Belfast

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Belfast
en irlandais : Béal Feirste
Blason de Belfast
Héraldique
Haut : panorama urbain. Milieu : Ulster Museum, Victoria Square, Great Victoria Street et Albert Clock. Bas gauche: Belfast City Hall. Bas droit : Harland and Wolff.
Haut : panorama urbain. Milieu : Ulster Museum, Victoria Square, Great Victoria Street et Albert Clock. Bas gauche: Belfast City Hall. Bas droit : Harland and Wolff.
Administration
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Nation Irlande du Nord
Comté Antrim
Statut Cité (1888)
Maire
Mandat
Gavin Robinson (DUP)
2012 - 2013
Démographie
Population 286 000 hab. (2011)
Densité 2 487 hab./km2
Population Aire urbaine 579 276 hab. (2012)
Géographie
Coordonnées 54° 35′ 46″ N 5° 54′ 50″ O / 54.596, -5.91454° 35′ 46″ Nord 5° 54′ 50″ Ouest / 54.596, -5.914  
Superficie 11 500 ha = 115 km2
Divers
Devise Pro Tanto Quid Retribuamus
Localisation

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Belfast

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Belfast
Liens
Site web http://www.belfastcity.gov.uk/

Belfast (Béal Feirste en irlandais) est la principale capitale d'Irlande du Nord et de la province historique irlandaise d'Ulster, avec une population de 286 000 habitants en 2011 (641 638 dans la zone urbaine élargie). C'est le siège du gouvernement nord-irlandais, et le chef-lieu du comté d'Antrim. Depuis 1888, Belfast possède officiellement le statut de cité.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom « Belfast » provient de l'irlandais Béal Feirste, qui signifie « l'embouchure de la Farset », la Farset étant un affluent de la Lagan, fleuve qui traverse Belfast.

Géographie[modifier | modifier le code]

Cave Hill, une colline de basalte surplombant la ville.
La rivière Lagan dans Belfast.

Belfast est située sur la côte nord-est de l’île d’Irlande. La ville est entourée d’une série de collines, dont Cave Hill. Elle se trouve à l’extrémité occidentale du Belfast Lough et à l’embouchure de la Lagan, faisant de ce site un emplacement privilégié pour l’établissement d’une industrie de constructions navales. Quand le RMS Titanic est construit en 1911-1912, Harland and Wolff est le plus grand chantier naval au monde[1].

En 1994, un seuil est construit sur la Lagan pour élever le niveau du fleuve et noyer définitivement les marais qui ont donné leur nom à la ville[2] (le nom de Belfast signifie le banc de sable à l’embouchure de la rivière).

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Belfast.

Belfast celtique[modifier | modifier le code]

Le site de Belfast a été occupé depuis l'âge du bronze, et on peut y trouver des ruines de fortifications datant de l'Âge du fer, ainsi que le célèbre anneau du Géant (Giant's Ring).

Belfast britannique[modifier | modifier le code]

Au début du XVIIe siècle Belfast a été occupée par des colons anglais et écossais, selon un schéma d'implantation élaboré par Arthur Chichester, ce qui n'a pas manqué de créer des tensions avec la population autochtone qui s'est rebellée en 1641. Les huguenots français s'y sont également établis pour y faire le commerce du lin.

C'est à Belfast que le Titanic, le plus grand paquebot de croisière du monde de l’époque, fut construit par les chantiers navals Harland and Wolff entre 1909 et 1911. Belfast possède l'une des plus grandes cale sèche du monde, et les grues géantes du chantier naval de Harland and Wolff dominent l'horizon. Belfast était historiquement la ville industrielle la plus importante en Irlande.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Lors de la Seconde Guerre mondiale, Belfast a été l'une des plus grandes villes du Royaume-Uni à être bombardée par les forces allemandes. À la base, le gouvernement britannique avait estimé que l'Irlande du Nord serait à l'abri des bombardements grâce à sa distance par rapport à l'Allemagne, et donc l'île n'a pas été protégée face à l'attaque : peu d'abris ont été construits et quelques canons que possédait Dublin ont été envoyés en Angleterre pour protéger celle-ci. Belfast a été visée en raison de son importance pour la construction navale et aérospatiale. C'est le jour de Pâques, un mardi 15 avril, en 1941, que deux cents bombardiers de la Luftwaffe allemande ont attaqué la ville, notamment les quartiers ouvriers et les chantiers navals. Ce bombardement a tué environ un millier de personnes et a fait plusieurs blessés, laissant environ 100 000 personnes sans abri. Ce fut, après Londres, un des plus grands bombardements de l'histoire du Royaume-Uni[réf. nécessaire].

