Conducteur de bus

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Conducteur de bus
Code ROME (France)
N1403

Un conducteur ou chauffeur de bus (une chauffeuse d'autobus[1], forme féminine au Québec) est une personne dont le métier est de conduire des autobus ou des autocars. Son métier consiste à transporter par la route des personnes d'un point donné à un autre, en suivant un itinéraire donné, et en respectant le passage aux points d'arrêts.

Les chauffeurs de transports en commun doivent être titulaires d'un permis de conduire spécial pour pouvoir exercer leur profession. En France, le chauffeur doit être titulaire du permis D1 ou D, éventuellement complété par le permis D1E ou DE dans le cas où le véhicule tracte une remorque (sauf pour les bus articulés considérés comme véhicule isolé et nécessitant uniquement le permis D), et, dans tous les cas, d'un titre de formation professionnelle, FIMO ou équivalent.

Le permis D1 peut se passer à partir de l'âge de 21 ans, le permis D peut se passer à partir de l'âge de 24 ans (ou 21 ans par dérogation dans le cadre d'une formation professionnelle diplômante) et dans les deux cas, nécessite la détention préalable du permis voiture (B) .

Au Québec, il faut un permis de classe 1 ou 2.

Terminologie[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

En France, les chauffeurs de transports en commun se désignent de plus en plus comme « conducteurs » et non plus comme « chauffeurs », suivant en cela les appellations de la convention collective urbaine[2]. L'appellation « chauffeur » reste aux chauffeurs de taxi et de grande remise.

D'un point de vue historique, le terme de "chauffeur" remonte à l'époque de la traction ferroviaire à vapeur. En effet, à cette époque les locomotives étaient conduites par une équipe de deux personnes : le mécanicien, qui entretient la machine et qui conduit à proprement parler et le chauffeur, chargé d'alimenter le foyer en combustible, par extension de chauffer l'eau pour produire de la vapeur. Son travail est similaire à celui de soutier dans un navire à vapeur.

Le terme « conducteur de transports en commun » regroupe des situations différentes et les chauffeurs ont tendance à se désigner selon le type de service qu'ils assurent habituellement.

Les scolaires[modifier | modifier le code]

Le chauffeur d'autobus scolaire effectue des transports scolaires et des trajets dits périscolaires tels qu'école-stade, école-piscine, etc. Il est tenu d'appliquer les normes spécifiques aux transports d'enfants. Cette catégorie reste généralement assez peu payée[3], d'autant plus qu'elle est fortement exposée au temps partiel subi ainsi qu'à de grandes amplitudes horaire. On y trouve souvent des nouveaux chauffeurs, le « scolaire » étant une porte d'accès principale à la profession, mais aussi des chauffeurs âgés, issus d'autres métiers de la conduite, en situation de reclassement.

Les lignes interurbaines[modifier | modifier le code]

Le chauffeur effectue des services réguliers interurbains. Presque toujours, il est « conducteur-receveur », et délivre donc les billets, voire les cartes et abonnements. Il est censé contrôler tout passager montant dans le véhicule, et est responsable de sa caisse, sur ses deniers personnels. Certaines sociétés de transports sanctionnent, de façon apparente ou déguisée, le C.R qui aura laissé passer un fraudeur, même involontairement. Selon le type de véhicule, il arrive que le chauffeur charge et décharge les bagages, et parfois de la messagerie dans des zones reculées. Sur des lignes très fréquentées, son travail ressemble à celui du chauffeur urbain. En zone rurale ou de montagne, « le » chauffeur « du » bus est un personnage de son village, un peu comme « le » facteur, et devra, comme lui, assurer des missions de service public parfois un peu plus larges que prévues...

L'urbain[modifier | modifier le code]

Le chauffeur assure des lignes urbaines. Il est presque toujours conducteur-receveur et délivre des titres de transports. Le travail du chauffeur urbain consiste, avant toute chose, à éviter les autres usagers et à prévenir les accidents. Le transport de personnes debout dans le véhicule, susceptibles de tomber et de se blesser, lui interdit d'utiliser toute sa puissance de freinage. Les facultés d'anticipation et de détection des risques sont essentielles pour le chauffeur urbain. La vigilance nécessaire et les contraintes de la conduite en ville font de l'« urbain » un métier assez stressant, et on peut estimer que seulement environ 40 % des chauffeurs de transports en commun peuvent sans problème faire ce travail dans la durée. La rémunération du chauffeur urbain varie beaucoup selon le réseau dont il fait partie.

Le tourisme occasionnel[modifier | modifier le code]

Le chauffeur prend en charge des groupes de toute sorte (enfants, sportifs, retraités, etc.) pour des trajets de durée variable, de quelques dizaines de minutes (transferts) à quelques jours. Le chauffeur doit être capable de prendre des initiatives, de faire face aux imprévus pour assurer la réussite de sa « sortie ». Il collabore le mieux possible avec l'« encadrant » du groupe, qu'il soit professionnel (guide de tourisme), ou amateur (tour leader, responsable de groupe...). Il prend soin de son véhicule et en assure l'entretien courant. Ce poste nécessite une conduite soignée, un très bon relationnel, de la diplomatie et des capacités réelles à faire face à l'imprévu. La pratique des langues se révèle un atout précieux.

