Richard Plantagenêt

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Richard Plantagenêt
Image illustrative de l'article Richard Plantagenêt
Le duc Richard d'York. Détail d'une miniature du Livre de Talbot-Shrewsbury par le Maître de Talbot, 1445, British Library.

Autres noms Richard d'York
Titre duc d'York
(1425 - 1460)
Prédécesseur Édouard de Norwich
Successeur Édouard Plantagenet
Souverains Henri VI d'Angleterre
Conflits Guerre des Deux-Roses
Biographie
Dynastie Plantagenêt de la Maison d'York
Naissance
Décès (à 49 ans)
Père Richard de Conisburgh
Mère Anne de Mortimer
Conjoint Cécile Neville
Enfants cf. infra

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Richard Plantagenêt ou Richard d'York (), comte de Rutland, de March, d'Ulster et de Cambridge, puis 3e duc d'York. Il était membre de la famille royale anglaise.

Lors de la guerre des Deux-Roses, il disputa le trône d'Angleterre au roi Henri VI (de la maison de Lancastre), trône auquel sa propre maison (la maison d'York) accéda après sa mort, par l'entremise de ses fils Édouard IV (14611483) et Richard III (14831485), de son petit-fils Édouard V (qui régna très brièvement en 1483), et par l'entremise d'Élisabeth d'York, de son arrière-petit-fils le roi Henri VIII (15091547).

Biographie[modifier | modifier le code]

Les parents de Richard d'York descendent tous deux directement du roi Édouard III. Son père Richard de Conisburgh, 3e comte de Cambridge (exécuté pour trahison en 1415 par le roi Henri V, petit-fils de Jean de Gand, 1er duc de Lancastre et 3e fils d'Édouard III) est lui-même fils d'Edmond de Langley, 1er duc d'York et 4e fils d'Édouard III. Sa mère Anne de Mortimer est l'arrière-petite-fille de Lionel d'Anvers, 1er duc de Clarence et 2e fils d'Édouard III.

Ayant donc, surtout par sa mère, une excellente revendication au trône d'Angleterre, Richard d'York commence à l'exercer dès 1448 en prenant comme nom de famille celui, depuis longtemps inutilisé, de Plantagenêt. C'est un défi direct au faible roi Henri VI.

Aux environs de 1429, il épouse Cécile Neville (elle-même descendante de Jean de Gand). Devenu comte de March à la mort de son oncle Edmond Mortimer, 5e comte de March, il prend ensuite le titre de duc d'York, hérité de son oncle Édouard de Norwich.

Les intrigues de la cour[modifier | modifier le code]

À la cour, les avis divergent quant à l'attitude à prendre en réaction à la reconquête menée par Charles VII de France. Le duc de Gloucester Humphrey de Lancastre et Richard sont partisans d'une reprise en main de la situation par une intervention rapide, d'autant que les Bourguignons ont fait la paix avec le roi de France à Arras en 1435, tandis que le cardinal et William de la Pole, duc de Suffolk, cherchent à faire la paix.

En février 1447, Suffolk, avec l'aide du vieux cardinal Beaufort, fait arrêter Gloucester, accusé de trahison. Ce dernier est emprisonné pour être jugé mais il meurt rapidement (probablement d'une attaque cardiaque). Certains accusent néanmoins Suffolk d'avoir fait assassiner le propre oncle et héritier du roi. York est envoyé rétablir l'ordre en Irlande et est ainsi éloigné.

Suffolk et son allié le duc de Somerset Edmond Beaufort, alliés à la reine Marguerite, deviennent maîtres de la cour.

L'exécution du duc de Suffolk.

Accusé de complot contre la Couronne en ayant rendu la Maine et l'Anjou à la France, Suffolk est arrêté en janvier 1450 et emprisonné à la Tour de Londres[1]. Il est banni pour cinq ans mais son bateau l'emmenant en France est intercepté par une bande de soldats mécontents appartenant au duc d'Exeter qui le condamnent à mort et le décapitent[2] le .

