George V du Royaume-Uni

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George V
Portrait de couronnement par Luke Fildes, 1911
Portrait de couronnement par Luke Fildes, 1911
Titre
Roi du Royaume-Uni et des dominions
Empereur des Indes
6 mai 191020 janvier 1936
(&&&&&&&&&&&0939025 ans, 8 mois et 14 jours)
Couronnement 22 juin 1911
en l'Abbaye de Westminster
Premier ministre Herbert Henry Asquith
David Lloyd George
Andrew Bonar Law
Stanley Baldwin
Ramsay MacDonald
Prédécesseur Édouard VII
Successeur Édouard VIII
Prince héritier du Royaume-Uni
22 janvier 19016 mai 1910
(&&&&&&&&&&&033919 ans, 3 mois et 14 jours)
Monarque Édouard VII
Prédécesseur Albert-Édouard, prince de Galles
Successeur Édouard, prince de Galles
Biographie
Dynastie Maison de Saxe-Cobourg-Gotha
Maison de Windsor (fondateur)
Nom de naissance George Frederick Ernest Albert
Date de naissance 3 juin 1865
Lieu de naissance Marlborough House (Londres, Royaume-Uni)
Date de décès 20 janvier 1936 (à 70 ans)
Lieu de décès Sandringham House (Sandringham, Royaume-Uni)
Sépulture Chapelle Saint-Georges
Père Édouard VII du Royaume-Uni
Mère Alexandra de Danemark
Conjoint Mary de Teck
Enfant(s) Édouard VIII Couronne rouge
George VI Couronne rouge
Mary, princesse royale
Henry, duc de Gloucester
George, duc de Kent
John du Royaume-Uni

Signature

George V du Royaume-Uni
Monarques du Royaume-Uni

George V (né George Frederick Ernest Albert, 3 juin 1865 - 20 janvier 1936) fut roi du Royaume-Uni et des dominions (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Irlande), et empereur des Indes du 6 mai 1910 jusqu'à sa mort.

George était le petit-fils de la reine Victoria et du prince Albert et le cousin du tsar Nicolas II de Russie et de l'empereur Guillaume II d'Allemagne. De 1877 à 1891, il servit dans la Royal Navy et atteignit le grade de capitaine de frégate. À la mort de Victoria en 1901, le père de George devint roi sous le nom d'Édouard VII et George fut fait prince de Galles. À la mort de son père en 1910, il lui succéda en tant que roi-empereur de l'Empire britannique sous le nom de George V. Il fut le seul empereur des Indes à assister à son darbâr à Delhi.

À la suite de la Première Guerre mondiale, l'Empire britannique atteignit son étendue maximale. En 1917, il devint le premier monarque de la Maison de Windsor après avoir renommé la Maison de Saxe-Cobourg et Gotha en raison des sentiments antigermaniques au Royaume-Uni. Son règne vit la montée en puissance du socialisme, du communisme, du fascisme, du républicanisme irlandais et de l'indépendantisme indien qui changèrent radicalement le paysage politique. Le Parliament Act de 1911 établit la suprématie de la Chambre des communes élue par le peuple sur la Chambre des Lords dont les membres sont nommés par le souverain. En 1924, George V nomma le premier premier ministre britannique travailliste Ramsay MacDonald et en 1931, le Statut de Westminster reconnut la souveraineté des dominions au sein du Commonwealth of Nations. Victime de problèmes de santé dans les dernières années de son règne, il mourut le 20 janvier 1936 et son fils aîné Edward lui succéda sous le nom d'Édouard VIII.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Garçon portant un costume de matelot
George en 1870

George est né le 3 juin 1865 à la résidence royale de Marlborough House à Londres. Son père était le prince de Galles, le futur roi Édouard VII, fils aîné de la reine Victoria et du prince Albert de Saxe-Cobourg et Gotha. Sa mère était la princesse de Galles Alexandra de Danemark, fille aînée de Christian IX de Danemark. En tant que fils du prince de Galles, George reçut le titre de Son Altesse royale le prince George de Galles. Il fut baptisé à la chapelle Saint-Georges du château de Windsor le 7 juillet 1865 par l'Archevêque de Cantorbéry, Charles Longley[n 1].

En tant que cadet du prince de Galles, George avait peu de chances d'accéder au trône. Son frère aîné, Albert Victor, était le deuxième dans l'ordre de succession après son père. Les deux frères n'avaient que 17 mois d'écart et ils furent élevés ensemble ; en 1871 John Neale Dalton fut choisi pour être leur tuteur. Ni Albert Victor ni George n'excellaient du point de vue intellectuel[2]. Leur père considérait que la marine représentait le « le meilleur entraînement possible pour un garçon[3] » et les deux frères entrèrent dans la Royal Navy en septembre 1877 et furent déployés sur le navire d'entraînement HMS Prince of Wales (en) stationné à Dartmouth[4].

