Fratrie inconnue
1re épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
2e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
3e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
4e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
5e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
6e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
7e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
8e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
Mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
2e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
3e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
4e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature dans l'Égypte antique.

Règne[modifier | modifier le code]

Bakenranef
Période IIIe période intermédiaire
Dynastie XXIVe dynastie
Fonction Pharaon
Prédécesseur Tefnakht
Prise du pouvoir Mort naturelle de son père
Dates de règne -725 à -720 ou -716 à -712
Durée du règne Six ans (selon Manéthon), cinq ans (selon les égyptologues modernes)
Successeur Shabaka (XXVe dynastie)
Passation du pouvoir
Sépulture Non trouvé
Date de découverte Inconnue
Découvreur Inconnu
Fouillée par ?

Il est difficile de dissocier les faits historiques des légendes qui accompagnent ce roi légendaire. De fait, Bakenranef règne jusqu'à ce qu'il soit battu par le roi de Napata Shabaka (Shabako), pharaon de la XXVe dynastie qui refait à son profit l’unité du pays. Bakenranef disparaît alors. Il pourrait être l'ancêtre de la XXVIe dynastie saïte.

Personnage légendaire repris par plusieurs auteurs grecs, il est présenté comme un médiateur et un homme bienfaisant envers les pauvres. C'est à son époque qu'un agneau aurait prophétisé le malheur des invasions étrangères. Il serait à la fois juge (un parallèle égyptien à Salomon), législateur et combattant : il aurait été vaincu puis brûlé vif par Sabacos (Shabaka), pharaon nubien. En fait, il est probable que le nom Bocchoris soit le résultat d'une confusion par les Grecs entre les noms égyptiens Bakenranef et, surtout, Menkaourê, le pharaon Mykérinos de la IVe dynastie, probablement déformé en "Benkaouré", les M et les B étant très ambivalents dans l'évolution linguistique. À l'inverse, la forme grecque Mykérinos ne correspond pas non plus à l'égyptien Menkaourê, mais plutôt au nom Bakenranef : par un télescopage entre deux pharaons séparés de 1600 ans, les Égyptiens puis les Grecs ont créé le personnage légendaire Bocchoris.

C'est Manéthon qui est la source de deux événements du règne de Bakenranef. Le premier est l'histoire d'un agneau prononcant la prophétie que l'Égypte serait conquise par les Assyriens, une histoire répétée plus tard par des auteurs classiques comme Claudius Aelianus (De Natura Animalis 12,3). La seconde est que Bakenranef a été capturé par Shabaka, roi de la XXVe dynastie, qui a exécuté Bakenrenef en le faisant brûler vif. Roi koushite, Shabaka étend sa domination sur l'ensemble de l'Égypte, qui était divisé depuis la XXIe dynastie.

Diodore de Sicile écrit environ trois siècles après Manéthon, en ajoutant quelques détails différents. Diodore dit que, bien que Bakenranef était « méprisable en apparence », il était plus sage que ses prédécesseurs (1,65) : les Égyptiens lui attribue une loi concernant les contrats, qui prévoyait une façon de se décharger des dettes où aucun cautionnement n'avait été signé (Diodore 1,79). Pour ceci, ainsi que pour d'autres actes, Diodore inclus Bocchoris comme l'un des six législateurs les plus importants de l'Égypte ancienne. Pour un roitelet mineur dans un bref contrôle du delta du Nil, c'est une façon inattendue de le considérer de premier plan : Robin Lane Fox observe[2] « Il a été un choix surprenant, (...). Peut-être quelques Grecs, qui nous sont inconnus, avaient eu des contacts étroits avec lui ; de son règne, nous avons que des scarabées qui porte son nom égyptien, dont l'un a été trouvé dans une fouille grecque contemporaine sur Ischia[3] près de la baie de Naples ».

L'historien romain Tacite mentionne que de nombreux auteurs grecs et romains ont pensé qu'il avait un rôle dans l'origine de la nation juive :

« La plupart des auteurs, cependant, s'accordent à dire qu'une maladie défigurant horriblement le corps, a éclaté sur l'Égypte ; que le roi Bocchoris, en cherchant un remède, a consulté l'oracle d'Ammon, qui l'a convié de nettoyer son royaume, et de renvoyer en une terre étrangère cette race détestée par les dieux. Ce peuple, qui avaient été recueilli se trouvait dans un désert, fut pour la plupart dans un état de stupeur et de douleur, jusqu'à ce que l'un d'eux, Moïse de son nom, les avertit de ne pas chercher un soulagement de Dieu mais de faire confiance à eux-mêmes, en prenant pour chef cet homme envoyé du ciel qui doit d'abord les aider à quitter leur misère actuelle. Ils en ont convenu, et dans l'ignorance totale, ont commencé à avancer au hasard. La rareté de l'eau les avaient sombré dans la détresse, prêt à périr en partant dans toutes les directions sur la plaine, quand un troupeau d'ânes sauvages a été observé à la limite de leurs pâturages ombragée par des arbres. Moïse les suivi, et, guidé par l'apparition d'une zone herbeuse, a découvert une abondante source d'eau. Après six jours d'un voyage continu, ils prirent possession le septième jour d'un pays, d'où ils expulsèrent les habitants, et dans lequel ils ont fondé une ville et un temple. »

Malgré l'importance implicite de tous ces écrits, peu de documents contemporains de Bakenranef ont survécu. L'inscription principale de son règne concerne la mort et l'enterrement d'un taureau Apis pendant l'année 5 ou 6 de son règne ; le reste sont quelques stèles qu'Auguste Mariette a récupéré lors de la fouille du Sérapéum de Saqqarah. Shabaka a destitué et exécuté Bakenranef en le brûlant vif sur un bûcher et a enterré le taureau dans sa propre année (2e) de règne alors qu'il faisait campagne en Basse-Égypte. Ceci a effectivement mis fin à la courte XXIVe dynastie de l'Égypte, rivale pour le Nubien fondateur de la XXVe dynastie.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le nom est systématiquement Bocchoris dans les écrits grecs et de Tacite, le déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens a permis la reconstruction de son nom égyptien authentique Bakenranef.
  2. Robin Lane Fox, Travelling Heroes in the Epic Age of Homer, 2008:31.
  3. Ischia est la plus ancienne des colonies grecques au VIIIe siècle en Italie.