En 1452, Richard d'York revient d'Irlande et demande le départ de Somerset. Le roi accepte au départ les demandes de Richard mais la reine intervient pour protéger son favori. York se rebelle mais devant le peu de soutien des nobles, il se soumet à Henri. Il doit jurer de ne plus reprendre les armes contre la Couronne et Somerset.

La folie d'Henri et l'ascendance du duc d'York[modifier | modifier le code]

Henri VI subit un choc mental en août 1453 en apprenant la défaite de Castillon. Il semble avoir hérité de la schizophrénie[3] de Charles VI[4]. Le roi souffre notamment d'hallucinations et ne réagit même pas à la naissance de son fils, Édouard de Westminster, le 13 octobre 1453. Le cardinal John Kempe, Lord grand chancelier, meurt le 22 mars 1454, ce qui laisse le poste de chef du Conseil royal vacant.

Les ducs d'York (à gauche) et de Somerset (au centre) se querellent devant le roi (assis).

Cette situation pousse, avec l'aide des comtes de Salisbury et de Warwick à écarter du pouvoir la reine Marguerite et à se proclamer Lord Protecteur du royaume le 27 mars 1454[4]. Somerset est emprisonné à la Tour de Londres et York fait entrer au Conseil du roi ses alliés.

Le retour du roi à ses sens à la Noël 1454 contrarie les ambitions de Richard qui est écarté de la cour en février 1455 par la reine Marguerite d'Anjou. Cette dernière noue des alliances contre Richard et conspire avec d'autres nobles pour réduire son influence. Elle forme ainsi le clan des Lancastriens. Richard de plus en plus pressé recourt finalement aux armes en mai 1455.

La Guerre des Deux-Roses[modifier | modifier le code]

Richard bat les troupes royales lors de la bataille de Saint-Albans le 22 mai 1455. Somerset et son allié le comte de Northumberland sont tués, ce qui satisfait en grande partie York, Salisbury et Warwick. Les troupes yorkistes découvrent Henri abandonné par son escorte. Il venait de subir une seconde crise de folie.

York et ses alliés recouvrent leur position influente, et pendant quelque temps les deux côtés paraissent choqués qu'une bataille réelle se soit déroulée, si bien qu'ils font tout leur possible pour apaiser leurs différends. Puisque le roi est malade, York est de nouveau nommé Protecteur et la reine Marguerite, chargée de soigner le roi, est écartée du pouvoir[5].

La famille royale doit quitter Londres qui est acquise au clan York pour s'installer à Coventry. Les problèmes à l'origine du conflit ressurgissent cependant, surtout quand il s'agit de savoir si c'est le duc d'York ou le jeune fils d'Henri, Édouard de Westminster, accusé d'être un enfant illégitime dont le père serait le défunt duc de Somerset, qui doit succéder à Henri sur le trône. Marguerite refuse toute solution qui déshériterait son fils et il devient clair qu'elle ne tolérerait la situation qu'aussi longtemps que le duc d'York et ses alliés garderaient la suprématie militaire. Le protectorat d'York prend fin en février 1456 ; Marguerite s'empresse d'annuler toutes les mesures de son rival.

Quatre années passent ainsi dans un climat de paix extrêmement fragile. Le 24 mars 1458, Henri essaie avec l'aide de Thomas Bourchier, archevêque de Canterbury, de faire procéder à une réconciliation entre les Lancastriens et les Yorkistes. La rencontre échoue.