Le temps des « Troubles »[modifier | modifier le code]

Peinture murale à Ardoyne.

Belfast est devenue le centre du protestantisme irlandais, et la capitale d'Irlande du Nord en 1922. Pendant une grande partie de son histoire, la ville a été tiraillée par les divisions politiques et religieuses entre républicains catholiques et unionistes protestants.

Ces divisions ont abouti à la guerre civile qui s'est produite entre les années 1960 et les années 1990. La ville fut ainsi divisée de facto en secteurs catholiques républicains, fiefs de l'IRA provisoire (essentiellement à l'ouest, ainsi qu'à Ardoyne dans le nord), et protestants unionistes (surtout au nord à Shankill Road ainsi qu'à l'est), séparés pour la plupart par les Murs de la paix (Peace Walls). Belfast a ainsi vécu durant 30 ans entre attentats meurtriers et émeutes. Les guérillas urbaines étaient quotidiennes dans certains quartiers où les deux communautés s'affrontaient. La ville vivait en outre quadrillée par l'armée britannique. Plus de la moitié des 3 500 morts du conflit l'ont été dans la cité.

Le retour de la paix[modifier | modifier le code]

Un mur de la paix séparant catholiques et protestants.

Actuellement, le centre historique de Belfast renaît suite aux investissements de la Laganside Corporation, une société publique. Londres l'avait chargé dès 1989 de la revitalisation du centre-ville et des abords de la Lagan, la rivière qui traverse la ville, en créant des logements, des bureaux et des infrastructures de commerce et de loisirs. Le processus de paix et la sécurisation (postes de police, caméras de surveillance) aidant, le centre-ville est redevenu un lieu particulièrement animé, où les bars, les restaurants et les clubs se multiplient.

Néanmoins, des tensions demeurent en périphérie, en particulier au nord de la ville. Des émeutes éclatent de manière sporadique aux abords des interfaces et murs de la paix (peacelines), qui séparent les communautés. Pour les travailleurs communautaires, ces incidents n'ont pas forcément de connotation politique, mais elles sont plutôt le fait de jeunes qui s'ennuient. Certains observateurs les qualifient même « d'émeutes récréatives ».

Culture[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

L'hôtel de ville.

L'hôtel de ville (en) (« City Hall »), œuvre d'Alfred Brumwell Thomas (1868–1948), datant de 1903, Queen's University (1849) et d'autres constructions de style victorien ou édouardien sont ornés de nombreuses statues. On peut aussi y découvrir deux autres imposants bâtiments abritant des banques : l'Ulster Bank (1860) et la Northern Bank (1769).

Musées[modifier | modifier le code]

Pas la peine de se ruer dans les musées d'histoire : à Belfast, les épisodes de la guerre civile se lisent sur les murs. Et les cicatrices mal refermées des Troubles attirent désormais les touristes. Chaque année, ils sont plus de trois millions à participer à l'un des nombreux « tours » consacrés à cette guerre. Avec pour attraction principale, ces « murals », fresques partisanes recouvrant les façades des maisons ou les murs qui séparent, encore aujourd'hui, protestants et catholiques.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Depuis le premier gouvernement d'union élu en 1999, et le cessez-le-feu de l'IRA en 2005, le tourisme est un secteur en plein essor à Belfast. En dix ans, le nombre de visiteurs est passé de 1,5 millions à plus de 9 millions en 2011. Les visiteurs sont notamment attirés par le parc Botanique et sa serre ainsi que tous les pubs où sont souvent jouées des musiques traditionnelles.

