Benjamin Disraeli
Benjamin Disraeli (21 décembre 1804, Londres – 19 avril 1881), 1er comte de Beaconsfield, est un homme politique britannique. Il fut Premier ministre du Royaume-uni sous le règne de la reine Victoria.
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Biographie [modifier]
Fils de l'homme de lettres israélite Isaac D'Israeli, il commença à travailler comme simple employé dans une étude d'avocats. En 1824, il fit un voyage aux Pays-Bas et le long du Rhin. En 1825, il perdit beaucoup d'argent dans la spéculation boursière. Il fit alors ses premières tentatives de publications littéraires et participa au lancement d'un périodique. Il fut ainsi remarqué pour son roman, Vivian Grey (1826), qui décrit la haute société de l'époque. En 1826, il voyagea en Italie. En 1827, il fut atteint d'une dépression nerveuse, et tenta de nouvelles publications littéraires.
Endetté et dépressif, il entreprit un nouveau voyage en compagnie de William Meredith, le fiancé de sa sœur. Ils partirent le 28 mai 1830 et sillonnèrent le sud de l'Europe, de Falmouth à Gibraltar, puis Malte, Corfou, Prevesa, Nauplie, Athènes, Égine, Constantinople, Alexandrie et Le Caire. Cependant le 19 juillet 1831, Meredith mourut au Caire et Disraeli décida de regagner le Royaume-Uni, où il arriva le 23 octobre 1831.
Son voyage en Orient aurait influencé ses romans (présence de descriptions orientales, en particulier dans Tancred), et ses idées en politique extérieure concernant la question d'Orient, surtout les relations diplomatiques avec l'empire ottoman et l'Égypte dans les années 1870.
Carrière politique [modifier]
Il entra dans la vie politique en 1832 en tant que candidat malheureux au poste de député de Wycombe. En 1835 il adhéra au parti conservateur. Il échoua de nouveau à l'élection de Taunton en avril 1835, puis remporta l'élection de Maidstone en juillet 1837. Après son entrée au Parlement, il se fit le champion des protectionnistes en opposition au gouvernement de Sir Robert Peel, pourtant conservateur. Grâce à ses attaques contre ce dernier, il devint progressivement connu et utile à la cause des protectionnistes, qui le regardaient toutefois avec méfiance. À la mort de Lord George Bentinck, qui faisait office de leader officiel de ce mouvement à la Chambre des communes, Disraeli le remplaça, devenant ainsi leader des Conservateurs à la Chambre des Communes, le dirigeant du parti étant Lord Stanley, futur Lord Derby. Disraeli conserva ce poste jusqu'en 1876, date de son départ pour la Chambre des Lords. Enfin, il devint le seul dirigeant du parti à partir de 1868.
Après la division du Parti conservateur à la suite de l'abolition des Corn Laws en 1846, il occupa à plusieurs reprises le poste de ministre des finances durant les gouvernements conservateurs minoritaires de Lord Derby. Il est connu pour le passage du "Reform Act de 1867", qui fut la source de débats politiques parmi les Conservateurs, mais aussi de débats historiographiques. À la retraite politique de Lord Derby, il devint brièvement Premier ministre de la reine Victoria du Royaume-Uni en 1868, qui le tenait d'ailleurs en très haute estime après une méfiance initiale
Il fit voter par le Parlement la loi du 31 juillet 1868, le "Telegraph Act de 1869" qui nationalisait les compagnies anglaises de télégraphe, accusées de pratiques monopolistiques[1].
Il retrouva ce poste après la victoire des Conservateurs aux élections de 1874, et ce jusqu'en 1880. Son mandat fut marqué au début par des réformes sociales, qui sont la plupart du temps menées par ses ministres. L'action personnelle de Disraeli, devenu Lord Beaconsfield en 1876, était principalement centrée sur les affaires étrangères : élévation de la reine au rang d'impératrice des Indes, achat d'actions de la compagnie du Canal de Suez, et organisation du Congrès de Berlin, vu comme le sommet de sa carrière.
Dans l'histoire de l'époque victorienne, il est traditionnellement associé à son rival, Gladstone, avec lequel il alterna au pouvoir. Ces deux hommes sont souvent considérés comme les symboles de l'apogée de la Grande-Bretagne au XIXe siècle.
Carrière littéraire [modifier]
Bien qu'aujourd'hui relativement peu lu et reconnu dans ce domaine, Disraeli commença d'abord sa vie comme écrivain, hésitant entre les lettres et la politique. Son premier roman, Vivian Grey connut un certain succès, dû à la curiosité suscitée par l'anonymat de l'auteur. Toutefois, si Disraeli reste aujourd'hui connu comme auteur, c'est avant tout par et grâce à sa trilogie de romans politiques : Coningsby (1844), Sybil (1845), et Tancred (1847). Ces romans lui permirent d'exposer ses idées politiques et témoignent de l'étroite liaison entre le Disraeli écrivain et homme politique. Dans Sybil or the Two Nations, en 1845, il avançait notamment, pour le regretter, que la reine Victoria régnait non sur une « communauté » mais sur un « agrégat » de deux nations, « les Riches et les Pauvres », « deux nations entre lesquelles il n'y a ni relation ni sympathie ; qui sont aussi ignorantes des coutumes, des pensées et des sentiments l'une de l'autre que si leurs habitants appartenaient à deux planètes différentes »[2].