Le grand tourisme[modifier | modifier le code]

Il se distingue de la catégorie précédente pour la durée des sorties, et par le fait d'être le plus souvent à l'étranger, loin de ses bases. Le chauffeur de grand tourisme doit être parfaitement autonome, et pouvoir régler presque tous les problèmes sans appui extérieur. Il sait appliquer les réglementations étrangères, y compris douanières, et se documenter à l'avance pour éviter les difficultés, par exemple les limitations ou interdictions de circulations dans certaines grandes villes. La pratique des langues étrangères est indispensable. Le chauffeur de grand tourisme parcourt de grandes distances, et peut rester avec le même groupe pendant 11 jours (en international). Le « grand tourisme » a connu de profondes évolutions depuis la fin des années 1990, mais les évolutions positives (extension de l'Union européenne, zone euro, internet, GPS, etc.) ont du mal à faire oublier une baisse certaine des rémunérations, qui étaient élevées avant cette période.

Accès à la profession, sociologie[modifier | modifier le code]

La profession de chauffeur de transports en commun présente quelques particularités. Tout d'abord, les « jeunes diplômés », pour qui c'est le premier métier, sont largement minoritaires, malgré le succès des formations professionnelles (CAP Agent d'Accueil et de conduite routière, option voyageurs). La conduite des T.C est souvent un métier de reclassement, et les origines professionnelles sont extrêmement variables. Cela est dû, d'une part, au fait que l'accès à la profession est assez facile, mais aussi au fait que la discrimination par l'âge est inexistante, le taux de chômage plutôt bas, et la mobilité professionnelle aisée dans les zones économiquement développées.

La place des femmes[modifier | modifier le code]

Si on peut faire remonter, preuves à l'appui, à la première guerre mondiale la présence de femmes aux commandes de tramway, la question est plus difficile concernant les bus et cars. La présence de conductrice est attestée depuis 1961 sur le réseau urbain parisien, mais il faut bien reconnaître que les conductrices sont restées des exceptions, en France, jusqu'à la fin des années 70. À présent, la profession se féminise, de façon lente mais constante, et surtout en scolaire, urbain et interurbain [4]. L'emploi des femmes varie aussi selon les données locales. En dehors des réseaux de grandes villes, une proportion élevée de conductrices dans une entreprise peut indiquer un fort taux de temps partiels subis, ou des rémunérations particulièrement basses.

Les catégories D1, D1E, D et DE[modifier | modifier le code]

Permis D1[modifier | modifier le code]

Le permis D1 concerne la conduite de véhicules destinés au transport de personnes comportant au maximum 16 places assises (15 places + siège du conducteur) et ne mesurant pas plus de 8 mètres de long. Une remorque dont le PTAC ne dépasse pas 750 kg peut y être attelée. Le candidat au permis de catégorie D1 doit être âgé de 21 ans au minimum, et être en possession du permis de catégorie B[5].

Permis D1E[modifier | modifier le code]

Le permis D1E concerne la conduite de véhicules de la catégorie D1 avec une remorque dont le PTAC dépasse 750 kg. Le candidat au permis de catégorie D1E doit être âgé de 21 ans au minimum, et être en possession des permis de catégories B et D1[6].

Permis D[modifier | modifier le code]

Pour conduire des véhicules, destinés au transport de personnes, comportant plus de 15 places assises ou debout (en plus du siège du conducteur). Une remorque ne dépassant pas 750 kg peut y être attelée. Le candidat au permis de catégorie D doit être âgé de 24 ans au minimum, et être en possession du permis de catégorie B[7].

Permis DE[modifier | modifier le code]

Le permis DE permet de conduire des véhicules, destinés au transport de personnes, comportant plus de 9 places assises (en plus du siège du conducteur), avec une remorque dont le PTAC dépasse 750 kg. Le candidat au permis de catégorie DE doit être âgé de 24 ans au minimum, et être en possession des permis de conduire de catégorie B et D[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « chauffeuse », sur Grand dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française. Consulté le 4 septembre 2009.
  2. Convention collective nationale des réseaux de transports urbains de voyageurs, chapitre 2 de l'annexe 1 de l'annexe III.
  3. 1476,42 € , débutant à l'embauche en France, Convention collective nationale des transports routiers et des activités auxiliaires de transport, annexe 1, au 01/01/2014
  4. 17,8% en urbain, chiffre de l'UTP pour 2012
  5. service-public.fr, « Permis D1 : véhicule de transport de personnes - 16 places assises et 8 mètres de long maximum » (consulté le 14 août 2013)
  6. service-public.fr, « Permis D1E : véhicule de catégorie D1 attelé d'une remorque de plus de 750 kg » (consulté le 14 août 2013)
  7. service-public.fr, « Permis D : véhicule de transport de personnes - plus de 8 places » (consulté le 14 août 2013)
  8. service-public.fr, « Permis DE : véhicule de catégorie D attelé d'une remorque de plus de 750 kg » (consulté le 14 août 2013)