Paul Gordeaux

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Paul Gordeaux

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Paul Gordeaux en 1967 à son domicile parisien

Nom de naissance Philippe, Georges, Emmanuel Gordolon
Naissance 4 avril 1891
Nice
Décès 4 mars 1974
Nice
Nationalité Drapeau de la France France
Profession homme de lettres
Autres activités
Critique dramatique, Critique de Télévision, Auteur de Théâtre, Historien, Directeur Littéraire de France Soir Rédacteur en Chef de Paris Match
Formation
Littéraire Lycée de Nice Bac philo
Distinctions
Officier de la Légion d'honneur
Famille
épouse : Amable Rocato (1924-2001), fils : André Gordeaux et Jean-Paul Gordolon

Compléments

Académicien de l'humour pour son livre préfacé par Marcel Pagnol, Les Contes De Madame

Paul Gordeaux (né Philippe, Georges, Emmanuel Gordolon le 4 avril 1891 à Nice et mort dans la même ville le 4 mars 1974) est un journaliste, historien, critique dramatique, homme de lettres et humoriste français. Académicien de l'humour, il est aussi auteur de revues, d’opérettes, de comédies, créateur des bandes dessinées verticales pour France-Soir, L'histoire du demi-siècle, Le crime ne paie pas et Les Amours célèbres. Il est l'auteur du mot « bla bla bla »[1], (également « blabla » [2] ou « blablabla »[3]).

Biographie[modifier | modifier le code]

Paul Gordeaux est issu d’une vieille famille niçoise, l'un de ses ancêtres, Jean-Baptiste Gordolon, avait gagné 10 sols en 1653 pour avoir réparé la statue de Catherine Ségurane. Il est né Philippe Gordolon à Nice, au no 20 de la rue d’Angleterre. Son père, François-Félix Gordolon (1852-1901), architecte et industriel, a dessiné et réalisé l'imposante couronne en fer forgé qui surmonte l'aile gauche de l'hôtel Excelsior Régina Palace, ainsi que toutes les ferronneries, balcons et vérandas de la résidence niçoise de la Reine Victoria à Cimiez ; il a par ailleurs longtemps dirigé un hebdomadaire illustré, Nice Artistique, journal littéraire, industriel et financier.

Après des études classiques au lycée de Nice, à peine sorti de « philo », le jeune Philippe entre, en octobre 1908, à 17 ans à peine au Phare du littoral, quotidien niçois et à l'Éclaireur de Nice, où il cumule tous les emplois tout en commençant à écrire des revues. En juillet 1909, il fait jouer au Politéama une revue locale, intitulée Nice en Flanelle qui est un véritable triomphe.

Le jeune Paul Gordeaux fait ensuite jouer en collaboration avec un autre auteur niçois, Altéry, une demi-douzaine de revues, notamment la série des Revues de Variété au théâtre du même nom, dans lesquelles il aura pour interprètes d’inoubliables acteurs niçois : Grinda, Birardy, Marie Legay, Jane Moncey, Salvator Dandret et le comique marseillais Valentin Sardou, père de Fernand Sardou et grand-père de Michel Sardou. Altéry et Gordeaux sont aussi les auteurs d’une opérette en trois actes, Ni veuve ni joyeuse, qui connait près de 1000 représentations en France et à l’étranger.

En octobre 1909, Gordeaux entre au journal le Petit Niçois, quotidien du matin, dirigé depuis peu, après Dominique Durandy et Jules Letainturier, gendres du fondateur Alfred Borriglione, par le jeune député (et gros promoteur immobilier) Alfred Donadei. Dans une rédaction pleine de gens de talent : Victor Emanuel, Édouard Cristini, Honoré Tourniaire, Henri Giraud, Auguste Verquière, Pierre Borel, Pierre Goux, D. J. Mari, Pierre Rocher, Louis Ravel, Victor Sayac, Gordeaux tient brillamment sa place de chef de nombreuses rubriques, dont la page des spectacles.