À partir de 1879, Albert Victor et George servirent pendant trois ans sur le HMS Bacchante accompagné de Dalton. Ils réalisèrent une tournée des colonies de l'Empire britannique dans la Caraïbe, l'Afrique du Sud et l'Australie et se rendirent aux États-Unis, en Amérique du Sud, en Méditerranée, en Égypte et dans l'Asie de l'Est. Au Japon, George demanda à un tatoueur local de dessiner un dragon bleu et rouge sur son bras[5]. Dalton rédigea un compte-rendu de leur voyage intitulé The Cruise of HMS Bacchante[6]. Entre Melbourne et Sydney, Dalton nota la vision du vaisseau fantôme le Hollandais volant[7]. Lorsqu'ils revinrent en Grande-Bretagne, la reine Victoria se plaignit que ses petits-enfants ne parlaient pas français ou allemand et les deux frères furent envoyés six mois à Lausanne en Suisse mais ne parvinrent pas à apprendre une autre langue[8]. Après Lausanne, Albert Victor et George furent séparés ; Albert Victor entra au Trinity College de l'université de Cambridge et George resta dans la Royal Navy. Il réalisa de nombreux voyages dans le monde et visita de nombreuses régions de l'Empire britannique jusqu'à son dernier commandement en 1891-1892 en tant que capitaine de vaisseau. Après cela, son grade maritime fut largement honorifique[9].

Mariage[modifier | modifier le code]

Jeune homme aux yeux pales avec une moustache et une barbe
George en 1893

En tant que jeune homme destiné à servir dans la marine, le prince George resta plusieurs années sous le commandement de son oncle, le prince Alfred d'Édimbourg qui était stationné à Malte. Sur l'île, il rencontra et tomba amoureux de la fille de son oncle, sa cousine Marie d'Édimbourg. Sa grand-mère, son père et son oncle approuvèrent l'union mais leurs mères, la princesse de Galles et la duchesse d'Édimbourg s'y opposèrent. La princesse de Galles pensait que la famille était trop pro-allemande et la duchesse d'Édimbourg n'appréciait pas l'Angleterre. Poussée par sa mère, Marie refusa la proposition de fiançailles de George et elle épousa Ferdinand, l'héritier du trône de Roumanie, en 1893[10].

En novembre 1891, le frère aîné de George, Albert Victor se fiança avec sa cousine issue d'issus de germains, la princesse Victoria Mary de Teck. Son père, François de Teck, appartenait à une branche cadette et morganatique de la Maison de Wurtemberg. Sa mère, Marie-Adélaïde de Teck, était la petite-fille en lignée masculine du roi George III et une cousine de la reine Victoria.

Six semaines après ces fiançailles, Albert Victor mourut d'une pneumonie ; George passa donc en seconde position dans l'ordre de succession au trône britannique et il était probable qu'il succède à son père. George venait juste de récupérer d'une grave maladie et était resté alité pendant six semaines en raison d'une fièvre typhoïde[11]. La reine Victoria continuait de considérer Mary de Teck comme une partenaire possible pour son petit-fils George et ils se rapprochèrent pendant la période de deuil[12]. Une année après la mort d'Albert Victor, George et Mary se fiancèrent et ils se marièrent le 6 juillet 1893 dans la chapelle royale du palais St. James à Londres. Bien que le mariage ait été arrangé, les deux époux développèrent une profonde affection l'un pour l'autre. George était, de son propre aveu, incapable d'exprimer facilement ses sentiments oralement mais ils échangèrent fréquemment des lettres et des notes d'affection[13].

Duc d'York[modifier | modifier le code]

Mary de Teck et George V en 1913

La mort de son frère aîné mit un terme à la carrière militaire de George car il était devenu second dans l'ordre de succession derrière son père[14]. George fut fait duc d'York, comte d'Inverness et baron Killarney par la reine Victoria le 24 mai 1892[15] et reçut des leçons d'histoire constitutionnelle avec J. R. Tanner[16]. Après son mariage avec George, Mary reçut le titre de Son Altesse royale la duchesse d'York.

Le duc et la duchesse d'York résidèrent essentiellement au York Cottage, une résidence relativement petite à proximité de Sandringham House où leur mode de vie ressemblait plus à celui d'une famille assez aisée de la classe moyenne plutôt qu'à celui de l'aristocratie[17]. George préférait une vie simple et paisible en opposition à la vie sociale effrénée de son père. Son biographe officiel, Harold Nicolson, déplora par la suite au sujet de cette période : « Il fut peut-être un parfait jeune cadet et un sage vieux roi mais lorsqu'il était duc d'York… il ne fit rien d'autre que tuer [chasser] des animaux et coller des timbres[18] ». George était un célèbre philatéliste, ce que Nicolson méprisait[19] mais il joua un grand rôle dans la création de la Collection philatélique royale qui devint la collection la plus complète de timbres du Royaume-Uni et du Commonwealth dans le monde[20].

George et Mary eurent cinq fils et une fille. Randolph Churchill avança que George était un père strict au point que ses enfants avaient peur de lui et affirma que George avait déclaré à Edward Stanley, « mon père était effrayé de sa mère, j'étais effrayé par mon père et je vais m'assurer que mes enfants aient peur de moi ». En réalité, il n'y a aucune source directe pour cette citation et il est probable que le style d'éducation de George était similaire à celui de la plupart des parents de l'époque[21].

Prince de Galles[modifier | modifier le code]

Document intitulé « Royal Visit to Canada 1901 » avec les portraits de George et de Mary
Couverture du programme officiel de la visite du duc et de la duchesse d'York au Canada en 1901

À la mort de la reine Victoria le 22 janvier 1901, le père de George, monta sur le trône sous le nom d'Édouard VII. George hérita des titres de duc de Cornouailles et de Rothesay et fut appelé Son Altesse royale le duc de Cornouailles et de Rothesay presque jusqu'à la fin de l'année quand il devint prince de Galles.

