Paribas
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Paribas
| Création | 1872 |
|---|---|
| Disparition | 1999 |
| Fondateurs | Henri Bamberger, E. Fould, Eugène Goüin, Édouard Hentsch, Edmond Joubert, Schnapper, le baron de Haber, Jacques Stern, Henri Cernuschi, le baron de Soubeyran |
| Siège social | Paris |
|---|---|
| Activité | Banque |
| Filiales | Paribas Luxembourg Banque de l'Union parisienne Banque continentale du Luxembourg Banque ottomane Compagnie bancaire |
Paribas, anciennement Banque de Paris et des Pays-Bas , était une banque française, issue de plusieurs maisons de la Haute Banque européenne. En 2000, elle fusionne avec la BNP pour devenir BNP Paribas.
Sommaire |
Histoire [modifier]
La Banque de Paris et des Pays-Bas est fondée à Paris le 27 janvier 1872, et fonctionne essentiellement comme banque d'affaires. La création de la Banque de Paris et des Pays-Bas s'inscrit dans le processus de concentration bancaire lancé au milieu du XIXe siècle. Fondé par Henri Bamberger, E. Fould, Eugène Goüin, Édouard Hentsch, Edmond Joubert, Schnapper, le baron de Haber, Jacques Stern, Henri Cernuschi, le baron de Soubeyran, elle résulte de la fusion de :
- la Banque de Crédit et de Dépôt des Pays-Bas, fondée en 1863 à Amsterdam, avec succursales à Paris et, depuis 1870, Bruxelles, Anvers, Genève ; elle associait des capitalistes parisiens (Édouard Hentsch, Alphonse Pinard, ...) aux implantations continentales de la famille Bischoffsheim-Goldschmidt-Bamberger, banquiers privés originaires de Mayence, qui essaiment en Europe à partir des années 1820 ;
- la Banque de Paris, créée en 1869 à Paris par des banquiers et capitalistes comme Adrien Delahante, Edmond Joubert, Henri Cernuschi. Ainsi que des banquiers privés tels que Eugène Goüin (Tours), E. Fould, E. et A. Schnapper Stern (Paris), Brugmann (Bruxelles), Tietgen (Copenhague).
Le capital de la société est fixé à 125 millions de francs. La banque fonctionne sous l'autorité de sept administrateurs et d'un directeur, Charles Sautter.
Tant dans ses pratiques que dans son esprit, le nouvel établissement, installé dans l'immeuble de la Banque de Paris au 3 rue d'Antin, s'inscrit dans la ligne de la tradition de la haute banque européenne dont il est issu. Dès sa création, il s'impose en tant que chef de file de l'émission des emprunts de libération du territoire destinés à couvrir le paiement de l'indemnité de guerre due par la France à l'Allemagne à la suite de la guerre de 1870. La collecte des fonds s'effectue par l'intermédiaire de son siège parisien et de ses trois succursales européennes : Amsterdam, Bruxelles et Genève.
Ce nouvel établissement montre une particulière efficacité dans le placement des emprunts français couvrant la dette de guerre due à l'Allemagne. Pour ce faire, outre de sa position parisienne, il bénéficie de ses succursales à Genève, Bruxelles et Amsterdam. Dans la période qui suit, jusqu'en 1914, la Banque de Paris, comme on continue de l'appeler, se diversifie à l'international, en Asie, en Europe, sur le pourtour méditerranéen, ainsi que dans les Amériques. Elle augmente sa surface commerciale par des partenariats avec de grandes institutions comme Barings ou la Deutsche Bank et aussi par la création ou la prise de participation dans des établissements locaux comme la Banque franco-japonaise, la Banca commerciale italiana, ou encore le Banco nacional de México. Elle investit dans le secteur industriel privé (Norsk Hydro) et dans les infrastructures publiques. Elle reste un acteur majeur dans de nombreux pays pour le placement d'emprunts d'État et ainsi, en 1914-1918, elle participe à l'effort de guerre français, par son dynamisme obligataire, mais aussi en investissant dans le développement de l'industrie de l'armement[1].
