Lycophron

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lycophron (homonymie).

Lycophron de Chalcis (en grec ancien Λυκόφρων ὁ Χαλκιδεύς / Lukóphrôn ho Khalkideús) est un poète grec du IVe siècle av. J.-C., né à Chalcis en Eubée.

Selon la Souda, il vécut en Égypte, à la cour de Ptolémée II. Il fit un grand nombre de tragédies et de poésies diverses. Il était considéré comme l'un des sept poètes de la Pléiade tragique et de la Pléiade poétique.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Il ne reste de lui qu'un poème intitulé Alexandra (autre nom de la Troyenne Cassandre, fille du roi Priam), dont on possède aussi des scholies, réalisées bien plus tard, au XIIe siècle, par les frères Tzétzès : c'est une longue prédiction des malheurs réservés à la cité de Troie et aux Grecs venus l'investir après l'enlèvement d'Hélène par le frère de Cassandre (Pâris Alexandre), qui se dirige vers Sparte au moment où elle profère ses sinistres prophéties, comme l'explique le messager venu les rapporter à Priam et dont la récitation mot pour mot du « dit d'Alexandra » à son maître constitue le corps du poème. Cette « litanie rapportée » est écrite dans un style « oraculaire », énigmatique et difficile (vocabulaire, syntaxe, références mythologiques, énigmes, anagrammes, assonances, allitérations, allusions à d'autres artifices tels que les palindromes et à la tradition du boustrophédon…) par un Lycophron évidemment au fait de tous les évènements « alors à venir », qui laisse donc, comme le messager du poème, la parole à une Cassandre qui mérite là son nom de « Alexandra », celle qui porte malheur aux hommes et auxquels elle fait rempart en condamnant leurs folies meurtrières. Le texte accorde surtout une large place à une intertextualité (Lycophron y retravaille, par exemple, les mots de l’Agamemnon d'Eschyle) qui donne au texte une grande modernité, même si elle n'a rien de surprenant dans la littérature antique et dans un texte au genre indéfini (parler de "poème tragique" ou de "tragédie" ne suffit pas à résumer ses caractéristiques empruntant à des genres spécifiques divers), texte venant d'un visiteur assidu de la Bibliothèque d'Alexandrie sous Ptolémée II, connu comme promoteur de la culture hellénistique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Éditions de Lycophron[modifier | modifier le code]

  • Alexander W. Mair, Callimachus, Hymns and Epigrams. Aratus, Phaenomena. Lycophron, Alexandra, Cambridge, Harvard University Press, 1921.
  • Lorenzo Mascialino, Lycophronis Alexandra, Leipzig, Teubner, 1964.
  • Pascal Quignard, Lycophron. Alexandra, Paris, Mercure de France, 1971 ; traduction rééditée et accompagnée d'un texte inédit du traducteur, sous le titre Lycophron et Zétès, Poésie Gallimard, 2010.
  • Massimo Fusillo, Guido Paduano et André Hurst, Licofrone. Alessandra, Milano, Guerini, 1991.
  • Valeria Gigante Lanzara, Licofrone. Alessandra, Milano, Rizzoli, 2000.
  • Gérard Lambin, L’Alexandra de Lycophron, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2005.
  • Lycophron, Cassandre. Traduction, notes et commentaire de Pascale Hummel, Chambéry, Éditions Comp'Act, 2006.
  • Lycophron, Alexandra, texte établi, traduit et annoté par André Hurst en collaboration avec A. Kolde, Paris, Belles Lettres, 2008.
  • Lycophron, Alexandra, texte établi, traduit, présenté et annoté par Cédric Chauvin et Christophe Cusset, Paris, L'Harmattan,2008.

Études savantes[modifier | modifier le code]

  • Konrat Ziegler, « Lykophron (8) », Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft, 1927, p. 2316-2382.
  • S. Josifović, « Lykophron », Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft. Suppl. XI, 1968, p. 888-930.
  • Maria Grazia Ciani, « Scritto con mistero. Osservazioni sull'oscurità di Licofrone », Giornale italiano di filologia, XXV, 1973, p. 132-148.
  • Maria Grazia Ciani, Lexikon zu Lycophron, Hildesheim, Olms, 1975.
  • Andrea Del Ponte, « Lycophronis Alexandra : la versificazione e il mezzo espressivo », Studi italiani di filologia classica, 53, 1981, p. 101-133.
  • Stephanie West, « Notes on the Text of Lycophron », Classical Quarterly, 33, 1, 1983, p. 114-135.
  • Stephanie West, « Lycophron Italicised », Journal of Hellenic Studies, 104, 1984, p. 127-151.
  • Peter Marshall Fraser, « Lycophron », dans S. Hornblower et A. Spawforth (éd.), The Oxford Classical Dictionary, Oxford, Oxford University Press, 1996, p. 895-97.
  • André Hurst, « Lycophron : la condensation du sens, le comique et l' « Alexandra » », dans M. Trédé et P. Hoffmann (éd.), Le Rire des Anciens. Actes du colloque international, Université de Rouen, École normale supérieure, 11-13 janvier 1995, Paris, Presses de l'École normale supérieure, 1998, p. 177-187.
  • Bernhard Zimmermann, « Lykophron (4) », Der neue Pauly: Enzyklopädie der Antike, 1999, p. 569-570.
  • Stephanie West, « Lycophron’s Alexandra : “Hindsight as Foresight Makes No Sense” ? », dans M. Depew et D. Obbink (éd.), Matrices of Genre. Authors, Canons, and Society, Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 2000, p. 153-166.
  • Pietro Luigi Leone, Scholia vetera et paraphrases in Lycophronis Alexandram, Galatina, Congedo, 2002.

Liens externes[modifier | modifier le code]