Menkaouhor

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Menkaouhor est un souverain de la Ve dynastie égyptienne. Il régna aux alentours de -2389 à -2381[Note 1] et aurait succédé à Niouserrê et précédé Djedkarê Isési.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Stèle du Nouvel Empire représentant Menkaouhor
Menkaouhor
Naissance Date inconnue Décès Date inconnue
Père Niouserrê ? Grands-parents paternels
Grand-père paternel inconnu
Grand-mère paternelle inconnue
Mère Rêpoutnoub ? Grands-parents maternels
Grand-père maternel inconnu
Grand-mère maternelle inconnue
Fratrie Fratrie inconnue
1re épouse Khouit Ire ou Mérésânkh IV ? Enfant(s) Djedkarê Isési
Khaemtjenent (ou Kaemtjenet)
Rêmkoui (ou Raemkai ou Raemka) les trois sont incertains
2e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
3e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
4e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
5e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
6e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
7e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
8e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
Mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
2e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
3e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
4e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature dans l'Égypte antique.

Règne[modifier | modifier le code]

Statuette trouvée à Memphis représentant Menkaouhor paré des insignes royaux
Menkaouhor
Période Ancien Empire
Dynastie Ve dynastie
Fonction roi
Prédécesseur Niouserrê
Prise du pouvoir
Dates de règne -2389 à -2381 (selon J. P. Allen)
-2420 à -2410 (selon R. Krauss)
-2389 à -2380 (selon J. von Beckerath)
-2444 à -2436 (selon D. B. Redford)
-2377 à -2369 (selon J. Málek)
Durée du règne Inconnue
Successeur Djedkarê Isési
Passation du pouvoir
Sépulture Non trouvé
Date de découverte Inconnue
Découvreur Inconnu
Fouillée par ?

Peu de sources mentionnent Menkaouhor parmi les découvertes faites sur les principaux sites de la Ve dynastie. De ce fait ce souverain est mal connu et peu étudié d'autant qu'il succède à Niouserrê et précède Djedkarê Isési dont les règnes brillants éclipsent quelque peu le sien.

Le papyrus de Turin lui accorde huit années de règne, durée de règne équivalente à celle que lui donne Manéthon qui le nomme Menchérès.

Une expédition au Ouadi Maghara dans le Sinaï est attestée par une grande inscription dédicatoire que le chef d'expédition fit inscrire au nom de son souverain, à l'instar des expéditions précédentes ou de celles qui auront lieu par la suite[1],[2]. Lors des fouilles récentes du temple funéraire de Néferefrê à Abousir, les égyptologues tchèques ont mis au jour des empreintes de sceaux portant le cartouche du roi, preuve qu'il a assuré les cultes funéraires de ses ancêtres[3]. Les archives découvertes sur le site qui datent pour la plupart du règne de Djedkarê Isési successeur de Menkaouhor, mentionnent l'existence du temple solaire du roi qui est nommé Akhet Rê, c’est-à-dire l'Horizon de Rê. Il est le dernier souverain de la dynastie à édifier un tel sanctuaire dont on n'a pas encore retrouvé l'emplacement. Ces temples si particuliers à la Ve dynastie étaient intimement liés au fonctionnement du culte funéraire du roi qui était rendu dans le temple de sa pyramide. Comme elle il faut probablement chercher ses ruines sous les sables du désert entre Saqqarah et Abou Ghorab[4].

Relevé de la tombe d'Akhethotep à Saqqarah[Note 2]

On connaît plusieurs dignitaires de la dynastie qui sont d'ailleurs rattachés à son culte funéraire ou encore à celui de son temple solaire mais qui ne sont pas tous contemporains du règne de Menkaouhor :

