Bourgs pourris

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Bourgs pourris, en anglais rotten boroughs, est le nom sous lequel on a flétri en Angleterre, au XIXe siècle, certaines circonscriptions où l'on faisait du trafic du droit d'élection.

Description[modifier | modifier le code]

Causes[modifier | modifier le code]

Ces localités, jadis importantes, mais qui s'étaient dépeuplées avec le temps, ne comptaient plus qu'un très petit nombre de propriétaires (et donc d'électeurs selon le système d'alors) ; mais ceux-ci conservaient leurs privilèges électoraux et vendaient leurs voix au plus offrant.

Les plus fréquemment citées sont Dunwich, dont la quasi-totalité du territoire avait été dévoré par la mer et dont l'unique électeur se vantait ouvertement de son statut privilégié, et Old Sarum qui comptait sept électeurs. Par contraste, les cités neuves comme Birmingham et Manchester n'avaient aucun représentant pour leurs dizaines de milliers d'habitants.

Statut[modifier | modifier le code]

Ces circonscriptions pouvaient être la propriété effective de grands propriétaires, résident ou nom dans la circonscription et pouvant même être membres de la Chambre des Lords ou résider aux colonies, leur donnant une quasi-représentation; des ministères, tels que ceux de l'Amirauté, pouvaient aussi en être les propriétaires, afin de pouvoir intervenir dans la fixation du budget, dans un contexte où la discipline de parti était rudimentaire.

Les propriétaires de ces bourgs pouvaient occuper la place de députés eux-mêmes, envoyer un homme de paille le faire à leur place ou bien louer la place.

Vers la suppression[modifier | modifier le code]

Des hommes politiques comme Pitt l'Ancien (à Old Sarum) et BurkeWendover) profitèrent de ce régime.

L'acte de réforme de 1832, appelée premier Parliamentary Reform Act, mit un terme à ces abus en supprimant des circonscriptions dépeuplées, en créant des circonscriptions pour des villes ainsi qu'en retirant le droit de vote à des électeurs perçus comme étant plus susceptibles, de par leur pauvreté ou leur dépendance, à des pressions externes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Adolphe Jollivet, Examen du système electoral anglais, depuis l'acte de réforme, comparé au système electoral français, Paris, Guiraudet et Jouaust,‎ 1835, 355 p. (lire en ligne)