Téléski

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Un téléski débrayable à Méribel, Savoie, France
Un téléski à enrouleurs à Karavanke, Carinthie, Autriche

Un téléski ou un remonte-pente ou familièrement un tire-fesses, est une remontée mécanique pour skieurs. Le principe consiste à passer entre les jambes un agrès (perche ou enrouleur) généralement terminée par une rondelle. La perche est tractée par un câble et tire le skieur, ce dernier glissant sur la neige le long du terrain. Ce type d'installation nécessite donc l'entretien d'une piste.

Les téléskis sont souvent désignés par le sigle 'TK' suivi du nom de la remontée.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les traces connues du premier téléski remontent à 1908 en Forêt-Noire (Allemagne). Robert Winterhalder, patron de l’établissement thermal de Schollach, au nord de Titisee-Neustadt, y construit un remonte-pente d'abord destiné à remonter les sacs de céréales, qu'il mettra très vite à disposition des lugeurs et skieurs (l'appareil pouvant tracter les deux). L'appareil est long de 280 mètres, dispose de 5 pylônes en bois et offre une dénivelée de 28 mètres[1].

Mais le téléski se développe réellement dans années 1930, avec l'apparition du tourisme hivernal et la pratique du ski alpin[2]. Les remontées mécaniques étaient jusqu'alors des engins lourds, téléphériques, funiculaires ou trains à crémaillère. Pour répondre au besoin nouveau et aider les skieurs à remonter la pente, on conçoit des engins plus légers, moins coûteux et plus rapides d'installation.

En 1934, la société Adolf Bleichert & Co. installe sur les pentes du Bolgen près de Davos, selon le brevet de l'ingénieur Ernst Constam, le premier téléski à enrouleurs[3],[4]. L'appareil sera rapidement suivi par d'autres réalisations dans toute l'Europe dès l'année suivante à Montgenèvre, Megève et Saint Moritz.

Parmi les pionniers français on peut citer le téléski de Charles Rossat au col de Porte (1934) au lieu-dit « La Prairie » reprenant, le premier, le concept d'agrès débrayables[5], ou encore le téléski de la Jasserie dans le massif du Pilat construit par Jean Masson en 1937 et dont subsistent encore aujourd'hui les restes des gares de départ et d'arrivée [6].

En 1935, Jean Pomagalski, ingénieur et entrepreneur français d'origine polonaise, se lance également dans l'installation d'un remonte-pente à attaches fixes sur les pentes de l'Éclose, à L'Alpe d'Huez, en France. Il sera opérationnel en février 1936[7],[8]. Le système fonctionnait à l'aide d'un pont de camion, d'un câble tendu entre des pylônes en bois mû par un moteur thermique et de perches en noisetier accrochées au câble par des attaches fixes. Il fut au départ l'objet de critiques des puristes qui continuaient à monter à l'aide de peaux de phoque. Ils surnommèrent par exemple le couloir du téléski «la piste des idiots». Malgré ces critiques, le succès survint tout de même rapidement. Au bout d'un an, les commandes affluèrent des Alpes, du Massif central et des Pyrénées. L'entreprise Pomagalski va alors, durant des décennies, largement contribuer au développement du téléski en installant des centaines d'exemplaires, d'abord en France, puis à l'étranger, notamment aux États-Unis, où un téléski est aujourd'hui communément appelé un Pomalift[7].

Si le succès ne va jamais se démentir, c'est que Jean Pomagalski va s'attacher durant plusieurs années à améliorer le téléski, d'abord en inventant le démarrage progressif en incluant un amortisseur dans la partie haute de la perche, puis, avec son ami Pierre Montaz, en reprenant et améliorant l'idée de l'attache débrayable aboutissant, en 1944, à l'attache à douille toujours utilisée actuellement sur les téléskis à perches[9].

Si, en France, la perche débrayable remporte tous les suffrages, à l'étranger c'est le système à enrouleurs qui a la préférence des exploitants[10]. Ce système a l'avantage de permettre des gares de départ plus compactes, à la mécanique moins complexe du fait de l'absence de débrayage.

