Edward Heath

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Edward Heath
Image illustrative de l'article Edward Heath
Fonctions
68e Premier ministre du Royaume-Uni

(&&&&&&&&&&&013543 ans, 8 mois et 15 jours)
Monarque Élisabeth II
Prédécesseur Harold Wilson
Successeur Harold Wilson
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Broadstairs
Date de décès (à 89 ans)
Lieu de décès Drapeau : Royaume-Uni Salisbury
Nature du décès Cancer intestinal
Nationalité britannique
Parti politique Parti conservateur
Diplômé de Université d'Oxford

Edward Heath
Premiers ministres du Royaume-Uni

Sir Edward Richard George Heath, (9 juillet 191617 juillet 2005), dit « Ted », est un homme politique britannique, qui a été Premier ministre du Royaume-Uni entre 1970 et 1974. Il a dirigé le Parti conservateur de 1965 à 1975.

Fervent européen, de par de son expérience de combattant durant la Seconde Guerre mondiale, sa grande œuvre fut l'entrée du Royaume-Uni dans le Marché commun concrétisée le . Son mandat a été marqué par la détérioration du conflit nord-irlandais et des conflits sociaux dans le monde du travail.

Famille et études[modifier | modifier le code]

Né dans un milieu ouvrier[1], fils d'un charpentier et d'une domestique, Edward Heath est né le à Broadstairs dans le Kent.

Il devient étudiant de philosophie, politique et économie au Balliol College à l'Université d'Oxford, où grâce à ses talents musicaux il obtient une bourse d'étude pour organistes universitaires ( « organ scholarship » ). Il est remarqué par Winston Churchill pour ses vues opposées à la politique d'apaisement à l'égard de Hitler, vues qu'il exprime notamment en soutenant le candidat anti-munichois A.D. Lindsay lors d'élections partielles à l'automne 1938[1]. Churchill deviendra son mentor.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Élu député conservateur de Bexley en 1950 par une courte victoire[1], Heath siège à la Chambre des communes jusqu'en 2001.

Il est d'abord responsable de l'organisation du groupe parlementaire conservateur (Chief whip). En tant que plus ancien membre, il était devenu le « père de la Chambre » (Father of the House).

Il est ministre du Travail en 1959 puis lord du Sceau privé dans le cabinet Harold Macmillan en 1960 chargé des négociations pour l'adhésion du Royaume-Uni à la CEE mais se heurte au veto de De Gaulle en 1963.

Dans le gouvernement d'Alec Douglas-Home (1963-1964), il est ministre du Commerce (President of the Board of Trade) et Secrétaire d'État au Commerce, à l'Industrie et au redéploiement régional.

En 1965, il succède à Douglas-Home à la tête du Parti conservateur et mène la campagne électorale victorieuse de 1970 qui l'envoie au 10 Downing Street.

Premier ministre (1970-1974)[modifier | modifier le code]

Ce fils de charpentier qui détone au Parti conservateur ne gouverne le Royaume-Uni que pour un seul mandat, marqué par la contestation sociale et les difficultés économiques. Il se démarque explicitement de l'approche politique et économique prédominante des années 1950 et 60 pour faire reculer le rôle de l'État, au même titre que Margaret Thatcher quelques années plus tard, mais sans pouvoir bénéficier comme elle d'un soutien populaire suffisamment consensuel[2]. Il nomme un gouvernement composé de figures connues du Parti conservateur, comme Douglas-Home aux Affaires Étrangères, Macleod à l'Échiquier ou encore Maudling à l'Intérieur ; mais le charismatique Iain Macleod décède brutalement le 20 juillet 1970, ce qui porte un coup considérable au gouvernement comme au Parti[3].

Il parvient à faire entrer le Royaume-Uni dans la Communauté économique européenne après avoir convaincu une opinion publique et un parti conservateur plutôt tièdes. « C'est le plus beau jour de ma vie » s'exclame-t-il lorsqu'il signe le Traité d'accession de son pays à la Communauté européenne au Palais d'Egmont à Bruxelles le . Par le biais du référendum, le président Georges Pompidou avait auparavant fait lever le veto français mis par de Gaulle à l'entrée du Royaume-Uni. L'entrée en vigueur du traité a lieu le , date à laquelle la Communauté s'élève à neuf membres avec le Royaume-Uni, l'Irlande et le Danemark.

Critiqué dans son parti, notamment par l'aile thatchérienne, Edward Heath, qui se veut libéral sur le plan économique, mais progressiste sur le plan social, cristallise sur lui le mécontentement populaire.

Il est aussi le Premier ministre qui envoie l'armée britannique en Irlande du Nord, mais sans parvenir à résoudre ce conflit.

En 1974, une grève de mineurs, dirigée notamment par Arthur Scargill, pousse Edward Heath à convoquer des élections législatives anticipées. Il perd le pouvoir au profit du travailliste Harold Wilson.

Une longue fin de carrière politique (1975-2001)[modifier | modifier le code]

L'année suivante, en 1975, il est écarté de la direction de son parti par Margaret Thatcher qui dénonce le « socialisme sournois » de son prédécesseur. Heath déclare par la suite qu'« elle n'avait jamais pris une décision judicieuse ».

Heath continue à exprimer occasionnellement ses positions très pro-européennes dans un pays et un parti gagné par l'euroscepticisme.

Il met fin à sa carrière politique en 2001.

Edward Heath meurt à l'âge de 89 ans le à Salisbury. Il est enterré dans la cathédrale de Salisbury.

Divers[modifier | modifier le code]

Passionné de voile (il possédait un bateau nommé Morning Cloud, vainqueur du tour de l'île de Wight 1971), doté d'un très grand sens de l'humour, il était aussi un musicien accompli. Il fut même tenté un moment par une carrière de chef d'orchestre.

Il est un des seuls premiers ministres qui soit resté toujours célibataire. Il a été chevalier de la Jarretière et membre de l'ordre de l'Empire britannique.

On lui doit des mémoires : The Autobiography of Edward Heath: The Course of My Life, Hodder & Stoughton, 1988, ISBN 0 340 70852 2, 767 pages.

Citation[modifier | modifier le code]

« Le pouvoir au pupitre est bien plus réel que celui dont on dispose à Downing Street. » - Heath, Premier ministre

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Robert Blake 1985, p. 299
  2. Robert Blake 1985, p. 310
  3. Robert Blake 1985, p. 311

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Robert Blake, The Conservative Party from Peel to Thatcher, Fontana Press,‎ 1985 (ISBN 0-00-686003-6)

Liens externes[modifier | modifier le code]