En 1901, George et Mary réalisèrent une tournée de l'Empire britannique avec des étapes en Afrique du Sud, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Canada et à Terre-Neuve. Le voyage fut organisé par le secrétaire d'État aux colonies Joseph Chamberlain avec le soutien du premier ministre britannique Lord Salisbury et son objectif était essentiellement de remercier les dominions pour leur participation à la Seconde Guerre des Boers entre 1899 et 1902. George distribua des milliers de médailles aux troupes coloniales au cours de nombreuses cérémonies. En Afrique du Sud, le groupe royal fut accueilli par des décorations élaborées, des présents coûteux et des feux d'artifices et il rencontra des chefs locaux et des prisonniers boers. Malgré les célébrations, tous les résidents n'étaient pas favorables à cette visite. De nombreux Afrikaners critiquèrent le coût des festivités alors que la région se remettait à peine du conflit[22]. En Australie, le duc ouvrit la première session du Parlement à la suite de la création du Commonwealth d'Australie[23]. La visite permit à la Nouvelle-Zélande de montrer son développement, en particulier la mise en place d'industries, et le duc félicita le courage et la loyauté des Néo-Zélandais. L'objectif implicite était de témoigner de l'attrait de la Nouvelle-Zélande pour attirer des touristes et de possibles immigrants tout en évitant les tensions sociales liées à une déclaration officielle de cette idée. La visite mit ainsi l'accent sur une région dont la presse britannique savait peu de choses[24]. À son retour en Grande-Bretagne, George donna un discours à Guildhall dans lequel il avertit de « l'impression qui semble dominer chez nos frères par-delà les mers, selon laquelle la Vielle Patrie doit se réveiller si elle veut conserver son ancienne position de domination sur son commerce colonial contre des compétiteurs étrangers[25] ».

Deux hommes d'âge mur et barbus portant un kilt
Le roi Édouard VII (à droite) avec George de Galles

Le 9 novembre 1901, George fut fait prince de Galles et comte de Chester[26]. Le roi Édouard VII souhaita préparer son fils pour son futur rôle de monarque. Par contraste avec l'attitude de la reine Victoria, qui avait exclu Edward des affaires de l'État, George se vit offrir un large accès aux documents et papiers officiels[14],[27]. Il autorisait également sa femme à y avoir accès[28] car il appréciait son conseil et elle l'aida fréquemment à rédiger ses discours[29].

De novembre 1905 à mars 1906, George et Mary se rendirent en Inde britannique où ils furent choqués par les discriminations et firent campagne pour une plus grande représentation des Indiens dans le gouvernement du pays[30]. La visite fut presque immédiatement suivie d'un voyage en Espagne pour le mariage du roi Alphonse XIII avec Victoire-Eugénie de Battenberg au cours duquel les fiancés faillirent être assassinés par l'anarchiste Mateo Morral. Une semaine après leur retour en Grande-Bretagne, George et Mary se rendirent en Norvège pour assister au couronnement du roi Haakon VII et de la reine Maud, la sœur de George[31].

Règne[modifier | modifier le code]

Couronnement[modifier | modifier le code]

Édouard VII mourut le 6 mai 1910 et George monta sur le trône sous le nom de George V. Il écrivit dans son journal, « j'ai perdu mon meilleur ami et le meilleur des pères… Je ne me suis jamais disputé avec lui. J'ai le cœur brisé et je suis submergé par le chagrin mais Dieu m'aidera dans mes responsabilités et ma chère Mary sera le réconfort qu'elle a toujours été. Puisse Dieu me donner force et conseil dans la tâche immense qui m'incombe[32] ».

George n'avait jamais apprécié l'habitude de son épouse de signer les documents officiels et les lettres par « Victoria Mary » et il insista pour qu'elle abandonne l'un des prénoms. Ils jugèrent tous deux qu'elle ne devrait pas être appelée reine Victoria et elle devint reine Mary[33]. Plus tard dans l'année, le journaliste Edward Mylius publia un article diffamatoire affirmant que George s'était secrètement marié avec un jeune homme à Malte et qu'il était donc bigame. Ces accusations avaient été imprimées pour la première fois en 1893 mais George les avait ignorées. Pour faire taire ces diffamations, Mylius fut arrêté, jugé et condamné à un an de prison[34].

Vaste estrade blanche surmontée d'un chapiteau de style indien et entourée de milliers de soldats et de spectateurs
Le darbâr de Delhi en 1911 à l'occasion du couronnement de George V et de Mary

George s'opposa à la formulation anticatholique de la déclaration d'accession au trône qu'il était obligé de lire lors de sa première cérémonie d'ouverture du Parlement britannique[n 2]. Il fit savoir qu'il refusait d'ouvrir le Parlement tant que sa déclaration ne serait pas modifiée. L'Accession Declaration Act de 1910 raccourcit donc la déclaration en supprimant les passages les plus controversés[35].