Les grandes stations de ski ont aujourd'hui tendance à remplacer leurs téléskis par des télésièges (notamment pour désenclaver, et avoir un accès direct sur le haut d'une montagne par exemple), plus appréciés par une majorité de skieurs, à l'exception des installations pour débutants situées sur le front de neige ou des équipements sur glaciers.

Fonctionnement d'un téléski débrayable[modifier | modifier le code]

Principe de fonctionnement[modifier | modifier le code]

Schéma de fonctionnement d'un téleski débrayable

La perche d'un téléski à attache débrayable est constituée d'une sellette sobre -généralement constituée d'une simple rondelle de ø~30cm-, liée à un manchon en aluminium légèrement courbé pour s'adapter à la forme du corps humain. Ce manchon est lui-même solidaire d'un bras télescopique constitué d'une seconde tige en acier coulissant dans un ressort à spires jointives ou un tube de caoutchouc selon les modèles, bras amortissant les secousses au démarrage du téléski principalement (ce bras est également présent sur un téléski simple, il est souvent de plus grande ampleur mais constitué cette fois-ci d'une ficelle et d'un enrouleur). Cet ensemble est relié à l'anneau qui le relie au fil de traction par un mécanisme complexe. En effet, c'est dans cette zone que sont installées les éléments permettant le débrayage du téléski et l'évitement des poteaux guidant le câble tout le long de la remontée. La partie haute est donc composée d'une douille entourant le câble et d'une main en acier déportant la tension. L'évitement des pylônes est quant à lui rendu possible par la souplesse du bras télescopique, des écarteurs étant placés à chaque pylône.

Contrairement au télésiège, on ne peut donc pas sortir le câble de la douille, fixée par des goupilles. Cette douille est un tube, dont le rayon est un peu plus large que le fil. Ainsi quand l'axe de cet anneau est parallèle à l'axe du fil, ce dernier glisse librement à l'intérieur, la perche n'avance pas. En revanche, quand il est incliné, il embraye alors le câble, la perche avance. Le principe du téléski débrayable repose donc sur le principe de l'arc-boutement.

Pour mettre en œuvre ce principe, la perche est reliée à l'anneau par une petite barre (une quinzaine de centimètres) placée parallèlement à l'axe de l'anneau. Cette barre est soudée d'un côté à l'anneau, de l'autre au bras télescopique et une petite tige. Ainsi la perche lourde tire sur la barre, ce qui a pour effet d'incliner l'anneau, qui accroche ainsi le câble. La perche se comporte alors comme sur un téléski simple.

Au point de départ du téléski (station basse), les perches sont rangées en attente d'un skieur (voir image en haut). Pour y rester, il faut qu'elles soient débrayées, c’est-à-dire que l'anneau ne touche pas le câble. La station est constituée d'une glissière qui retient les perches l'une derrière l'autre, évitant qu'elles ne se croisent et s'emmêlent (ce qui arrive parfois malgré tout). Ce rail est légèrement incliné vers l'avant du téléski de façon à ce que les perches glissent toutes seules vers l'endroit où le skieur attrape les cannes. Quand le skieur attire la perche vers lui, celle-ci arrive au niveau du rail, soulevant la tige sur laquelle le poids de la perche repose désormais. La barre étant de ce fait maintenue en position horizontale, l'axe de l'anneau n'est alors plus parallèle au câble : la perche n'est plus débrayée, le skieur est tiré par l'ensemble câble+perche.

Avantages et inconvénients[modifier | modifier le code]

Les avantages d'un téléski à perches debrayables sur téléski à enrouleurs sont : une facilité de prise en main de l'agrès (il n'est pas besoin d'attraper la perche en vol, simplement de la prendre à côté de soi et d'attendre qu'elle embraye), une remontée un peu plus rapide, une ligne autorisant facilement des virages, et une moindre consommation en période creuse (les perches restent stockées en magasin).

Les inconvénients : un confort moindre avec un départ fréquemment secouant (les à-coups pouvant s'avérer déconcertant pour le débutant), une station aval plus imposante et bruyante (magasin de stockage et cognement des perches), une moindre adaptation des perches au profil de pente (amplitude limitée au débattement de la perche), et un coût d'achat légèrement supérieur.