  • Hemou, prêtre de Niouserrê et du temple solaire de Menkaouhor, dont le mastaba situé dans la nécropole de Gizeh (G 8492) a livré un relief représentant le défilé des domaines qui sont rattachés au culte funéraire du dignitaire. Parmi ces figures allégoriques, on trouve une représentation d'un des domaines funéraires de Menkaouhor. Ce relief est exposé aujourd'hui au musée royal d'art et d'histoire de Bruxelles.
  • Kaemânkh, inspecteur ou administrateur du Trésor, prophète de du temple solaire de Menkaouhor, prêtre de la pyramide de Menkaouhor, dont le mastaba est aussi à Gizeh (G 7211).
  • Ptahhotep, vizir, juge, directeur des prêtres des pyramides de Niouserrê, Menkaouhor et Djedkarê Isési, dont le mastaba est à Saqqarah[5].
  • Akhethotep, vizir, juge, inspecteur des villes de pyramides et directeur des prêtres des pyramides de Niouserrê, Menkaouhor et Djedkarê Isési qui possède son mastaba à côté de celui de Ptahhotep à Saqqarah[6].
  • Ti, magistrat, célèbre pour son mastaba à Saqqarah. Il assuma plusieurs fonctions administratives et cléricale dont celle de prêtre de dans le temple solaire de Menkaouhor[7].
  • Ânkhmarê, prêtre des pyramides de Néferefrê et de Menkaouhor, sous le règne duquel il vécut probablement. Son mastaba découvert à Saqqarah possédait un ensemble de chambres destinées à son culte funéraire[Note 3] et qui a livré la stèle fausse porte du prêtre[8].
  • Senedjemib Mehi, vizir sous le règne d'Ounas, dont le mastaba à Gizeh donne une liste des souverains de la Ve dynastie figurant sous la forme d'une procession des domaines funéraires rattachés au culte funéraire du vizir. Menkaouhor y apparaît après les domaines funéraires de Sahourê et de Néferirkarê Kakaï[9].

D'autres lui sont contemporains, mais ne citent pas le souverain dans leur tombe :

On ne connaît pas de représentations du roi contemporaines de son règne en dehors d'une statuette découverte dans le grand temple de Ptah de Memphis parmi un ensemble de sculptures royales provenant sans doute d'une partie du sanctuaire dédiée aux souverains du pays[Note 4]. Cette statuette le représente assis sur un trône tenant les sceptres de la royauté, coiffé de la couronne blanche la hedjet, et vêtu du manteau jubilaire caractéristique des cérémonies liées au renouvellement du couronnement, la fête-Sed[10].

Menkaouhor sera plus tard considéré comme une des divinités de la nécropole de Saqqarah au Nouvel Empire et à ce titre sera représenté en ex-voto ou sur des reliefs[11].

Menkaouhor ne choisira pas Abousir pour édifier son complexe funéraire marquant une première fois une certaine rupture avec ses prédécesseurs immédiats que Djedkarê Isési et Ounas imiteront et confirmeront en choisissant Saqqarah comme nécropole royale.

Sépulture[modifier | modifier le code]

Relief du Nouvel Empire représentant Menkaouhor divinisé à Saqqarah

Il se fait bâtir une pyramide nommée les lieux de culte du roi Menkaouhor sont divins[5], à Saqqarah nord que son successeur Djedkarê Isési a probablement achevée.

Pendant longtemps sont emplacement exact resta incertain. Certaines hypothèses plaçaient sa pyramide à Dahchour nord[Note 5] tandis que d'autres identifaient la pyramide ruinée[Note 6] de Saqqarah nord, située non loin de celle de Téti comme étant le monument funéraire de Menkaouhor[12].

Cette dernière hypothèse semblait crédible pour plusieurs raisons. Un culte de Menkaouhor existe dans cette partie de la nécropole memphite et ce jusqu'au Nouvel Empire. Lorsque Téti choisit l'emplacement de sa propre pyramide à Saqqarah, la chaussée de son temple funéraire est déviée de l'axe principal du monument. La seule raison d'une telle modification du plan du complexe ne peut être que la présence d'un monument antérieur, monument qui ne pouvait être détruit ou comblé afin de respecter l'axe central[Note 7]. Le seul monument d'importance dans ces environs est la pyramide ruinée appelée communément la pyramide décapitée.

Enfin, le plan même de ce complexe bien que très ruiné est tout à fait semblable à celui des complexes funéraires royaux de la dynastie, y compris les dimensions de la pyramide elle-même identiques à celles de Djedkarê Isési (hauteur : 52,50 m ; base : 78,75 m). De plus cette pyramide restée anépigraphe ne contient aucun textes des pyramides qui, à dater du règne d'Ounas deuxième successeur de Menkaouhor, figureront systématiquement dans les caveaux royaux. L'ensemble de ces indices semblait donc conforter l'identification de cette pyramide avec la tombe de Menkaouhor.