Sports[modifier | modifier le code]

La ville compte de nombreux clubs de football parmi lesquels Linfield FC, le club ayant remporté le plus grand nombre de fois au monde son championnat domestique, Glentoran FC, Cliftonville FC, Crusaders FC, Donegal Celtic. La ligue de football de haut est bien connu dans la région pour favoriser les clubs protestantes et les régions protestantes dans les décisions importantes, un grand exemple étant l'expulsion de Derry City FC, qui sont d'un quartier catholique de Derry. Ils ont ensuite rejoint la Ligue de l'Irlande, la première division dans la République d'Irlande.

En plus, la ville héberge l'équipe de hockey sur glace des Giants de Belfast, ainsi que l'équipe de rugby d'Ulster (vainqueur de la Coupe d'Europe en 1999).

Transport[modifier | modifier le code]

La société de transports publics en Irlande du Nord est le Translink qui se compose de trois principaux services, le Metro, le NI Railways, et l'Ulsterbus. Le Metro gère le réseau d'autobus de Grande Belfast, tandis que NI Railways assure quelques liaisons ferroviaires de banlieue.

Autobus[modifier | modifier le code]

Le réseau d'autobus Translink Metro (anciennement Citybus) est composé de 12 lignes principales, avec plusieurs autres lignes. La carte du réseau et les plans des lignes sont ici

NI Railways[modifier | modifier le code]

Le NIR exploite trois principales lignes de chemin de fer à Belfast, dont tous comporte des services de banlieue:

Les deux grandes lignes sont:

La gare principale est le Gare de Belfast Central (terminus pour les grandes lignes). La gare la plus proche au centre-ville est le Great Victoria Street, où se trouve aussi la gare routière (Europa Bus Centre). Les horaires se trouvent ici.

Ulsterbus[modifier | modifier le code]

L'Ulsterbus propose des liaisons routières avec presque chaque ville en Irlande du Nord et plusieurs à l'autre côté de la frontière irlandaise, à partir de Belfast (du Europa Bus Centre au centre ville, et du Laganside Bus Centre à l'est du centre-ville).

Depuis quelques années, il existe aussi des compagnies d'autocar privées, par exemple l'Aircoach (qui offre un service vers Dublin, via l'aéroport de Dublin)

Réseau routier[modifier | modifier le code]

Les trois artères majeures sont:

Il y a aussi un boulevard de contournement, le A55.

Aéroports[modifier | modifier le code]

Belfast dispose de deux aéroports, l'Aéroport international de Belfast à 20 miles (environ 30 km) du centre-ville, et le George Best Belfast City Airport à 3,2 km du centre-ville, avec correspondance de la gare en train de Sydenham en direction de Bangor.

Gare maritime[modifier | modifier le code]

Trois liaisons maritimes, vers Stranraer (en Écosse), vers Liverpool (en Angleterre), et vers l'Île de Man.

Personnalités liées à la ville[modifier | modifier le code]

Belfast dans l'art[modifier | modifier le code]

Peinture murale à proximité de Shankill Road.
  • Belfast fait aussi l'objet d'une chanson de Simple Minds, intitulée Belfast Child.
  • Une chanson du groupe Boney M. s'intitule Belfast. La chanteuse d'origine géorgienne Katie Melua, ayant vécu à Belfast de 1993 à 1998, lui rend également hommage dans l'album Call off the Search.
  • Le chanteur français Renaud parle de la crise économique dans sa chanson Belfast mill tirée de son album Molly Malone, Ballade irlandaise.
  • Le chanteur Van Morrison, né à Belfast, a écrit une chanson intitulée Cyprus Avenue (Présente dans l'album Astral Weeks), une authentique rue de la ville.
  • Et une chanson de U2 (dans le morceau Stay (Faraway, So Close!), figurant sur l'album Zooropa, paru en 1993):

"Faraway, so close
Up with the static and the radio
With satellite television
You can go anywhere
Miami, New Orleans
London, Belfast and Berlin''

  • Belfast est une chanson de l'album Black City Parade du groupe français Indochine, sorti le 11 février 2013.
  • La saison 3 de la série américaine Sons of Anarchy se déroule en partie à Belfast.
  • La série The Fall avec Jamie Dornan se déroule à Belfast.