Après la guerre de 1914, à laquelle il a participé en tant que hussard puis comme artilleur de montagne, il entre en janvier 1919 à l’Écho de Paris, l'un des cinq « grands » quotidiens de la capitale, dirigé par Henry et Paul Simond. Il s'y retrouve en compagnie de collaborateurs réguliers fort notoires, tels que Maurice Barrès, Albert de Mun, Paul Bourget, le général de Castelnau, Franc-Nohain, Gérard Bauër, Henry de Kérillis, Adolphe Boschot, André Beaunier, André Géraud dit Pertinax, Marcel Hutin, Jean Sennep, Raymond Cartier, et de très jeunes gens qui devaient plus tard connaître la renommée : Jean Nohain, Jean-Jacques Gautier, Louis Gabriel-Robinet. Gordeaux devient bientôt directeur de la rubrique des spectacles, et c’est en cette qualité qu’il passe à l'Époque quand ce quotidien se substitue à l’Écho de Paris. Dans le même temps, Gordeaux dirige la page des spectacles du Soir, quotidien fondé par les directeurs de théâtres de Paris.

Critique influent, chef de la rubrique des spectacles à l’Écho de Paris, et de la page des spectacles du Soir, il met le pied à l’étrier à Pierre Lazareff, comme le raconte Yves Courrière[4] :

Square Paul-Gordeaux à Nice

« Ce fut pour moi une illumination ! se rappellera Paul Gordeaux. Pierre Lazareff ! Mais oui ! Ce lutin inspiré est le partenaire hors série qu'il me faut. Il est très jeune, très actif, il a un sens inné de l'actualité. Mais où le trouver sans délai ? Quelqu'un me dit : 'Il habite rue de Maubeuge chez son père, un lapidaire connu, et qui a le téléphone.' Je me vois et je m'entends encore à l'appareil :
- Pierre Lazareff ?
- Oui.
- Vous plairait-il d'entrer dans un journal de théâtre ?
- C'est le rêve de ma vie !
- Alors, venez tout de suite au Soir, rue Jean-Jacques-Rousseau. »

La véritable carrière journalistique de Pierre Lazareff commence réellement en ce jour de 1925 où il devient adjoint au chef de la page théâtrale du Soir. Paul Gordeaux qui le reçoit lui recommande : « D'abord, dans vos articles pas de bla-bla-bla »[4]. C'est ainsi que débuta avec Paul Gordeaux une collaboration qui dura près d'un demi-siècle[5].

Lorsqu'en 1930 Jean Prouvost reprend Paris-Soir, fondé par Eugène Merle, et veut en faire le quotidien au plus fort tirage, Paul Gordeaux y entre et collabore activement aux divers organes du groupe Prouvost : Paris-Midi, Paris-Soir, Paris-Soir Dimanche, Marie-Claire. Il fonde en 1924 avec Philippe Tiranty le « lou Mesclun »[6], l'association des Niçois de Paris. Paul Gordeaux, toujours prêt à rendre service à ses compatriotes en difficulté dans la capitale, est surnommé « le consul de Nice à Paris » ; il fait « monter » de nombreux Niçois à Paris. Parmi ceux-ci se trouve notamment Hervé Mille, à qui il confie sa place de rédacteur en chef de Paris Match pour rejoindre lui-même Pierre Lazareff à France-Soir. Il y est entouré de journaliste comme Paul Bringuier, Philippe Boegner, Hélène Gordon Lazareff (créatrice du magazine Elle), Max Corre, Gaston Bénac, Claude Blanchard, ainsi que des journalistes niçois Jean Maréze, frère de Francis Carco, Alfred-Gaston Leroux, le fils du romancier, et Pierre Galante.

Quand en 1939, la guerre, de nouveau, éclate, Gordeaux est détaché à Londres comme envoyé spécial permanent des journaux du groupe Prouvost. Il devient le chef des traductions des journaux étrangers. Avec son ami Pierre Dac, devenu l'humoriste des émissions en français, il participe au pied levé à « Les Français parlent aux Français » de Radio Londres, où Pierre Dac parodie des chansons à la mode (Les gars de la Marine devenant « Les gars de la Vermine », Ça fait d'excellents Français, Horst-Wessel-Lied) pour brocarder le gouvernement de Vichy, les collaborationnistes et le régime nazi. Jean Oberlé lance alors la formule : « Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est allemand » sur l'air de la Cucaracha.

