Propagande nazie

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La propagande nazie faisait partie des attributions du ministère du Reich à l'Éducation du peuple et à la Propagande, dirigé par Joseph Goebbels. Le parti nazi avait lui aussi son officine de promotion : la Reichspropagandaleitung der NSDAP.

Au cours de l'entre-deux-guerres, les différentes puissances tentèrent de mobiliser les masses en leur faveur. Via une propagande intense, les nazis réussirent à dominer la population allemande en très peu d'années.

Sommaire

[modifier] Cinéma

Les actualités hebdomadaires des nazis sont projetées dans toutes les salles de cinéma. Ces documentaires constituent un des moyens de persuasion du régime. La puissance des images l'emporte de loin sur celle de l'écrit et du discours. Voir par exemple le film Le Triomphe de la volonté de Leni Riefenstahl.

[modifier] Affiches

Collage d'affiche en faveur d'Adolf Hitler en 1932.

La propagande nazie comme tous les mouvements politiques de l'époque a abondamment utilisé les affiches.

[modifier] Autodafés

Autodafé du 11 mai 1933 à Berlin.

Les nazis font des incantations lors des autodafés comme par exemple :

« Contre la lutte des classes et le matérialisme, pour la communauté du peuple et une philosophie idéaliste, je remets au feu les écrits de Karl Marx et de Trotsky… Contre la trahison littéraire envers les soldats de la Grande Guerre, pour l'éducation du peuple dans l'esprit de vérité, je remets au feu les écrits d'Erich Maria Remarque. »

Par prudence, les Allemands cachent la totalité des œuvres suspectes qu'ils possèdent.

Les autodafés sont des crimes envers la littérature et le pluralisme des idées qui vont à l'encontre des idées hitlériennes, ce que chaque totalitarisme ultérieur a intégré. Les nazis brûlaient sur les places publiques des livres par milliers pour montrer que seules les idées du Führer étaient les meilleures.

[modifier] Jeux olympiques

Salut nazi dans le stade olympique en 1936. Les jeux deviennent la vitrine du régime.

En 1931, le Comité international olympique attribua à Berlin l'organisation des Jeux d'été de l'année 1936. Ce choix marquait le retour de l'Allemagne sur la scène internationale après la période d'isolement qu'elle avait subie à la suite de la Première Guerre mondiale.

La volonté affichée par les nazis de contrôler tous les aspects de la vie nationale s'étendit aussi au sport.

En avril 1933, une politique d'aryanisation fut mise en œuvre dans toutes les organisations sportives allemandes. Les sportifs « non aryens » - Juifs, demi-Juifs ou Tsiganes - furent systématiquement exclus des centres et associations.

En août 1936, pendant la durée des épreuves, le régime nazi essaya de camoufler la violence de sa politique raciste. La plupart des panneaux antisémites furent provisoirement enlevés et les journaux mirent un bémol à leurs attaques. De cette façon, le régime exploita les Jeux olympiques pour fournir aux spectateurs et aux journalistes étrangers une fausse image d'une Allemagne pacifique et tolérante.

L'Allemagne sortit victorieuse des XIe Jeux olympiques. Les sportifs allemands remportèrent le plus grand nombre de médailles et l'hospitalité et l'organisation allemandes reçurent les éloges des visiteurs. Ces jeux olympique fut l'occasion pour le régime nazi de montrer ses capacités d 'organisation et la nouvelle puissance de l'Allemagne. Seuls quelques journalistes, tels que William L. Shirer, comprirent que le spectacle offert à Berlin n'était qu'une façade cachant un régime raciste, oppressif et violent.

[modifier] Presse

2 février 1933 : les journaux d'avis contraires au régime sont interdits de parution.

En 1940, le magazine couleur Signal est introduit par le régime comme vecteur de propagande à l'échelle européenne.

[modifier] Contrôle de la radio par Goebbels

Adolf Hitler devant un micro de la radio allemande le 1er février 1933.

Après l'arrivée au pouvoir du parti nazi en 1933, Hitler fonda un ministère de la Culture et de la Propagande du Reich dirigé par Joseph Goebbels. Ce ministère avait pour mission de véhiculer la doctrine nazie par l’intermédiaire des arts, de la musique, du théâtre, des films, des livres, de la radio, des documents pédagogiques et de la presse. Goebbels fait preuve d'inventivité dès sa nomination et n'hésite pas à recourir à des techniques modernes pour appuyer ses idées. La voix d'Hitler ne passant pas bien à la radio (débit haché, fade), il a l'idée de la faire modifier par un ingénieur du son pour qu'elle porte mieux. L'opération est un succès et le procédé sera réemployé à la suite[1].

Goebbels s'inspire des théoriciens de la propagande qui l'ont précédé, notamment Gustave Le Bon et son ouvrage Psychologie des foules qui expose des moyens d'influencer les masses à leur insu. Il connaît également les recherches menées par les différents acteurs de la Première Guerre mondiale, conflit riche en expériences diverses en la matière. Pour lui, la propagande est un art, qui nécessite pour faire passer son message, d'envelopper intelligemment les propos pour qu'on ne les perçoive plus consciemment, au risque de pervertir la vérité : « Le détail n'est absolument pas ce qui compte, est vrai ce qui sert à mon peuple[2] ».

[modifier] Propagande militaire

L'effort de propagande de la Wehrmacht a été très important et du ressort du Abteilung Wehrmacht Propaganda regroupant les Propaganda Kompanien sous la houlette du Ministère du Reich à l'Éducation du peuple et à la Propagande de Joseph Goebbels à partir de l'été 1939. En 1942, au plus fort de ses effectifs, la Abteilung Wehrmacht Propaganda comptera 15 000 personnes. Parmi eux, 285 cameramen, 1 329 photographes ainsi que des journalistes et des radio-reporters[3]. Elle a été diffusée notamment par le magazine Signal, dont les illustrations, particulièrement celles en couleur, sont d'une grande qualité.[réf. nécessaire]

[modifier] Annexes

[modifier] Bibliographie

  • Matthieu Gillabert, La propagande nazie en Suisse, l'affaire Gustloff 1936, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2008
  • Julius H. Schoeps und Werner Tress (Hrsg.), Orte der Bücherverbrennungen in Deutschland 1933, Hildesheim, Georg Olms Verlag, 2008
  • Julius H. Schoeps (Hrsg.), Bibliothek verbrannter Bücher. Die ersten zehn Bände im Schuber. Eine Auswahl der von den Nationalsozialisten verfemten und verbotenen Literatur, Hildesheim, Georg Olms Verlag, 2008.

[modifier] Filmographie

[modifier] Notes et références

  1. Lionel Richard, Goebbels. Portrait d'un manipulateur, Bruxelles, André Versaille, 2008, p. 129-130.
  2. Lionel Richard, op. cit., p. 150-153.
  3. (fr) Rémi Kauffer, « LES ARCHIVES OUBLIÉES DE LA WEHRMACHT », dans [Le Figaro], 5 mai 2009 [texte intégral (page consultée le 3 septembre 2009)] 

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

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