Clipper

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Un clipper, le Von Stet

Un clipper est un bateau à voile fait pour convoyer le plus vite possible des denrées périssables grâce à des dimensions relativement fines et une voilure importante. Créés sur la Côte est américaine, les clippers furent à leur apogée au milieu du XIXe siècle sur les routes commerciales du thé et du coton de l'Empire britannique et sur la liaison, via le Cap Horn, entre New York et San Francisco au moment de la Ruée vers l'or. Comme nombre des bateaux de commerce de l'époque, il s'agit d'un gréement trois-mâts, caractérisé par des voiles carrées sur la misaine, le grand mât et l’artimon, ainsi qu'une voile aurique sur l’artimon.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme clipper vient du verbe anglais to clip pris dans l'acception de « filer à vive allure » (le substantif anglais clip ayant le sens de « vitesse », comme dans going at a good clip). Il apparaît en France au début du XIXe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Grande course du thé de 1866.
Le Cutty Sark, l’un des derniers clippers

Les premiers voiliers baptisés ainsi furent les clippers de Virginie (appelés ensuite clippers de Baltimore) vers 1815, et étaient issus des plans de voiliers négriers, avec un gréement de brick-goélette ou brigantin. Ils mesuraient environ 30 mètres de long, avec des beauprés extrêmement longs. L'allongement de leurs coques les a poussé à devenir majoritairement des trois-mâts carrés.

Les clippers étaient des voiliers de taille modeste (environ 60 à 70 mètres de long, et souvent moins de 1000 tonnes de port en lourd) mais très rapides (vitesse moyenne de plus de nœuds) et manœuvrables, construits généralement en bois au milieu du XIXe siècle, puis équipés progressivement de structures métalliques résistantes et bénéficiant de toutes les évolutions techniques de l’époque.

De formes très marines, ils étaient performants et ont fait l’objet de défis homériques entre capitaines essentiellement sur la route du thé, de la Chine à l'Angleterre, du coton d’Australie ou sur la route du cap Horn de la côte est à la côte ouest des États-Unis.


Le Cutty Sark fut l'un des derniers clippers célèbres. Conservé dans une forme de radoub à Greenwich, au Royaume-Uni, il a donné son nom à une course et une marque de whisky. Construit en 1869, il mesure 85 mètres de long hors tout, pour près de 11 de large et pouvait porter près de 3 000 m2 de voiles, ce qui lui a permis de tenir des moyennes de 8 nœuds sur le retour d’Australie en Europe.

La construction de grands voiliers en fer, commencée dans les années 1870 environ et qui permit d'atteindre des longueurs de plus de 140 mètres (voilier France II), a sonné le glas de ces voiliers, le port en lourd et la standardisation ayant remplacé les très belles formes des œuvres vives.

Quelques clippers célèbres[modifier | modifier le code]

Un clipper
  • Le Lightning (en) est réputé avoir atteint plusieurs fois des vitesses de 18 à 19 nœuds et avoir effectué deux journées consécutives de 351 et 354 milles lors de sa traversée de Melbourne à Liverpool en 1855[1].
  • Le Sovereign of the Seas (en) est réputé avoir atteint la vitesse de 22 nœuds en 1854[2].
  • L' Ariel (en) a été battu de 20 minutes par le Taeping (en) lors de la Course du thé de 1866 (en), le tirant d'eau plus faible de ce dernier lui ayant permis d'entrer avant dans le dock de Londres.
  • Le Thermopylae (en) détient en 63 jours le record de la traversée de Londres à Melbourne, sa première traversée.
  • Le Champion of the Seas (en) aurait effectué une journée de 465 milles de midi à midi (donc sensiblement moins de 24 heures), record qui n'est tombé que 130 ans plus tard.
  • Le Great Republic (1853-1872) fut le plus grand clipper marchand jamais construit.
  • Le Marco Polo (1851-1883)
  • Paulista clipper français, ligne Le Havre-Rio-de-Janeiro au XIXe siècle, fondement historique de la Route du Café ou Transat Jacques Vabre.
  • Le City of Adelaide (en) est le plus ancien clipper encore existant. Il doit être convoyé d'Écosse en Australie début 2013.

Clippers visibles[modifier | modifier le code]

En plus du Cutty Sark et du City of Adelaide, déjà cités, deux reproductions ont été lancées au XXIe siècle :

(Voir également trois-mâts carré et trois-mâts barque)

Aéronautique[modifier | modifier le code]

Un hydravion construit par Igor Sikorsky, le S-42 fut baptisé Clipper ainsi que le Boeing 314.

Œuvres mettant en scène des clippers[modifier | modifier le code]

La Course du thé, John Masefield, (ISBN 2859402209) retrace l'ambiance des courses que se livraient les clippers de la route de Chine, avec naufrage, crise de folie, et un final où, après un demi tour du monde, trois navires se retrouvent à l'entrée de la Manche dans un coup de vent, torchant de la toile pour être le premier de l'année à livrer sa cargaison à Londres.

La Plus Belle Course transatlantique, Jean-Jacques Antier, Bibliothèque verte (1978). Vers 1840, une course ambitieuse entre le premier transatlantique français à vapeur et à roues, et un grand clipper. Ce livre s'inspire de la véritable course entre les vapeurs Sirius et le Great Western en 1838.

Dans L'Archipel en feu de Jules Verne (1884), le deux-mâts qui sert de navire amiral à l'infâme pirate Sacratif (un brick rapide au grand mât très incliné) possède des caractéristiques rappelant les premiers clippers.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) http://www.bruzelius.info/Nautica/Maritime_History/Passages/USNM-3(1855)_p291.html
  2. (en) Octavius T. Howe et Frederick G. Matthews, American Clipper Ships 1833-1858, vol. 1, New York,‎ 1986 (ISBN 0-486-25115-2)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude et Jacqueline Briot, Clippers français, Éditions Chasse-Marée, Armen, 1993. ISBN 2903708460

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]