Le couronnement du roi et de la reine eut lieu à l'abbaye de Westminster le 22 juin 1911[14] et fut célébré par le Festival of Empire au Crystal Palace. En juillet le couple royal se rendit en Irlande et fut chaleureusement accueilli au long des cinq jours de la visite[36]. Plus tard en 1911, le roi et la reine allèrent en Inde pour assister au darbâr de Delhi où ils furent présentés à une audience composée des princes et dignitaires indiens en tant qu'empereur et impératrice des Indes le 12 décembre 1911. George porta la nouvelle couronne impériale des Indes (en) durant la cérémonie et annonça le transfert de la capitale indienne de Calcutta à Delhi. Le 15 décembre, il posa la première pierre de New Delhi avec la reine Mary[37]. Ils voyagèrent dans tout le sous-continent indien et George participa à une chasse au gros gibier au Népal au cours de laquelle, il tua 21 tigres, 8 rhinocéros et un ours en dix jours[38]. Il était un tireur adroit et expérimenté[39] et le 18 décembre 1913, il abattit plus d'un millier de faisans en six heures dans la résidence de Lord Burnham. Cela représentait près d'un oiseau toutes les 20 secondes et le roi lui-même reconnut qu'il « était allé un peu trop loin » ce jour-là[40].

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Pièce en or avec le profil gauche de George V
Demi-souverain britannique avec le portrait de George V

George V hérita de la Couronne à un moment de troubles politiques[41]. Le People's Budget du député libéral David Lloyd George avait été rejeté l'année précédente par la Chambre des Lords dominée par les conservateurs et les unionistes malgré la règle tacite qui voulait que les Lords n'apposent pas leur veto aux lois budgétaires[42]. Le premier ministre libéral Herbert Henry Asquith avait demandé au précédent roi de s'engager à nommer suffisamment de pairs pour forcer la Chambre des Lords à voter le budget. Édouard VII avait accepté à contrecœur de le faire si les Lords rejetaient le budget après deux élections successives. Après une élection en janvier 1910, les pairs conservateurs acceptèrent le budget sans vote car le gouvernement disposait de la légitimité électorale[43].

Asquith tenta de limiter le pouvoir des Lords par des réformes constitutionnelles qui furent rejetées après des débats houleux à la Chambre haute. Une conférence organisée sur ces réformes échoua en novembre 1910 après 21 réunions. Asquith et Lord Crewe (en), le chef des Lords libéraux, demanda à George V de dissoudre le Parlement et promettre de créer suffisamment de pairs libéraux si les Lords bloquaient à nouveau la législation[44]. Si le roi refusait, le gouvernement libéral démissionnerait et cela donnerait l'impression que le souverain prenait parti avec « les pairs contre le peuple[45] ». Les deux conseillers privés du monarque, Lord Knollys (libéral) et Lord Stamfordham (unioniste), étaient en désaccord[46]. Comme son père, George accepta la dissolution et la création de pairs avec réticence même s'il considérait que ses ministres avaient profité de son inexpérience pour l'intimider[47]. Après l'élection de décembre 1910, les Lords acceptèrent les réformes du fait des menaces d'inonder la Chambre des Lords avec de nouveaux pairs[48]. Le Parliament Act de 1911 (en) supprimait, à quelques exceptions, le droit de veto des Lords. Le roi considéra par la suite que Lord Knollys lui avait délibérément caché la volonté de l'opposition à former un gouvernement si les libéraux avaient démissionné[49].

À la suite de l'élection de décembre 1910, les libéraux avaient formé un gouvernement minoritaire grâce au soutien des nationalistes irlandais. Asquith présenta donc une législation visant à accorder une autonomie interne à l'Irlande mais les conservateurs et les unionistes s'y opposèrent et la situation s'enlisa[14],[50]. Pour éviter la perspective d'une guerre civile en Irlande entre unionistes et nationalistes, George V organisa une conférence rassemblant toutes les parties au palais de Buckingham en juillet 1914 pour essayer de négocier un accord[51]. La conférence se termina par une impasse après quatre jours de discussions[14],[52]. Après avoir envisagé de mettre son veto à la législation[53], le roi l'approuva le 18 septembre 1914 mais son application fut suspendue par le déclenchement de la Première Guerre mondiale.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

George V (à droite) remet la Croix de Victoria au sergent néo-zélandais Samuel Frickleton en 1917

Entre 1914 et 1918, le Royaume-Uni fut en guerre contre l'Empire allemand. Le kaiser allemand Guillaume II, qui devint pour l'opinion publique britannique le symbole des horreurs de la guerre, était le cousin de George V. Le grand-père paternel du roi du Royaume-Uni était le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha ; George V et ses enfants portaient donc les titres de prince et de princesse de Saxe-Cobourg-Gotha. La reine Mary, bien que britannique comme sa mère était la fille du duc de Teck, un descendant des ducs de Wurtemberg allemands. George V avait des beaux-frères et des cousins qui étaient des sujets britanniques mais qui portaient des titres allemands des maisons de Teck, de Battenberg ou de Schleswig-Holstein. Lorsque H. G. Wells écrivit sur la « cour terne et étrangère » de Grande-Bretagne, George V répondit, « je suis peut-être terne mais que je sois maudit si je suis étranger[54] ».

Le 17 juillet 1917, George apaisa les sentiments nationalistes britanniques en changeant le nom de la maison royale britannique du nom à consonance allemand de Saxe-Cobourg-Gotha en Windsor d'après le château éponyme[55]. Ses proches et lui abandonnèrent leurs titres allemands et prirent des noms à consonance britannique. George V compensa ces pertes faisant de ses proches des Lords. Son cousin, le prince Louis Alexandre de Battenberg, qui avait été forcé de quitter sa fonction de First Sea Lord au début de la guerre en raison des sentiments antigermaniques, devint Louis Mountbatten tandis que les frères de la reine Mary devinrent Alexander et Adolphe de Cambridge (en)[56].