C'est principalement en France, que le téléski à perches débrayable s'est développé. Il y demeure de nos jours largement majoritaire.

Principe de fonctionnement d'un téléski à enrouleurs[modifier | modifier le code]

Sur un téléski à enrouleurs les véhicules sont rendus solidaires du câble par une pince fixe. L'enrouleur est équipé d'une corde au bout de laquelle est fixée une sellette. Sous le poids du skieurs à tracter la corde se déroule en douceur et s'adapte durant la montée au variation du profil de pente.

La sellette peut être simple (rondelle) ou double (archet). La montée par deux permet d'augmenter le débit de près de 50 % mais s'avère généralement plus délicate et moins confortable, en particulier si les deux skieurs n'ont pas la même taille. Dans le langage commun, on parle communément de pioche (en France surtout), d'arbalète (en Suisse et au Québec) ou encore de T-bar (anglicisme employé au Québec) pour désigner les véhicules à archet.

Les gares de départ des remonte-pentes à enrouleurs sont plus compactes et assurent désormais généralement à la fois la motricité et la tension de la ligne.

Les avantages d'un téléski à enrouleurs sur un téléski à perches débrayables sont : un confort de trajet avec un départ doux et sans à-coup, une station aval plus compacte et moins bruyante, de grandes variations de hauteur de profil de pente et de neige (supérieur à 10 mètres), et un coût d'achat légèrement inférieur.

Les inconvénients : la prise en main de l'agrès doit s'effectuer au vol, de fait, la vitesse de ligne est légèrement inférieure, les virages de ligne sont peu pratiques à mettre en œuvre.

Le téléski à enrouleurs est la typologie de remonte-pente la plus largement répandue sur la planète. Elle reste cependant minoritaire en France malgré les derniers investissements portant majoritairement sur des appareils à enrouleurs.

Autres typologies de téléskis[modifier | modifier le code]

Certains téléskis à perches à destination des débutants ne sont pas équipés de véhicules débrayables. L'agrès reste solidaire du câble en gare aval. La vitesse de ligne est de fait peu élevée.

Il existe également des téléskis à câble bas (également appelés fil-neiges ou télécordes). Dans cette configuration le câble circule à hauteur du buste de l'usager. Pour se faire tracter, selon l'appareil, le skieur saisi directement le câble ou des petites poignées réparties sur la ligne. Certains téléskis à corde bas sont également équipés de mini sellettes fonctionnant selon le principe d'un téléski classique fixe. Ce sont généralement des appareils très courts et démontables, à destination des débutants.

On trouve enfin quelques téléskis à va et vient où plusieurs sellettes (généralement 4 ou 5) sont réparties sur une barre transversale reliée à un unique enrouleur. Les skieurs, alignés face à la pente, sont tractés ensemble jusqu'à l'arrivée de l'appareil. De là, l'enrouleur est alors redescendu en gare aval.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (mul) « The first skilift in the world », sur http://www.nevasport.com (consulté le 27 août 2010)
  2. Thierry Terret et Pierre Arnaud, « Le ski, roi des sports d'hiver », in Histoire des sports, L'harmattan,‎ 1996, p. 179
  3. Jack Lesage, Pierre Ratinaud, La saga des remontées mécaniques, Publialp,‎ 1993, p. 32
  4. Pierre Montaz, Les pionniers du téléski, à compte d'auteur,‎ 2006, p. 7
  5. Pierre Montaz, Les pionniers du téléski, à compte d'auteur,‎ 2006, p. 1
  6. « Le téléski de la Jasserie », sur Remontees-mecaniques.net (consulté le 27 août 2010)
  7. a et b « L'aventure Poma », sur Remontees-mecaniques.net (consulté le 12 août 2010)
  8. « Historique de l'Alpe d'Huez », sur http://www.alpedhuez.com, Alpe d'Huez
  9. Pierre Montaz, Les pionniers du téléski, à compte d'auteur,‎ 2006, p. 24
  10. « Les différents appareils - Les téléskis », sur site du Service technique des remontées mécaniques et des transports guidés,‎ (consulté le 10 août 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie complémentaire[modifier | modifier le code]