Disraeli connut encore un certain succès avec Lothair (1870), là encore grâce la curiosité pour un livre dont l'auteur est un ancien Premier ministre, ce qui ne manqua pas d'embarrasser son propre parti.
En plus de ses œuvres de fiction, Disraeli écrivit des pamphlets et dirigea un journal conservateur, collaborant directement à la rédaction des articles.
Judaïsme [modifier]
Bien que né de parents juifs, Disraeli fut baptisé dans la foi chrétienne à l'âge de douze ans, et resta un anglican pratiquant durant toute sa vie[3]. Adam Kirsch, dans sa biographie de Disraeli, considère que sa judaïté fut « à la fois le plus grand obstacle à son ambition, mais également son plus grand stimulant »[4]. Les critiques adressées à l'encontre de sa politique étaient parfois teintées d'antisémitisme. Ainsi il était représenté dans les caricatures antisémites avec un gros nez et des cheveux noirs frisés ; on l'appelait parfois « Shylock » (en référence au protagoniste juif du Marchand de Venise, pièce de théâtre de William Shakespeare) ou « l'abominable juif », participant au meurtre rituel d'un enfant britannique[4]. En réponse à un commentaire antisémite lancé au Parlement, Disraeli se défendit en déclarant : « Oui, je suis juif, et quand les ancêtres du Très Honorable Gentleman étaient des brutes sauvages dans une île inconnue, les miens étaient prêtres dans le Temple de Salomon »[5].
Fiction [modifier]
- Vivian Grey (1826)
- Popanilla (1828)
- The Young Duke (1831)
- Contarini Fleming (1832)
- Alroy (1833)
- The Infernal Marriage (1834)
- Ixion in Heaven (1834)
- The Revolutionary Epick (1834)
- The Rise of Iskander (1834)
- Henrietta Temple (1837)
- Venetia (1837)
- The Tragedy of Count Alarcos (1839)
- Coningsby, or the New Generation (1844)
- Sybil, or The Two Nations (1845)
- Tancred, or the New Crusade (1847), traduction française : Tancrède ou la nouvelle croisade, Fayard, 2004.
- Lothair (1870)
- Endymion (1880)
- Falconet (inachevé 1881)
Références [modifier]
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Benjamin Disraeli » (voir la liste des auteurs)
- "ImageCLEF: Experimental Evaluation in Visual Information Retrieval", par Henning Müller,Paul Clough,Thomas Deselaers, page 470
- Cité dans François Bédarida, Churchill, Fayard, 1999, p. 201
- Blake 1966, p. 11. Voir également Endelman 1985, p. 115.
- Anthony Julius, « Judaism's Redefiner », The New York Times, 23 January 2009 [texte intégral (page consultée le 18 September 2009)]
- Josef Joffe, « The Lost Art of the Insult », Time, 6 July 2003 [texte intégral (page consultée le 26 April 2010)]
Voir aussi [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Notices d’autorité : Système universitaire de documentation • Bibliothèque nationale de France • Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
- W. F. Monypenny & G. E. Buckle, The Life of Benjamin Disraeli (Londres, 1910-20), 6 volumes
- André Maurois, La vie de Disraeli (Paris, 1927)
- John Vincent, Disraeli (Oxford, 1990)
- Paul Smith, Disraeli: a brief life (Cambridge, 1996)
- (en) Robert Blake, Disraeli, New York, St. Martin's Press, 1966
- (en) Todd M. Endelman, « Disraeli's Jewishness Reconsidered », Modern Judaism, vol. 5, no 2, mai 1985, p. 109-123 [lien DOI]
Article connexe [modifier]
Liens externes [modifier]
- (fr) Article en ligne Philippe Chassaigne, Disraeli et Victoria Pour la gloire de l'Angleterre !, publié dans L'Histoire n° 250 - 01/2001
| Précédé par Edward Geoffrey Smith Stanley (1866 à 1868) William Ewart Gladstone (1868 à 1874) |
Premier ministre du Royaume-Uni 1868 1874 à 1880 |
Suivi par William Ewart Gladstone (1868 à 1874) puis de (1880 à 1885) |
- Membre de la Royal Society
- Premier ministre du Royaume-Uni
- Écrivain britannique du XIXe siècle
- Écrivain de langue anglaise
- Comte de la pairie du Royaume-Uni
- Chevalier de la Jarretière
- Personnalité britannique d'origine italienne
- Personnalité de l'époque victorienne
- Naissance à Londres
- Naissance en 1804
- Décès en 1881
- Député du Parlement du Royaume-Uni