Dans des lettres patentes diffusées le 11 décembre 1917, le roi limita l'usage du titre de Son Altesse royale et de la dignité de « prince (ou princesse) de Grande-Bretagne et d'Irlande » aux enfants du souverain, les enfants des fils du souverain et le fils aîné des fils aînés du prince de Galles[57]. Les lettres patentes spécifiaient également que « les titres d'Altesse royale, d'Altesse ou d'Altesse sérénissime et la dignité de prince et princesse sont suspendus en dehors de ceux déjà accordés et qui ne seront pas révoqués ». Les proches de la famille royale britannique qui combattaient du côté allemand comme Ernest-Auguste II de Hanovre et Charles-Édouard de Saxe-Cobourg et Gotha virent leurs titres britanniques suspendus par un ordre en Conseil de 1919. Sous la pression de sa mère, la reine Alexandra, George V fit également retirer les bannières de l'ordre de la Jarretière de ses proches allemands de la chapelle Saint-Georges[58].

Cinq hommes en uniformes sur le parapet d'une tranchée
George V (deuxième en partant de la gauche) inspecte une tranchée allemande capturée pendant la bataille de la Somme en août 1916

Lorsque le tsar Nicolas II de Russie, le cousin de George V, fut renversé par la Révolution russe, le gouvernement britannique lui offrit asile ainsi qu'à sa famille mais les craintes que la révolution ne se propage aux îles britanniques poussèrent George V à juger que la présence de la famille impériale russe serait inappropriée[59]. Même si Louis Mountbatten avança plus tard que le premier ministre britannique David Lloyd George était opposé au sauvetage de la famille impériale russe, les lettres de Lord Stamfordham suggèrent que le gouvernement y était favorable mais George V alla contre cet avis[60]. Le MI1, une branche des services secrets britanniques, prépara des plans complets pour exfiltrer le tsar[61] mais du fait de la force grandissante des révolutionnaires bolcheviks et des difficultés liées à la guerre, le projet ne fut jamais appliqué[62]. Le tsar et sa famille immédiate restèrent en Russie où ils furent assassinés par les bolcheviks en 1918. L'année suivante, la mère de Nicolas (la tante de George) Maria Feodorovna et d'autres membres de la famille impériale russe furent évacués de Crimée par des navires britanniques.

Deux mois après la fin de la guerre, le fils cadet de George V, John mourut à l'âge de 13 ans après une longue maladie. George V fut informé par la reine Mary qui écrivit, « [John] a été pour nous le sujet d'une grande anxiété pendant de nombreuses années… La première faille dans le cercle familial est dure à supporter mais les gens ont été si gentils et sympathiques et cela nous a beaucoup aidé[63] ».

En mai 1922, le roi se rendit en Belgique et dans le nord de la France et visita les cimetières et les mémoriaux construits par l'Imperial War Graves Commission. L'événement fut décrit dans le poème The King's Pilgrimage de Rudyard Kipling[64]. Ce voyage et une courte visite en Italie en 1923 furent les seules occasions au cours desquelles George V accepta de quitter le Royaume-Uni en déplacements officiels après la fin de la guerre[65].

Fin de règne[modifier | modifier le code]

Homme barbu avec des yeux pales portant un uniforme avec de nombreuses médailles et décorations
George V en 1923

Avant la Première Guerre mondiale, la plus grande partie de l'Europe était gouvernée par des monarques ayant des liens avec George V mais les monarchies d'Autriche-Hongrie, d'Allemagne, de Grèce et de Russie disparurent pendant ou peu après le conflit. En mars 1919, le lieutenant-colonel Edward Lisle Strutt fut envoyé par George V pour escorter l'ancien empereur Charles Ier d'Autriche et sa famille jusqu'en Suisse[66]. En 1922, un navire de la Royal Navy fut détaché en Grèce pour secourir ses cousins, le prince André qui était un neveu de la reine Alexandra par son frère Georges Ier de Grèce et la princesse Alice qui était la fille du prince Louis Alexandre de Battenberg, l'un des princes allemands ayant reçu une pairie britannique en 1917. Dans le navire britannique se trouvait également le prince Philip qui épousa par la suite la petite-fille de George V, la princesse Elizabeth. La monarchie grecque fut restaurée en 1935 peu avant la mort du souverain britannique.

Après de nombreux incidents pendant la Première Guerre mondiale, la situation en Irlande se transforma en guerre d'indépendance en 1919. George V exprima son horreur concernant les représailles et les massacres approuvés par le gouvernement de David Lloyd George[67]. Lors de la cérémonie d'ouverture du Parlement d'Irlande du Nord le 22 juin 1921, le roi, dans un discours en partie rédigé par Lloyd George et le général Jan Smuts, appela à l'apaisement. Une trêve fut signée quelques jours plus tard et les négociations entre le Royaume-Uni et les indépendantistes irlandais débouchèrent sur la signature du traité anglo-irlandais le 6 décembre 1921. À la fin de l'année 1922, l'Irlande était de fait divisée entre l'État libre d'Irlande au sud et l'Irlande du Nord.

Groupe de huit hommes en costume de soirée. Le roi est assis au milieu entouré par ses premiers ministres.
Conférence impériale de 1926 : George V et les premiers ministres du Commonwealth. Dans le sens des aiguilles d'une montre en partant du centre du premier rang : George V, Baldwin (Royaume-Uni), Monroe (en) (Terre-Neuve), Coates (Nouvelle-Zélande), Bruce (Australie), Hertzog (Afrique du Sud), Cosgrave (État libre d'Irlande), Mackenzie King (Canada).