Les hostilités reprennent en septembre 1459. Les troupes yorkistes du comte de Salisbury battent celles du roi à Blore Heath le 23 septembre. Le 12 octobre, Henri VI défait à Ludford Bridge la puissante armée du duc d'York. York s'enfuit en Irlande tandis que Salisbury, Warwick et le fils aîné d'York, Édouard, comte de March s'exilent à Calais. Ils sont tous déchus de leurs droits civiques par le Parlement le 20 novembre. Les Lancastriens contrôlent de nouveau la situation. Cependant, les Yorkistes commencent à lancer des raids sur la côte anglaise depuis Calais à partir de janvier 1460, ajoutant ainsi un sentiment de chaos et de désordre.

Salisbury, Warwick et March envahissent l'Angleterre à l'été 1460. À la bataille de Northampton le 10 juillet 1460, Warwick fait le roi prisonnier, à nouveau frappé d'une crise de folie. Les Yorkistes entrent peu après à Londres. Richard d'York revient d'Irlande et revendique le trône. Il obtient finalement du Parlement d'être nommé une troisième fois Lord Protecteur et est désigné héritier du trône le 25 octobre par l'Acte d'Accord, au détriment du prince Édouard de Westminster.

Comme on pouvait s'y attendre, les Lancastre, menés par la femme d'Henri VI, Marguerite d'Anjou, refusent l'Acte d'Accord (qui déshérite Édouard de Westminster) et poursuivent la guerre. Du côté des troupes yorkistes, c'est Richard d'York en personne qui dirige les opérations. C'est ainsi qu'il est tué, le , à la malencontreuse (pour les Yorkistes) bataille de Wakefield, son fils de 17 ans Edmond de Rutland et Lord Salisbury étant capturés et décapités après la bataille. York est inhumé à Pontefract, mais sa tête ainsi que celles de son fils et de Lord Salisbury sont plantées sur des pieux aux portes de la ville d'York, sur ordre de Marguerite d'Anjou. Plus tard, ce qui reste de sa dépouille est transporté à l'église de Fotheringhay.

Le 4 mars 1461, le fils aîné de Richard d'York accède au trône d'Angleterre sous le nom d'Édouard IV.

Descendance[modifier | modifier le code]

Cécile Neville (sœur de Lord Salisbury et tante du comte de Warwick) lui donne au moins treize enfants :

  1. Jeanne (née en 1438, morte jeune) ;
  2. Anne (10 août 1439 – 14 janvier 1476), épouse en 1447 le duc d'Exeter Henri Holland (divorce en 1472), puis Thomas St. Leger;
  3. Henri (né le 10 février 1441, mort jeune) ;
  4. Édouard IV (28 avril 1442 – 9 avril 1483), roi d'Angleterre ;
  5. Edmond (17 mai 1443 – 31 décembre 1460), comte de Rutland ;
  6. Élisabeth d'York (22 avril 1444 – après janvier 1503), épouse avant 1458 le futur duc de Suffolk John de la Pole ;
  7. Marguerite (3 mai 1446 – 23 novembre 1503), épouse en 1468 le futur duc de Bourgogne Charles le Téméraire ;
  8. Guillaume (né le 7 juillet 1447, mort jeune) ;
  9. Jean (né le 7 novembre 1448, mort jeune) ;
  10. Georges (21 octobre 1449 – 18 février 1478), duc de Clarence ;
  11. Thomas (né vers 1451, mort jeune) ;
  12. Richard III (2 octobre 1452 – 22 août 1485), roi d'Angleterre ;
  13. Ursula (née vers 1454, morte jeune).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D’après les Rolls of Parliament, v. 176–177
  2. Cf. Ramsay, op. cit., vol. II, p. 121; le recueil des Paston Letters, vol; I, p. 125; et Gascoigne, op. cit., p. 7
  3. (en) Nigel Bark, Times Higher Education, "Findings: Henry VI: parts one and two", Medical Hypothesis (journal), 18 octobre 2002
  4. a et b Gérard Hocmard, « L'Angleterre divisée par la guerre des Deux-Roses », Nouvelle Revue d'Histoire, no 78 de mai - juin 2015, p. 17-19
  5. Hicks 2012, p. 114.