Pour échapper à la nationalisation prévu par la loi du 2 décembre 1945, la BPPB opte pour le statut de banque d'affaires. Elle oriente son activité vers les entreprises et participe au développement et à la restructuration du tissu industriel français (Bull, CSF, Thomson,...). Sous l'impulsion de Jean Reyre, directeur général puis président de 1948 à 1969, la banque s'internationalise et se développe en particulier dans le financement des exportations de biens. Elle est fortement présente un peu partout dans le monde. À la fin des années 1960, elle prend le contrôle du Crédit du nord et de la Banque de l'Union parisienne, établissements qui sont alors fusionnés avant que leur capital commun ne soit ouvert à la National Westminster Bank et à la Bayerische Vereinsbank (de).
La banque est nationalisée en 1982 par le gouvernement de Pierre Mauroy, sous François Mitterrand. La loi du 13 février 1982 décide la nationalisation de cinq grandes sociétés industrielles, de trente-neuf banques inscrites et des deux compagnies financières, Suez et Paribas. C'est avec la nationalisation de 1982 qu'apparaît le nom de PARIBAS (adresse télégraphique de la banque depuis le début du siècle) : Compagnie financière de Paribas, Banque Paribas. Pierre Moussa doit quitter la présidence. Pendant quatre ans, nationalisée, Paribas continue cependant de progresser sous la présidence de Jean-Yves Haberer qui préserve aussi l'activité de la Compagnie bancaire.
La banque est privatisée en janvier 1987 par le gouvernement Chirac, par une OPV. Paribas compte désormais 3,8 millions d'actionnaires individuels. Avec l'arrivée d'André Lévy-Lang en 1990, une nouvelle organisation structurelle en lignes de métier mondiales est mise en place : banque commerciale, activités de marché, gestion institutionnelle et privée, conseil, tandis que Paribas affaires industrielles gère les participations industrielles et commerciales. Parallèlement, une nouvelle structure juridique est instaurée en 1991 avec un Conseil de surveillance et un Directoire, présidés respectivement par Michel François-Poncet et André Lévy-Lang.
À partir de 1996, la Banque Paribas mène une politique active d'acquisitions et de cessions : après avoir cédé la Banque ottomane au groupe turc Dogus, elle lance en 1997 des OPE sur le Cetelem et la Compagnie bancaire dont elle est le principal actionnaire depuis 1969. Elle cède dans le même temps le Crédit du Nord à la Société générale et vend ses filiales à réseau en Belgique et aux Pays-Bas au groupe belge Bacob-Arco. Sous le seul nom de Paribas, un nouvel ensemble voit le jour le 12 mai 1998 : l'Assemblée générale des actionnaires ratifie la fusion de la Compagnie financière de Paribas, de la Banque Paribas et de la Compagnie bancaire, ainsi que de la Compagnie de navigation mixte. Cette opération aboutit à une nouvelle organisation en trois secteurs d'activités : banque d'affaires, gestion d'actifs, épargne et services financiers spécialisés.
La banque fusionne le 23 mai 2000 avec la BNP pour former BNP Paribas.
Identité visuelle (logo) [modifier]
Controverses [modifier]
Préfinancements pétroliers [modifier]
Historiquement, la banque Paribas a été très impliquée dans le financement des marchés pétroliers, par des relations notamment avec la Standard Oil. Cela explique certainement le choix de la banque BNP Paribas dans le financement de l'accord 'Pétrole contre nourriture' pour alléger l'embargo irakien décidé par l'ONU (voir aussi 'affaire pétrole contre nourriture').
La technique de préfinancement pétrolier consiste en des prêts gagés sur des revenus pétroliers à venir. Elle a été développée dans les années 1970 par les compagnies de courtage comme RichCo de Marc Rich ou Glencore. Elle a été désignée par l'ONU et la Banque mondiale comme une des causes d'appauvrissement des pays pauvres producteurs de pétrole et comme une des clés des phénomènes de kleptocratie[réf. nécessaire].
Paribas Luxembourg [modifier]
Paribas Luxembourg a été étroitement lié à la Banque continentale du Luxembourg, de Nadhmi Auchi, banque de plusieurs dictateurs kleptocrates africains[réf. nécessaire].
Affaire des ventes d'armes à l'Angola [modifier]
Le juge Philippe Courroye a enquêté sur le rôle joué par la banque Paribas dans l'affaire des ventes d'armes à l'Angola. Entre 1995 et 1997, le département compensation de la banque, dirigé alors par Alain Bernard, a financé à hauteur de 573 millions de dollars la vente d'armes entre la Russie et l'Angola, selon les enquêtes du juge Courroye. Jean-Didier Maille, adjoint d'Alain Bernard, a mis en place le montage financier: les deux hommes auraient perçu 30 millions de dollars en commissions sur des comptes étrangers pour leurs actions: « la direction de Paribas avait connaissance des activités d'Alain Bernard (...) Tout le monde savait qu'il payait des commissions (...) On appelait ces activités : les affaires spéciales. », a révélé Jean-Didier Maille lors de son audition. De son côté, André Levy-Lang a affirmé ne pas avoir été au courant de cette affaire et des commissions perçues par Alain Bernard et Jean-Didier Maille[2].