Le roi et ses proches conseillers s'inquiétaient de la montée du socialisme et des mouvements ouvriers qu'ils associaient au républicanisme. Leurs inquiétudes, bien qu'exagérées, entraînèrent une évolution du rôle social de la monarchie pour le rendre plus ouvert au monde ouvrier et à ses représentants ; cela représentait un changement important pour George qui n'était à l'aise qu'avec les officiers navals et les membres de l'aristocratie. En réalité, les socialistes ne croyaient plus en leurs slogans antimonarchiques et étaient prêts à négocier avec la monarchie si elle faisait le premier pas. George prit cette initiative et adopta une posture plus démocratique transcendant les classes sociales et rapprochant le souverain du peuple. Le roi développa également des relations amicales avec des hommes politiques travaillistes modérés et des représentants des syndicats. L'abandon de l'attitude hautaine de la monarchie par George V modifia le comportement de la famille royale et augmenta sa popularité durant les crises économiques des années 1920 et par la suite. De fréquents changements de gouvernement eurent lieu entre 1922 et 1929. En 1924, George V nomma le premier premier ministre travailliste, Ramsay MacDonald, en l'absence d'une claire majorité pour l'un des trois principaux partis lors de l'élection de décembre 1923. L'accueil diplomatique et compréhensif de ce premier gouvernement travailliste (qui dura moins d'un an) apaisa les inquiétudes des sympathisants du parti[68],[69]. Durant la grève générale de 1926, le roi préconisa au gouvernement conservateur du premier ministre Stanley Baldwin d'adopter une politique conciliante en déclarant par exemple : « Essayez donc de vivre avec leur salaire avant de les juger »[70].

En 1926, George V accueillit les ministres des dominions britanniques lors d'une conférence impériale à Londres. Au cours de celle-ci, il adopta la Déclaration Balfour reconnaissant officiellement que les dominions « sont des communautés autonomes au sein de l'Empire britannique, de statut égal, aucunement subordonnés les uns aux autres… et librement associés en tant que membres du Commonwealth of Nations ». En 1931, le Statut de Westminster poursuivit cette évolution en accordant une pleine souveraineté aux dominions et en imposant l'accord de chacun d'entre eux pour toute modification des lois de succession au trône.

À la suite de la crise de 1929, le roi encouragea la formation d'un gouvernement d'unité nationale en 1931 mené par MacDonald et Baldwin[71],[n 3] et réduisit volontairement la liste civile pour aider à équilibrer le budget[71].

En 1932, George V accepta de délivrer une allocution radiophonique pour Noël, un événement qui devint annuel par la suite. Il n'était initialement pas favorable à cette innovation mais fut convaincu par l'argument selon lequel il s'agissait de ce que voulait le peuple[74].

Caricature représentant la famille royale portant des sacs remplis d'argent
Pas d'évaluation des revenus pour ces chômeurs !, caricature de Maro en 1935. Les dépenses du jubilé d'argent au milieu de la crise économique causèrent une certaine controverse.

Il s'inquiéta de l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler en Allemagne en 1933. L'année suivante, le roi déclara franchement à l'ambassadeur allemand Leopold von Hoesch que l'Allemagne mettait en danger le monde et qu'il y aurait nécessairement une guerre dans moins de dix ans ; il avertit son ambassadeur à Berlin, Eric Phipps, de se méfier des nazis[75]. Au moment de son jubilé d'argent en 1935, il était devenu un roi bien-aimé répondant à l'adoration de la foule, « je ne comprends pas, après tout je ne suis qu'un type très ordinaire[76] ».

Les relations entre George V et son fils aîné et héritier, Edward, se détériorèrent dans les dernières années de son règne. Le roi était déçu par son refus de se marier et choqué par ses nombreuses aventures avec des femmes mariées[14]. À l'inverse, il adorait son second fils, Albert et sa petite-fille aînée, Elizabeth ; il lui donna le surnom de « Lilibet » et elle l'appelait affectueusement Grandpa England (« Grand-père Angleterre »)[77]. En 1935, George V dit d'Edward, « après ma mort, ce garçon va se ruiner en un an » et d'Albert et Elizabeth, « je prie Dieu que mon fils aîné [Edward] n'ait jamais ni femme ni enfant, et que rien n'empêche Bertie et Lilibet d'accéder au trône[78],[79] ».

Mort[modifier | modifier le code]

George V assis devant des micros sur une table.
George V durant son allocution de Noël 1934.

La Première Guerre mondiale prit un lourd tribut sur la santé de George V : il fut sérieusement blessé le 28 octobre 1915 lorsqu'il tomba de cheval lors d'un défilé militaire et son fort tabagisme aggrava ses problèmes respiratoires existants. Il fut victime d'une broncho-pneumopathie chronique obstructive et d'une pleurésie. En 1925, sur les conseils de ses médecins, il entama à contrecœur une croisière privée en Méditerranée ; il s'agissait de son troisième voyage à l'étranger depuis la fin de la guerre et cela fut également son dernier[80]. En novembre 1928, il développa un sepsis et son fils Edward assura une grande partie des devoirs royaux au cours des deux années suivantes[81]. Au printemps 1929, la proposition d'un nouveau séjour de convalescence à l'étranger fut rejetée par le roi « avec un langage plutôt grossier[82] ». Il préféra plutôt se retirer pendant trois mois dans la station balnéaire de Bognor dans le Sussex de l'Ouest[83]. À la suite de ce séjour, la ville adopta le suffixe « Regis », latin pour « du roi ». Selon une rumeur qui se développa par la suite, ses derniers mots, lorsqu'on lui dit qu'il serait rapidement suffisamment en forme pour revisiter la ville, furent Bugger Bognor ! (« Je me fous de Bognor ! »)[84],[85],[86].