Rapatrié, il rejoint ses confrères du Paris-Soir, replié à Lyon. Il devient membre actif du Groupe Lenoir, un réseau de résistance. Auteur du titre du magazine Sept Jours, il participe à la création de l'hebdomadaire qui allait devenir plus tard Télé 7 jours. Puis, replié lui-même à Nice, à la libération, en août 1944, il participe à Combat (futur Nice-Matin), qui prend les locaux de l'Intransigeant situés 100, rue Réaumur. Le 10 septembre, Paul Gordeaux, futur rédacteur en chef de l'Intransigeant, publie dans Combat un article intitulé « Au tour de Nice de revendiquer : Tende et La Briga doivent redevenir françaises ». Il publie de même àl'Ergot (Organe du groupe de résistance Lenoir) de nombreux articles pour faire restituer à la France les villages de Tende et La Brigue. Ces deux communes étaient restées italiennes malgré le rattachement de Nice à la France en 1860. À la suite de ces nombreuses campagnes de presse et à la mobilisation de la population, elles sont finalement rattachées à la France en 1947. Gordeaux donne également des articles au journal l'Opinion à Nice.

En 1945, il est nommé par Jean Prouvost rédacteur en chef de L'Intransigeant qui avait pour supplément sportif Match. Il propose d'en faire un Life français : Paris Match était né. Premier rédacteur en chef il publie à la une, une interview exclusive de Churchill puis, quand Pierre Lazareff qui avait été son précieux second au Soir lui demande de participer sous sa dynamique direction, au lancement de France-Soir, il cède sa place à Hervé Mille.

Après en avoir été le secrétaire général, il devient Directeur littéraire de France-Soir. En 1950, il est le créateur des fameuses bandes dessinées verticales de ce quotidien. Il commence par écrire l'histoire du demi-siècle, suivie de Le crime ne paie pas et de Les Amours célèbres dont les dessins (en noir et blanc) sont exécutés selon les époques par Jean Ache, Jean Bellus, Albert Uderzo, Henry Blanc, Jean Lenoir, Louis Moles, Jean Effel, Jacques Pecnard, Sennep, Jacques Grange, Jean Randier, Charles Popineau, Jean Reschofsky, Jean-Albert Carlotti, Étienne Lage, Louis Berings, Roger Chancel, William Marshall, Andreas Rosenberg, Fabien Fabiano, Gring et bien d'autres artistes et dessinateurs de grand talent.

Critique dramatique du journal, dans ce domaine aussi il innove en faisant suivre le nom de la pièce en gros caractères d'un sous-titre humoristique qui résume son opinion. C'est ainsi qu'un jour, alors qu'il devait rendre compte d'une pièce assez fraîchement accueillie et dans laquelle, paraît-il la direction de son journal avait des intérêts. À l'entracte, on lui demanda : « comment allez-vous vous en tirer pour préserver à la fois votre indépendance bien connue et le désir de ne pas mécontenter votre directeur ? ». Il apporta sa réponse dans le sous-titre de sa critique du lendemain : « Il est prudent de louer ».

Comme critique dramatique, Paul Gordeaux a eu l'occasion d'être ami (ou d'être fâché) avec tout ce qui comptait au théâtre et au music-hall : Henri Bernstein, Sacha Guitry, Harry Baur, Maurice Chevalier, Raimu, Dranem, Jules Berry, Louis Jouvet Max Dearly, Pierre Blanchar, Milton[Lequel ?], Regina Camier, Charles Boyer, Saint-Granier, Albert Willemetz, Léon Volterra, Henri Varna, Mistinguett, La môme Moineau, Édith Piaf, Arletty, Spinelly, Yvonne Printemps, Arletty, Pierre Fresnay, Vincent Scotto, Henri Christiné, Marc Cab, André Puget, Jacques Richepin, André Antoine, Maud Loty, Harry Pilier, Fernand Gravey, Noël-Noël, Jane Renouardt, André Luguet, Elvire Popesco, Cécile Sorel, Edwige Feuillère, Albert Préjean, Marcel Achard, Louis Jouvet, Pierre Brasseur, Claude Dauphin, Roger Pierre, Jean-Marc Thibault, Francis Blanche, Pierre Dac, Roger Féral, Charles Méré, Paul Nivoix, André Daven, Jacqueline Delubac, Marcel Pagnol, Jacques Prévert et les artistes niçois vedettes parisiennes : Lily Pons, Rouard, Ponzio, Marie Bell, Jacques Toja

Paul Gordeaux a publié sous divers pseudonymes : Philippe d'Olon, Georges Emmanuel, Le chef de bandes, Prosper, Arlequin, à une foule de publications. Il tint des rubriques à L'Intransigeant (dont il fut rédacteur en chef avec Jean Eparvier), à Comœdia, au Nouveau Candide, au Rire, à la Petite Gironde, à Record, à Jours de France et il fut le premier rédacteur en chef de Paris Match

Il a aussi réalisé diverses adaptations dont « Signé Furax »[7] de Pierre Dac et Francis Blanche.