Cette hypothèse est confirmée en 2008 par la redécouverte de la pyramide pyramide XXIX de la liste de Lepsius. Zahi Hawass attribue à présent formellement cette sépulture au roi Menkaouhor[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon Allen.
    Autres avis de spécialistes : -2420 à -2410 (Krauss), -2389 à -2380 (von Beckerath), -2444 à -2436 (Redford), -2377 à -2369 (Malek)
  2. Le défunt est représenté avec son fils Ptahhotep. Au-dessus de lui se trouvent les cartouches des souverains dont il assurait le culte. La colonne du centre indique le nom de la pyramide de Menkaouhor
  3. Dont un dispositif de trois chapelles de culte qui devait abriter des statues du dignitaire, dispositif que l'on ne retrouve que dans les monuments royaux ou princiers ; voir l'exemple du mastaba de Ptahchepsès à Abousir
  4. Ce qui confirmerait l'affirmation d'Hérodote selon laquelle les prêtres du temple de Memphis lui montrèrent une telle salle
  5. Selon les égyptologues M. Lehner et R. Stadelmann la Pyramide L de la liste de Lepsius située non loin de la pyramide rouge de Snéfrou à Dahchour serait le tombeau de Menkaouhor
  6. Pyramide XXIX de la Liste de Lepsius, hypothèse soutenue par J. Ph. Lauer et J. Leclant
  7. Un cas de monument antérieur situé sur le tracé de la chaussée d'une pyramide royale est connu. Le mastaba de Khnoumhotep et Niânkhkhnoum a ainsi été comblé et pris dans les fondations de la chaussée de la pyramide d'Ounas

Références[modifier | modifier le code]

  1. Un premier relevé a été effectué par la mission prussienne de 1842 ; cf. K. R. Lepsius Abt. II. Bl. 39.
  2. Pour un relevé complet de l'inscription hiéroglyphique et une traduction on consultera K. Sethe Ch.1 § 34 et J.H. Breasted § 263, p. 119
  3. M. Verner
  4. Seuls deux temples solaires ont pu être retrouvés et étudiés par les archéologues, celui d'Ouserkaf et celui de Niouserrê. En plus de celui de Menkaouhor trois autres temples solaires sont encore à retrouver, ceux de Sahourê, Néferirkarê et Néferefrê ; voir M. Verner, Ch. III Under the Sign of the Sun, p. 84
  5. a et b Cf. E. de Rougé ; p. 94-95
  6. Ibidem ; p. 97
  7. Ibidem ; p. 92
  8. Cf. A. Mariette, p. 280-284
  9. Cf. K. R. Lepsius § 26, p. 53 et E. Brovarski
  10. Elle est exposée aujourd'hui au musée du Caire en compagnie des autres statuettes analogues représentant d'autres rois représentés eux dans l'attitude classique du souverain régnant coiffés du némès
  11. Une stèle provenant de la tombe d'un dignitaire de la XVIIIe dynastie le représente faisant des offrandes aux dieux de la nécropole dont Menkaouhor. Ce relief est exposé au musée du Louvre
  12. Pour une étude sur cette question voir J. Berlandini
  13. À la recherche de la "pyramide décapitée"

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Karl Richard Lepsius, Denkmäler aus Aegypten und Aethiopien, Berlin, Nicolaische Buchhandlung,‎ 1849-1859 ;
  • Auguste Mariette & Gaston Maspero, Les mastabas de l'Ancien Empire - Fragment du dernier ouvrage de A. Mariette, publié d'après le manuscrit de l'auteur, Paris, F. Vieweg, librairie-éditeur,‎ 1889 ;
  • Karl Richard Lepsius, Denkmäler aus Ægypten und Æthiopen - volume I, Leipzig,‎ 1897 ;
  • Kurt Heinrich Sethe, Urkunden des Alten Reich, vol. 1, Leipzig, J.C. Hinrichs'sche Burchhandlung,‎ 1903 ;
  • James Henry Breasted, Ancient records of Egypt historical documents from earliest times to the persian conquest, collected edited and translated with commentary, vol. I The First to the Seventeenth Dynasties, The University of Chicago press,‎ 1906 ;
  • Emmanuel de Rougé, Œuvres diverses, vol. 6, Paris,‎ 1918 (présentation en ligne) ;
  • Jocelyne Berlandini, La Pyramide Ruinée de Sakkara-Nord et le Roi Ikaouhor-Menkaouhor, Revue d’égyptologie, N°31,‎ 1979 ;
  • Nicolas Grimal, Histoire de l'Égypte ancienne [détail des éditions], « La suprématie héliopolitaine » ;
  • Mark Lehner, The Complete Pyramids, Londres, Thames & Hudson,‎ 1997 ;
  • Miroslav Verner, Archaeological Remarks on the 4th and 5th Dynasty Chronology, Archiv Orientální, Volume 69,‎ 2001 ;
  • Edward Brovarski, The Senedjemib Complex: The Mastabas of Senedjemib Inti (G 2370), Khnumenti (G 2374), and Senedjemib Mehi (G 2378), David Brown Book Co,‎ 2002 ;
  • Miroslav Verner, Abusir - Realm of Osiris, American University in Cairo Press,‎ 2002.
  • Aidan Mark Dodson et Dyan Hilton, The complete royal families of ancient Egypt [détail des éditions].