George ne récupéra jamais complètement. Durant sa dernière année, il reçut occasionnellement de l'oxygène[87]. Le soir du 15 janvier 1936, le roi se coucha dans sa chambre de Sandringham House en se plaignant d'un rhume ; il ne quitta pas la chambre en vie[88]. Il devint de plus en faible et alternait entre états conscients et inconscients. Le premier ministre britannique Baldwin dit :

« Chaque fois qu'il reprenait conscience, il posait des questions ou des remarques aimables et il avait des mots gentils. Il dit néanmoins à son secrétaire : « Comment va l'Empire ? » Une phrase inhabituelle sous cette forme et le secrétaire répondit : « Tout va bien, monsieur, avec l'Empire » et le roi lui lança un sourire et sombra à nouveau dans le coma[89]. »

Le 20 janvier, il était dans l'antichambre de la mort. Ses médecins, menés par Lord Dawson of Penn publièrent un bulletin avec les mots « la vie du roi avance paisiblement vers sa fin[90],[91] ». Le journal privé de Dawson, retrouvé après sa mort et publié en 1986, révèle que les derniers mots du roi, un God damn you ! (« Soyez maudits ! ») marmonné[92], étaient adressés à son infirmière alors qu'elle lui administrait un sédatif dans la nuit du 20 janvier. Dawson écrivit qu'il avait hâté la mort du roi en lui donnant une injection létale de cocaïne et de morphine pour préserver la dignité du souverain, pour épargner sa famille et pour que la mort du roi à 23 h 55 puisse être annoncée dans l'édition matinale du journal The Times plutôt que dans les « moins appropriés… journaux du soir[92],[93] ».

Le compositeur allemand Paul Hindemith se rendit dans un studio de la BBC le matin après la mort du roi et écrivit en six heures la suite Trauermusik (« musique funèbre ») qui fut jouée en direct le soir à la radio par Adrian Boult et l'orchestre symphonique de la BBC[94].

Au cours de la procession amenant la dépouille de George V dans Westminster Hall, une partie de la couronne impériale des Indes tomba du sommet du cercueil et atterrit dans le caniveau alors que le cortège tournait dans le New Palace Yard. Le nouveau roi, Édouard VIII vit l'incident et se demanda s'il s'agissait d'un mauvais présage pour son règne[95]. Il abdiqua en décembre et son frère Albert d'York devint roi sous le nom de George VI.

En signe de respect pour leur père, les quatre fils vivants de George V, Édouard, Albert, Henry et George montèrent la garde devant le catafalque la nuit avant les funérailles[96]. Cette cérémonie ne fut pas répétée avant la mort de la belle-fille de George V, la reine Elizabeth en 2002. Il fut inhumé dans la chapelle Saint-George du château de Windsor le 28 janvier 1936[97].

Héritage[modifier | modifier le code]

George V préférait rester chez lui pour s'adonner à ses passions comme la philatélie ou la chasse et avait un mode de vie que ses biographes ultérieurs qualifièrent d'ennuyeux du fait de son conformisme[98]. Il n'était pas un intellectuel et manquait de la sophistication de ses deux prédécesseurs : en revenant d'une soirée à l'opéra, il écrivit « suis allé à Covent Garden pour voir Fidelio et diable que c'était ennuyeux[99] ». Il était cependant un fervent défenseur du Royaume-Uni et de son Commonwealth[100] et comprenait l'Empire britannique mieux que la plupart de ses ministres ; comme il expliqua, « cela a toujours été mon rêve de m'identifier avec la grande idée de l'Empire[101] ». Il apparaissait comme un grand travailleur et devint très populaire auprès des peuples de Grande-Bretagne et de l'Empire, de même qu'au sein de l'Establishment[102]. L'historien David Cannadine (en) décrit George V et la reine Mary comme un « couple inséparable et très dévoué » qui fit beaucoup pour défendre les « valeurs familiales[103] ». George V établit une norme de conduite pour la royauté britannique qui reflétait les valeurs de la classe moyenne supérieure plutôt que celles de l'aristocratie[104]. Il était par tempérament un traditionaliste qui n'appréciait pas les changements révolutionnaires entrepris par la société britannique. Il utilisa néanmoins invariablement son influence comme une force de neutralité et de modération et voyait son rôle comme celui d'un médiateur plutôt que comme le décideur final[105].

George V a été honoré par de nombreuses statues à Hobart, Canberra, Brisbane et Adélaïde en Australie et une de William Reid Dick (en) devant l'abbaye de Westminster à Londres. De nombreux bâtiments ont été nommés en son honneur dont le King George V Park à Saint-Jean de Terre-Neuve, le stade George-V de Curepipe sur l'île Maurice, une station de métro, un hôtel et une avenue à Paris.