Immortel de l'humour

Parcours et distinctions[modifier | modifier le code]

Officier de la Légion d'honneur, membre du groupe résistant Lenoir[6], médaille d’argent de la ville de Paris, Président de l’Académie de l'humour avec Marcel Achard de l'Académie française, membre de l'Académie Rabelais, membre des anciens de chez Maxim's, membre du dîner Gœthe, cofondateur en 1924 avec Philippe Tiranty du « lou Mesclun »[6], l'association des Niçois de Paris (Paul Gordeaux, toujours prêt à rendre service à ses compatriotes en difficulté dans la capitale, était surnommé « le consul de Nice à Paris »), membre du prix du « Quai des Orfèvres», membre du prix Louis-Delluc, membre de la Société des gens de lettres, membre de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, membre fondateur et rédacteur en chef de Combat (qui allait devenir Nice-Matin, créateur de l'Ergot) journal de la résistance, sa campagne de presse à la Libération participa à la restitution à la France de Tende et la Brigue injustement annexé par l'Italie, rédacteur en chef de L'Intransigeant, membre fondateur de France-Soir auteur du titre, quand Jean Prouvost son patron lui proposât de s'occuper de Match le supplément sportif de L'intransigeant il sortit, comme a son habitude un titre "le Match de la vie" ! Trop long pas de blablabla Paris Match était né . Envoyé spécial à Londres avant guerre, il réalise un entretien avec son ami Sir Winston Churchill pour son Paris Match numéro un, paru le 25 mars 1949. Pour Défense de la France il avait pris le Paris du Soir il restait le Soir de "Paris Soir" "France soir" était né…

Publications[modifier | modifier le code]

Stèle de Paul Gordeaux encadré du "Crime ne paie pas" et des "Amours Célèbres", cofondateur de "Lou Mesclun" en 1924, œuvre de Michel Jarry, sculpteur niçois
Bande dessinée verticale no 1 Le Film du demi siècle, texte de Paul Gordeaux, images de Jean Bellus

Paul Gordeaux fut longtemps l'auteur le plus lu de France et le plus édité au monde grâce à la parution quotidienne de ses bandes dessinées verticales Le crime ne paie pas et Les Amours célèbres dans France-Soir, dont le tirage atteignait 1 115 700 exemplaires en 1961. Il est aussi l'auteur de nombreux livres, opérettes et pièces de théâtre :

Filmographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marguerite & Roger Isnard, Nouvel Almanach du Comté de Nice: memoria e tradicioun, Nice, Serre Editeur,‎ 13 novembre 2006, 328 p. (ISBN 978-2-86410-461-2), « Rappelons leur mémoire », p. 111
  2. Claude Gagnière, Pour tout l'or des mots, Robert Laffont,‎ 1997 (ISBN 978-2-221-08255-9[à vérifier : isbn invalide]), « Expressions ou mots inventés », p. 437
  3. Robert Soulé, Lazareff et ses hommes, Bernard Grasset,‎ 1992 (ISBN 2-246-46211-8), « Un immense petit homme », p. 223
  4. a et b Yves Courrière, Pierre Lazareff ou le vagabond de l'actualité, Gallimard, coll. « Biographies »,‎ 23 février 1995, 832 p. (ISBN 978-2-07-0730308, lire en ligne)
    extrait fourni par le site web de la revue littéraire Lire
  5. « Discours de Paul Gordeaux à Pierre Lazareff pour sa nomination de Grand Officier de la Légion d'Honneur », sur paulgordeaux.fr (consulté le 5 novembre 2013)
  6. a, b et c Michel Derlange, Les Niçois dans l'histoire, Editions Privat Editeur,‎ 1988 (ISBN 2-7089-9414-X), « Les Niçois », p. 103
  7. Jacques Pessis, Pierre Dac mon maître soixante-trois, François Bourin Editeur,‎ 1992 (ISBN 2-87686-138-0), « Pour le meilleur avant le pire », p. 382