Littérature[modifier | modifier le code]

Jumelage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Introduction To Titanic – Titanic In History », Titanic. Built in Belfast, Ulster Folk and Transport Museum (consulté le 18 mai 2007)
  2. « Lagan Weir – Why it exists », Laganside (consulté le 25 mai 2007)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Jean Agnew, Belfast Merchant families in the seventeenth century, Four Courts Press, Dublin, 1996, 273 p. (ISBN 1-85182-251-8)
  • (en) Jonathan Bardon, Belfast : a century, The Blackstaff Press, Belfast, 1999, 203 p. (ISBN 0-85640-659-7)
  • (en) Eileen Black, Art in Belfast 1760-1888 : art lovers or Philistines?, Irish Academic Press, Dublin, Portland (Or.), 2006, 274 p. (ISBN 978-0-7165-3362-7)
  • (en) C. E. B. Brett, Buildings of Belfast, 1700-1914, Weidenfeld & Nicolson, Londres, 1967, 72 p.
  • (en) Jon Calame et Esther Charlesworth, Divided cities : Belfast, Beirut, Jerusalem, Mostar, and Nicosia, University of Pennsylvania Press, Philadelphie (Pa.), 2009, 259 p. (ISBN 978-0-8122-4134-1)
  • (en) Mark Doyle, Fighting like the devil for the sake of God : Protestants, Catholics and the origins of violence in Victorian Belfast, Manchester University Press, Manchester, New York, 2009, 296 p. (ISBN 978-0-7190-7953-5)
  • (en) Brian Griffin, The bulkies : police and crime in Belfast, 1800-1865, Irish Academic Press in association with the Irish Legal History Society, Dublin, Portland, (Or.), 1997, 166 p. (ISBN 978-0-7165-2670-4)
  • (en) Anthony C. Hepburn Catholic Belfast and nationalist Ireland in the era of Joe Devlin, 1871-1934, Oxford University Press, Oxford, New York, etc, 2008, 307 p. (ISBN 978-0-19-929884-6)
  • (fr) Georges Baguet, Irlande la rebelle : Belfast, 1969-1999, L'Harmattan, Paris, Budapest, etc., 2002, 223 p. (ISBN 2-7475-2268-7)
  • (fr) Florine Ballif, Les peacelines de Belfast : du maintien de l'ordre à l'aménagement urbain (1969-2002), Université Paris 12, 2006, 544 p. (thèse de doctorat d'Urbanisme et aménagement)
  • (fr) Sorj Chalandon (texte) et Daniel Hérard (phot.), Avoir 20 ans à Belfast, Éd. Alternatives, Paris, 2003, 95 p. (ISBN 2-86227-394-5)
  • (fr) Maurice Goldring, Gens de Belfast : deux peuples sans frontières, L'Harmattan, Paris, 1994, 203 p. (ISBN 2-7384-2848-7)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • (en) (fr) Belfast à l'école de la paix, film documentaire de Serge Gordey, John Bertucci et Patrice Barrat, L'Harmattan vidéo, Paris, 2009 (cop. 1994), 50' (DVD)
  • (en) Belfast, my love, film documentaire d'Yves Jeanneau et Lawrence Pitkethly, ADAV, Les Films d'ici (distrib.), Paris, 2000, 90' (VHS)
  • (en) (fr) Bloody Sunday, film historique de Paul Greengrass, Haut et court (distrib.), France, 2002 (cop. 2001), 107' (DVD)
  • (en) (fr) In and out Belfast, film documentaire réalisé par Franck Galbrun et Gilles Jouault, Candela, Rennes, 2003, 75' (VHS)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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