La Royal Navy donna son nom à deux classes de cuirassés :

George V a été joué à l'écran par :

Titres, honneurs et armoiries[modifier | modifier le code]

Monogramme royal de George V du Royaume-Uni

Titres[modifier | modifier le code]

  • 3 juin 1865 - 24 mai 1892 : Son Altesse royale le prince George de Galles
  • 24 mai 1892 - 22 janvier 1901 : Son Altesse royale le duc d'York
  • 22 janvier 1901 - 9 novembre 1901 : Son Altesse royale le duc de Cornouailles et d'York
  • 9 novembre 1901 - 6 mai 1910 : Son Altesse royale le prince de Galles
    • en Écosse : Son Altesse royale le duc de Rothesay
  • 6 mai 1910 - 20 janvier 1936 : Sa Majesté le roi
    • Son Altesse Impériale le roi-empereur (par rapport à l'Inde britannique)

Son titre complet en tant que monarque était « Sa Majesté, George V, par la grâce de Dieu, du Royaume-Uni et d'Irlande et des dominions britanniques par-delà les mers, roi, défenseur de la foi, empereur des Indes » jusqu'au Royal and Parliamentary Titles Act de 1927 lorsqu'il fut transformé en « Sa Majesté, George V, par la grâce de Dieu, de Grande-Bretagne, d'Irlande et des dominions britanniques par-delà les mers, roi, défenseur de la foi, empereur des Indes ».

Honneurs[modifier | modifier le code]

George V sur un timbre rhodésien de 1924
Timbre australien à l'occasion de son jubilé d'argent
Honneurs civils
Fonctions militaires

Armoiries[modifier | modifier le code]

En tant que duc d'York, George portait les armoiries royales du Royaume-Uni différenciées par un écu des armoiries de Saxe et un lambel de trois points argent dont le central présentait une ancre azur. L'ancre de son point central fut abandonnée sur les armoiries du prince de Galles. Lors de son règne, il portait les armoiries royales non-différenciées. En 1917, il fit supprimer l'écu de Saxe des armoiries de tous les descendants patrilinéaires du prince consort domicilié au Royaume-Uni[118].

Ascendance[modifier | modifier le code]

Descendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ses parrains et marraines étaient le roi de Hanovre (cousin germain de la reine Victoria représenté par Édouard de Saxe-Weimar-Eisenach), le duc de Saxe-Cobourg et Gotha (frère du prince consort Albert représenté par le Lord Président du Conseil, Lord Granville), le prince de Leiningen (demi-cousin du prince de Galles), le prince héritier du Danemark (son oncle maternel représenté par le Lord Chambellan, Lord Sydney), la reine consort du Danemark (sa grand-mère représentée par la reine Victoria), le duc de Cambridge (cousin germain de la reine Victoria), la duchesse de Cambridge (en) (tante de la reine Victoria représentée par la princesse Helena) et la princesse Alice du Royaume-Uni (sa tante représentée par la princesse Louise)[1].
  2. La déclaration d'accession établie par la Déclaration des droits de 1689 et l'Acte d'établissement de 1701 spécifiait, entre autres, que « l'adoration de la Vierge Marie ou de tout autre saint et l'eucharistie, tels qu'ils sont aujourd'hui pratiqués dans l'Église de Rome, sont superstitieux et idolâtres ». La nouvelle formulation supprimait toute référence aux différents théologiques entre catholiques et protestants et la partie « religieuse » se limitait à « [je] déclare que je suis un fidèle protestant ». Voir l'article anglophone (en) pour plus d'informations.
  3. L'historien Vernon Bogdanor avance que George V a joué un rôle crucial dans la crise politique d'août-octobre 1931 et qu'il eut une influence importante sur les politiques du premier ministre MacDonald[72]. Philip Williamson s'oppose à cette affirmation en avançant que l'idée d'un gouvernement d'union nationale était dans l'esprit des chefs de partis depuis la fin de l'année 1930 et que ce sont eux et non le roi qui choisirent l'occasion de le former[73].
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  7. Rose 1983, p. 11
  8. Clay 2006, p. 92 ; Rose 1983, p. 15-16
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  89. The Times, 22 janvier 1936, p. 7, col. A
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  92. a et b Francis Watson, « The Death of George V », History Today, no 36,‎ 1986, p. 21-30
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  95. Windsor 1951, p. 267
  96. The Times, jeudi 28 janvier 1936, p. 10, col. F
  97. Rose 1983, p. 404-405
  98. Par exemple, le journal d'Harold Nicolson cité par Sinclair 1988, p. 107 ; Nicholas Best, The Kings and Queens of England, Londres, Weidenfeld & Nicolson,‎ 1995 (ISBN 0-297-83487-8), p. 83 : « un homme plutôt ennuyeux… qui n'aimait rien de plus que rester assis à son bureau à regarder ses timbres » ; Robert Lacey, Royal, Londres, Little, Brown and Company,‎ 2002 (ISBN 0-316-85940-0), p. 54 : « le journal du roi George V est celui d'un homme très ordinaire, contenant bien plus de choses sur sa passion de philatéliste que sur ses sentiments privés, avec un accent particulier sur la météo ».
  99. Andrew Pierce, « Buckingham Palace is unlikely shrine to the history of jazz », The Daily Telegraph,‎ 4 août 2009 (lire en ligne)
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  108. London Gazette: no. 27293. p. 1762. 12 mars 1901.
  109. Charles Kidd, Debrett's Peerage and Baronetage, vol. 1, Londres, Debrett's Peerage,‎ 1999, cv
  110. London Gazette: no. 25773. p. 102. 5 janvier 1888.
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  118. François Velde, « Marks of Cadency in the British Royal Family », Heraldica,‎ 19 avril 2008 (consulté le 22 avril 2009)


Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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