Direction [modifier]
Président du Conseil d'administration [modifier]
- François-Ernest Dutilleul : 1877-1894
- Edmond Joubert : 1894-1895
- Eugène Goüin : 1895-1909
- Léopold Renouard : 1909-1910
- Charles Demachy : 1910-1911
- Edouard Noetzlin : 1911-1914
- Gaston Griolet : 1915-1930
- Jules Cambon : 1930-1931
- Émile Moreau : 1931-1940
Présidents directeurs généraux [modifier]
- André Laurent-Atthalin 1940-1945
- Louis Wibratte : 1945-1949
- Emmanuel Monick : 1949-1962
- Henri Deroy : 1962-1967
- Jean Reyre : 1967-1969
- Jacques de Fouchier : 1969-1978
- Pierre Moussa : 1978-1981
- Jacques de Fouchier : 1981-1982
- Jean-Yves Haberer : 1982-1986
- Michel François-Poncet : 1986-1990
- André Lévy-Lang : 1990-1999
Directeur Général (Avant-Guerre) [modifier]
- Horace Finaly : 1919-1937
- André Laurent-Atthalin 1937-1940
Directeurs généraux [modifier]
- Jean Reyre : 1948-1966
- Pierre Moussa : 1969-1978 et Gustave Rambaud
- François Morin : 1978-1999, et Gérard Eskenazi : 1978-1999
Notes et références [modifier]
- Histoire de BNP Paribas, BNP Paribas. Consulté le 02/03/2011
- Affaire Falcone : un ancien responsable de Paribas en examen, Le Figaro, 9 juin 2005
Bibliographie [modifier]
- Manfred Pohl, Sabine Freitag, Handbook on the history of European banks, European Association for Banking History, 1994
- Henri Collas, La Banque de Paris et des Pays-Bas et les émissions d'emprunts publics et privés, 1908
- Henri Collas, Banque de Paris et des Pays-Bas. Cinquante ans d'existence 1872-1922
- Henri Collas, Banque de Paris et des Pays-Bas 1872-1947 à l'occasion du 75ème anniversaire de sa fondation, 1947
- Robert Aron, Une Grande banque d'affaires : la Banque de Paris et des Pays-Bas, 1959
- Robert Aron, Banque de Paris et des Pays-Bas. 20 ans d'activité 1948-1968
- Henri Claude, Histoire, réalité et destin d'un monopole. La BPPB et son groupe 1872-1968, 1968
- Emmanuel Monick, 'Paribas 1872-1972
- 100 ans de présence à Genève 1872-1972
- M'hamed Sagou, Paribas. Anatomie d'une puissance, 1981
- Jean Baumier, La Galaxie Paribas, 1988
- Jacques de Fouchier, La Banque et la vie, 1989
- Pierre Moussa, La Roue de la fortune. Souvenirs d'un financier, 1989
- Catherine Schwarz, Histoire du réseau France de la Banque Paribas (1967-1991) : stratégies, structure, identité, 1991
- Éric Bussière, Pierre de Longuemar, 1872-1972. Paribas, l'Europe et le monde, 1992
- Éric Bussière, Entre la banque mixte et la banque d'affaires : la Banque de Paris et des Pays-Bas et sa stratégie industrielle 1900-1930, 1992
- Aurelia Jean, La Banque de Paris et des Pays-Bas et la crise mondiale 1929-1934, 1997
- Charles Salles, La Banque de Paris et des Pays-Bas et sa succursale de Bruxelles (1944-1961) : adaptation et transition, 2000
- Édouard Geffray, Les Relations bancaires et d'affaires entre Paribas et les pays d'Europe de l'Est dans les années 50 et 60 : exemples de la Yougoslavie et de la Roumanie, 2000
- Tatiana Speranskaia, Les relations économiques et commerciales franco-soviétiques des années 1960 au début des années 1980 à travers l'activité du groupe Paribas en U.R.S.S., 2002